MONDE

Un an après l'accord politique de Ouagadougou, maigre moisson pour SORO



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Mardi 4 Mars 2008

Voici un an que les protagonistes de la guerre en Côte d’Ivoire signaient à Ouagadougou, le 4 mars 2007, un accord politique, mettant ainsi fin à un imbroglio qui durait depuis septembre 2002. La signature de cet accord a redonné espoir aux ivoiriens et aux africains en général. A mesure que le temps s’écoule les ivoiriens s’interrogent sur la sincérité des hommes politiques à sortir le pays de l’ornière dans laquelle elle se trouve. Le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire, section Côte d’Ivoire (MLAN-CI) voudrait faire ici le bilan du « gouvernement SORO » afin d’en tirer les leçons pour une sortie effective de la crise.

Le MLAN-CI voudrait rappeler à la conscience collective son attachement à une Afrique débarrassée de ces démons de la guerre, libre et prospère. Alors qu’une partie de l’opposition ivoirienne, calculatrice, politicienne et arrière-gardiste soupçonnait l’appel du Président Laurent Gbagbo au dialogue direct, le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) avait choisi sagement d’exhorter le secrétaire général des Forces Nouvelles à accepter le dialogue. Le MLAN rappelle qu’il a également écrit au président en exercice de la CEDEAO, le président Blaise Compaoré pour lui dire combien la Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA) gardait un espoir dans ce dialogue.

Le MLAN-CI remercie encore une fois, le Président Compaoré pour l’accord de Ouagadougou, qui sonne comme la volonté des africains d’écrire désormais les pages de leur histoire. Nous lui manifestons notre profonde gratitude pour cette médiation historique.

Pour nous, le gouvernement issu de l’accord de Ouagadougou a permis la décrispation de l’atmosphère politique et quelques avancées ; Le désarmement des milices a démarré le 19 mai 2007 à Guiglo. Le gouvernement SORO compte à son actif les audiences foraines qui ont permis la délivrance de plus de 300.000 jugements supplétifs, le retour des préfets en zones Centre, Nord et Ouest, le dialogue militaire permanent entre Mangou et Bakayoko sans oublier la visite de Laurent Gbagbo dans les zones anciennement occupées. Quelques institutions et structures ont été mises en place pour des élections ouvertes, crédibles et démocratiques ; il s'agit de la Commission électorale indépendante (CEI) dirigée par M. Beugré Mambé, cheville ouvrière du processus électoral en Côte d`Ivoire ; de la mise sur pied (mi-mars 2007) du commandement intégré dont la mission est de rassurer sur l`impartialité des forces de l`ordre qui devront se charger de surveiller les bureaux de vote, et veiller à la sécurité même des électeurs ; du choix de SAGEM , pour assurer donc un processus d`identification fiable, le 09 novembre 2007, par le Comité d`évaluation de l`accord (CEA) composé du président de la République de Côte d`Ivoire, du Premier ministre et du facilitateur du Dialogue direct, le président Burkinabé Blaise Compaoré ; enfin, il a été émis et retenu l`idée de faire certifier les élections à venir par l`Organisation des Nations Unies (ONU).
Tout en reconnaissant le travail effectué, le MLAN-CI considère que la moisson est maigre pour un gouvernement dont la seule feuille de route était l’organisation des élections libres et transparentes. Le désarmement reste encore au stade de projet, avec quelques événements festifs comme la flamme de la paix le 30 juillet 2007. En dépit du lancement officiel du processus de regroupement le 22 décembre 2007, il convient de noter le manque de volonté des acteurs politiques. L’opération de regroupement se heurte à la non réhabilitation des sites de regroupement dans les zones CNO. Seuls 118 ex-combattants basés à Djébonoua ont été regroupés pour l’instant au 3ème Bataillon d’infanterie à Bouaké et ont déjà bénéficié d’un salaire forfaitaire de deux mois. La quasi totalité des éléments (estimée à 43.000 hommes), attend toujours. Quant au redéploiement des fonctionnaires et agents de l’Etat, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore rejoint leurs postes dans les zones CNO en dépit des campagnes de sensibilisation et d’information du Comité national de pilotage du redéploiement de l’Administration. En outre, la libre circulation malgré les discours politiquement correct, n'est pas totale. Mieux, la rébellion continue d'occuper des zones, à percevoir des impôts, de racketter et de harceler les populations. L’adoption en Conseil des ministres le 20 décembre 2007 d'un décret portant création du Service Civique National (PSCN), n’est pour l’instant qu’une intention déclaratoire.

Il n’est pas question pour nous d’aller aux élections sans désarmement au regard des risques encourus. A rebours du premier ministre, il ne peut en aucun cas y avoir de concomitance entre désarmement et élections. Une telle proposition n’est en réalité qu’un aveu d’impuissance dans le dossier de désarmement. D’ailleurs, monsieur SORO Guillaume a été nommé pour faciliter le désarmement de ses hommes et organiser les élections. Les aveux de Dacoury Tabley résument bien le bilan du gouvernement Soro : "En terme de bilan, nous sommes obligés de le reconnaître. Le gouvernement est défaillant. Pour ne rien vous cacher, je n`en dors pas ".

Pour le MLAN-CI, si les anciens belligérants se complaisent dans cette situation de ni paix ni guerre, le peuple de Côte d’Ivoire en est fatigué. Les ivoiriens ne peuvent pas continuer à payer les frais d’hôtel des Forces Nouvelles alors qu’elles ne s’activent pas pour le désarmement.
Le MLAN-CI rappelle qu’il avait en son temps salué les motivations du peuple ivoirien à aller à la paix, tout en insistant sur le fait que la paix ne se résume pas en un déplacement de Blé Goudé à Bouaké, en un meeting de monsieur Dacoury Tabley à Yopougon ou en rangeant Blé Goudé au côté de Konaté Sidiki, pour esquisser des pas de danse.

Nous avions proposé l’organisation d’un Forum Social Républicain (FSR), lequel permettra à toutes les couches sociales, aux différentes régions du pays, aux différents partis politiques, à la société civile, bref, à toutes les forces vives de la nation de proposer un catalogue de mesure allant dans le sens du vivre ensemble. Ce forum permettrait de mettre en place un code du vivre ensemble, qui finirait par convaincre les rebelles à déposer les armes.

Le MLAN-CI exhorte donc le premier ministre dont la mission est l’organisation des élections justes et transparentes à aller au delà de simples actes timides, qui sont au demeurant dignes d’être notés plus par ce qu’ils taisent que par ce qu’ils disent. La situation politique en Côte d’Ivoire est telle que le doute et le désespoir peuvent rompre les équilibres et conduire le pays dans le chaos. Le moment est venu pour le « gouvernement Soro », de sortir des verbiages pleutres et intéressés, pour enfin poser des actions concrètes, en faveur des prochaines élections.

Pour le MLAN-CI, le nœud gordien demeure l’identification et le désarmement. Il ne faut pas succomber à la tentation d’organiser des élections sans désarmement. Le cas du Kenya est une édifiante illustration des conséquences de telle aventure. Il est temps de racheter le temps car les temps sont mauvais.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire unie et prospère !
Vive l’Afrique pacifiée !

Fait à Abidjan, le 4 Mars 2008

Le délégué MLAN-CI
KONAN Yao Alexis
Le Vice délégué MLAN-CI
KOFFI Jean Martial
Le secrétaire général du MLAN-CI
OBOU Serge Eric
www.mlan.fr



Mardi 4 Mars 2008

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