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Une bataille de perdue... europeana.eu a explosé - « Popularity brings the site down »...


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Lundi 15 Décembre 2008

Une bataille de perdue...     europeana.eu a explosé - « Popularity brings the site down »...
« Europeana en ligne. La bibliothèque numérique européenne, fruit d'une collaboration entre de nombreuses institutions culturelles (musées, bibliothèques, archives...) est en ligne en version bêta. Ce portail existant en 24 langues entend donner accès à 10 millions d'œuvres d'ici à 2010 - on peut pour l'instant en voir 2 millions. La France a particulièrement contribué au développement d'Europeana puisqu'elle a fourni 52 % des œuvres ».

AUTEUR:  Michel PORCHERON

Très bonne nouvelle... Enfin !...Sauf que le site, conçu et lancé pour contrer Books de Google, n’a fonctionné que 24 heures. Il est actuellement inaccessible...faute au succès qu’il a rencontré, la faute à Voltaire, la faute à Rousseau et à énormément d’autres. Saturé qu’il fut, comme ça arrive pour une autoroute un jour de vacances, une mémoire d’ordinateur, une éponge gorgée d’eau, un standard téléphonique, un embouteillage aux heures de pointe, à Paris ou à Carcassonne.

Face à ce trop-plein de connexions, www.europeana.eu, (eu d’Europe bien sûr, tout le monde l’aura compris) fut obligée  de fermer, les bronches encombrées, les tuyauteries bouchées, les itinéraires de délestage inexistants.  

Europeana versus Google Book Search : le match est reporté

Inauguré le jeudi 20 novembre 2008, fermé 24 heures plus tard, le site affiche, depuis, le texte suivant sur sa page d’accueil (de gauche à droite, en anglais,  en allemand, et en français, on se demande pourquoi l’espagnol ne figure pas...) :

« Le site Europeana est momentanément inaccessible du fait de l'intérêt immense qu'il a suscité lors de son lancement (10 millions de hits par heure). Nous faisons tout notre possible pour rouvrir au plus vite Europeana sur une base plus robuste. Le service sera à nouveau disponible à partir de mi-décembre. Pour une démonstration d'Europeana et plus d'information.... http://dev.europeana.eu/

 

Quelques jours plus tard, tout était de nouveau reporté, à une date ultérieure, on peut lire en effet : « ... le site sera de nouveau opérationnel dans le courant du mois de janvier 2009 ». On attendra donc, mais quelle impatience.

Plus d’information...avec une page uniquement en anglais (Europeana, connecting cultural heritage)...ainsi que ses huit onglets. Internautes du monde entier et d’ailleurs, vous saurez tout ...si vous êtes un familier de la langue de Shakespeare.... Cependant même avec un niveau-débutant, il ne sera pas très difficile de comprendre :  

We launched the Europeana.eu site on 20 November and huge use - 10 million hits an hour - meant it slowed to a crawl. We are doing our best to reopen Europeana.eu in a more robust version.
Meanwhile, the site you're in now is the project development site, with a video to give you a taste of what's on the real Europeana site.
Unfortunately this project site is only in English: the real Europeana is in all EU languages.

Ainsi vous lirez : « Why did the site close ? », puis « See the new look », ou encore « Click to play demo ». Vous tirez la langue, ou vous la donnez au chat ? Rendez-vous donc « mi-décembre »...pour prendre langue.   Non pas mi-décembre, dans le courant de janvier ou plus tard, pourquoi pas ?

À Europeana, les concepteurs avaient tablé sur 5 millions de visiteurs par heure, ils ont été près de 20 millions, selon le quotidien français Libération (Frédérique Roussel, 5 décembre 2008). Europeana, conçue comme réponse des Européens au gigantesque projet de numérisation de livres du moteur usaméricain Google (google books) propose(ra) d’accéder aux versions numérisées de plus de 2 millions de livres, manuscrits, cartes, photos, documents audiovisuels... « Elle est l’aboutissement d’une croisade menée par Jean-Noël Jeanneney (président de la BNF entre 2002 et 2007) contre la gloutonnerie de l’acteur privé » (Libération).

      

Par un malicieux hasard du calendrier, la BNF (Bibliothèque Nationale de France, à l’origine du site) vient de célébrer ses 10 ans. En 1998 (le 8 octobre) fut en effet inaugurée sa bibliothèque de recherche. Elle conserve actuellement plus de 13 millions de livres et d’imprimés, soit plus de six fois son lot numérisé, et se range parmi les bibliothèques les plus importantes au monde. À cette occasion, un débat a été organisé sur le thème : « Quel avenir pour la BNF et les grandes bibliothèques dans un âge numérique mondialisé ? ».

Pour ce dixième anniversaire, la BNF donne même dans le blog (http://blog.bnf.fr/10ans-et-après  ). Soit une BNF version 2.0.

Le Google Library Project gardera une nette longueur d'avance

Depuis quatre ans, la puissante pieuvre usaméricaine de l'Internet a, elle, déjà numérisé plus d'une dizaine de millions d'ouvrages. Une trentaine de bibliothèques du monde entier, dont certaines européennes, représentant chacune plusieurs millions d'ouvrages, ont ouvert leurs fonds à Google qui les a mis à disposition - en partie ou en intégralité s'ils sont tombés dans le domaine public - des internautes dans le cadre de son Google Library Project. «Faciliter la recherche, sur Internet, de l'information qui existe hors ligne», avait expliqué Google quand il dévoila son projet en décembre 2004.

 

Les universités de Harvard, Stanford, Michigan et la New York Public Library ont été les premières à fournir la Google Library. Également membre fondateur, l'université britannique d'Oxford trouva un accord avec Google après un an de pourparlers. La prise en charge de la numérisation des livres par le groupe US avait fini par convaincre ces bibliothèques, qui reçoivent, en échange, un «double numérisé» de chaque ouvrage, leur permettant de constituer des archives numériques sans frais, comme l’a souligné le quotidien français Le Figaro. A partir de l’argument de l’offre linguistique, ont notamment rejoint les bibliothèques citées, Columbia et Princeton, ainsi qu’une douzaine d'universités, dont celles de Chicago, de l'Ohio, de l'Indiana et de Pennsylvanie, réunies au sein du Committee on Institutional Cooperation.

« L'enjeu est désormais d'élargir l'offre linguistique et thématique au-delà des États-Unis » (Le Figaro). De nombreux partenaires européens ont rejoint le projet au cours des douze derniers mois, dont la Bayerische Staatsbibliothek, l'université de Gand, la bibliothèque municipale de Lyon, l'université Complutense de Madrid et l'université de Lausanne. Enfin, avec l'université de Keio, au Japon, Google a mis un premier pied en Asie.

Si l’ampleur de la tâche avait rebuté Microsoft au point qu’il abandonna son projet propre, Google se lança avec succès et après un temps de rodage dans son Library Project. « Riposte au projet du géant de l'Internet, Europeana a été initiée dès 2005 sur proposition de Jacques Chirac, qui redoutait une "américanisation de la culture" », comme l’a souligné l’hebdomadaire Le Point.

Pour le projet européen, Bruxelles a débloqué 120 millions d'euros pour les deux premières années. Quelque 40 millions d'euros seront en outre investis dans le développement d'outils multilingues favorisant un système de traduction en 23 langues. Mais le budget global reste très insuffisant : « Il faut compter 225 millions d'euros pour numériser 5 millions de livres et 2,5 millions d'euros de coût de fonctionnement par an », a calculé Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la Société de l'information et des médias.
« L'objectif est d'atteindre, voire de dépasser 10 millions d'œuvres d'ici 2010", a-t-elle assuré.

Pour le moment, seulement 1 % du contenu des bibliothèques européennes a été numérisé, 4 % devraient l'être d'ici 2012. La besogne paraît sans fin, souligne Le Point, puisque les bibliothèques européennes comptent 2,5 milliards uniquement de livres ! La France est le principal contributeur d'Europeana (52 % des contributions) grâce à ses archives de la Bibliothèque nationale de France (BNF) et de l'Institut national de l'audiovisuel (INA).

Qui dit site –dans ce cas pharaonique, prestigieux-, dit Internet. Pas de connexion, pas d’europeana.eu. Beaucoup de monde n’y aura pas accès. Car sur la Toile les disparités restent fortes. On vous parle de la France : moins de 60 % sont connectés. (source : Credoc). Une moyenne. En effet si vous faites partie des besogneux de fin du mois, avec 900 euros, le chiffre de connectés tombe à 34 %. Si vous êtes un nanti  avec un pactole de 3100 euros et plus par mois, le chiffre passe à plus de 91 %...Prenons maintenant ceux qui représentent le quart de la population en France, les plus de 60 ans, eh bien, le taux d’accès n’atteint pas 40%. Quant aux septuagénaires, non seulement ils ont 70 ans ou plus, mais en plus ils sont nettement sous- équipés, avec un petit 14 %.



Source : l'auteur

Article original publié le 14/12/2008

Sur l’auteur

Michel Porcheron est auteur associé de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6580&lg=fr



Lundi 15 Décembre 2008


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