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Un autre « objet de scandale » : la boîte de prod’ de l’émission de Guillaume Durand


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Mardi 29 Novembre 2016 - 08:00 LIVRE: Le Manifeste de la Raison Objective



Lundi 26 Avril 2010

Elle s’appelle « Téléparis ». C’est la société de production à qui l’on doit entre autre l’émission « L’Objet du Scandale », animée par Guillaume Durand. Une émission qui invite un « panel de 4 français », à poser des questions qu’on leur dicte d’avance et s’attire la réplique de l’un d’entre eux, Christophe (Lire : « "L’Objet du scandale" recherche des moutons »). Des chômeurs et précaires qui se rebellent et interviennent collectivement (Lire : « Des chômeurs et précaires s’invitent à l’émission »), alors que les invités posent les questions qu’on leur a dit de poser (voir sur le site d’« Arrêt sur images »).


Qu’est-ce que cette société qui érige le bidonnage en œuvre d’art ? Témoignage, sous le sceau de l’anonymat, en forme de lettre à Christophe. (Acrimed)

Christophe,

Moi-même petit soldat au sein de la société de production de Téléparis, j’observe quotidiennement les pratiques de nos équipes.

J’aimerais vous faire partager, à titre amical, quelques unes de mes observations sur le terrain.
Téléparis et Guillaume Durand Productions ont réalisé l’année dernière tout un pilote autour d’un concept discutable : le panel de Français. Un pilote, c’est-à-dire la simulation d’une émission potentielle. Notre dirigeant, Stéphane Simon, porté dans le milieu par Thierry Ardisson (gros actionnaire de la société), partage avec notre président Nicolas Sarkozy le goût d’une France qui va où on lui dit d’aller. Dès lors, les éléments potentiellement perturbateurs, écartés du panel par ses soins, les survivants au casting, drivés en amont par toute l’équipe, furent, au moment du tournage, sages comme des images ; tant et si bien que quelques individus de cette France sans aspérités furent recyclés pour « l’Objet du Scandale » de cette saison.
Nous, les petits soldats de la grande famille des rues Descombes et Guillaume Tell [les adresses de Téléparis, note d’Acrimed], nous ne sommes pas syndiqués. Aussi malléables que nos panels, nous restons désunis au nom du rentable « jus de merde » de nos chefs. Pas faute d’être nombreux à en croire Stéphane Simon qui, dans une interview au Figaro en octobre 2007, disait signer jusqu’à 650 feuilles de salaire dans le mois. Bien assez pour monter un bon petit repaire d’ « ultra-gauchistes » direz-vous, sauf qu’il est difficile d’entretenir la fibre militante quand on est payé à la pige...
En effet, dans ce même papier du Figaro, pas une ligne sur le statut d’une grande partie des salariés de Téléparis. Je ne parle pas des rares CDD ou CDI, mais de tous les vrai-faux intermittents du spectacle comme moi, qui ne sont déclarés que 15 jours alors qu’ils travaillent à temps-plein pour la boîte. Dans la profession, on nous surnomme les « permittents ». Les contrats sont-il légaux ? Non selon quelques jugements des prudhommes. Mais, plus généralement ? Ce serait à l’Inspection du travail de le vérifier. En tous cas ils sont très utiles pour maîtriser les coûts de production :
- un permittent coûte deux fois moins cher qu’un CDI ;
- on ne rechigne pas à la tâche lorsque l’on peut être mis à la porte du jour au lendemain ;
- les jours de congé et de maladie sont entièrement pris en charge par les Assédics.
Il faut relever la superbe hypocrisie de cette situation, où pour vendre l’idéologie libérale, on utilise et détourne les systèmes d’aide de l’État-providence.
Utilisée à grande échelle, cette pratique permet à Téléparis de vendre ses programmes à des prix dérisoires (sa marque de fabrique), et d’obtenir à l’année un très bon chiffre d’affaire que les quelques procès perdus aux prud’hommes n’entament pas vraiment.
Voilà. Je vous demande de garder pour vous et votre cercle d’amis les confidences que je vous fais : Stéphane Simon n’aimerait probablement pas voir dévoilé les secrets de sa petite cuisine. Mais je ne serais probablement pas fâché si vous les dévoiliez …
Amicalement,
XYZ

P.S. d’Acrimed
- Envoyez-nous vos témoignages (anonymat garanti, après vérification)

- Inspection du Travail - Paris : 109, rue Montmartre 75084 Paris Cedex 02 - Tél. : 01 44 76 69 30 - Fax : 01 42 36 15 83 – Autres adresses en Ile-de-France
- Les Conseils de prudhommes. Il existe des Conseils des Prudhommes dans presque toutes les grandes villes. S’adresser à votre mairie. Mais, surtout, pas de recours solitaire aux Prudhommes : passer toujours par la "case" syndicat.

Des chômeurs et précaires s’invitent à l’émission « L’Objet du Scandale »

Un autre « objet de scandale » : la boîte de prod’ de l’émission de Guillaume Durand
« “L’Objet du scandale” (Guillaume Durand, France 2) recherche des moutons » : sous ce titre, nous avions publié un courriel de la société de production de l’émission qui cherchait à constituer un « panel de 4 français » pour « poser 05 questions à Michel Drucker et 05 questions à Frédéric Mitterrand » lors de l’émission diffusée en direct le 21 avril 2010. Était particulièrement recherché «  une mère de famille ou un père de famille smicard ou chômeur qui viendra leur dire que la culture coûte trop cher , qu’il n’a pas assez d’argent pour emmener ses enfants au cinéma, au théâtre... » . En clair : à poser des questions prévues d’avance.
Les collectifs de chômeurs et précaires ont réagi en intervenant à leur façon lors de l’émission...
... Comme on peut le voir sur cette vidéo :
http://blip.tv/file/get/Acrimed-DesChmeursEtPrcairesSinvitentLmissionLObjetDuScandale690.flv
Image "piquée" à la Coordination des intermittents et précaires d’Ile de France :

Nous y reviendrons ultérieurement. En attendant, voici :
Le texte lu à l’antenne

On en a marre de la culpabilisation et de la mise au travail forcée.
Nous avons besoin d’inventer ensemble une grève des chômeurs, une grève de tous les précaires. Nous appelons à commencer dès le 3 mai.
Ce n’est pas parce que nous n’avons pas d’usine où nous retrouver qu’on ne va pas s’organiser. Mais ce serait quoi une grève des chômeurs ? Ca commencerait par un mouvement de refus. Refus de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force.
Les réformes de Pôle emploi ou du RSA cherchent à nous coincer, un par un, pour nous faire accepter des emplois de 10h par semaine payés une misère dans les secteurs les plus difficiles.
Il faudrait accepter n’importe quel travail sous peine de perdre une allocation de survie. Et qu’en plus nous soyons reconnaissants.

Devrions- nous avoir honte de ne pas savoir nous vendre à n’importe quel employeur, honte de ne pas vouloir déménager pour un boulot, honte de ne pas accepter tout et n’importe quoi, de ne pas plier, en somme, devant la raison économique ?
Pas de honte qui tienne : franchement nous avons mieux à faire. Nous avons mieux à faire que chercher des emplois inexistants, mieux à faire que ce que l’on exige de nous. Voilà pourquoi nous refusons d’être suivis, contrôlés, managés, culpabilisés, radiés.
Pendant ce temps on renfloue les banques avec de l’argent public et on ose nous dire qu’il va falloir se serrer la ceinture.
Nous serons en 2010 un million supplémentaire de chômeurs sans droits. Une fois de plus nous servirons de prétexte à des débats d’experts sur les travailleurs pauvres, qui décideront, à notre place ce qui est bon pour nous.
La grève des chômeurs et précaires ce serait -dès maintenant- ne pas rester isolé, sortir des eaux glacées du calcul égoïste dans lesquelles on nous plonge. La grève des chômeurs et précaires ce serait décider ensemble d’enrayer une machine à précariser faite pour nous manager à mort.
Nous appelons tous les travailleurs précaires, les intérimaires en colère, les intermittents du spectacle et de l’emploi, les saisonniers, les stagiaires démotivés, les étudiants désorientés, les retraités en mal de revenu, les sans-papiers, les licenciés preneurs d’otage, les travailleurs forcés, les volcans fraîchement réveillés à se rencontrer, à discuter dans les queues des CAF et des Pôle emploi, dans la rue, partout. Déjà, à Rennes, Brest, Paris, Montreuil,Tours et dans d’autres villes des précaires et chômeurs s’organisent.
Que mille collectifs fleurissent sur les décombres du plein emploi.
Inventons ensemble la grève des chômeurs et précaires.

http://www.acrimed.org/article3363.html http://www.acrimed.org/article3363.html



Lundi 26 Avril 2010


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