Conflits et guerres actuelles

Une équipe d’inspecteurs de l’AIEA se rend sur un site nucléaire présumé en Syrie bombardé par Israël


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 8 Décembre 2016 - 16:25 Lorsqu’Alep sera tombée...



Dimanche 22 Juin 2008

Les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se rendent dimanche en Syrie pour inspecter, avec la permission de Damas, un site détruit l’année dernière par l’aviation israélienne, soupçonné par l’Etat hébreu et les Etats-Unis d’avoir abrité un réacteur nucléaire capable de produire du plutonium à des fins militaires.

On ignorait cependant si le régime syrien autoriserait les inspecteurs de l’agence onusienne à se rendre sur trois autres sites qu’ils souhaitent également examiner. Damas a déclaré ce mois-ci ne pas y être disposé, mais le directeur général de l’AIEA, Mohamad El-Baradeï, est remonté au créneau vendredi, exhortant la Syrie à faire montre d’une "transparence absolue".

"Nous nous y rendrons les yeux ouverts, et nous observerons les faits (...) Tout ce que je demande de la Syrie est de faire preuve d’une transparence absolue et de nous aider", a déclaré M. El-Baradeï dans un entretien à la chaîne panarabe Al-Arabiya. "J’espère que la Syrie nous emmènera sur tous les sites".

Ces commentaires laissaient entendre que l’AIEA ne désespère pas de pouvoir inspecter les trois autres sites. L’objectif principal de cette mission de trois jours reste néanmoins le site d’Al-Kibar, un bâtiment situé dans une zone isolée du désert de l’est du pays.

Début juin, Damas a donné son accord pour l’inspection du site démoli par un raid aérien israélien en septembre dernier. Les Etats-Unis ont affirmé qu’il s’agissait d’un réacteur produisant du plutonium, presque prêt à l’emploi et donc déjà en mesure de générer des matériaux pour des armes nucléaires.

Ni les Etats-Unis ni Israël n’ont averti l’AIEA de ce bombardement avant avril dernier, environ un an après avoir mis la main sur ce qu’ils prétendent être la preuve de leurs assertions, à savoir des dizaines de photographies prises au sol, à l’intérieur et à l’extérieur du complexe d’Al-Kibar. D’autres images, saisies par satellite, semblent montrer des ouvriers en train d’ériger une nouvelle structure pour recouvrir le site, renforçant les soupçons américano-israéliens.

M. El-Baradeï a de nouveau critiqué vendredi le bombardement israélien, condamnant un "usage unilatéral de la force" et l’absence de concertation. Avant cette frappe, "nous aurions pu avoir le temps d’aller en Syrie pour enquêter et apprendre l’existence de tout réacteur syrien secret", s’est-il agacé. L’enquête sur le site bombardé sera désormais "très difficile car les éléments ont disparu, ce réacteur a été détruit".

Samedi, toujours sur Al-Arabiya, M. El-Baradeï a également averti, après de récentes manoeuvres militaires israéliennes, dont des responsables américains ont estimé qu’elles pourraient être destinées à montrer des dents vis-à-vis de Téhéran et son programme nucléaire, que toute frappe militaire contre l’Iran pourrait transformer le Moyen-Orient en une "boule de feu" et amener le pays à durcir sa position. Il a même mis sa démission en balance si quiconque venait à bombarder l’Iran.

Pour l’heure, l’AIEA a souligné ne pas avoir de preuves que la Syrie dispose des matériaux ou du savoir-faire nécessaire à la construction d’un réacteur de grande envergure. M. El-Baradeï a cependant noté que la Syrie possède un système nucléaire similaire à celui de la Corée du Nord, qui a réalisé son premier essai nucléaire en octobre 2006. Parmi les trois sites supplémentaires que l’AIEA souhaiterait inspecter, on estime qu’au moins un pourrait contenir les équipements nécessaires pour produire les matériaux contenus dans un missile nucléaire.

Alors que la Syrie nie l’existence d’un programme nucléaire secret sur son sol, Israël n’a jamais officiellement reconnu avoir frappé le site d’Al-Kibar, sans toutefois démentir.

Une frappe contre l’Iran pourrait transformer le Moyen-Orient en une "boule de feu", selon le patron de l’AIEA

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) estime que toute frappe militaire contre l’Iran pourrait transformer le Moyen-Orient en une "boule de feu" et amener Téhéran à durcir sa position au sujet de son programme nucléaire controversé.

Les commentaires de Mohamed ElBaradei ont été diffusés samedi par la chaîne de télévision Al-Arabiya au lendemain des propos tenus par des représentants américains. Ces derniers ont jugé que les récents exercices militaires d’envergure effectués par Israël pourraient avoir été menés pour montrer sa capacité à frapper des sites nucléaires iraniens.

"A mon avis, une frappe militaire sera la pire" chose, "elle transformera le Moyen-Orient en une boule de feu", a déclaré Mohamed ElBaradei. Elle pourrait aussi selon lui conduire Téhéran à adopter une position plus dure à propos de son programme nucléaire et le contraindre à démissionner.

L’Iran a critiqué samedi les exercices militaires israéliens. Un porte-parole du gouvernement, cité par l’agence de presse officielle IRNA, a considéré que ces opérations démontraient qu’Israël "compromet la paix et la sécurité" dans le monde.

Des avions israéliens ont participé au cours de la première semaine de juin dans l’est de la Méditerranée à des exercices d’envergure, ont rapporté vendredi des responsables de l’armée américaine.

Tsahal a refusé de confirmer ou de démentir que ces manoeuvres s’inscrivaient dans le cadre d’entraînements en vue d’une frappe contre l’Iran. Elle s’est contentée de préciser qu’elle effectuait régulièrement des entraînements pour diverses missions destinées à contrer les menaces auxquelles Israël est confronté.

http://www.aloufok.net http://www.aloufok.net



Dimanche 22 Juin 2008

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences

Publicité

Brèves



Commentaires