ALTER INFO

Un psychopathe a regagné l’enfer



Martin Sieff
Lundi 2 Juillet 2018






    En juin 2018, à 68 balais, Charles Krauthammer, éminent ponte des médias grand public étasuniens, a assisté à ses funérailles. C’est apparemment un cancer aux boyaux, qui l’aurait fait regagner ses pénates.



    Krauthammer était aux États-Unis, la voix publique la plus forte et la plus importante de la tribu néocons. Va-t-en-guerre de naissance, il en était fier. Il est superflu de dire, mais ça ne mange pas de pain, qu'il n'a jamais porté l'uniforme de son pays quand il en a eu l'occasion, et qu’il a fait en sorte que son fils n'aille jamais servir non plus dans les guerres qu'il réclamait sans relâche.



    Krauthammer a fait l’apologie de l'expansion implacable et sans fin de l'OTAN en Europe de l'Est et de l’enrôlement des pays de toute l'Eurasie dans l'Alliance atlantique. Il a réclamé que l’on envahisse l'Afghanistan et l'Irak, et que l’on renverse les gouvernements auparavant stables d’Ukraine et de Libye. Il a fortement incité à renverser le gouvernement de Syrie, exigé les mesures politiques qui ont fait jusqu'ici au moins 600 000 victimes et plus de 5 millions de réfugiés de guerre. Ricanant narquoisement à l'idée même du droit international, il a exigé que l’on bombarde la Serbie en 1998.



    Au nom des droits de l'homme, Krauthammer a applaudi le renversement de gouvernements reconnus, même élus démocratiquement, en Europe, Asie, Afrique, Amérique latine et au Moyen-Orient. Il a défendu avec acharnement l'invasion de l'Irak en 2003, et la ridicule tentative d’instaurer là-bas une soi-disant démocratie dirigée par les États-Unis et dominée par les chiites. Devant toutes les évidences, il a ridiculisé avec mépris et refusé d’admettre le formidable soulèvement populaire contre les Étasuniens en Irak, qui a débuté en mai 2003. Ensuite, pendant des mois, Krauthammer a prétendu qu'il n'y avait rien à craindre. Plus tard, il a raconté que le général David Petraeus, avec sa stratégie de ‘déferlement’, avait durablement apporté la paix en Irak.



    Krauthammer détestait toute tentative d'instauration de paix durable entre Israël et les Palestiniens, et s’attachait à les étouffer. Il s’est fait le champion des politiques libre-échangistes qui ont entraîné la disparition du socle industriel des États-Unis et plongé dans la pauvreté et le désespoir des centaines de millions de gens là-bas. Il s'est fanatiquement opposé à l'accord sur le nucléaire iranien.



    Manquant de lucidité pour comprendre ce qu’entraîneraient ses ‘solutions’ dans le monde réel, rien de ce qu’il a préconisé n’a marché. Il n'a jamais changé. Il était incapable d'apprendre ou d'admettre s’être trompé. Il avait pratiqué la psychiatrie, mais aucun autre psychopathe en liberté n'avait plus besoin que lui de longs soins psychiatriques.



    Dans son dernier message du 8 juin, Krauthammer a écrit : « Je crois que la recherche de la vérité et des idées justes par le débat honnête et les arguments rigoureux, est une noble cause. » C'est un autre hypocrisie. Pendant quarante ans, personne ne s’est plus acharné que lui à supprimer le débat libre, équilibré et ouvert dans les médias étasuniens. Il accablait sans fin d’une haine ridicule tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec lui. Jamais concrètement il n’a été une voix indépendante. Chaque position publique qu'il adoptait avait été soigneusement décidée et coordonnée à l'avance par la tribu néocons très soudée, dont il était la voix.



    Il apparaissait constamment sur Fox News et de nombreux autres médias étasuniens. Mais sur tous ces forums, jamais personne n'a été autorisé à le critiquer sérieusement ou à le contredire. Il a applaudi à l'adoption du Patriot Act de 2001 et son extension outrancière des pouvoirs déjà énormes des services de sécurité et de l’État profond.



    Alors qu'il n’était encore qu’entre sa vingtième et trentième année, Krauthammer a eu un accident bizarre qui, ironie du sort, l’a mis à l'abri des critiques pour le restant de sa vie. S’étant rompu l’échine en plongeant dans une flaque d'eau au fond d’une piscine, il est devenu tétraplégique à vie.



    Il a certes manifesté une volonté indomptable et une grande ingéniosité pour s’assurer une carrière bien rempli. De quelque façon, son accident a eu deux autres effets décisifs jamais reconnus publiquement : Il l'a laissé immunisé aux espèces d'abus ad hominem virulents et au mépris personnel qu'il a répandu à flot sur tout le monde. Il prétendait exister en dépit de son handicap physique : Autre illusion. Tout le vitriol qu'il déversait sur les autres était complaisamment toléré, mais aucune critique légitime contre lui n'était permise.



    Krauthammer ne pouvait pas se rendre en Afghanistan, Irak, Syrie, Libye, Ukraine ou au centre des États-Unis, où les politiques qu'il réclamait infligeaient tant de souffrances. Il ne voulait rien savoir de ces faits gênants. Il n'a pas simplement été aveugle à la réalité durant toute sa vie, il a décidé d’être aveugle.



    Bien qu’interne d’hôpital psychiatrique, monstrueusement arrogant et narcissique, il traitait avec un mépris cinglant la plupart des gens étrangers à sa famille et à ses collègues les plus proches. Dans les années 1990, un sondage non officiel, fait auprès des auteurs de tribunes libres du Washington Post, l’a élu à l’écrasante majorité, chroniqueur le plus odieux et détesté avec lequel ils devaient composer. (Le chroniqueur libéral Richard Cohen avait été élu, les doigts dans le nez, type le plus populaire et le plus gentil.)



    Krauthammer était doué d’une ignorance crasse abyssale. Il ne connaissait rien à l'économie, aux affaires, aux aspects pratiques du gouvernement, à la diplomatie, à l'histoire mondiale, à la guerre et à la stratégie. Jamais il n’avait étudié ni pratiqué l’une quelconque de ces matières. De cet idiotisme est sortie la confiance illimitée qui a été le secret de sa réussite.



    Krauthammer n'a jamais été journaliste. Son handicap l’empêchait de visiter les pays pour constater par lui-même son œuvre, et il était manifestement indifférent à tout ce que le simple quidam de partout avait à dire. Sachant que lui et ses amis avaient toutes les réponses, il n’avait besoin de rien de plus. Il était persuadé être l'un des rois philosophe de Platon, de ceux de l'élite spirituelle chargée de guider la race humaine pour son bien propre.



    Dans sa toute dernière déclaration publique, il a écrit : « Je quitte cette vie sans regrets. »



    Il s’agit là d’un aveu involontairement révélateur [de sa folie] : En effet, Charles Krauthammer a entraîné son propre pays sur la pente savonneuse du gaspillage, des souffrances sans fin, des guerres interminables, de la misère, des épidémies de la toxicomanie et de la ruine économique, et il a aidé à traîner le monde au bord du toboggan glissant qui débouche sur l'Armageddon nucléaire.



    Sauf qu’il ne regrettait rien.



Strategic Culture Foundation, Martin Sieff, 30 juin 2018


Original : www.strategic-culture.org/news/2018/06/30/charles-krauthammer-ultimate-armchair-warrior.html

Traduction Petrus Lombard







Lundi 2 Juillet 2018


Commentaires

1.Posté par bob le 07/07/2018 12:44 | Alerter
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Quelqu'un pour tirer la chasse d'eau ? Ha ha ha !

2.Posté par Caïm le 24/09/2018 13:47 | Alerter
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L'enfer est sur terre,

Pour les mort, il n'y a que le souvenir et l'oubli. Faire un article "contre" un mort, c'est contre-productif théologiquement parlant. Laisse l'humanité oublier ce genre de gents. Laisse le disparaitre, ne diffuse pas ses idées.

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