Proche et Moyen-Orient

Un conflit avec la Turquie signifierait le suicide d’Israël



Lundi 16 Mars 2009

Un conflit avec la Turquie signifierait le suicide d’Israël
Today's Zaman.com
vendredi 6 février 2009

 Revenons en arrière à propos de la cause palestinienne : 

Israël s'est comporté vis-à-vis du monde comme un poisson dans l'eau et il s'est donné l'apparence d'un joueur de première ligne en gardant en permanence l'initiative.

L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP), dirigée par Yasser Arafat, a poussé des petits enfants à jeter des pierres en réponse aux attaques stratégiques d'Israël et celui-ci ne pouvait pas en avoir le dessus dans le long terme.

Grâce à la souplesse et à la modération de sa politique, le leadership d'Arafat n'a pas permis à Israël de tirer toutes les ficelles dans la région. . Il n'a pas été facile à Israël de garder l'initiative et de mener le jeu durant toute cette période. En assumant le rôle de médiateur diplomatique entre les États arabes, Arafat savait comment transformer le problème de la Palestine en une des causes les plus importantes pour le monde musulman. Ainsi, la question palestinienne n'a jamais été une pilule facile à avaler pour Israël les États-Unis même ne pouvant se passer de son soutien.

Suite à la mort d'Arafat, les choses se sont arrangées pour Israël à cause du conflit entre le Hamas et le Fatah. Nous pouvons dire que cette structure bicéphale a encore accru les ambitions d'Israël dans la région et a empêché la création d'une véritable résistance en Palestine. Le conflit caché ou ouvert entre le Hamas et les États arabes a été une autre faille qu'Israël a su exploiter. Et les pays arabes qui perçoivent le Hamas comme une menace ont été d'accord avec Israël: le Hamas devait être détruit. Pour cette raison, des pays comme l'Arabie Saoudite, la Jordanie et l'Égypte n'ont quasiment pas réagi aux dernières opérations d'Israël.

La friction avec l'«Iran radical» ainsi que ses défis contre cette nation est à la base de la fuite en avant de la politique Israélienne.

Donc un conflit avec le Premier ministre Erdoğan, qui a pris l'initiative de la stabilité et de la paix dans la région et qui est devenu un des leaders les plus respectés dans le monde - un conflit avec la Turquie - marquerait la fin de la stratégie de survie d'Israël dans la région.

La question palestinienne est aussi évaluée comme une "zone tampon" entre le monde arabe et l'Occident. La menace israélienne était une question gênante pour le monde arabe et Israël pouvait être maintenu occupé grâce au soutien de la Palestine contre Israël. Ainsi, le soutien des pays arabes à la Palestine n'est jamais passé au-delà du mur de soutènement et Israël, qui est le seul pays dont les frontières ne peuvent être définies par les Nations Unies, a continué à étendre son pays en envahissant continuellement de la terre palestinienne. En divisant la Palestine en deux minuscules régions, la Cisjordanie et Gaza, Israël a presque effacé la Palestine de la carte du monde. Pendant qu'il étendait son pays et poursuivait son invasion, Israël a bien souvent profité de l'islamophobie pour convaincre le monde occidental; Israël se présentait ainsi comme un pays qui combattait le «terrorisme islamique» et il essayait de persuader le monde occidental en disant qu'il éliminait cette menace pour le bien du monde entier. C'est la même posture qui perdure. Le manque de réaction du monde occidental contre Israël ne devrait pas être attribué uniquement à l'influence des lobbies juifs, mais aussi à la stratégie israélienne pour convaincre les Occidentaux par une rhétorique d'islamophobie fictive.

Israël a-t-il le dos au mur ?

 Israël a perdu la guerre du Liban en 2006 du point de vue militaire et il a perdu la guerre de Gaza (2008) du point de vue éthique. Si nous considérons la politique intérieure d'Israël, il semble que les attentes des partis politiques ne seront pas satisfaites par les urnes. Israël atteindra peut-être les buts politiques qu'il a planifiés sur le court terme, mais il souffrira à long terme de son image «d'État meurtrier». À Davos, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a ouvertement exprimé au président israélien Shimon Peres «la vérité sur laquelle toute la planète est d'accord. » Sa réaction envers le président israélien à Davos a créé une impression plus grande encore que de quitter la réunion de Davos. En langage diplomatique, l'appel téléphonique du président israélien Peres à Erdoğan indiquant qu'il n'avait pas été offensé par ce qui était arrivé ne peut être évalué que comme le désir de changer son image «d'État meurtrier» en celle d'un État plus personnel. Nous devons souligner que les prédictions sur l'avenir qui attend Israël ne sont pas déterminées. Israël a incité la réaction de l'opinion mondiale par le massacre barbare qu'il a perpétré, et il semble que la propagande Israëlienne qui consiste à assimiler délibérément Gaza au "Hamas" ne puisse fonctionner, même avec Peres et son Prix Nobel de la Paix.

Tant qu'Israël ne déclenchera pas un nouveau processus après le crime contre l'humanité qu'il a commis à Gaza, il commencera à consommer sa propre énergie interne. Par-dessus tout, une crise politique avec la Turquie dans cette période signifierait le suicide d'Israël. La politique israélienne qui fait avancer le pays est sa friction avec l'Iran radical et ses problèmes avec cet Iran. Donc un conflit avec le Premier ministre Erdoğan, qui prend l'initiative de la stabilité et de la paix dans la région et qui est devenu un des leaders les plus respectés au monde - un conflit avec la Turquie - serait la fin de la stratégie de survie d'Israël dans la région. Israël peut-il prendre un tel risque, qui peut le transformer d'un pays qui a l'initiative et fait la politique en un pays qui est façonné par la politique des autres? La situation peut se résumer à cela. À cette étape, on devrait spécifier qu'Israël peut se retrouver dans une telle situation qu'il le veuille ou non, puisque les développements internationaux qui vont probablement se produire impliquent que cela peut être une éventualité. L'appel téléphonique de Peres à Erdoğan pour lui exprimer sa tristesse au sujet de ce qui s'est passé n'était pas sans raison. Plus encore que la personnalité d'Erdogan, ce Peres ne pouvait supporter, la force et le succès de la diplomatie turque sous son leadership. 

 

La crise de Davos est-elle une grande chance pour la Turquie?

 La situation où en est arrivé Israël peut être définie comme «continuer et faire pire.» Israël peut reconnaître qu'il a atteint certains buts (surtout politiques) par l'opération de Gaza, qui a été planifiée en prenant en compte la nature de ce terrain - une opération qui avait été tactiquement très bien préparée juste avant que l'administration Obama ne soit en place. Mais la politique israélienne consistant à créer des tensions dans la région a été ébranlée. Il y a maintenant entre Israël et l'Iran (le pays qu'Israël a toujours utilisé comme fondation de sa légitimité) un pays pacifique, la Turquie. Les diplomates turcs savent comment amener le Hamas et Israël à la même table par leur vécu pacifique et leur expertise en tant que médiateur diplomatique, et cela est devenu un obstacle majeur pour Israël. La Turquie peut réussir à poser des limites à Israël en prenant l'initiative dans la région et en bridant à la fois la Palestine, l'État Juif et l'autre acteur majeur de la région, l'Iran. Les actions qui affaiblissent politiquement les capacités d'Israël sont entreprises par la Turquie. Cette dernière peut changer la crise de Davos en une opportunité, et tout cela est devenu possible grâce au tournant historique lors de la réunion de Davos lorsque M. Erdoğan a ( justement ) quitté un tête-à-tête après une dispute avec le président israélien.

Bien que les médias turcs discutent si le comportement du Premier ministre Erdoğan a été correct, l'action d'Erdoğan, qui peut être définie comme active, intelligente etdifficile à surpasser, a placé la Turquie en position clé. Quelle est la probabilité pour que cette attitude et cette occasion se changent en une situation stable dans l'arène internationale? Cet aspect de la question mérite d'être discuté. Une des choses qui ennuie le plus Israël est la possibilité que la Turquie puisse établir une paix durable entre le Hamas et le Fatah. C'est une des opportunités qui attend la Turquie, et celle-ci Turquie augmenterait son influence en accomplissant cet objectif. Nous ne devrions pas être surpris d'assister à une initiative de ce genre de la part de la Turquie.

 

Traduction française: Henri R.

http://futurquantique.org/la-politique/655-un-conflit-avec-la-turquie-signifierait-le-suicide-disrael http://futurquantique.org/la-politique/655-un-conflit-avec-la-turquie-signifierait-le-suicide-disrael



Lundi 16 Mars 2009


Nouveau commentaire :

Actualité nationale | EUROPE | FRANCE | Proche et Moyen-Orient | Palestine occupée | RELIGIONS ET CROYANCES

Publicité

Brèves



Commentaires