Palestine occupée

Un checkpoint privé stoppe les Palestiniens qui ont “trop de nourriture”


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Un checkpoint, en Cisjordanie, géré par une compagnie privée de sécurité, n’autorise pas les Palestiniens à passer lorsqu’ils portent de grandes bouteilles d’eau et certains articles alimentaires, a appris le Ha’aretz. MachsomWatch a découvert la règlementation, que des ouvriers palestiniens ont confirmé.

Par Amira Hass


Amira Hass
Mardi 30 Juin 2009

Checkpoint Irtah (Shaare Efrayim en langue de l'occupant). Photo Esti Tsal pour Machsomwatch.
Checkpoint Irtah (Shaare Efrayim en langue de l'occupant). Photo Esti Tsal pour Machsomwatch.
Le Ministère de la Défense a répondu que les quantités non commerciales de nourriture n’étaient pas limitées. Il n’a pas fait de référence à la question de l’eau.

Le checkpoint, Sha’ar Efraim (Irtah pour les Palestiniens, ndt), est situé au sud de Tulkarem, et il est géré, pour le compte du Ministère de la Défense, par la compagnie de sécurité privée Modi’in Ezrahi. La compagnie empêche les ouvriers palestiniens de passer le checkpoint avec les articles suivants :
. de grandes bouteilles d’eau glacée,
. de grandes bouteilles de sodas,
. de la nourriture préparée à la maison,
. du thé et du zaatar (mélange d’épices, ndt).

La compagnie de sécurité dicte également la quantité d’articles autorisés :
. 5 pitas (petits pains ronds, ndt)
. une boîte de hummus et de thon,
. une petite bouteille ou une boisson en boite,
. une ou deux tranches de fromage,
. quelques cueillerées de sucre,
. de 5 à 10 olives.

Les ouvriers ne sont pas non plus autorisés à porter des ustensiles de cuisine et des outils de travail.

MachsomWatch (1) a dit à Ha’aretz que dimanche, un ouvrier du bâtiment de 32 ans de Tulkarem, qui est employé à Hadera, n’a pas été autorisé à passer le checkpoint avec son casse-croute, qui comprenait 6 pitas, 2 boites de crème, un kilo de sucre dans un sac plastique et une salade, également dans un sac plastique.

L’ouvrier palestinien type qui travaille en Israël a une journée de travail de 12 heures, y compris le temps de trajet et l’attente au checkpoint. Beaucoup partent de chez eux dès 2h du matin pour attendre en ligne au checkpoint ; un retard au travail se traduit souvent par un renvoi immédiat. Les ouvriers retournent chez eux vers 17h. L’attente au checkpoint peut prendre un à deux heures, à l’aller comme au retour, si non plus.

Les quantités de nourriture autorisées par Modi’in Ezrahi ne correspondent pas aux besoins alimentaires quotidiens des ouvriers, qui préfèrent ne pas acheter la nourriture dans les magasins israéliens considérablement plus chers.

MachsomWatch a informé les Forces Israéliennes de Défense (d’occupation, ndt) de ces nouvelles interdictions, mais n’a reçu aucune réponse, a dit l’organisation. Modi’in Ezrahi a déclaré que les questions devaient être adressées à l’administration des checkpoints au Ministère de la Défense.

Les militantes de MachsomWatch ont dit que le garde de la sécurité en fonction leur a dit que les restrictions alimentaires étaient imposées pour des raisons de “sécurité et de santé”. Cependant, au checkpoint voisin de Qalqilya, qui est toujours directement géré par l’armée israélienne, les ouvriers peuvent passer avec toute la nourriture interdite à Sha’ar Efraim.

La responsabilité du checkpoint de Qalqilya doit être transféré cette semaine à une compagnie privée, et les ouvriers s’inquiètent que des restrictions similaires y soient imposées.

Le bureau du porte-parole de l’armée a déclaré : « Il n’y a pas de limites de quantités de nourriture. Ils peuvent passer avec la nourriture nécessaire à la consommation personnelle pour une journée de travail. Quand un ouvrier arrive avec de grandes quantités de nourritures pour la vente plutôt que pour la consommation personnelle, on lui demande de passer par le checkpoint pour les marchandises, où celles-ci sont convenablement maniées, et avec les contrôles de douane appropriés. Ce passage est destiné aux piétons, pas aux marchandises. »

(1) MachsomWatch est une association d'Israéliennes qui s'installent aux checkpoints pour observer ce qui s'y passe, intervenir et dénoncer les mauvais traitements subis par les Palestiniens. Elle fait partie de ce qu'il est convenu d'appeler le "camp de la paix" israélien.

Source : Haaretz  
  Traduction : MR pour ISM



Mardi 30 Juin 2009


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