Palestine occupée

Une infamie juridique (de plus) commise en Israël


Un soldat des garde-frontières, Abraham Tomar, a tiré à bout portant sur Ayad Toufik Abou Raya, le tuant, alors que celui-ci était menotté, assis par terre, dos au mur.


mghys
Jeudi 4 Décembre 2008

Une infamie juridique (de plus) commise en Israël


 

Gideon Spiro

On-the-Left-Side, 20 novembre 2008

 

www.on-the-left-side.co.il/23941/נבלה-משפטית-נעשתה-בישראל-גדעון-ספירו-22112008

 

 

Un soldat des garde-frontières, Abraham Tomar, a tiré à bout portant sur Ayad Toufik Abou Raya, le tuant, alors que celui-ci était menotté, assis par terre, dos au mur.

 

Le seul crime d’Abou Raya : avoir cherché de quoi faire subsister sa famille et permettre à sa fille enceinte d’accoucher d’un enfant bien portant.

 

Abraham Tomar a comparu devant un tribunal pour homicide et a été jugé coupable. La peine pour homicide est de 20 ans de prison. Il y a quelques jours, le 9 novembre, le juge Oded Modrik l’a condamné à un an de prison seulement. Avec déduction d’un tiers et aussi un allègement administratif, le meurtrier restera en prison moins de huit mois. Des criminels jugés coupables de faits de fraude mineurs se voient condamnés à des peines d’une lourdeur sans comparaison.

 

Par ce verdict, le juge Modrik exprime un racisme flagrant. Le peu de prix accordé à la vie d’un Arabe est sidérant. C’est là un verdict  de la fin de la République de Weimar israélienne et sa chute vers l’Etat des colons. Combien est symbolique le fait que cet arrêt de Modrik soit tombé le jour où l’on commémorait les 70 ans de la Nuit de Cristal. Je suis un rescapé de la Nuit de Cristal et c’est comme ça que s’est gravé dans mon ADN un gène se révélant dans une sensibilité particulière à tout phénomène de racisme. Le rapport à la vie d’un Arabe palestinien illustré par ce verdict se situe sur la même ligne, dans la continuité du rapport à la vie des Juifs à l’époque, en novembre 1938.

 

A notre grande honte, ce juge est cité comme candidat à la Cour Suprême.

 

Le fait que le barreau des avocats n’ait pas protesté contre ce verdict lui fait porter, à lui aussi, la tache du racisme. C’est le genre d’événement qui justifierait une session spéciale du Parlement – sauf qu’il ne s’est pas trouvé 30 députés pour l’exiger. Un juge allemand qui prononcerait aujourd’hui un verdict semblable à l’encontre de quelqu'un qui aurait tué un Juif menotté, en lui tirant dessus à bout portant, serait destitué. En Allemagne, on a tiré davantage de leçons du génocide qu’en Israël.

 

Oded Modrik apparaît dans ce verdict comme un héraut de la marzelisation (d’après le nom de Barouch Marzel, un colon d’Hébron) de la justice en Israël. Dans le ghetto de l’apartheid, à Hébron, nul doute qu’on applaudira « l’honorable juge ».

 

 

Gideon Spiro. Journaliste et militant de la paix et des droits de l’homme. Un des fondateurs de « Yesh Gvoul » et du comité en faveur de Mordechai Vanunu et en faveur d’un Proche-Orient débarrassé de l’arme nucléaire, biologique et chimique. Membre de l’Association pour les Droits du Citoyen, d’Amnesty, de l’organisation pour les droits des Bédouins et de l’organisation des Médecins pour les droits de l’homme.

 

 

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

 
 
 
 
 
 

Ne dites pas : nous ne savions pas (n°136)

 

Amos Gvirtz

17 novembre 2008

 

www.kibush.co.il/show_file.asp?num=30065

 

 

Après la guerre de 1967, l’armée israélienne a déclaré zone militaire fermée la région de la vallée du Jourdain où vivaient les familles bédouines Milhat et Ka’abneh, de la tribu Melihat. Suite à cela, ces familles ont été évacuées de l’Arabah par l’armée israélienne. En 1982, l’armée israélienne a une nouvelle fois évacué ces mêmes familles vers l’endroit où elles vivent aujourd’hui, dans le village de Majayar A-Dir, près de la colonie de Ma’ale Mikhmash.

 

Le 22 octobre 2008, les fonctionnaires de l’Administration Civile ont apporté des ordres d’évacuation à huit maisons de Majayar A-Dir. Le lendemain, les habitants du village ont introduit auprès de la Cour Suprême une requête en arrêt d’exécution de l’évacuation.

 

Le 30 octobre 2008, des soldats de l’armée israélienne sont venus dans le village et ont démoli 23 habitations et 13 constructions servant d’abri aux animaux. 97 personnes ont perdu leurs maisons. L’armée a donné ordre aux habitants de démanteler deux autres habitations, sans quoi elle reviendrait les démolir elle-même. En outre, un tracteur appartenant aux habitants a été confisqué. L’arrêt de suspension du tribunal est arrivé trois jours après les destructions…

 

 

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

 
 
 
 
 
 

Ne dites pas : nous ne savions pas (n°138)

 

Amos Gvirtz

1er décembre 2008

 

www.kibush.co.il/show_file.asp?num=30292

 

 

L’armée israélienne poursuit ses efforts en vue d’expulser les habitants des villages troglodytiques du sud du Mont Hébron. Après les deux dernières expulsions, de 1999 et 2001, la Cour Suprême avait ordonné, avant faire droit, de permettre aux habitants de retourner sur leurs lieux d’habitation. Depuis lors, l’armée israélienne empoisonne la vie des habitants par des démolitions de maisons et un soutien aux colons qui cherchent à les chasser de leurs terres. Un autre mode de harcèlement consiste à bloquer les voies d’accès aux villages et à empêcher leur approvisionnement en eau et nourriture (Ne dites pas, nos 113 et 118).

 

Suite à la sécheresse qui avait sévi dans la région, l’hiver dernier, une organisation italienne – Ucodep – avait entrepris de fournir de l’eau aux villages de la région. Le 9 novembre, l’armée israélienne a dressé des obstacles sur les chemins de terre conduisant aux villages Jinbe, Merkiz et Halweh, prétextant de la nécessité d’empêcher le passage de travailleurs palestiniens qui essaient de trouver du travail en Israël. Les camions citernes qui transportent l’eau ne peuvent plus atteindre les villages…

 

 

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

 

 

 

 

 

 

C’est ça, Gaza

 

Amira Hass

Haaretz, 27 novembre 2008

 

www.haaretz.co.il/hasite/spages/1041491.html  

Version anglaise : This is Gaza -  www.haaretz.com/hasen/spages/1041345.html  

 

 

Quand ce n’est pas le courant électrique qui est coupé et l’obscurité épaisse qui enveloppe des quartiers entiers, c’est l’eau qui n’arrive pas aux étages supérieurs et le gaz de cuisine qui fait défaut sur le marché. S’il y a un générateur électrique, un petit quelque chose s’y est cassé et il n’est pas possible de le réparer car depuis avant l’actuel blocus hermétique qui dure déjà depuis trois semaines, Israël interdit l’entrée de toute pièce de rechange – de machines, de voitures et d’appareils électriques ménagers. Et si on parvient à réunir l’argent pour un générateur passé par les tunnels de la contrebande (le prix a doublé ou triplé depuis le mois passé), ce ne peut être qu’aux dépens de l’achat d’un appareil de chauffage (non électrique bien sûr), de leçons d’anglais ou de vêtements pour les enfants, et de visites chez le médecin.

 

Est-ce là le vrai Gaza de novembre 2008 ? A l’évidence. De même que Gaza, ce sont les entrepôts de l’UNRWA en train de se vider, et les agriculteurs qui ont semé et irrigué mais à qui Israël interdit de vendre en dehors de la Bande de Gaza, des tomates, des goyaves et des fraises, et aussi la sérénité avec laquelle est accueillie la soudaine obscurité, et les blagues portant sur le fait qu’il n’y a, de toute façon, pas grand-chose à perdre dans le réfrigérateur – Gaza, c’est la capacité de trouver à plaisanter en toute situation – et aussi la vexation brûlante, jusqu’aux larmes, qu’il n’y ait pas d’eau courante depuis maintenant trois ou quatre jours, mais les enfants s’en vont tout de même pimpants et soignés à l’école.

 

Gaza, c’est la longue rue Nasser barrée au trafic depuis plus d’un an. Bitume arraché, nids de poule, tas de sable. Dès lors qu’Israël a bloqué l’entrée de tous matériaux de constructions et de matières premières dans la Bande de Gaza, les travaux de réfections ont été interrompus sur cette rue centrale, principal axe d’accès aux trois hôpitaux dont le matériel médical risque toujours d’être mis à l’arrêt si certaines parties devaient tomber en panne. Mais Gaza, c’est aussi la sécurité éprouvée par les parents de laisser leurs enfants jouer seuls à la maison ou se rendre seuls à la plaine de jeux pourtant éloignée de la maison ou faire seuls le trajet pour aller chez leur grand-mère, dans le camp de réfugiés de Jabaliya (dans les rues parallèles à la rue Nasser).

 

Gaza, ce sont les rapports sur des policiers qui s’en prennent à des sympathisants du Fatah à l’université, ou la police qui fait fermer un restaurant pour un soir parce que ses propriétaires n’ont pas annoncé préalablement une journée de discussions organisée dans leur salle par un centre d’études lié à l’autorité de Ramallah, avec la participation de représentants du Hamas.

 

C’est l’institutrice qui impose à ses élèves filles de se couvrir la tête, en dépit du fait que les hauts responsables assurent que ce n’est pas là la politique du Ministère de l’Enseignement. Mais ce sont aussi les exagérations et les fausses rumeurs, comme lorsque des détenus du Fatah ont rapporté que dans les salles d’interrogatoires, des caméras avaient été placées pour s’assurer que les interrogateurs agissaient conformément à la loi. C’est aussi la surprise lorsque la police « du Hamas » se soucie de restituer un bien volé à son propriétaire (même quand celui-ci n’a pas pris la peine de déclarer le vol).

 

Gaza, c’est le sentiment des membres du Fatah que le pouvoir leur a été volé, et la peur que font planer sur eux les services de la sécurité, et c’est la confiance en soi du Hamas, la comparaison avec les méthodes d’intimidation du temps d’Arafat et l’échange d’informations sur la répression des activités du Hamas en Cisjordanie. Et c’est la colère de toute une population, membres du Fatah compris, contre ce qui semble une négligence délibérée et un manque de considération de Ramallah pour le sort de la Bande de Gaza et de ses habitants.

 

Gaza, ce sont ceux qui rêvent de s’en aller de là et ceux qui en sont partis, il y a des années de cela, pour aller étudier et travailler, et qui en ont la nostalgie. Gaza, ce sont ceux qui ne peuvent pas rejoindre ici leur famille parce que même s’ils parvenaient à trouver une faille dans les points de passage fermés par Israël, ils se retrouveraient emprisonnés ici et devraient renoncer complètement à leur liberté de mouvement et à leur liberté de choix.

 

Tout est tellement intense ici. « Notre vie, nous la mesurons en minutes, pas en jours ni en semaines », disait quelqu'un, un homme du Fatah dont l’existence a été bouleversée en juin 2007 et continue de l’être chaque jour, du fait de la déchirure politique. Il voulait parler des gens du Fatah comme lui, persuadé que les gens du Hamas en Cisjordanie mesurent, eux aussi, « leur vie en minutes ». Mais sa description s’applique à tout le monde : les changements sont à ce point brusques, violents, rapides et fréquents qu’il n’y a pas moyen d’élaborer le moindre contrôle sur eux : qu’il s’agisse de « haute » politique ou des heures de lessive.

 

Gaza, c’est cette tentative permanente des gens pour s’accrocher à une normalité de vie en dépit du fait qu’Israël leur impose des conditions anormales, celles d’un emprisonnement, d’un isolement du reste du monde et d’une détérioration vers une dépendance insultante à l’égard des programmes internationaux de charité.

 

 

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)



Mercredi 3 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par aadil le 04/12/2008 09:02 | Alerter
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un jour tous ca va se payer tres cher bande d'encules de sionistes, les parasites de l'humanite le cancer qui touche notre planète, un jour on vous tranchera vos gorges de batards de l'humanite, que meme les pierres parleront et diront viens il y a un sionistes qui se cachent ici bute le , alors notre mission sera accomplie , car on aura debarasser la terre d'un virus qui se nomme israel.

2.Posté par Aigle le 04/12/2008 11:50 | Alerter
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Bizarre l'article de Amira Hass ................

3.Posté par slt le 06/12/2008 23:31 | Alerter
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faut pas stigmatiser tout les israélien, il y a des israélien qui aide les palestiniens

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