Lobbying et conséquences

Un journaliste anglais dénonce la lâcheté de son gouvernement devant le lobby sioniste



Mercredi 19 Décembre 2012

Un journaliste anglais dénonce la lâcheté de son gouvernement devant le lobby sioniste

En lisant ce texte, je me suis demandé si Peter Oborne n’avait pas tout simplement peur d’un déferlement de juifs en Grande Bretagne suite à la disparition possible du fameux Etat juif dont pratiquement personne ne veut dans une région où il s’est imposé par la force.

Quoi qu’il en soit, Peter Oborne dénonce avec force le poids du lobby sioniste dans son pays, spécialement auprès du parti Conservateur dont il semble être proche.

On le rassurera sur le fait que les travaillistes ne sont pas en reste de ce côté-là.

Tout ce que dit Peter Oborne peut s’appliquer mutatis mutandis à la France.

 A l’heure où j’écris, l’article de Peter Oborne a suscité 2176 commentaires de lecteurs, 559 tweets, 2 000 partages sur Facebook.

La lâcheté au cœur de notre relation avec Israël

La réticence honteuse des conservateurs à critiquer Tel Aviv met en péril tout espoir de paix

par Peter Oborne, The Daily Telegraph (UK) 12 décembre 2012 traduit de l’anglais par Djazaïri

Il est impossible de comprendre le parti Conservateur moderne sans bien appréhender l’échelle et la profondeur de sa relation avec l’Etat d’Israël. Cette relation remonte au moins aussi loin qu’à la rencontre historique entre le grand dirigeant sioniste Chaim Weizmann et le premier ministre conservateur AJ Balfour en 1905, quand Weizmann avait convaincu Balfour sur la question de l’Etat national juif.

Cette relation chaleureuse initiée il y a 107 ans est aujourd’hui entretenue par les Conservative Friends of Israel (CFI, les amis Conservateurs d’Israël). Quelque 80 % de tous les parlementaires tories [conservateurs] en sont membres, dont la plupart des ministres. Aucune autre organisation de lobbying – et certainement aucune de celles qui oeuvrent dans l’intérêt d’un pays étranger – n’a autant d’influence à Westminster. Chaque année, CFI emmène un certain nombre de parlementaires en Israël. Dans le même temps, les sponsors des CFI jouent un rôle important pour financer le parti Conservateur au niveau national et ses députés au niveau local.

Il est hors de doute que les CFI ont exercé une influence puissante sur la politique britannique. L’historien et politicien conservateur Robert Rhodes, écrivant dans le Jerusalem Post en 1995, qualifiait CFI de «plus grande organisation en Europe occidentale consacrée à la cause du peuple d’Israël.» Sa puissance ne s’est pas démentie depuis. Ce mardi, CFI a accueilli environ 100 députés conservateurs, dont six membres du gouvernement, ainsi que 40 pairs du royaume pour un dîner au centre ville de Londres. L’orateur était David Cameron, qui s’est présenté lui-même comme un «ami passionné » d’Israël, précisant (ainsi qu’il l’a fait par le passé) que rien ne pouvait briser cette amitié.

On peut considérer ce discours comme s’insérant dans tout un ensemble. Les CFI peuvent appeler presque à volonté le premier ministre, le Chancelier de l’Echiquier ou le ministre des affaires étrangères. Les palestiniens ne jouissent pas de telles entrées. Ils s’estimeraient chanceux d’avoir un seul député conservateur pendant les manifestations qu’ils organisent, et peut-être un pair moribond pour prononcer un discours.

Il n’existe aucune organisation comme les Amis Conservateurs de la Palestine (Conservative Friends of Palestinians).

Ce manque d’impartialité se reflète dans la politique britannique. Quand William Hague avait dénoncé l’offensive d’Israël contre le Liban en 2006 comme «disproportionnée,» les CFI (ainsi que je l’avais révélé dans un documentaire sur le lobby pro-israélien pour l’émission Dispatches sur Channel 4) avait protesté auprès de David Cameron en personne. Ils avaient obtenu la promesse que ce mot ne serait plus utilisé à nouveau – la promesse a été tenue quand Israël a bombardé Gaza le mois dernier, alors même que le nombre de tués du côté palestinien était beaucoup plus important que du côté israélien.

En qualité de ministre des affaires étrangères, Hague a répété sans sourciller les affirmations discutables d’Israël selon lesquelles le Hamas avait déclenché les hostilités (il y a eu des provocations des deux côtés, mais ce qui m’a frappé, c’est que le moment crucial de l’escalade a été l’exécution extrajudiciaire d’Ahmed Jabari, le commandant du Hamas). La Grande Bretagne a par la suite cédé aux pressions israéliennes et refusé de soutenir la candidature de la Palestine à une plus grande reconnaissance par les Nations Unies. Récemment, nous avons convoqué l’ambassadeur israélien pour une engueulade amplement méritée pour le programme de colonisation, mais cela s’inscrivait dans le cadre d’une action concertée avec un grand nombre d’autres pays européens et n’a pas fait l’objet d’un suivi.

Pour être juste envers ce gouvernement, Tony Blair était pire, semblant parfois considérer les intérêts d’Israël et de la Grande Bretagne comme identiques, et refusant même d’appeler à un cessez-le-feu pendant un certain temps après le début de l’effroyable guerre du Liban (en 2006). William Hague et David Cameron ont essayé d’être plus fermes.  Ils ont malheureusement largement échoué. Il est difficile de savoir avec certitude à quel point cette réticence à critiquer Israël est due à l’influence du lobby israélien en Grande Bretagne ou à la crainte de mécontenter les Etats Unis qui sont le patron d’Israël dans le monde.

La position officielle du gouvernement est excellente. La Grande Bretagne soutient la solution à deux Etats qui a été à la base de toutes les discussions sérieuses de paix depuis les accords d’Oslo il y a 20 ans. Le problème est que les ministres refusent toutes les démarches concrètes pour parvenir à cette solution. Par exemple, ils condamnent les colonies, mais ne le font qu’avec hésitation (le premier ministre a consacré 64 mots à cette question mardi dernier contre près de 300 pour la menace iranienne).

C’est de la lâcheté. Il y a des moments dans la vie personnelle comme dans la vie politique où l’amitié implique bien autre chose que le genre de géniales tapes dans le dos par lesquelles le premier ministre a traité le lobby israélien mardi. La vérité brutale est que Benjamin Netanyahou conduit son pays sur le chemin de l’autodestruction. Si on le laisse faire avec ses derniers programmes de construction de colonies, tous les espoirs de paix au Moyen orient disparaîtront et mourront.

Mark Simmonds, un ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, l’a reconnu officiellement dans débat au parlement très révélateur mais non répercuté par la presse, déclarant, quelques heurs à peine après le dîner de mardi avec les CFI : «Je pense que la porte commence à se refermer sur la possibilité réelle d’une solution à deux Etats . « William Hague croit maintenant que la construction de colonies la rendra totalement impossible dans deux ans au plus».

Nous nous retrouverions alors avec un Grand Israël s’étirant du fleuve Jourdain à la mer Méditerranée. Certes, c’est une entité géographique plus homogène que la situation confuse que produirait une tentative de ramener Israël à ses frontières de 1967. Mais les palestiniens se retrouveraient soudain majoritaires. Israël serait alors devant l’alternative de choisir de préserver sa démocratie, mais en cessant d’être un Etat juif, ou d’adopter une forme d’apartheid dans lequel les palestiniens se verraient refuser des droits élémentaires.

A en juger par la rhétorique de M. Netanyahou et des alliés de sa peu ragoûtante coalition, c’est probablement le choix qui a lé préférence des actuels dirigeants israéliens.

Lundi soir, un ancien ambassadeur de Grande Bretagne en Israël, l’hébraïsant Sir Sherard Cowper-Coles, a prononcé un discours éloquent dont un passage est important à relever : «Je crois passionnément que le chemin qu’emprunte en ce moment Israël l’embarque sur la voie su suicide assisté. Un suicide assisté par le Congrès des Etats Unis. L’idée que le problème puisse être réglé  en enfermant les palestiniens dans un équivalent moyen-oriental des Bantoustans comme l’avait fait le gouvernement sud-africain à partir des années 1940, n’est pas seulement choquant du point de vue moral mais est en profonde contradiction avec tout ce que nous savons de l’histoire de l’humanité. Et toute personne qui a une véritable afection pour le peuple juif voudra l’aider à éviter ce désastre prévisible.»

Tous les dirigeants du parti Conservateur se situent comme dignes successeurs d’A J Balfour qui, (en qualité de ministre des affaires étrangères en 1917) signa la déclaration qui reconnaissait aux juifs le droit à leur propre patrie (homeland). J’ai la conviction que cet héritage fait que M. Cameron a une relation particulière avec israël – et une responsabilité particulière. Ce qui signifie qu’il est dans ses prérogatives de dire clairement aux actuels dirigeants israéliens qu’ils agissent tristement  de manière lamentable et futile. Compte tenu de l’inertie d’un président Obama sous intimidation, il est très important que le premier ministre britannique aille de l’avant.

Je ne peux pas parler au nom de la communauté juive britannique, mais j’ai la nette impression que beaucoup de ses membres seraient ravis si M. Cameron s’exprimait avec plus de fermeté qu’il ne l’a fait jusqu’à présent. En fait, il est essentiel qu’il le fasse. M. Cameron ne veut pas rester dans l’histoire comme étant celui qui a regardé disparaître tous les espoirs d’une solution à deux Etats, et avec elle l’espoir d’un avenir de sécurité et de paix pour le pays qu’un premier ministre conservateur a contribué à faire exister.

http://mounadil.wordpress.com/



Mercredi 19 Décembre 2012


Commentaires

1.Posté par Vivio le 19/12/2012 13:07 | Alerter
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La lâcheté est partout en ce monde pour le lobby juif , en réalité certains se sont tellement habituer et plut dans ce jeu qu'ils sont devenu par la force des choses pire que ce lobby et ce sera dure pour s'en défaire , ils sont devenu racistes par méchanceté et plaisirs , être avec le plus fort non dans le bien mais dans le mal , le plaisir de voir les autres exproprié démunis et souffrir

2.Posté par ! le 19/12/2012 14:03 (depuis mobile) | Alerter
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le Lobby sioniste a les mains sur toute la finance ... aux USA si un candidat voudrait gagner en élections, il lui faudra un maximum de fric ( des dizaines de millions de $ voire plus) pour financer sa compagne présidentielle, et le seul organisme généreux qui pourrait offrir une telle somme est bien lui en contrepartie de ... pas mal de ...

3.Posté par mehadji anwar le 19/12/2012 14:18 | Alerter
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tant qu il y a des humains honnête, Israël tôt ou tard disparaitra de la carte géographique, déjà elle fond comme une bougie بحيث هناك أناس صادقين، إن عاجلا أو آجلا سوف تختفي إسرائيل من على الخريطة، وبالفعل فهي تذوب مثل شمعة



4.Posté par kathleen le 19/12/2012 14:34 | Alerter
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Et que faut-il penser de Disraeli, premier ministre conservateur, grand ami et conseille de la Reine Victoria! (1804-1884)
celui qui aurait invente les deux partis qui en fait n'en sont qu'un!!

5.Posté par gorki le 19/12/2012 14:38 | Alerter
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meme en cet occident decadent des voix libres s'élevent pour pourfendre l'etat sioniste.mais le malheur est que les dirigeants arabes et meme une partie de la populace sont devenus pro sioniste.israel malheureusement a encore de beaux jours devant elle.

6.Posté par kathleen le 19/12/2012 15:09 | Alerter
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Je ne crois pas un instant que Peter Oborne se soit decouvert une conscience. Je pense que les sionistes qui les ont soutenu dans toutes leurs entreprises (Empire etc..) commencent a devenir des boulets.

7.Posté par Arthur Gohin le 19/12/2012 15:56 | Alerter
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La solution à deux Etats est une hérésie: à cause du droit au retour des réfugiés palestiniens, et à cause de l'inhumanité du principe d'appartheid sue lequel est fondé Israel.
Une Palestine unique et démocratique est la seule solution réaliste et humaine, et beaucoup de juifs retourneront d'ou ils viennent : Russie, USA, Europe, moyen orient; Afrique du nord.... etc.
Il est clair que l'extremisme d'Israel accélère sa fin, mais cette fin est inéluctable de toutes façons.

8.Posté par kathleen le 19/12/2012 16:08 | Alerter
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Leur emprise sur la Grande Bretagne date de la Bataille de Waterloo (1815) quand les Rotschilds mirent la main sur la Banque d'Angleterre. Lobby ou non ils controlent l'Angleterre depuis lors.

9.Posté par habibi le 19/12/2012 21:22 | Alerter
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une VIDÉO à ne pas rater ... http://www.mecanopolis.org/?p=26902

entre l'inquisiteur Hani Ramadan et un sioniste notoire

10.Posté par fanny le 20/12/2012 15:05 | Alerter
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Ce qu'il est difficile à concevoir c'est leur inaccessibilité, ils sont hermétiques à toute notion du reste du monde.
Un peu autistes, ce n'est pas tant ce qui se passe en Palestine qui m’inquiète, c'est redondant et habituel.
Le problème est ailleurs leur suprématie sur la finance mondiale et autre médias, leur grandiose supériorité affichée presque délirante me poussent à creuser les informations sur l'histoire pour ne pas continuer à suivre comme un ignorant ce qu'on a bien voulu me faire croire.
Le problème Israelo-palestinien ci tant est qu'on puisse le nommer ainsi puisque de Palestine il n'en reste presque rien est l'arbre qui cache la forêt j'en ai bien peur.
Si la vérité se sait il se pourrait que leur vengeance déclenche un séisme, l’humanité n'a point d'importance à leurs yeux. Nous sommes les gentils, les goys.

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