Propagande médiatique, politique, idéologique

Un expert américain: "Ahmadinejad a gagné. Allez chercher autre chose"



Samedi 20 Juin 2009

Un expert américain: "Ahmadinejad a gagné. Allez chercher autre chose"
C'est la conclusion de deux experts américains pour le Proche-Orient, Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett, expliquée dans un article publié par l'hebdomadaire américain " Politico", au sujet du scrutin présidentiel iranien du 12 juin, et dont les résultats officiels ont été contestés aussi bien par les trois candidats perdants que par certains médias et experts occidentaux.
 
Voici ci-dessous les extraits essentiels de leur article

((Sans aucune preuve, de nombreux hommes politiques américains et des "experts sur l'Iran" ont rejeté la réélection du président iranien Mahmoud Ahmadinejad du vendredi, avec 62,6% du vote, accusant une fraude.

Ils ignorent le fait que le score obtenu par Ahmadinejad, (62,6%) cette année est essentiellement le même que celui qu'il a reçu (61,69%) dans le compte final de l'élection présidentielle de 2005, quand il a écrasé l'ancien président Ali Akbar Hashemi Rafsanjani.
 
Le choc des "experts sur l'Iran" devant les résultats de vendredi est entièrement auto-généré, sur la base d'hypothèses et de vœu pieux.

Bien que les élections en Iran ne soient pas libres selon les normes occidentales, la République islamique a derrière elle une histoire de 30 années de compétitions électorales présidentielles, législatives et locales. A l'instar de nombreux pays, la manipulation a toujours été là.

Des bouleversements ont eu lieu également: comme, notamment, la victoire de Mohammed Khatami aux élections de 1997 à la grande surprise de tous.
En outre, les «explosions» également se produisent - comme la réélection de Khatami en 2001, la première victoire d'Ahmadinejad en 2005, et, dirons-nous, celle aussi de cette année.

Comme beaucoup de médias occidentaux, la plupart des "expert américains sur l'Iran" ont surévalué la poussée de Mir Hossein Moussawi de ces dernières semaines de campagne.
 
 
Plus important encore, ils ignoraient - comme en 2005 – l'efficacité d'Ahmadinejad en tant que politicien populaire et militant.
 
Ces " experts" ont raté de savoir comment Ahmadinejad a été perçu par la plupart des Iraniens qui considèrent qu'il a remporté les débats télévisés, avec ses trois adversaires - en particulier avec Moussawi.

Avant les débats, les machines électorales des deux hommes avaient fait état en privé de vague de soutiens considérables en faveur de Moussawi.
 
Après les débats, l'impressionnante performance d'Ahmadinejad a décousu la position de Moussawi.
Ahmadinejad a fustigé Moussawi, pour le soutien que lui accordent les fils de Rafsandjani - largement perçus dans la société iranienne comme des corrompus - .
Ce qui semble-t-il a bien joué en sa faveur auprès des électeurs.

De même, Ahmadinejad a critiqué les réformateurs qui supportaient la candidature de Moussawi, y compris Khatami, sur le dossier nucléaire, leur reprochant d'avoir suspendu durant l'enrichissement d'uranium, sans rien gagner en contre partie de l'Occident. (…)

Plus fondamentalement, " les experts américains sur l'Iran" ont sous-estimé le soutien populaire d'Ahmadinejad.
 
Sachant que les sondages en Iran sont  difficiles, la plupart d'entre eux manquent de professionnalisme et, par conséquent, la validité des résultats qui en découlent pourrait être contestée.
 
Mais un sondage effectué avant le vendredi du scrutin en Occident, par un organisme américain " Terror Free Tomorrow",  transparent sur la méthodologie - un sondage téléphonique du 11 au 20 Mai – a prévu 20 points d'avance pour  d'Ahmadinejad au détriment de Moussawi. Ce sondage a été mené avant les débats télévisés dans lesquels, comme nous avons indiqué ci-dessus, Ahmadinejad a été perçue comme ayant asséné un coup dur à Mousavi.

De plus les " experts américains sur l'Iran"  supposent que la situation économique «catastrophique» en Iran compromettait les perspectives de la réélection d' Ahmadinejad. Mais les projets du Fonds monétaire international (FMI) prévoient une légère croissance de l'économie iranienne pour cette année (Alors que l'économie de la plupart des Etats arabes du Golfe sont en récession).
 
Un grand nombre d'Iraniens - y compris les pratiquants pieux, les catégories à faible revenu, les fonctionnaires et les retraités - semblent croire que la politique d'Ahmadinejad leur était bénéfique. 

Alors que de nombreux Iraniens se plaignent  de l'inflation, le (TFT sondage) a révélé que la plupart des électeurs iraniens n'en incombent pas la responsabilité à Ahmadinejad.
 
Par ailleurs, certains "experts" ont supposé  que le taux élevé de participation au scrutin du 12 Juin (82% de l'électorat) est un avantage pour  Moussawi.
Mais cette analyse ne reflète rien de plus que des hypothèses.

D'aucuns ont supposé que les origines azéri de Moussawi signifie que la majorité des voix dans les provinces azéries lui sont favorables. Comme le score d'Ahmadinejad s'est avéré être supérieur à celui de Moussawi, la fraude est alors devenue la seule explication possible donnée.

Mais Ahmadinejad lui-même parle assez couramment azéri, qu'il a appris après huit années de service dans deux provinces à majorité azérie, perçu comme un succès populaire et officielle.
 
Au cours de la campagne, il a cité le talent de la poésie azéri turc,  dans des messages conçus pour attirer la communauté azérie. (Et nous ne devons pas oublier que le guide suprême est azéri.)
 
L'idée que Moussawi se devait d'assurer la victoire dans les provinces à majorité azérie est sans aucun lien avec la réalité.

En ce qui concerne les irrégularités électorales, les critiques formulées par Moussawi - telles que la gestion des bulletins de vote dans certaines circonscriptions, et le fait de ne pas avoir maintenu les bureaux de vote ouverts assez longtemps (même si ces bureaux de vote sont restés ouverts pendant au moins trois heures de plus après l'annonce de la fermeture) - ne peuvent en elles-mêmes, faire basculer le résultat si clairement en faveur d'Ahmadinejad.

En outre, ces irrégularités ne sont pas, en elles-mêmes, la preuve d'une fraude électorale, même selon des normes juridiques américaines.
 
Par rapport à l'élection présidentielle américaine en Floride en 2000, les failles du processus électoral en Iran semblent moins importantes.

Dans la foulée de l'élection de vendredi, certains "experts sur l'Iran" - peut-être enthousiasmés par leur lecture erronée de la dynamique politique contemporaine dans la République islamique – ont prétendu que nous assistions à un «coup d'État conservateur», visant à la prise de contrôle de l'état.

Mais plus vraisemblablement, on pourrait penser que si une tentative de coup d'état avait été tentée, elle l'aurait été par les perdants de l'élection de vendredi. Après tout, c'est bien Moussawi qui a déclaré vendredi sa victoire avant même que les bureaux de vote ne soient clos.
 
Trois jours avant l'élection, le supporter de Moussawi, cheikh Rafsandjani a publié une lettre critiquant "l'incapacité du guide à empêcher Ahmadinejad de recourir à des phénomènes affreux et infectés à l'instar des insultes, des mensonges et des fausses allégations".
Beaucoup d'Iraniens ont pris cette lettre comme étant une indication que le camp du candidat  Moussawi avait du retard dans sa campagne quelques jours avant sa fermeture.

À la lumière de ces développements, de nombreux hommes politiques et "expert" ont estimé que l'administration Obama ne peut pas engager de pourparlers avec le pouvoir "illégitime" d'Ahmadinejad.
 
Certes, l'administration américaine ne devrait pas sembler essayer de "jouer" dans la controverse électorale actuelle en Iran.
 
À cet égard, les commentaires du Président Barack Obama vendredi, quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote en Iran, indiquant que «ce qui s'est passé au Liban peut être vrai en Iran, lorsque des gens cherchent de nouvelles possibilités » ont été très maladroits.

Du point de vue de Téhéran, cette observation met en cause la crédibilité du discours prononcé par Obama au Caire au début de ce mois, et dans lequel il a reconnu la complicité des États-Unis en 1953 dans le renversement du gouvernement iranien élu démocratiquement, et la restauration du shah.

L'administration Obama devrait par contre réfuter tout argument contre l'engagement auprès de Téhéran après le vote.
 
Plus largement, la victoire d'Ahmadinejad devrait amener Obama et ses conseillers d'en venir à bout des lacunes et contradictions internes dans leur approche de l'Iran. Avant l'élection iranienne, l'administration d'Obama penchait pour la même illusion de la plupart de ses prédécesseurs, celle que la politique iranienne est gérée par des personnes, et qu'il fallait trouver la bonne personne pour traiter avec elle.
C'est ignorer comment fonctionne la politique iranienne.

La République islamique est un système avec de multiples centres de pouvoir. Au sein de ce système, il y a un consensus fort et durable sur les questions fondamentales de la sécurité nationale et de la politique étrangère, y compris le programme nucléaire iranien et les relations avec les États-Unis.
 
Chacun des quatre candidats à l'élection de vendredi aurait continué le programme nucléaire s'il avait été élu président. Aucun d'entre eux n'est prêt à le suspendre.
 

Chacun des quatre candidats est intéressé par une ouverture diplomatique avec les États-Unis, mais à condition qu'elle soit complète, respectueuse des intérêts légitimes iraniens de sécurité nationale et régionale, en acceptant le droit de l'Iran à développer et à tirer profit de toute la gamme de la technologie nucléaire civile - y compris la poursuite du cycle du combustible nucléaire - et visant à un véritable rapprochement.

Une telle démarche est également, à notre avis, dans l'intérêt des États-Unis et de leurs alliés au Moyen-Orient.
Il est temps pour l'administration Obama prenne au sérieux la poursuite de cette approche - avec une administration iranienne présidée par le président Mahmoud Ahmadinejad.))


 
 
**Flynt Leverett dirige "The New America Foundation's Project Iran" et enseigne les relations internationales à l'université de l'Etat de Pennsylvanie.
**Hillary Mann Leverett est chef de direction de "STRATEGA", un conseil chargé d'étudier les risques politiques.
 
Tous deux travaillent depuis de nombreuses années pour le gouvernement iranien, sur

http://www.almanar.com.lb http://www.almanar.com.lb



Samedi 20 Juin 2009


Commentaires

1.Posté par Fourouzan le 20/06/2009 19:24 | Alerter
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Le président Mahmoud Ahmadinejad avait violemment attaqué M. Rafsandjani et ses enfants durant la campagne électorale en affirmant qu'ils avaient bénéficié de privilèges financiers. Il avait accusé l'ex-président d'avoir orchestré la campagne de son principal adversaire au scrutin, Mir Hossein Moussavi.

Après l'annonce des résultats le 13 juin, le président réélu avait affirmé qu'il redoublerait d'efforts pour lutter contre la corruption économique et l'enrichissement illicite de certains responsables.

2.Posté par Moha le 21/06/2009 12:37 | Alerter
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sauf que quand tu trouve un bon os a ronger il faut s accrocher a cet os, cet os devient ton monde ton univers ta seule raison de vivre, l'iran est un pays qui desire rendre leur dignité au musulmans apres 2 croisades donc une et encore en cours, ca peut expliquer l'obsession des laquais d'israel a salir son nom

3.Posté par Nabil le 21/06/2009 13:07 | Alerter
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Les masques sont gentiment entrain de tomber. Le 1er pays impliqué avec la CIA, est la Grande-Bretagne, ce vieux renard qui aussi été impliqué dans l’installation de régime sioniste en Palestine en 1948. Il faut que les musulmans soient plus vigilants encore en Iran.

4.Posté par Leila le 21/06/2009 13:24 | Alerter
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Une fois de plus la mission des Sionistes-USA-CIA concernant Iran est voué a l’échec.

5.Posté par moii le 21/06/2009 14:15 | Alerter
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Pourquoi en faire tout un foin de cette élection iranienne alors qu'il y a quelques années (usa) et quelques mois (Russie) elles n'ont pas été si démocratique que ça... que vous on fait les musulmans que vous ayez autant la haine envers eux?

6.Posté par Malik le 21/06/2009 14:35 | Alerter
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Vive la république Islamique. Vive le Président Ahmadinejad.
Le sionisme sorti à font ses griffes et ses armes médiatiques contre son ennemi juré qui est la république Islamique, qui fait trembler les colonnes de ses palais depuis 30 ans.

7.Posté par Nicole le 21/06/2009 14:57 | Alerter
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Confirmation par James Petras, connue pour son étude du lobby pro israélien, et sa description de l'emprise que ledit lobby a tenté d'établir sur BHO

8.Posté par Moha le 21/06/2009 19:44 | Alerter
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les sionistes haïssent l'islam pour une raison simple : il est mauvais pour le genre de business qu'ils affectent eux même, pornographie, trafics de drogue et de viande blanche en provenance des ex-républiques soviétiques dans leur tradition de marchands d'esclaves, mafias en tout genre, trafics d'armes, black mails, ce n est pas tant l'islam qu'ils haissent, c'est les valeurs humaines que vehicule l'islam, car leur but long terme et bien de detruire toute morale valeurs sociales pour les remplacer par une idiocratie a l'occidentale

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