Palestine occupée

Un monde sans loi


Imaginons les conséquences de la campagne israélienne de relations publiques tous azimuts qui couvre actuellement le monde comme une réaction de défi à l’enquête des Nations unies sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité par l’Etat d’Israël, un défi au Rapport Goldstone.

Professeur Wiliam A. Cook
The Palestine Chronicle


Wiliam A. Cook
Mercredi 30 Septembre 2009

Les Nations unies reposent sur ce postulat : le droit de tout people à un traitement égal selon le droit.
Les Nations unies reposent sur ce postulat : le droit de tout people à un traitement égal selon le droit.

Paradoxalement, l’existence des Nations unies, en tant qu’organisme internationalement reconnu chargé de protéger tous les citoyens du monde avec sa Charte, la Déclaration universelle des Droits de l’homme et l’approbation constante par ses membres des Conventions de Genève, cette existence résulte pour une part des actions de l’Etat nazi contre les juifs.

Aujourd’hui, l’Etat juif d’Israël, d’une manière qui rappelle la situation des juifs en Europe occupée, est accusé de crimes contre un peuple qui n’a aucun Etat ni d’autre défense que le droit international tel qu’intégré par l’ONU à travers la Cour internationale de Justice. Si la campagne israélienne devait effectivement neutraliser l’action des 192 nations qui constituent les Nations unies, obligeant les Etats-Unis à opposer leur veto à toute action résultant du Rapport Goldstone, alors cette campagne aura aboli la primauté du droit dans l’arène internationale. Israël aura fait clairement entendre qu’il n’est soumis à aucune loi, hors la sienne.

Imaginons les conséquences de cet acte. L’ONU ne pouvait, en toute logique, amener une quelconque nation à se mettre en conformité avec ses résolutions comme l’a fait George W. Bush avec l’Iraq de Saddam. Ce fait illustre l’hypocrisie des Etats-Unis et d’Israël alors qu’ils accusent la Corée du Nord, la Syrie et l’Iran de ne pas tenir compte des Nations unies, pendant que ces deux nations échappent aux Nations unies comme à une question de cours. L’ONU y perdrait tout pouvoir et toute influence en tant qu’assemblée internationale d’Etats égaux dont le but est d’administrer par une loi selon laquelle tous les Etats membres sont tenus de respecter la même législation. Si les Etats-Unis cédaient aux exigences d’Israël, les nations du monde comprendraient que l’ONU, comme constituée actuellement - avec une A.G. où chaque membre a une voix et un Conseil de sécurité où six nations ont un droit de veto pour s’opposer à toute action acceptée par le reste de l’Assemblée -, les nations comprendraient qu’une telle ONU comporte une faille importante : une nation parmi ces 6 du C.S., ou une nation qui peut contrôler le vote de l’une de ces six, peut nuire à l’équité de l’action de l’ONU.

Imaginons les conséquences pour l’ordre public si un cartel de la drogue commandait une telle force militaire dominante et serait à la tête d’une telle fortune qu’il pourrait défier les tribunaux d’un Etat et agir en toute impunité quelles que puissent être la mort et les destructions qu’il aurait semées. Les conséquences pour le citoyen ordinaire seraient incalculables : sa sécurité personnelle disparaît, la protection de ses biens disparaît, ses droits individuels disparaissent, ses espoirs, ses attentes, ses rêves disparaissent et sont remplacés par l’abattement, la dépression et le désespoir. Si les citoyens ne sont pas tous soumis aux mêmes règles de droit, la valeur de la vie humaine n’a plus cours. Ce qui est vrai pour le citoyen d’un Etat est vrai également pour une nation dans un monde de nations où certaines sont des grandes puissances et d’autres, de petites nations sans défense.

Imaginons quelle est la première action d’une personne vertueuse qui est accusée d’avoir commis un crime : elle demande justice devant les tribunaux pour que son nom soit blanchi. Si elle est déclarée innocente, elle proclame la vérité au monde. Si donc Israël a un droit sur la terre de Palestine, qu’il le prouve devant les tribunaux internationaux. Si Israël a un droit à se défendre, qu’il indique ses véritables frontières pour que la communauté internationale sache ce qu’il défend. Si la commission d’enquête des Nations unies n’a pas été créée dans le respect des procédures et de la politique des Nations unies, si les Nations unies n’ont pas exigé un traitement impartial à l’égard des deux parties, si un quelconque membre de la commission a eu des motifs douteux ou un parti pris démontrable, qu’Israël fasse appel contre le rapport de la commission devant les Nations unies.

Si les conclusions identiques de B’Tselem, Amnesty International, de la Croix-Rouge et du Conseil des Droits de l’homme sont tout aussi viciées et partiales au détriment d’Israël, qu’Israël les emmène devant un tribunal, et qu’il le prouve. Si le Hamas est une organisation terroriste agissant au mépris du droit international, il faut le prouver en traduisant le Hamas devant les tribunaux, pas en le déclarant organisation terroriste au motif qu’Israël et les Etats-Unis l’ont affirmé.

Si le Hamas a lancé des milliers de « roquettes » sur Israël, qu’Israël défende son droit à lancer en réponse des milliers de missiles les plus sophistiqués, son droit à envahir un peuple enfermé derrière des murs avec des chars d’assaut et du matériel militaire, pendant que le ciel se remplit de F-16, d’hélicoptères et de drones armés, et que la mer se couvre de destroyers qui bombardent Gaza et son peuple incapables d’échapper à la dévastation et au chaos, et qu’Israël démontre quelle est la logique de cette action devant les tribunaux internationaux. Si le Hamas est coupable d’avoir provoqué les atrocités de l’invasion de Gaza à Noël, qu’Israël défende cet argument devant les tribunaux et montre comment un peuple qui est emprisonné peut fournir la nourriture, l’eau, l’électricité, les médicaments, l’infrastructure et l’emploi nécessaires à ces prisonniers alors qu’ils sont encerclés par les forces de défense israéliennes. Si Israël est innocent, il n’a rien à craindre après tout, il est membre d’une organisation dont les membres l’ont accepté parmi eux en 1949.

Quelle horreur de penser que des juifs, qui ont si cruellement souffert aux mains d’une puissance implacable et insensible, n’auraient pas eu le recours à la justice, comme défini par le Tribunal de Nuremberg, ni la création d’une patrie en Palestine, ni l’adhésion à part entière à l’organisation créée pour maintenir la justice pour tous, quelle horreur si leur Etat, gouverné par une puissance implacable et insensible, devait à travers des moyens insidieux rendre nulle et de nul effet cette justice pour tous. La force des Nations unies repose sur un postulat simple, le droit de chaque nation et de tout peuple à un traitement égal en vertu de la loi. Aucune force militaire ne correspond aux Nations unies ; elles ne peuvent lever aucune armée, elles ne peuvent emprisonner aucune nation, elles ne peuvent détruire aucun Etat membre. Elles existent en raison de la persuasion morale, par la confiance mutuelle, et elles ont reconnu et défini le respect et la dignité de toute vie.


William A. Cook enseigne l’anglais à l’université de La Verne en Californie du Sud, et il est l’auteur de Tracking Deception : Bush’s Mideast Policy.

Il peut être contacté à l’adresse : cookb@ULV.EDU.
The Palestine Chronicle - traduction : JPP
http://www.info-palestine.net



Mercredi 30 Septembre 2009


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