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Un homme de l'Est au perchoir du Parlement européen


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Mercredi 15 Juillet 2009

Un homme de l'Est au perchoir du Parlement européen
L'hémicycle européen était, ce 14 juillet, à l'heure de la rentrée des classes, ponctuée d'interminables sonneries de séance; l'emploi du temps a permis l'élection au perchoir d'un professeur de chimie polonais à la tête chenue, Jerzy Buzek. Une première pour un dirigeant politique issu de l'ancienne Europe de l'Est à accéder à la plus haute fonction au Parlement européen. Le candidat du Parti populaire européen (PPE, conservateur), l'ancien Premier ministre polonais, Jerzy Buzek, est élu président de l'Assemblée. "La Pologne entre dans la première division européenne. Cinq ans après son entrée dans l'U.E, elle cesse d'être un pays qualifié de novice, et intègre le club des Etats qui donnent le ton en Europe.", soulignait, hier, le journal Polska, dans son éditorial. "Icône de la politesse et des bonnes manières dans la politique polonaise", c'est en ces termes que définissent les commentateurs polonais, Jerzy Buzek, 69 ans, un ancien de "Solidarnosk".
Il a réalisé l'exploit qu'aucun autre politicien du pays n'avait jusqu'alors atteint, après la transition de 1989 : il a tenu pendant quatre ans, toute la durée du mandat, comme Chef de gouvernement à la tête d'une difficile coalition de partis issus du syndicat "Solidarnosk", de 1997 à 2001. Et, aussi, réputé pour son attitude critique vis-à-vis de Moscou, il a tout fait pendant son mandat au poste de Premier ministre, pour faire adhérer la Pologne à l'Union européenne et à l'OTAN, en d'autres termes, faire sortir Varsovie de la sphère russe. Durant ses quatre années à la tête du gouvernement polonais, il s'est montré un ardent partisan de l'idée de l'Europe unie. En outre, le nom de la Pologne est, ces derniers temps, étroitement lié au projet du bouclier anti-missiles américain, qui s'est heurté à la virulente réaction négative de Moscou. Un Polonais, avec de tels antécédents, à la tête du Parlement européen, n'est pas un bon signe pour le Kremlin, présageant un durcissement dans l'attitude de l'Assemblée du Continent vis-à-vis de Moscou. De surcroît, cet universitaire polonais succède à l'Allemand Hans-Gert Pöttering, dont le pays avait, parmi les Vingt-sept, les meilleures dispositions envers la Russie. Ainsi, l'Europe orientale gagne-t-il de l'influence dans l'Union en s'emparant de l'un de ses trois piliers. En votant pour Buzek, les eurodéputés - conservateurs, centristes ou verts - voulaient montrer que le projet de l'élargissement de l'Union vers l'Est, dans le cadre duquel, la Pologne a adhéré, en 2004, a été un succès et qu'elle avait réussi son pari de créer une unité à un niveau favorable entre ses membres très hétérogènes. Quoique la Présidence du Parlement soit une fonction de prestige sans réelle influence politique, hormis la gestion de l'assemblée au quotidien, l'élection de Jerzy Buzek représente, pourtant, un succès pour Varsovie, occupée, depuis plusieurs mois, à rehausser son profil européen, ayant été déçue, au printemps dernier, dans sa tentative d'imposer à la tête de l'OTAN, son ministre des Affaires étrangères, Radek Sikorski. Pour la Pologne, qui, ces jours-ci, est sous pression russe, en raison de sa contribution au projet de bouclier anti-missiles américain, son entrée à la direction du Parlement européen lui donne un poids politique considérable, face à la Russie, mais aussi, dans les équations régionales et internationales. Et Buzek dispose de deux ans et demi pour réaliser les objectifs de son pays, après quoi il devra céder la place, pour la même durée, à un candidat avancé par le Parti socialiste et démocrate

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Mercredi 15 Juillet 2009


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