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Un Patrick Karam a-t-il le droit de puiser sans limite dans les caisses de l’État pour harceler l’écrivain Claude Ribbe qui l’a traité sur son blog d’ « inculte notoire » ?



Claude Ribbe
Lundi 5 Avril 2010

Un Patrick Karam a-t-il le droit de puiser sans limite dans les caisses de l’État pour harceler l’écrivain Claude Ribbe qui l’a traité sur son blog d’ « inculte notoire » ?
Patrick Karam, que personne en connaît, ne mériterait guère que je m’intéresse à lui, si je n’étais, depuis 2 ans, l’objet d’une persécution constante de ce délégué interministériel à l'égalité des chances des français d'outre mer. Au lieu de se gratter tranquillement les puces dans sa niche de la rue Oudinot, où il s'occupe de la "police des noirs", il déclare volontiers à qui veut l’entendre que le fait de me couvrir d'excréments (de braque ?) constituerait l’un des objectifs premiers de sa mission. L'autre volet serait d'abattre le LKP en Guadeloupe. Le LKP a promis à Karam de lui faire redescendre tête première les 40 marches de l'escalier de sa permanence s'il osait y pointer le museau. Mais, là, pas de plainte de l'intéressé qui s'est contenté, d'aller se recoucher, la queue entre les jambes. La mission confiée à Karam par le président Sarkozy, d’après ce que j’ai compris, était pourtant de lutter contre les inégalités frappant des originaires d’outre mer en métropole. Dans la mesure où je fais partie de ces originaires, je suis bien obligé de constater que Karam fait exactement le contraire de ce qu’il est censé faire. Et, pour mener à bien cette persécution, il utilise cyniquement les moyens de l’État. En mai juin 2008, j’ai publiquement déclaré sur mon blog ce que je pensais de ce triste individu qui est à l'outre mer ce que Depardieu est à Alexandre Dumas. Même si elle était vive, cette mise au point (toujours en ligne) était nécessaire dans la mesure où j’estime que Karam nuit à ceux qu’il est censé défendre, et qui sont parmi mes lecteurs et amis. Karam, est un homme au caractère violent. Ne supportant pas la critique, il aboie jour et nuit. Au lieu de m'envoyer ses témoins comme l'eût fait un homme bien élevé et courageux, il a aussitôt engagé une procédure en référé, aux frais de la République, devant le président de la 17e chambre correctionnelle, pour que je sois contraint à retirer les articles qui ne lui convenaient pas et à lui verser des sommes faramineuses (à lui, personnellement et non pas à l’État). Il a été débouté et condamné à me verser 1000 euros (ce qui était loin de me rembourser les frais engagés pour me défendre). Le président du tribunal a jugé au fond que rien de ce qui avait été mis en ligne ne constituait une diffamation. Karam, montrant les crocs, tirant sur sa chaîne, a aussitôt récidivé en faisant appel de cette décision ce qui, s’agissant d’un référé, n’avait aucun sens. Puis il s’est désisté de cet appel qui m’a encore occasionné de nouveaux frais. Karam a déposé une nouvelle plainte, pénale, avec constitution de partie civile, pour injures et diffamation contre un dépositaire de l’autorité publique. Cette troisième procédure vient de donner lieu à une décision de la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris - prise il est vrai le 1er avril - me condamnant à 1 euro de dommages intérêts et à 800 euros d’amende avec sursis (?) pour avoir écrit d’une part que Karam est un « inculte notoire » et un « cancre » et l’avoir traité de « braque interministériel » ce qui, pour le tribunal, serait injurieux. D’autre part pour avoir dit que Karam organise le « flicage » et le « fichage » des Antillais ce qui serait une diffamation. Outre que l'on peut s'attendre à voir beaucoup de professeurs désormais condamnés pour avoir utilisé le mot cancre, et que j'en appelle au soutien des amis du célèbre peintre (Braque) ainsi que des membres du club du braque du Bourbonnais, http://www.club-braquedubourbonnais.com/pp.asp?reference=3 qui appréciera de voir le terme de braque considéré une insulte punissable devant les tribunaux, trois choses sont frappantes dans cette décision.
La première, c’est qu’un autre président du même tribunal, M. Nicolas Bonnal, abordant le fond, avait jugé, pour les mêmes faits, en juin 2008, exactement à l’inverse de cette décision du 1er avril 2010. Intéressante évolution de la jurisprudence de la 17e chambre...
La seconde, c’est que lors de l’audience, tenue le 11 février, le procureur de la République, suivant l’ordonnance de M. Bonnal, considérait que traiter M. Karam de « braque interministériel », dire de lui que c’est un « cancre » ou un « inculte notoire » n’était pas injurieux. D’autre part que l’accuser d’avoir organisé « le flicage des Antillais» n’était pas diffamatoire. Voilà un tribunal, pourtant connu pour son attachement à la liberté d'expression, qui outrepasse, en ce qui me concerne, la sévérité du parquet...
La troisième curiosité de ce jugement c’est de m’avoir condamné, en outre, à verser à Karam la somme de 2500 euros au titre de l’article 475 du code pénal pour le dédommager de ses frais de justice, alors qu’il a fait régler la facture par le contribuable ! Même si la plupart des griefs dont Karam faisait état ont été rejetés par le tribunal (le plaignant me reprochait l’intégralité des propos tenus sur trois billets de mon blog, demandait le retrait de la totalité sous astreinte, l’insertion du jugement dans tous les journaux, des dommages-intérêts extraordinaires etc.), cette décision de la 17e chambre, est pour moi inacceptable.
Je comprends parfaitement que ma relaxe dès la première instance, à laquelle on pouvait logiquement s’attendre dans cette affaire, aurait obligé Karam, qui vient de subir un cuisant revers aux élections régionales et a fait perdre plus 120 000 voix à l’UMP de Paris, à démissionner de ses fonctions « interministérielles », aussi lucratives qu’inutiles, que le jugement intervenu, aussi bizarre soit-il, lui donne un sursis pour continuer à engager d'autres procès, ce qui semble être son activité principale.
Cependant, n'ayant pas, comme on s’en doute, l'intention de verser 2500 euros à la caisse de campagne de Karam, j’ai immédiatement interjeté appel. Aucune des décisions intervenues n’étant exécutoires, c’est la Cour d’Appel qui réexaminera les points invoqués par celui qui n'est pas un chien d'arrêt interministériel, mais un personnage posé, très cultivé, ayant accompli de brillantes études auprès desquelles tout le reste ne serait que de la crotte (de braque). Le « flicage » et le « fichage » des Antillais ne sera cependant pas difficile à démontrer. Mais on aura compris que la motivation de Karam est de me faire perdre mon temps et mon argent avec de pareilles imbécillités tout en essayant de faire parler de son insignifiante personne.
Au-delà de Karam, cette décision pose un problème pour la liberté d’expression. Au moment où les déclarations banalisant l’apologie du racisme se multiplient impunément en France, au moment où l'on peut lire sur les blogs de hauts magistrats que les « noirs » et les « arabes » sont les principaux coupables, il semblerait qu’un écrivain (surtout s’il est « noir » ou « arabe ») ne puisse plus se permettre la moindre critique sur son blog à l’égard d’un homme politique au pouvoir sans être systématiquement poursuivi aux frais de la République, ce qui est une dérive extrêmement grave et une atteinte insupportable au principe de l’égalité de tous devant la justice. Est-il en effet admissible qu’un écrivain, dans un pays de droit, doive lutter à ses frais contre un politique UMP qui multiplie les procédures comme bon lui semble en faisant payer huissiers, avocats, avoués, par le contribuable ? Des dizaines de milliers d’euros d’argent public au service d’une haine hystérique !
Ou bien l’attitude de Karam est un abus manifeste et le Premier ministre, auquel il est rattaché, doit lui faire immédiatement rembourser l’ensemble des dépenses payées par le contribuable dans ces multiples affaires ou bien on s’oriente vers une jurisprudence Karam et il faudra désormais s’habituer à voir les blogueurs, les journalistes, les auteurs, dès qu’ils formuleront la moindre critique contre un politique relevant du parti au pouvoir, systématiquement harcelés judiciairement aux frais du contribuable et obligé d’engager des dépenses à leurs frais.


www.claude-ribbe.com



Lundi 5 Avril 2010


Commentaires

1.Posté par Fáfnir le 08/04/2010 16:33 | Alerter
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en vérité si les frais de justice ne sont pas payé par l'état c'est bien parceque dans ce cas la ce n'est pas toujours le plus riche qui gagne

2.Posté par Fáfnir le 08/04/2010 19:50 | Alerter
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ca va que cette personne a eut l'argent pour payer ses frais sinon il n'aurait pas pu se défendre

3.Posté par Nom d'un chien le 14/04/2010 15:14 | Alerter
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Post interessant, mais de grace, ne citez pas le club du braque du Bourbonnais, c'est un club mort qui ne s'occupe plus de la race, allez sur mon site, la on parle de braque du Bourbonnais.

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