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Un contingent tchétchène pour rétablir la paix au Proche-Orient (Gazeta)



Ria-Novosti
Mercredi 11 Juillet 2007

Le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine, a déclaré mardi que la Russie était prête à examiner les propositions de l'Union européenne relatives au déploiement d'une force de maintien de la paix en Palestine où un conflit armé oppose les milices du Hamas et du Fatah. L'UE n'a pas encore donné de réaction officielle, mais la réponse russe a toutes les chances de susciter l'intérêt. Car la Russie dispose d'un atout précieux: il s'agit des bataillons tchétchènes Zapad et Vostok placés sous l'autorité de la Direction principale des renseignements du ministère de la Défense.

Ces bataillons ont déjà servi au Proche-Orient. Fin 2006, une compagnie interarmes tchétchène a passé deux mois à protéger les ingénieurs militaires russes dans le sud du Liban où ses membres ont mérité auprès de la population locale la réputation de vrais fidèles.

"Envoyer des Tchétchènes en Palestine est une idée géniale, estime le directeur de l'Institut d'études politiques Sergueï Markov. Premièrement, ce sont des musulmans; deuxièmement, ils ont une expérience militaire; troisièmement, ils montreront avec éclat que la Russie a brillamment résolu le conflit tchétchène."

Le politologue pense, toutefois, que les soldats russes ne devraient pas se dépêcher en Palestine, car il s'agit d'un point particulièrement névralgique de la planète. "La Russie pourrait subir de lourdes pertes en Palestine, alors que les intérêts russes dans cette région restent flous: nous voyons mal qui nous devons protéger là-bas", résume M. Markov.

Alexeï Malachenko, analyste de la fondation Carnegie, constate que, contrairement au Liban où les hostilités avaient pris fin avant l'arrivée des Russes, les forces de maintien de la paix se retrouveraient cette fois dans le contexte d'une guerre civile. "La fois précédente, le bataillon tchétchène a très bien travaillé, mais quelles fonctions lui seront confiées cette fois?" s'interroge-t-il. Toutefois, si l'accord des deux parties en conflit est obtenu, et que l'opération est couronnée de succès, "cela profitera à Poutine, à Kadyrov, mais aussi aux futurs Jeux olympiques de Sotchi", estime l'analyste.

En Tchétchénie même, la perspective de retour au Proche-Orient suscite des réactions mitigées. "Nous sommes des militaires. Nous ne discuterons pas des ordres, nous les exécuterons. Nous sommes prêts à défendre aussi bien les intérêts de la Russie que ceux de notre peuple. Nous sommes épris de paix, mais nous sommes prêts à apporter notre aide en n'importe quel point du globe", dit Beslan, l'un des chefs du bataillon Zapad.

Magomed, chef de l'une des sections du bataillon Sever relevant du ministère de l'Intérieur tchétchène, se dit peu enthousiaste face à l'éventualité de se rendre en Palestine. "Nos gars ont à rétablir l'ordre chez nous, avoue-t-il. Tant que la lutte contre le terrorisme se poursuit, c'est ici que nous devons rester pour défendre les intérêts de notre peuple."

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Mercredi 11 Juillet 2007

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