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Une génération traumatisée


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Comme beaucoup d’autres enfants de ce territoire, Hiba Hammad, âgée de 10 ans et vivant au nord de la bande de Gaza, a été le témoin d’atrocités commises par l’armée israélienne contre la population de Gaza au cours de son offensive de l’hiver dernier sur la bande côtière.

Rami Almeghari - The Electronic Intifada


Rami Almeghari
Vendredi 30 Octobre 2009

La petite Hiba Hammad, 10 ans... - Photo : R. Almeghari
La petite Hiba Hammad, 10 ans... - Photo : R. Almeghari
PDF - 6.4 Mo

Téléchargez le rapport de la commission d’enquête des Nations Unies sous la responsabilité du juge Richard Goldstone (6,4 Mo)
 
 
 


Hiba ne s’est remise à sourire qu’après quatre mois de traitement psychologique intensif au Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits, basé dans la ville de Gaza.

« Nous rendons grâce à Dieu que Hiba soit retournée à la normale après que nous ayons presque perdu tout espoir de guérison. Juste après la guerre, Hiba s’est enfermée dans le silence, l’isolement, la peur de tout ce qu’il y avait autour d’elle, surtout des étrangers. Mais maintenant, elle va beaucoup mieux et elle a réussi 91% des examens de la fin de l’année scolaire.

En outre, maintenant elle sourit, parle aux autres et fait même des plaisanteries, grâce à Dieu », nous dit la sœur de Hiba, Ettaf, laquelle a perdu son mari lors des attaques israéliennes.

Vêtue d’une robe rouge, Hiba est assise en face de son thérapeute, Haniya Balousha, au centre de traitement. C’était sa première visite depuis son traitement s’est terminée il y a quatre mois. Ce jour-là, Hiba a reçu des cadeaux pour célébrer la fin de son traitement et sa guérison des troubles post-traumatiques.

Hiba a décrit son traumatisme avec confiance et même en souriant. « J’ai vu à la télévision des enfants retirés de sous les décombres. Du toit de la maison, j’ai vu un tank traîner au sol un autre [enfant], j’ai également vu mes trois cousins tués et leurs corps mutilés. »

Hiba répond avec plaisir à la demande de sa soeur de nous dire une plaisanterie. Hiba commence : « un jour, quelqu’un a demandé à son ami, ‘pourquoi l’ambulance est-elle garée à côté de la boulangerie ?’ L’ami répond : ‘Afin de donner les premiers soins au pain brûlé.’ »

Même les plaisanteries reflètent un problème permanent à Gaza où Israël continue à attaquer régulièrement la population palestinienne. Les parents ne peuvent pas garantir de sécurité à leurs enfants dans ce territoire.

Après les attaques de l’hiver dernier à Gaza, explique Balousha, les résultats d’Hiba à l’école ont souffert alors que précédemment, « elle avait pour habitude d’obtenir d’excellentes notes lors de ses contrôles ». Balousha ajoute : « Tout au long de notre observation et de notre traitement d’Hiba, j’ai remarqué qu’elle avait peur des étrangers, qu’elle restait isolée et retirée. Hiba souffrait d’un stress post-traumatique. »

Balousha poursuit en racontant que Hiba a commencé à répondre progressivement au traitement à la suite de trois séances, après lesquelles sa confiance en soi a commencé à être rétablie. Elle nous les moyens qu’elle utilise pour traiter Hiba : « Au début, j’avais l’habitude de l’encourager à s’exprimer en dessinant ce qu’elle avait vu pendant la guerre. Puis je lui ai demandé de gonfler des ballons et de les faire éclater. Au début, elle paraissait effrayée par les ballons parce qu’ils lui rappelaient le bruit des bombardements israéliens et des tirs d’obus pendant la guerre. Mais finalement elle a commencé à se resensibiliser jusqu’à ce qu’elle soit totalement remise comme vous le constatez. »

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La thérapeute Haniya Balousha - Photo : R. Almeghari

Selon Balousha, ale cas de Hiba est assez similaire à la situation de nombreux enfants à Gaza pendant et après les attaques par Israël. Elle a expliqué que depuis que la guerre a pris fin en Janvier, le centre a traité plus de 350 enfants souffrant de troubles post-traumatiques.

Yasser, âgé de 14 ans, et qui a refusé de donner son nom de famille, était également en séance de thérapie au centre. Le thérapeute Saed al-Sersawi expliqué que Yasser avait été témoin du meurtre de son père à l’est de la ville de Gaza.

« M. Saed m’enseigne la façon de m’exprimer, il m’aide à dessiner et à écrire de la poésie parfois. Avec son aide, je me sens mieux maintenant dans la mesure où mes relations avec [mon environnement] se sont amélioré, grâce à Dieu », nous dit Yasser.

Selon la Programme de Santé Mentale pour la Communauté de Gaza (GCMHP), plus de 60% des enfants palestiniens à Gaza souffrent de symptômes de troubles post-traumatiques.

L’enquête faite par le GCMPHP montre aussi que des centaines d’enfants ont été exposés au phosphore blanc tiré par l’armée israélienne au cours des 22 jours d’attaques sur Gaza.

Abdelaziz Thabet, qui travaille avec le GCMHP, a déclaré que l’exposition au phosphore blanc a généré pour la majorité des enfants et des parents dans la bande de Gaza un sentiment d’insécurité.

« Les événements traumatisants les plus courants comprennent toujours les bangs supersoniques des chasseurs à réaction, entendre les bombardement sur la zone, voir des corps mutilés à la télévision, la privation d’eau ou d’électricité alors qu’on est reclus chez soi, [et] les tir de balles ou de fusées ou les bombes, » explique Adelaziz.

Interrogé sur le type de traitement qu’offre le GCMHP, Abdleaziz répond : « Nous faisons des programmes comme nos interventions en milieu scolaire, tels que des jeux de rôle, ou raconter des histoires. Nous avons également couvert les régions les plus touchées à Gaza, comme al-Attatra, Ezbet Abed Rabo et Zaitoun. Selon nos propres évaluations, il y a plus de 45 000 enfants dans Gaza qui ont besoin de traitement en santé mentale. »

Les chiffres des organisations palestiniennes et internationales de défense des droits humains estiment que plus de 1400 Palestiniens dans la bande de Gaza ont été assassinés par les forces israéliennes lors de l’invasion de l’hiver dernier, dont plus de 300 enfants. Les trois semaines de guerre ont aussi blessé 6000 personnes, démolies complètement ou partiellement 4000 maisons, ainsi que des centaines d’institutions et de mosquées.

Selon Abdelaziz, la souffrance mentale des enfants ne disparaîtra pas, car « la majorité des enfants craignent le retour des attaques israéliennes dans la région ».




* Rami Munir Almeghari est journaliste indépendant et conférencier universitaire à temps partiel ; il vit dans la bande de Gaza.

Vous pouvez le contacter à : rami_almeghari@hotmail.com.


 The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Info-Palestine.net


Vendredi 30 Octobre 2009


Commentaires

1.Posté par cielétoilé le 30/10/2009 21:25 | Alerter
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Pauvre gamine, pauvres petits anges !

2.Posté par kairouan le 31/10/2009 11:54 | Alerter
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pour un petard qui péte devant une ecole en europe ,on ramene une batterie de PSY pour les eleves et pour
les parants ,mais pour des enfants qui meurent de fain, de soif, de froid,de maladie et de toute sorte de misere, ont leur rajoute comme desert les bombardements. oui, il ont l'habitude cà peut passer sans PSY.......drole d'époque .en occident,il y a des etres humains et ailleurs il y a des mouches ????

3.Posté par cielétoilé le 31/10/2009 12:09 | Alerter
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Au lieu de se gaver pendant les fêtes commerciales de fin d'année, la grande orgie annuelle en bouffe et en excès d'illumination , la fête des supermarchés , nous ferions mieux d'aider soit nos proches dans la difficulté , soit nos cousins éloignés qu'ils soient d'Afrique ou du Moyen-Orient . Cela serait plus proche de l'Esprit Saint . Mais il est aussi vrai que certains d'entre nous sont un peu coincés par les fêtes familiales alors donnons leur quand même une autre connotation que celle que notre société d'over-consommation nous serine .

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