Des tels tests existent. La toxicogénomique, dont la carcinogénomique
n'est qu'un cas particulier d'application, fait partie des méthodes les
plus couramment citées. C'est une méthode de routine pour l’industrie
pharmaceutique. Le matériel nécessaire (différents types de puces à ADN,
systèmes informatiques, etc.) est disponible dans le commerce depuis
plusieurs années. Des études scientifiques montrent que la
carcinogénomique est une méthode scientifiquement établie et que des
marqueurs génétiques humains ou des lignées cellulaires humaines
appropriés ont déjà été proposées, ce qui permettrait de contribuer à un
programme de validation de cette méthode. Un rapport de l'Académie des
sciences des Etats-Unis publié en 2007 , intitulé "Applications des
technologies toxicogénomiques à la toxicologie prédictive et à
l'évaluation de risque", recommande déjà : "Des actions devraient être
entreprises pour faciliter la validation technique et réglementaire de la
toxicogénomique" et estime que "les obstacles technologiques qui auraient
pu limiter la reproductibilité des données générées par la toxicogénomique
ont été résolus". Au niveau international, le Projet de criblage
moléculaire de l'OCDE est vu comme une "opportunité pour explorer
l'application réglementaire des méthodes toxicogénomiques" ce qui, là
aussi, confirme que ces autorités considèrent ces méthodes comme
scientifiquement établies. Fin janvier 2008, la signature du "Memorandum
of Understanding" montrait que le gouvernement des Etats-Unis a pris en
compte ces rapports scientifiques.
Cette décision gouvernementale a suscité un grand intérêt, ainsi qu’une
grande attente de la part des milieux scientifiques et du grand public aux
Etats-Unis comme en Europe. Ainsi, le 15 février 2008, l'hebdomadaire
Science publiait-il un article rédigé par des responsables des agences
gouvernementales signataires de l'accord. Quant au quotidien français Le
Monde, il présente cet accord comme le "signal de cette révolution
méthodologique" dans un article publié le 19 février 2008.
Pourquoi les autorités européennes ne tirent-elles pas profit des
recherches réalisées et publiées aux Etats-Unis ? Telle est la cause de
notre plainte. Si la CE a certes "souligné que chaque nouvelle méthode
alternative doit passer par un processus de validation", cet aveu témoigne
de la grave carence de la CE. En effet, un article publié en mars 2006
montre qu'ECVAM travaillait déjà à "définir les principes applicables à la
validation de plates-formes toxicogénomiques" et recommandait sans plus
attendre d’"encourager l'utilisation immédiate des approches basées sur la
toxicogénomique".
Comment se fait-il donc que la communauté européenne finance un projet de "développement" de la toxicogénomique alors que ses propres experts scientifiques envisagent la "validation" de cette méthode ? ; et qu'ECVAM participe à ce projet alors que cet organisme a recommandé bien avant son lancement de "fonderdes programmes pilotes pour tester les stratégies et processus possibles de validation ; identifier les besoins en formation (...) ; maintenir la
transparence des processus de validation, etc.", bref toutes les étapes
qui devraient logiquement faire suite au projet PL037712 ?