Palestine occupée

Une journée à Hébron : Les colons mettent le feu à une école, crachent sur un bébé, attaquent les passants et les militants internationaux


Dans la même rubrique:
< >

Hier 6 août à 12h20, les militants pour les droits de l'homme ont reçu l'appel d'un coordonnateur palestinien local les informant que des colons israéliens avaient mis le feu à une section de l'Ecole de Filles Qartaba, situé juste en face de la colonie Beit Hadassah.

Par ISM


ISM
Vendredi 10 Août 2007

 Une journée à Hébron : Les colons mettent le feu à une école, crachent sur un bébé, attaquent les passants et les militants internationaux
Lorsque les internationaux sont arrivés, ils ont trouvé sur les lieux les habitants palestiniens ainsi qu'un policier israélien. La porte arrière avec moustiquaire, encadrée de métal, avait été enlevée. C'est de cette manière que les colons israéliens ont réussi à entrer dans l'école sans être vus.

Les colons avaient placé le cadre métallique d'un lit sur une table et y ont mis le feu, ainsi qu'à des photos du Dôme du Rocher à Jérusalem. L'effigie en flamme était placée juste en face de la porte de métal par laquelle les enfants et les professeurs passent pour entrer dans l'école.

Le feu a brûlé environ 10 minutes avant que les voisins palestiniens n'arrivent avec des bassines d'eau et arrivent à éteindre le feu et à l'empêcher de se propager.

Les internationaux ont noté tout ce qui s'était passé et les Palestiniens leur ont dit que le fil électrique avait été coupé au dessus du feu. Il est évident que cet incendie a été initié par des colons adultes, d'une manière très méthodique et symbolique, avec les photos du Dôme du Rocher, et la manière dont ils sont entrés par effraction dans l'école. Ils ont également réussi à commettre leur méfait sans se faire remarquer par les Palestiniens, ce qu'aucun enfant colon n'arriverait à faire, ce qui nous conduit à penser que l'acte a été planifié et coordonné.

Les soldats israéliens sont arrivés plus tard sur les lieux pour enquêter et plus tard, ils ont dit que pour ce qu'ils en savaient, ce pouvait être des Palestiniens qui avait mis le feu et qu'il n'y avait pas de preuve consistante que ce soit des colons israéliens. Déclaration particulièrement fausse et choquante, car aucun musulman ne brûlerait des photos du Dôme du Rocher ou ne mettrait le feu à une école de filles. Les seuls qui avaient des raisons de provoquer l'incendier sont les colons juifs, qui ne cessent d'attaquer les écolières et leur école.

Dix minutes plus tard, la porte de l'école a été rouverte, ainsi que les fenêtres, pour chasser la fumée qui se trouvait à l'intérieur.

A part les dégâts causés par la fumée, en quantité impressionnante, l'école semble ne pas avoir subi de dommages, à part la coupure du câble électrique qui a dû être réparé.

Cracher sur un bébé

Ce même 6 août vers 14h, deux internationaux ont vu un groupe de 6 filles de colons israéliens, entre 12 et 18 ans, harcelant des résidants palestiniens qui marchaient à Tel Rumeida. Elles crachaient à la figure d'un bébé que portait un des membres de la famille, et les insultaient dans un langage tellement ordurier qu'un soldat a essayé de le faire partir du secteur. Le soldat a immédiatement été rappelé à l'ordre par son officier commandant, et les filles ont continué à marcher le long de la rue, se précipitant sur les résidants et les menaçant de les frapper.

Des colons masqués attaquent les militants des droits de l'homme

Le 6 août vers 13h, un militant international a vu près de 8 colons israéliens se couvrir le visage, à côté de la colonie Tel Rumeida. Ils sont ensuite sortis de la colonie et ont attaqué le militant qui était en surveillance au checkpoint. Ils l'ont jeté par terre et l'ont frappé à coups de pieds et de poings.

Deux soldats présents qui observaient l'attaque ont fait quelques gestes pour l'arrêter, c'est-à-dire quelques remarques et une légère intervention physique.

5 minutes après le début de l'attaque, deux autres militants sont arrivés, suivis de près par 3 soldats, et ils ont essayé de stopper l'attaque. La caméra des internationaux a été volée pendant l'attaque, et il n'y a donc aucune prise de vue de l'incident.

En dépit de cette violence gratuite et du fait que les attaquants étaient toujours en possession du matériel volé, ils ont été escorté jusqu'à la colonie, le visage toujours masqué, avant l'arrivée de la police.

La tactique d'Hébron


Par Amira Hass
Article paru dans Haaretz.


Pendant environ 25 minutes, ils se sont comportés comme les seigneurs de la terre : un homme, suivi ensuite par un gars plus jeune, est descendu de Mitzpeh Yair, un des avant-postes illégaux dans le secteur sud de Mont Hébron, et a empêché une jeep des Nations Unies de passer.


Les directives des Nations Unies interdisent de quitter le véhicule dans de pareilles circonstances, pour éviter l'escalade des frictions. Et c'est ainsi que nous, trois membres du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs - OCHA) et trois journalistes d'Haaretz, avons été contraints de les voir manifester leur "seigneurité" depuis l'intérieur du véhicule :

le plus âgé a bloqué la voiture, au milieu de la piste, avec son corps. Par gestes, il a ordonné d'éteindre le moteur. Comme nous n'avons pas obtempéré, il a sauté sur le capot de la jeep, puis sur le toit, puis à nouveau sur le capot, pour finalement s'adosser au pare-brise, jouer avec les essuie-glaces et les démonter. Le conducteur a continué sur la piste à petite vitesse et l'homme s'est penché en arrière sur le pare-brise avec force, jusqu'à le briser et le chauffeur a pris des éclats dans les yeux.

Entre temps, le gars plus jeune est apparu. Il a essayé d'ouvrir les portes de la jeep, criant "Montrez-moi vos cartes d'identité", et plaçant de grosses pierres devant les roues. Alors que l'armée et la police arrivaient, l'homme plus âgé a hurlé au photographe de Haaretz, Alex Levac : "Repars d'où tu viens". Lorsqu'il a réalisé que Levac était Juif et né dans le pays, il a crié : "Traître, complice des Nations Unies". Les deux hommes qui vivent dans un avant-poste sont nés à l'étranger. Le plus jeune, citoyen britannique, n'est pas encore titulaire du statut de nouvel immigrant.

Mais cela n'a aucune importance. Comme cela n'a pas non plus d'importance que le soldat les ait décrits comme "problématiques" et que la police ait l'habitude des actes de harcèlement dont le plus âgé est coutumier. Ni n'a d'importance le fait que les officiers de police ne croient pas son histoire absurde que nous avions été dans son oliveraie et que nous avions tenté de l'écraser.

Sa tactique, elle est bien connue à Hébron, la même qui permet de nettoyer la Vieille Ville de la plupart de ses habitants palestiniens : les Juifs harcèlent et brutalisent et puis menacent de porter plainte contre leurs victimes auprès de la police israélienne.

Du harcèlement et du sabotage de nature bien plus sérieuse que ceux auxquels nous avons été soumis sont devenus la routine pour les bergers et les fermiers palestiniens du secteur. En conséquence, environ 850 des quelques 3.500 habitants de cette zone appelée Masafer Yatta (la périphérie de Yatta) ont quitté leurs maisons et leurs campements de tentes. Quelquefois, ce sont leurs accès aux sources qui sont saccagés, quelquefois leurs troupeaux, d'autres fois eux-mêmes. Ils ont des piles de dossiers attestant des plaintes qu'ils ont portées. Jusqu'à ce qu'ils arrêtent de remplir des dossiers.

C'est facile de blâmer ces deux hommes, ou leurs semblables. Ils terrorisent les Palestiniens parce que les autorités israéliennes les laissent faire.

A leur manière, ils font la même chose que les autorités d'occupation "légitimes" : ils poussent les Palestiniens à quitter leurs terres pour faire de la place aux Juifs. En d'autres termes, ils obéissent aux ordres.

Il y a environ 10 jours, un inspecteur de l'Administration Civile a saisi un tracteur et une citerne à eau appartenant à la Hadidyah, une communauté de fermiers et de bergers du nord de la Vallée du Jourdain, comme tactique de pression visant à les faire partir de leur campement de tentes, sous prétexte qu'il est situé dans une zone militaire fermée.

C'est une parmi les douzaines de communautés qui vivent dans la vallée depuis des décennies. Depuis 1967, la communauté Hadidyah a été déplacée quatre fois. Utilisant toutes sortes de tactiques inventives, les autorités d'occupation ont transformé ces communautés en habitants illégaux sur leur propre terre.

Les sources et les puits dont ils se servent ont été données à la Compagnie Mekorot : l'eau des forages de la compagnie nationale est utilisée par les colons "légitimes" et Hadidyah a l'interdiction de s'en servir. En conséquence, ils doivent aller chercher l'eau par camion depuis une source éloignée. L'armée a déclaré "zone de tirs" de grands pans de la vallée. La zone se termine aux limites de la colonie.

Les autorités israéliennes ont refusé de diviser la terre en zone pour permettre à la communauté de vivre à l'endroit que les anciens se souviennent comme étant le lieu de leur enfance. Mais la terre adjacente a été découpée en zones pour les résidences des Juifs, citoyens israéliens.

Maintenant, l'Administration Civile espère que la soif les chassera du morceau de terre qui leur est alloué, qui n'est plus suffisant pour l'agriculture ou le pacage.

C'est un condensé de la politique israélienne envers les Palestiniens, et les pourparlers de paix n'ont pas encore cessé.

Les habitants des avant-postes illégaux sont simplement en train de l'imiter, et d'en recevoir inspiration et protection.

Hebron : Aide médicale refusée à un Palestinien renversé par une voiture d'un colon israélien

Le 5 août, vers 17h30, un Palestinien qui descendait la colline en direction de la rue Shuhada a été heurté par la voiture d'un colon israélien.
Le Palestinien était gravement blessé mais les soldats et la police ont dit qu'il simulait. La jambe droite de son pantalon était déchirée et il semblait avoir très mal.


Les véhicules israéliens, ceux des colons, des soldats, et de la police, sont bien connus pour rouler à toute vitesse dans Tel-Rumeida bien que les rues soient étroites, courtes, et ont de nombreux virages ce qui enlève toute possibilité de visibilité.

Les véhicules palestiniens ne sont pas autorisés à circuler dans ces rues et l'ensemble du trafic routier limité aux véhicules israéliens qui se croient tout permis dans le secteur.

Le Palestinien, qui a été renversé par le véhicule israélien, est resté à terre, alors qu'il souffrait énormément, pendant environ quinze minutes jusqu'à ce qu'une ambulance israélienne arrive pour l'évacuer.

Il est interdit aux ambulances palestiniennes d'entrer dans Tel-Rumeida ou de circuler dans les rues.

Le Palestinien a été mis à l'arrière de l'ambulance israélienne qui, peu de temps après, pour soi-disant l'emmenerà l'hôpital dans la colonie de Kiryat Arba. Le père du Palestinien blessé l'a également accompagné dans l'ambulance

Cependant, après que l'ambulance soit partie, elle a erré dans les rues pendant deux heures, en refusant d'emmener l'homme à l'hôpital.

Finalement, l'homme a été abandonné dans H1 et un ambulance palestinienne a évacué l'homme vers un hôpital palestinien. On ne sais pas encore quelle est la gravité de ses blessures.


Source : ISM
Traduction : MR pour ISM


Jeudi 9 Août 2007

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires