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Une Brigade de réserve de l'IDF a transformé des villages palestiniens en terrain d'entrainement


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Les points principaux de l'ordre étaient : nous marchons pendant 12 kilomètres jusqu'aux deux villages -- Beit Lid et Safarin -- ce sont deux villages voisins.
On ne nous a pas dit combien de personnes y vivaient.
On nous a dit qu'il s'agissait de villages considérés comme "froids" et nous ne devrions pas y avoir de problèmes.

Par Yesh Din
Ce témoignage a été enregistré par Lior Yavne en mars 2007


Yesh Din
Dimanche 11 Mars 2007

Photo : Faux village palestinien reconstitué dans le sud d'Israel où l'armée israélienne effectue habituellement ses entrainements de guerre urbaine.
Photo : Faux village palestinien reconstitué dans le sud d'Israel où l'armée israélienne effectue habituellement ses entrainements de guerre urbaine.
Je sers dans le Bataillon de réserve …, un bataillon de parachutistes, la Brigade ----. Nous avons été appelés pour un devoir de réserve le 18 février 2007 et nous avons commencé un "Exercice avant Mission" -- .

Avant chaque mission sur le front, nous faisons un exercice, les forces sont entrainées : pratique du tir, des choses normales, rien de particulier.

Le jour où nous avons été appelés, nous savions déjà que nous allions prendre deux villages (en tant qu'élément de l'exercice du bataillon). Nous allons à la réserve opérationnelle et la première chose que nous demandons, c'est "Alors, qu'est-ce qui se passe, quel est l'exercice ?"
Le bataillon fait toujours une exercice avant de partir en mission.

"Donc, de quelle durée est la marche, de combien de kilomètres ?"

C'est ce que nous voulons savoir : le nombre de kilomètres de la marche. Mais comme l'exercice devait être un entrainement de combat de rue, nous sous sommes dit que c'était ok, qu'il n'y aurait rien de spécial..… Nous faisons cela à chaque session d'entrainement.

Et alors ils nous ont dit que nous allions avoir un exercice de bataillon qui incluait un scénario qui pourrait se produire aujourd'hui, en l'occurrence, prendre deux villages.

Nous ne parlons pas d'entrer pour procéder à des arrestations, ce qui est une opération chirurgicale, ce qui ce que nous faisons habituellement sur la ligne de front, des arrestations et des choses comme ça, mais nous parlons de mettre en scène une guerre globale et maintenant nous allons entrer et prendre le village.

En termes de doctrine militaire, je n'y adhère pas directement, il y a d'autres manières de le faire, des actions plus agressives… plus tapageuses parce que c'est la guerre, nous n'essayons pas d'arrêter quiconque.

Et alors, petit à petit, quand nous avons compris que nous parlions de villages où vivent des gens, nous avons commencé à froncer les sourcils et beaucoup se sont plaints.

Les points principaux de l'ordre étaient : nous marchons pendant 12 kilomètres jusqu'aux deux villages -- Beit Lid et Safarin -- ce sont deux villages voisins. On ne nous a pas dit combien de personnes y vivaient.

On nous a dit qu'il s'agissait de villages considérés comme "froids" et nous ne devrions pas y avoir de problèmes.

L'ensemble du batallion part vers le village, il y a un plan, peu importe comment pour l'instant… Et à l'heure H -- 4 heures du matin -- le bataillon entier "ouvre le feu" sur le village, méthodiquement, sans balles ou autre chose, nous "ouvrons le feu" sur le village et nous nous nous emparons du village. Nous commençons…

L'idée était que quand nous arriverions au village, il y aurait deux escortes, pas de mise en scène d'ennemi, deux officiers nous diraient : "Vous voyez ici, on vous tire dessus depuis cet endroit, on vous tire dessus.", ils allumeraient un bâton de lumière, l'ordre était de se déplacer sans charger nos armes.
(De sorte qu'il soit clair que) si l'on entendait des tirs, ils ne provenaient certainement pas de notre unité, personne ne le ferait.

D'ailleurs, je ne sais pas s'il y avait une sécurité périphérique… Je ne sais pas, dans notre compagnie, par exemple, il n'en y avait pas, j'en suis sûr.

Et il y aurait des bâtons de lumière et vous n'êtes pas autorisés à entrer dans une maison à moins que ce soit une maison avec un bâton de lumière et en premier lieu, nous savons qu'il y a des maisons qui sont abandonnées et des choses comme ça.

Mais en général, vous ne savez rien, ils ont voulu créer l'incertitude sur l'objectif afin de simuler une véritable bataille, mais je pense que dans ce cas qui est un peu sensible, ils auraient dû au moins nous donner certaines informations…
Je ne sais pas… C'était très problématique, nous avions l'impression de ne rien savoir. Donc… Nous avons marché…
Et c'était : "Il y a les villages, allez-y et débrouillez-vous comme vous pouvez."

Un ordre très vague sur l'objectif, habituellement nos ordres sont très clairs : "Maison numéro cinq, maison numéro deux…"

En ce qui concerne les règles d'engagement, c'était problématique aussi. Aucun tir à moins que nous voyions quelqu'un… Il n'y a pas de mise en scène d'ennemis -- si maintenant nous voyons quelqu'un avec un kefiyah et une arme, ce n'est pas un faux ennemi, ce qui signifie qu'il est un ennemi.

Le commandant du bataillon a dit : "Les villages sont connus pour être froids, ce sont des villages avec lesquels nous n'avons aucun problème," ce qui m'a mis encore plus en colère mais nous pourrions aussi en parler plus tard… Et voilà… Ils nous ont indiqué qu'il y avait également quelques chasseurs qui vivent dans le village.

Il n'y avait aucun commentaire au sujet de ce qui se produirait avec les civils innocents, aucun commentaire. Ils n'ont pas parlé des civils qui dormaient dans leurs maisons et qui se réveilleraient en sursaut parce que l'armée était dans le village.

Ils ont laissé cela à l'appréciation des soldats, et comme nous sommes tous de grands enfants, il s'agit de n'inquiéter personne. Il y a eu une référence aux chasseurs qui vivent dans le village parce que la question a été soulevée, il y a eu une référence disant "qu'au cas où vous seriez engagés (ndt : dans un combat avec l'ennemi), naturellement, l'ensemble du bataillon change la mission et la mission est les terroristes, ou celui qui tire, et voilà".

La définition était : C'est un exercice dans des conditions réelles qui inclut également une opération militaire planifiée, comme dans une opération à forte visibilité dont le but n'est pas d'effectuer un assassinat ciblé, mais si nous engageons le combat (avec des terroristes), "alors c'est génial."

Je peux te dire que le commandant de la Brigade disait : "Ce serait génial s'il y avait un engagement, puis, j'ai déjà tué dans l'exercice, c'est bien pour moi."

Dès que l'ordre a été expliqué, les gens ont commencé à froncer les sourcils et à parler… Beaucoup de gens fronçaient les sourcils et nous ne savions pas comme ça allait être, comment ça allait se passer, attendre, devrions-nous nous déplacer avec ou sans chargeur ?

Que se passera-t'il si nous sommes soudainement engagés ? Sont-ils des villages "froids" ? Sont-ils des villages "chauds" ?

Devrions-nous crier "Tir, tir" (comme nous le faisons pendant les exercices au lieu de tirer) ou autre chose ?

Même en termes du moment où nous entrons et que ne voulions-nous pas les tracasser, est-ce que nous crions "tir, tir", et est-ce que nous entrons dans des maisons ? N'est-ce pas ?

Il y avait beaucoup de questions et de confusion et tout le monde se sentait … Non… Non… Quelque chose n'allait pas.

Je peux vous dire que même nos officiers jusqu'au commandant de la compagnie ont froncé les sourcils et ne savaient pas quoi faire mais tu vois ici que la fidélité remplace tout. Quand tu es avec des gens aussi longtemps, tu sais quand une personne est simplement loyale et quand elle y croit vraiment.

Il y a quelqu'un qui est allé parler au commandant de brigade. Sa réponse était quelque chose comme : "Ecoute, c'est… "
Dans l'ordre, il l'a dit aussi : "Nous parlons de … Nous n'avons pas le temps de jouer, l'armée doit être prête", et sur ce point je suis d'accord dans une certaine mesure.

Quand vous faites un tel exercice dans de vrais villages, vous ne pouvez pas l'imaginer dans un centre de formation reconstitué, sûrement pas dans ce que nous avons en Israel. Je veux dire que c'est la chose la plus proche de la réalité, et je suis d'accord à ce niveau-là, mais je ne suis pas d'accord avec la façon dont est fait l'exercice…

Ok, nous reviendrons dans une minute sur les sujets avec lesquels je ne suis pas d'accord. Mais (le commandant de brigade) dit que l'idée est de fournir réellement un vrai décor, pour effectuer vraiment une opération planifiée, ce sont toujours des villages et quelqu'un y tient la ligne de front et quelqu'un y effectue une opération planifiée : une opération planifiée peut être avec peu de visibilité qui est "secrète", des arrestations, des ambuscades, ou une opération à forte visibilité qui a également un objectif : pour faire du bruit et pour dire nous sommes responsables ici, cela est également un genre d'opération préventive

Donc, ils nous ont dit : "C'est un genre d'opération à forte visibilité", sauf qu'une brigade entière qui entre dans un village n'est pas une opération à forte visibilité : c'est beaucoup plus.

La forte visibilité, c'est d'entrer au milieu du village avec une jeep et une lumière bleue clignotante, ou faire des patrouilles, ou quatre personnes y vont en parlant fort -- c'est une action à forte visibilité. Tenir un éclairage manuel… et non un bataillon qui attaque. C'est ça, et alors nous avons commencé à comprendre

L'ordre était terminé et les gens sont allés au lit, et je l'ai vu… en me basant sur le niveau des ordres des commandants de la compagnie qui étaient mal à l'aise et donnaient ces réponses… Et même au niveau du commandant de bataillon avec tous les commandants de le compagnie… Et ce n'est pas clair, ce n'est pas clair.

Je me rappelle que les types plaisantaient et disaient : "Hé appelons Channel 2 (la chaine d'informations à la télévision), appelons Channel 2", comme… mais vous savez que vous êtes dans le service de réserve, et voilà…

L'exercice avait lieu dans la nuit de mercredi, entre le 20 et le 21 ou entre le 21 et le 22, non, entre le 20 et le 21, je pense. Si je ne fais pas de confusion, c'était entre le 21 et le 22, dans les réserves vous perdez la notion du temps.

Il y a eu quelques autres erreurs -- vous prenez des types de la vie civile qui ont besoin de temps pour s'adapter, n'est-ce pas… c'est vrai -- nous sommes des soldats de combat – pendant (la guerre du Liban), nous avons tous été appelés et quand vous devez vous adapter, vous vous adaptez mais c'est sur la ligne de front … Il y a eu une baisse dans la tension après la guerre, il n'y a rien à faire à cela, vous prennez les choses plus facilement.

Il faisait très froid et il faut du temps au corps pour s'adapter à la température. Quand vous êtes habitués à être dans un bureau pendant la moitié de l'année, après trois jours passés (dans les réserves), c'est problématique.

Qu'arrive-t'il ? Les gens entrent dans une sorte d'apathie. Ils nous ont traînés pendant environ 12 kilomètres sur un lit rocailleux de rivière, ce qui est un terrain très difficile. Toute personne qui a l'habitude de marcher le sait, cela fait mal aux pieds.

Donc, vous prenez des gens qui ne sont pas prêts, vous les cassez avec 12 kilomètres, dans des conditions de froid auxquelles les gens ne sont pas habitués, et avant d'arriver aux villages, nous étions apathiques. Nous avons commencé à marcher à 21h, et nous sommes entrés dans le village -- l'heure H était à 4 heures du matin.

Trois compagnies sont allées à Beit Lid et une autre à Sarafin, qui est un village considérablement plus petit.

Nous sommes entrés dans les villages à pied, sans voitures, sans jeeps. Il y avait des véhicules pour l'unité de couverture mais pas pour ceux qui arrivaient à pied dans les villages.

Dans les villages, c'était seulement à pied, il y avait seulement l'infanterie.

L'exercice était minable, et il n'était pas minable parce que nous ne sommes pas de bons soldats -- nous avons déjà fait tellement d'exercices que vous ne le croiriez pas.

L'exercice était minable parce que les gens étaient en colère au sujet de l'exercice, les gens venaient de se taper de la marche, parce qu'il faut du temps pour se régler, vous ne pouvez rien y faire, il faisait froid et les vêtements nous collaient et vous n'aviez pas… ce n'était pas clair du tout.

Soudain, vous arrivez dans le village et vous êtes confrontés à : "Ils tirent sur toi d'ici, ils tirent sur toi de là" et vous êtes comme "Bon, ok".

C'est minable. Et c'était également une honte la façon dont nous avions marché, et soudain vous êtes au milieu d'un village à crier : "Tir, tir, tir" et je pense que les habitants ont dû avoir une crise cardiaque.

Il y avait des habitants qui allaient prier à cette heure-là. Il n'y avait aucune instruction sur la façon de les gérer."

Tout le monde est sur ses gardes, nous sommes de grands enfants, et nous ne jouons pas.

Donc, naturellement nous ne les avons pas fouillés, nous étions très très polis et nous disions : "Passez, passez." Nous avons laissé passer les habitants et nous ne les avons pas fouillés, ce n'était pas le but. Le but était de faire un exercice.

Quand nous avons rencontré les gens dans la rue, nous avons dit : "Attendez une minute, nous sommes au milieu d'un exercice". Nous avons dit à certaines personnes de passer… les personnes âgées. C'est un problème. Ils étaient apathiques ou déjà habitués à ça.

Ils étaient très… ils ne savaient rien… il me semble (rires) que nous disions : "Tir, tir, tir" et nous nous promenions avec des civières comme des demeurés et je ne suis pas sûr qu'ils aient compris ce qui se passait.

Les gens se sont réveillés, des lumières se sont allumées dans les maisons. Vous ne pouvez pas empêcher d'entendre un bataillon qui entre dans le village. Ce ne sont pas trois personnes.

Il y avait des cris, nous avons vu les lumières s'allumer et les gens regarder aux fenêtres et nous avons dit : "Tou va bien, tout va bien" mais ce n'était pas vrai… Je pense, d'abord que ce n'est pas moral, et deuxièmement que cela ne sert à rien… Un (exercice) dangereux -- au niveau du tir ami et au niveau des erreurs, Dieu m'en préserve, nous étions vraiment engagés.

C'est vrai, nous sommes de grands enfants et nous sommes censés savoir nous charger de cela et du reste, mais ce n'est une façon de faire, c'est quoi ça ?

Puisqu'il n'y a aucun doute que s'ils avaient engagé le combat avec nous, ils auraient tué certains d'entre nous avant que nous puissions réagir.

Puisque nous n'étions pas en mode de réaction, nous étions en mode d'exercice, bien qu'il s'agisse d'un peu plus qu'un exercice opérationnel, mais c'est toujours un mode de… Vous ne pouvez pas vous concentrer sur l'exercice et en même temps… Vous ne pouvez pas… Cela ne fonctionne pas…

Selon l'ordre, les armes n'étaient pas chargées, mais si vous engagez le combat avec (des terroristes), vous mettez un chargeur… C'est pourquoi je dis que certains d'entre nous auraient été tués avant que nous puissions réagir, je n'ai aucun doute sur ça, je n'ai aucun doute.

Et personne n'était affecté à la sécurité. C'est une faute. D'ailleurs, le fait que personne n'ait été affecté à la sécurité est notre faute, je pense que c'est de ma faute aussi. J'aurais du me lever et dire : "He attendez une minute les gars, personne n'est affecté à la sécurité ?"

Nous aurions dû le demander. Je ne blâme pas du tout les commandants, mais c'est de toujours la responsabilité des commandants. Peut-être que les officiers qui dirigeaient l'opération, peut-être qu'ils étaient en position "d'incrustation", mais il n'y a aucune chance qu'ils aient été définis comme sécurité. S'ils étaient notre sécurité, pauvres de nous.

C'est un miracle que rien ne se soit produit, vraiment, un miracle. Rien de physique ne s'est produit, mais qui sait si quelque chose au niveau mental ne s'est pas produit dans le village, c'est là le problème.

Il s'est produit quelque chose à la fin, c'était réellement drôle, après tout, l'armée a compris, elle a appris une leçon (au Liban) qu'il y avait un problème avec l'évacuation des blessés et je suis d'accord avec ça. Donc qu'ont-ils fait ?
"Ok, il y a des blessés, donc faisons un exercice avec les civières".

Donc, c'était comme une évacuation sur des civières, maintenant quel était le problème avec l'évacuation des blessés (au Liban) ? Le problème de sécuriser le paramètre, le problème de contrôler l'événement, et non le problème de porter la civière.

Porter une civière n'est pas un problème, même si c'est très, très dur pour toi, quand ton ami est sur la civière … Ce n'est pas le problème, mais afin de le cocher sur la liste, comme -- nous avons appris des leçons sur l'évacuation des blessés – ici, nous avons vraiment fait une évacuation avec la civière.

Donc, nous avons circulé dans le village avec la civière ce qui semblait peu clair. Maintenant, si nous avions été vraiment engagés dans un combat, j'ai peur de penser à la façon dont cela se serait terminé.

Nous étions tous collés ensemble, nous étions concentrés sur l'exercice, personne n'ait été affecté à la sécurité, (il n'y avait personne à qui l'on pouvait dire : "Tu ne fais pas partie de l'exercice, tu sécurises l'unité."

Vous savez quoi -- s'il y avait eu un tir ami -- Dieu sait ce qui serait arrivé.

Beaucoup de soldats s'étaient déployés, après tout quand vous prenez un village, ce n'est pas comme si l'unité entière, disons une unité de 12 personnes, va dans une maison et s'y installe, c'est beaucoup d'équipes réparties en de nombreuses divisions dans l'ensemble du village et soudain, il y a des cris comme vous ne pouvez pas l'imaginer, c'est un miracle que cela ne se soit par terminé par une tir ami, et c'est ce qui nous tracassait le plus.

L'exercice a duré environ trois heures. L'heure H était 4h du matin et nous sommes partis vers 7h. Les ordres étaient de partir vers 6h15 afin de ne pas les gêner dans leur vie, ce qui est quelque chose… Mais vous savez, l'armée.

C'était la première fois que j'entendais parler d'une chose pareille (un exercice dans un village palestinien) et personnellement, je pense que c'est la première fois qu'ils le faisaient.

J'ai entendu dire que le bataillon d'avant notre brigade, celui qui tenait la ligne de front avant nous, a fait cet exercice et que le prochain bataillon qui viendra après nous dans la brigade est censé faire l'exercice.

Nous savons que c'est quelque chose de nouveau dans l'armée, quelque chose qui n'a jamais été fait avant. Ils nous ont dit que le dossier de l'exercice est épais. Qu'il fallait beaucoup d'autorisations, beaucoup, beaucoup d'autorisations.

Ils ont eu besoin de beaucoup d'autorisations et finalement ils sont parvenues à convaincre celui dont ils avaient besoin, je ne connais pas la chaîne des autorisations sur cette question.

Je peux seulement imaginer, mais je sais pour sûr que cette autorisation ne s'accorde pas au niveau du commandant de brigade.

Je peux dire qu'après l'exercice… N'oublions pas que l'un des objectifs de l'exercice avant d'aller en mission opérationnelle est de remonter le moral : cet exercice a écrasé le moral. Tout le monde disait… l'exercice était nul, je ne me rappelle pas un exercice aussi nul.

Nous avions le moral dans les chaussettes, nous avions harcelé un village "froid" qui pourrait se transformer maintenant en village "chaud" à cause de ça, et croyez-moi, si le troisième bataillon y va, je ne sais pas… ce n'est pas clair… ce n'est pas acceptable, ce n'est pas moral, même les officiers ont froncé les sourcils…

Et si quelque chose s'était produit, c'aurait été une honte, la pagaille, il y aurait eu beaucoup de dégats. J'ai peur de penser à ce qui se produirait, un tir bilatéral ou un engagement, seul Dieu pourrait nous aider. Et pourquoi ? Pensez-vous que cela m'a rendu plus prêt pour la guerre maintenant ? Pas du tout. Pas avec ça.

Je veux dire, vous prenez un groupe de personnes, vous faites en sorte que tout le monde soit surpris et en colère et tout le monde se demande : "Que se passe-t-il ?" Et tout le monde sait…

Et c'est complètement de ma propre spéculation -- ce n'est pas un fait, que ce sont tous des jeux politiques, que le commandant de brigade veut montrer – "Ici, je pense en dehors de la boite et je suis spécial et je suis un héros" parce que pendant la guerre, ils ont fait un film sur nous parce que nous étions le seul bataillon qui, deux mois avant la guerre, avait vraiment fait un exercice qui était exactement comme à la guerre, et c'est vrai -- nous l'avons vraiment fait, nous étions prêts pour la guerre comme vous ne pouvez pas le croire.

C'est comme si (le commandant de brigade) avait voulu frimer et montrer à quel point il est spécial et c'est probablement la seule justification

Après l'exercice, j'ai entendu que le commandant de bataillon dire : "Vous savez, il y a une unité d'élite qui veut également prendre ce dossier d'exercice et faire ce genre d'exercice et dire…"
Comme c'est cool, quel enthousiasme, et je… Si je suis là, c'est parce que vous n'avez pas pu arrêter notre (exercice) mais j'espère que pour les autres… Nous fabriquons nos propres guerres.

J'ai entendu dire que le bataillon précédent avait également eu un mauvais exercice. Et ce qui est le plus exaspérant, c'est que dans les résumés d'exercice, ils lui donnent le P.R. comme si c'était un excellent exercice, un exercice exceptionnel, et c'est ce qui m'a mené à penser que c'est politique et chaud.

C'est une erreur, c'est plus qu'une erreur, c'est l'une des choses les plus choquantes que j'aie jamais faites en service.

Il est important pour moi que l'on comprenne que je ne me sens pas comme un soldat qui appartient à mon commandant de bataillon ou à mon commandant de brigade et certainement pas à mon Ministre de la Défense, j'effectue mes périodes de réserviste pour mon pays, et les gens changent mais le pays reste et si les gens qui sont actuellement mes commandants font ces choses, je n'ai aucun problème à les affronter mais…
J'affronte les gens parce que je pense qu'ils font des choses qui sont erronées… Mais le pays et tout… Je suis un vrai patriote.


J'ai toujours fait les périodes de réserves et je fais des périodes de réserves et je suis prêt à mourir pour mon pays et tout, je ne badine pas…

Et d'ailleurs c'est pourquoi je donne mon témoignage de façon anonyme, parce qu'il est clair pour moi que qui si cela se sait, je ne serai plus dans ma compagnie et je ne pourrai plus faire de réserves. Ce qui est un sujet à lui tout seul… Peut-être une autre fois

Source
Traduction : MG pour ISM


Dimanche 11 Mars 2007

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