Palestine occupée

Un Palestinien au milieu des colons: Ils m'ont mis en prison dans ma maison



Vendredi 23 Octobre 2009


Sabri Mohammed Ghraïeb est un irréductible Palestinien: depuis 25 ans, il résiste dans sa maison encerclée par une colonie israélienne en Cisjordanie occupée.
   "Mon histoire, c'est celle des Mille et une nuits. Elle est sans fin, mais en plus triste", raconte ce Palestinien de 73 ans.
   "Cela fait 25 ans que ça dure, que l'on souffre de cette occupation, que l'on se bat contre elle. Mais ils n'ont pas réussi à me faire partir, ma famille et moi", dit-il.
  
C'est avec amertume qu'Abou Samir (son surnom) observe, de son porche, le résultat de son entêtement: sa maison, autrefois à l'écart du village palestinien de Beit Ijza, est devenue une minuscule enclave au milieu de la colonie de Givon Hahadasha.
  
Encerclée d'un mur de béton et d'un grillage doté de capteurs électriques, la maison est reliée à Beit Ijza par un mini-corridor. Elle est surveillée par des caméras. Une lourde barrière électrique, que l'armée israélienne peut activer à distance, en contrôle l'accès.
  
De l'autre côté, se déploie Givon Hahadasha, qui fait partie de la "banlieue" juive de Jérusalem, dont le but, selon les Palestiniens, est de rendre irréversible l'annexion de la partie orientale de la Ville sainte, occupée par Israël en juin 1967. La communauté internationale réclame l'arrêt de la colonisation, qu'elle juge illégale.
  
Etablie à partir de 1981, Givon Hahadasha offre un accès rapide à Jérusalem, un coût de la vie moindre et des loyers abordables.
   Ici, vivent quelque 300 familles israéliennes dans des maisons blanches aux tuiles rouges, bien ordonnées, séparées des zones sous contrôle palestinien par une barrière de sécurité, "clôture antiterroriste" pour les Israéliens, "mur de l'apartheid" pour les Palestiniens.
  
Abou Samir affirme que la colonie a été implantée sur ses terres et que sa ferme, avec ses dix hectares, était l'une des plus belles du village. Il cultivait vigne, blé et oliviers. "Les juifs avaient des terres plus loin, mais ils ont grappillé la mienne petit à petit", peste-t-il.
   "Nous sommes dans notre droit à 100%", rétorque Schmulik Lederer, le responsable de Givon Hahadasha. Le conseil régional de Binyamin, qui gère les colonies de la région, explique qu'une association juive a acheté des terres dans le coin dès 1887.
  
"De nombreuses colonies ont été installées sur des terres privées", souvent grâce à une loi datant de l'Empire ottoman selon laquelle un lopin non exploité peut être réquisitionné par l'Etat, souligne Hagit Ofran, de l'association israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant.
   "Ils ont tout fait pour que je quitte ma maison", raconte Abou Samir. "Ils m'ont menacé, battu, emprisonné, et même offert de la racheter. J'ai refusé. Alors ils ont fini par me mettre en prison dans ma propre maison, au beau milieu de leur satanée colonie".
   "Mais je ne veux pas la quitter", ajoute-t-il. "Si je partais, je mourrai immédiatement. Je serai comme le poisson hors de l'eau".
  
Venu lui rendre récemment visite, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a estimé que son histoire "résume le combat de notre peuple, sa détermination à rester sur sa terre et vivre dans la dignité".
   La Cour suprême israélienne a finalement tranché en faveur d'Abou Samir, explique son avocat, Hassan Darwish, en constatant que sa maison était dûment enregistrée au cadastre israélien depuis 1979.
   En revanche, la justice israélienne l'avait déjà dépossédé d'une partie de ses terres avant qu'il ne soit coupé du reste de son domaine par la barrière de sécurité construite à partir de 2004.
  
"Lorsque les Israéliens ont vu que j'avais gagné le droit de vivre chez moi, ils ont construit ce mur autour de ma maison", soupire-t-il.
 
Par Djallal MALTI
(AFP)



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Vendredi 23 Octobre 2009


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