RELIGIONS ET CROYANCES

Un curé répond à Forza Italia


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« Voici notre façon de nous engager pour témoigner notre foi. Je vous prie de bien vouloir accueillir cette petite réflexion, notre simple brochure, comme une manière de partager l’engagement difficile pour témoigner de la Vérité Chrétienne dans notre société et dans ce temps qu’il nous est donné de vivre. Avec ces sentiments et réflexions, veuillez recevoir mes salutations les plus affectueuses. Très cordialement. Votre très dévoué. Sandro Bondi ».
Ainsi se termine la lettre jointe à l’opuscule « Les fruits et l’arbre. Cinq années de gouvernement Berlusconi, à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise » envoyé par Forza Italia (coalition au pouvoir, de S. Berlusconi, ndt) au 25 mille curés de paroisse italiens.


Christian.mac1@free.fr
Jeudi 9 Mars 2006


Il s’agit d’une brochure où sont répertoriées toutes les dispositions en faveur de l’Eglise prises ces dernières années par la majorité de centre droit, parmi lesquelles la régularisation des enseignants de religion, la loi sur les patronages (oratori ?), l’abolition de l’Ici (taxe foncière, ndt) pour les organismes ecclésiastiques (en Italie, on imagine le manque à gagner pour les Contributions, ndt) et non profit, la bataille pour la référence aux racines chrétiennes de l’Europe et la défense du crucifix dans les salles de classe.
Une insistance particulière est réservée à la loi sur la procréation assistée « approuvée par le gouvernement », écrit Bondi, « et que la gauche a essayé de faire abroger par voie de référendum. La famille, cœur du travail pastoral actuel et fécond de Benedetto XVI, et souci constant de l’inoubliable Jean Paul II, a guidé notre politique en nous faisant découvrir des chemins nouveaux et encore plus féconds aujourd’hui pour la société italienne ».
En ce qui concerne l’appui à la guerre en Irak, qui jusqu’à présent a provoqué plus de 30 mille victimes civiles, le coordinateur national de Forza Italia écrit : « Nous ne nous sommes pas dérobés pour construire la paix dans la vérité, comme l’a récemment affirmé Benedetto XVI, en nous engageant, en même temps, dans la lutte contre la pauvreté et les maladies dans le Tiers monde et dans de nombreuses missions de paix dans les Balkans, en Afghanistan , en Irak, où nos soldats se sont distingués pour leur préparation et pour leur humanité ».

Don Aldo Antonelli a renvoyé à l’expéditeur l’opuscule et à Sandro Bondi la lettre ci-dessous :

Monsieur Bondi,
J’ai l’habitude de peser mes mots, et, pour vous appeler « onorevole » (honorable), je devrais contraindre ma conscience.
J’ai reçu l’impudent opuscule, que vous avez envoyé, je suppose, à toutes les paroisses d’Italie.
Je vous le renvoie sans même le feuilleter et je vous rappelle que les paroisses ne sont pas des décharges d’ordures ni des lupanars dans lesquels on puisse faire œuvre de prostitution.
Nous avons notre dignité, nous, curés, et nous n’avons pas l’habitude de vendre pour un plat de fayots notre patrimoine religieux, culturel, social et humaniste que vous avez, en cinq années de mauvais gouvernement, dilapidé.
Vous avez fait razzia sur tout. Vous avez ruiné les finances publiques, vous avez réduit à la misère les administrations locales d’une part et arrosé les organismes cléricaux en essayant de vous acheter notre silence, voire notre complaisance.
Vous avez peuplé le Parlement de canailles, voleurs et d’arnaqueurs. Sur 23 parlementaires condamnés à la prison ferme, plus de la moitié (13 pour être précis) appartiennent à votre groupe. Vous avez forniqué avec le racisme de la Lega et avec le fascisme de Rauti. Avec vous, les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres. Votre « Chef » en cinq ans, a quadruplé son patrimoine, pendant que les entreprises du pays partaient en crise. Rien que l’électromécanique, dans le dernier quadrimestre de 2005, a perdu 7,1 % de son chiffre d’affaires.
Nos retraités, depuis quelques années, non seulement n’arrivent plus à mettre un sou de côté, mais ont commencé à grignoter leurs économies déjà maigres.
Vous avez dépensé des énergies et séances fleuve au Parlement pour défendre bec et ongles « vos » libertés pendant que le pays dégringolait à la 41ème place quant à la liberté de la presse et au pluralisme de l’information, après l’Angola.
Vous avez réduit les travailleurs à l’état de marchandises et hypostasié les marchandises.
Gardez-vous bien, Monsieur Bondi, votre présomption de cohérence avec la « doctrine sociale de l’Eglise ». Nous, prêtres, voulons garder chèrement la liberté de lutte et de contestation contre la dérive libériste et populiste de votre coalition.

Aldo Antonelli
(curé)
Antrosano, 1er mars 2006

Edition de mercredi 8 mars de Adista
http://www.adistaonline.it/index.php?op=articolo&id=18184
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


Jeudi 9 Mars 2006

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