Palestine occupée

Une démocratie sans Etat


Le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, continue à prendre des mesures punitives et en grande partie illégales contre le Hamas, en publiant un nouveau décret pour remplacer l'ancien système électoral, un mélange d'éléments locaux et de représentation nationale, avec un nouveau système qui considère l'ensemble des Territoires Occupés (la Cisjordanie, la Bande de Gaza, et Jérusalem-Est) comme une seule entité électorale.

Par Khaled Amayreh


Khaled Amayreh
Dimanche 9 Septembre 2007

 Une démocratie sans Etat
Le décret, disent les observateurs en Cisjordanie, a principalement pour but d'empêcher le Hamas de gagner un grand nombre de sièges dans toutes future élection.

Le Hamas a battu très largement le Fatah lors des élections de janvier 2006 principalement parce qu'il a adopté des modèles de vote efficaces et qu'il a également tiré profit des divisions du Fatah, qui avaient parfois comme conséquence des candidats concurrents dans la même zone électorale.

Selon la loi fondamentale palestinienne, la modification de la loi électorale est une prérogative du Conseil Législatif Palestinien. Cependant, en raison de la réelle paralysie du conseil, en raison de la scission entre le Fatah et le Hamas, Abbas s'est abstenu de dissoudre le conseil, mais a gouverné par décrets.

A Gaza, le porte-parole intérimaire du Conseil, Ahmed Bahr -- le porte-parole Abdul-Aziz Dweik est détenu dans une prison israélienne pour forcer le Hamas à libérer un soldat israélien capturé par les combattants palestiniens en 2006 – a qualifié le décret d'Abbas de "manifestement illégal" et "préjudiciable à la cause de la démocratie en Palestine".

"L'énorme avalanche de décrets publiés par le Président Abbas est une violation directe de la loi fondamentale palestinienne modifiée", a déclaré Bahr, en ajoutant que "le conseil législatif bloquera et annulera les violations".
Bahr a fustigé Abbas pour "avoir violé tous les articles de la Constitution", en l'accusant d'adopter le système de représentation proportionnelle pour "faire obstacle aux prochaines élections présidentielles de sorte qu'il reste président à vie."


Abbas est peu susceptible de prêter attention aux remarques de Bahr.
Au contraire, le président de l'Autorité Palestinienne a continué de publier des décrets vindictifs destinés à punir le Hamas, tel que licencier les fonctionnaires nommés par les précédents gouvernements du Hamas et d'unité nationale. D'ailleurs, Abbas a décidé d'interdire 20 autres organisations non-gouvernementales et associations locales.

La semaine dernière, Abbas a proscrit 103 associations caritatives et locales, en alléguant que ces institutions se livraient à des activités illégales et que "des irrégularités juridiques et financières" troublaient leurs opérations. Les organisations des droits de l'homme et juridiques en Cisjordanie ont dénoncé ces fermetures considérables en les qualifiant d'"illégales" et d'"insulte à la loi".

Les protestations, cependant, sont peu susceptibles d'influencer sérieusement Abbas et son gouvernement qui a imposé en réalité efficacement la loi martiale, ce que les Palestiniens appellent maintenant de façon dérisoire : "Un Etat-policier sans Etat".

Les récriminations juridiques entre le Fatah et le Hamas sont seulement une petite partie de l'épreuve de force de plus en plus malsaine entre les deux groupes.

Cette semaine, le Hamas a publié une déclaration accusant les agences de sécurité de l'Autorité palestinienne et les miliciens du Fatah en Cisjordanie d'avoir effectué 1.000 attaques et actes de meurtre, de vandalisme et de terrorisme contre des partisans et des cibles du Hamas.

La déclaration bien documentée a qualifié l'attaque violente contre le Hamas d'"inquisition organisée et systématique", qui vise a éradiquer le Hamas.

Ces accusations sont niées par les responsables du Fatah qui expliquent que les agences de sécurité essayent simplement d'empêcher ce qui est arrivé dans la bande de Gaza de se produire en Cisjordanie.
"L'Autorité Palestinienne n'en a pas après le Hamas, elle combat seulement un certain groupe à l'intérieur du Hamas qui tente de faire un coup d'état en Cisjordanie," a déclaré Hatem Abdul-Qader, un ancien député du Fatah qui a été nommé par Abbas en tant que conseiller présidentiel sur le cas de Jérusalem.

Cette semaine, des responsables de la sécurité préventive en Cisjordanie ont accusé les Forces Exécutives du Hamas de chercher à effectuer un coup d'état contre le gouvernement d'Abbas-Fayyad à Ramallah.

Cependant, les accusations ne peuvent pas être prises au sérieux pour la simple raison qu'Israel contrôle chaque coin de la Cisjordanie, y compris Ramallah où est situé le quartier général de l'Autorité Palestinienne.

Abdul-Qader a indiqué à à Al-Ahram Weekly que la direction de l'Autorité Palestinienne attendait toujours avec impatience le rétablissement de l'unité palestinienne. Il a révélé que "les Etats voisins faisaient d'importants efforts pour mettre fin à la scission nationale."

Cependant, le Hamas croit qu'Abbas fait seulement mine de sembler "préoccupé par l'unité nationale quand,en fait, il exécute des ordres israéliens," comme l'a déclaré un responsable du Hamas, Mahmoud Zahar, à Weekly.

Zahar a qualifié les 340 décrets publiés par Abbas de "foutaises" en disant que ce qui comptait n'était pas ce que dit Abbas mais ce qu'il fait. Zahar accuse quelques éléments clés dans l'Autorité Palestinienne d'encourager l'armée israélienne à envahir la Bande de Gaza et à liquider le Hamas pour le compte du Fatah.

Cependant, Zahar a déclaré qu'il ne pensait pas que le "scénario Éthiopio-Somalien" se produise à Gaza. "Gaza n'est pas la Somalie, et l'entité sioniste sait ce que cela signifie pour elle de réoccuper Gaza. Et vraiment je ne pense pas qu'Israel sacrifierait des centaines de ses soldats pour le compte du Fatah."

Cependant, la presse hébreue a signalé que le ministre de la Défense, Ehud Barak, avait ordonné à l'establishment de la Défense d'examiner "les aspects opérationnels et légaux des mesures conçues pour ébranler le gouvernement du Hamas dans la Bande de Gaza."
Les mesures israéliennes envisagées inclueraient une coupure de l'approvisionnement en eau et en électricité à 1.5 million de Gazéens.


Plus tôt, Haim Ramon, un proche collaborateur du Premier Ministre Olmert, a menacé qu'Israel "fixerait un barème pour chaque missile Qassam en termes de réduction de l'infrastructure," en ajoutant : "Nous ne continuerons pas à fournir de l'oxygène sous forme d'électricité, carburant et eau tandis qu'ils essayent d'assassiner nos enfants," cependant en réalité, c'est Israel qui assassine les enfants palestiniens.

Seulement la semaine dernière, Israel a assassiné cinq enfants palestiniens à Gaza, dont 3 appartenant à une même famille.
A Naplouse, les troupes israéliennes ont gravement blessé un garçon palestinien pendant une "opération d'arrestation" effectuée dans la ville le 3 septembre.

Zahar a déclaré à Weekly qu'il soupçonnait Abbas de collaborer avec les Américains et Israel dans "un plan satanique" par lequel il appellerait à des élections en Cisjordanie, falsifierait les résultats, et puis il demanderait à Israel et à la communauté internationale de l'aider à reprendre Gaza par la force.

Le 4 septembre, Abbas a déclaré qu'il n'ordonnerait pas des élections présidentielles et parlementaires palestiniennes avant la restauration de l'unité palestinienne.

Ismail Haniyeh, le Premier Ministre du gouvernement de Gaza, a bien accueilli ces remarques, toutefois il a exigé qu'Abbas cesse immédiatement "ces mesures et décisions véhémentes qui ne font qu'élargir le fossé entre notre peuple".

Haniyeh a proposé cinq principes pour résoudre la crise actuelle avec le Fatah. Ceux-ci incluent l'adoption du dialogue comme seul moyen de résoudre la crise actuelle, la promesse d'une unité géographique, l'indivisibilité du régime palestinien, pas d'Etat dans Gaza et pas d'Etat sans Gaza, et l'adhésion à la loi fondamentale.

Haniyeh a également invité les Etats arabes à redoubler leurs efforts pour restaurer l'unité nationale palestinienne, en disant que les Arabes ne pouvaient pas être des spectateurs distants "alors que le bateau palestinien est en train de couler."

Source : http://weekly.ahram.org.eg/
Traduction : MG pour ISM


Dimanche 9 Septembre 2007

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