Politique Nationale/Internationale

USA, Israël, Italie, Europe, Vatican : des « sauvages » aux « terroristes islamiques »

Et maintenant, on va en Afrique ! Somalie, Soudan : le retour du colonialisme



Fulvio Grimaldi, 20 mars 2007

Traduit par Fausto Giudice


Fulvio Grimaldi
Jeudi 22 Mars 2007

USA, Israël, Italie, Europe, Vatican : des « sauvages » aux « terroristes islamiques »
La Somalie, j’y suis arrivé en 1991, avec Alberto, un Sarde culotté et caméraman téméraire, quelques jours après qu’une révolte national-populaire avait chassé, le 31 janvier, l’ami intime et associé préféré de Bettino Craxi, le dictateur Siad Barre, qui avait été pendant une décennie prosoviétique puis la décennie suivante proaméricain. Un satrape de la pire espèce que les colonialistes sur le recul aidaient à assumer la fonction de la continuité néocoloniale pour ses propres intérêts et pour leurs ripailles. Nous avions échoué sur la partie Nord de Mogadiscio, après un voyage aventureux sur une charrette volante depuis Djibouti. Là, nous avions été accueillis par un “commandant” galonné d’une police qui n’existait plus. Celui qui en revanche existait déjà était l’habituel pantin des ex-patrons italiens, lui aussi cher au cœur du prédécesseur politiquement et judiciairement agonisant de Berlusconi. C’était un chef local de tribu nommé Ali Mahdi, qui me reçut sous une colonnade du genre Acropole, rescapée parmi les ruines d’une Mogadiscio à demi détruite. La réduction en décombres de ce qui restait de la ville serait accomplie, deux ans plus tard, par la première des “interventions humanitaires” en série, avec son lot de carabiniers, de paras et miliaires divers, devenus célèbres surtout pour les tortures aux électrodes sur les testicules et à la bouteille dans le vagin, et, peu après, pour leur fuite précipitée dans le sillage de l’habituel et bénit dernier hélicoptère américain. Mogadiscio n’était alors divisée qu’en deux parties, celle justement du proconsul occidental Ali Mahdi, dans un chaos où nageaient déjà les poissons-pilotes du requin en chef, futurs « seigneurs de guerre », et, au Sud, celle de celui qui avait libéré la Somalie de la dictature et du néocolonialisme, Mohammed Farah Aidid. Et cette partie-là, pour ce qui était de l’ordre, de la convivialité, de la sagesse administrative, était à la première ce que Cuneo est au Bronx. Il n’était pas question de clans, selon le stéréotype calomniateur appliqué plus tard à une des rares nations africaines ayant une unité ethnique et confessionnelle, vu que les deux personnages appartenaient au même grand groupe des Hawiyé.


C’est grâce à l’entregent d’un Italien qui travaillait avec Save the children, l’unique ONG restée sur place dans le tohu-bohu de la révolution – presque toutes ces chapellicules décampent sans demander leur reste dès que la crèche se dessèche et que les balles commencent à siffler – que nous en sommes venus à connaître l’autre moitié de la question somalienne, la vraie, celle qui en Italie et en Occident s’était déjà vue affubler l’étiquette de “tribale” et d’ “extrémiste”. Plus tard, on allait y ajouter une primeur alors encore peu consommée : “l’intégrisme islamique”, paradigme-alibi d’ “interventions humanitaires”, auxquelles ne se dérobèrent, de bonne ou de mauvaise foi, aucun, mais absolument aucun ni aucune des envoyé-es spéciaux-ales des médias italiens. Y compris ma très jeune collègue Ilaria Alpi, arrivée quelques mois plus tard, qui toutefois prit un énorme risque quand elle eut la prétention de rompre l’omertà qui liait les journalistes aux malversations économico-militaires italiennes, en mettant le nez dans le plus colossal trafic criminel de déchets toxiques et d’armes qu’il y ait jamais eu entre le Nord et le Sud du monde. Comme nous le savons – et le déplorons – mal lui en prit (Ilaria Alpi, envoyée spéciale du journal télévisé TG3 de la RAI a été assassinée avec son caméraman Miran Hrovatin à Mogadiscio le 20 mars 1994, NdT)



Aidid


Aidid, un général de l’armée somalienne, éliminé par Barre, avait participé à la lutte de libération de l’après-guerre contre les Italiens mandés et les Anglais mandataires. Puis il avait été le leader incontesté des formations qui, rassemblées, avaient assiégé puis conquis Mogadiscio et la plupart des autres centres urbains somaliens. Dans l’interview qu’il m’accorda pour le TG3, il me traça de manière convaincante le cadre de son projet d’une Somalie intégralement souveraine, non-alignée, hors de toute dépendance vis-à-vis de superpuissances, engagée sur un chemin de reconstruction nationale selon une ligne de justice sociale. Il anticipa pour moi ce que l’Occident était en train de tramer et qui devait bientôt arriver : l’intervention pour la reconquête d’une position stratégique à laquelle l’impérialisme ne pouvait absolument pas renoncer, à cheval sur la Mer rouge, l’Océan indien e le Golfe arabo-persique et aux portes d’une Corne de l’Afrique ouverte sur la région la plus riche du continent africain en ressources minérales et en biodiversité. Fondamentale aussi comme plateforme de départ pour réduire à la raison ces non-alignés qu’étaient l’Érythrée et le Soudan. La querelle mettait donc aux prises le pantin des intérêts prédateurs d’étrangers et d’élites somaliennes avec l’homme qui avait guidé une révolution nationale contre la dictature et la corruption généralisée, symboliquement concrétisée par les fameuses cathédrales dans le désert, spécialité de la coopération italienne de cette époque. Il était dans l’ordre des choses démocratique que le premier l’emporte. Ou quelqu’un pour son compte. De fait l’invasion de marines, bersagliers et autres professionnels extérieurs, lancée sous l’appellation sarcastique de Restore Hope, “Reconstruire l’espoir” (1992-1994), qui coûta au peuple somalien 10 000 morts et s’acheva dans un fuite pitoyable du type Saïgon, non sans avoir versé à l’Occident le tribut habituel de sang – beaucoup de sang des autres, peu de sang des propres troupes – avait pour objectif d’éliminer Aidid et son projet d’émancipation nationale. Aidid tomba au combat contre les brigands « seigneurs de guerre » en 1996.



Ilaria Alpi et la Coopération italienne : un autre “mystère d’Italie”


Dans la foulée des massacres euro-usaméricains, qui reçurent encore une fois la bénédiction de l’ONU, que certains s’acharnent à invoquer comme la panacée de “l’unilatéralisme” US, apparurent les fameux “seigneurs de guerre” : c’était le plan B en cas d’échec de la reconquête militaire. Les partants avaient confié à ces gens-là le soin de liquider dans leurs rangs leurs propres partisans, de manière à maintenir le pays, à part quelques tranches au Nord (Somaliland, Puntland), déjà entre les mains des fiduciaires anglo-usaméricains, dans un état d’anarchie, de sous-développement et de fragmentation pérennes. Mais dans cette foulée, ce qui n’apparut pas en revanche, ce furent les témoignages d’Ilaria Alpi et de Miran Hrovatin, son caméraman, tels qu’ils avaient été consignés dans les journaux et les bloc-notes de la courageuse journaliste. Ils disparurent dans le vol de l’aviation militaire italienne entre Mogadiscio et Rome, tandis que les témoignages honnêtes s’évaporèrent dans l’habituel processus du « port des brumes » romain. Le seul à être condamné fut un malheureux garçon somalien qui avait eu la naïveté de croire qu’il pourrait venir à Rome pour raconter à des juges honnêtes ce qu’il savait de la manière dont Ilaria et Miran avaient été assassinés, au-delà de tous les bobards des divers homuncules et intrigants qui grouillent en Somalie comme des vers sur la charogne. Mais nous tous savions, comme Pasolini le savait pour Piazza Fontana (attentat contre la Banque de l’Agriculture à Milan le 12 décembre 1969, attribué à des anarchistes mais commis par des fascistes, NdT), qu’ilaria avait brûlé ses 26 ans pour avoir découvert un des plus grands crimes d’État mafieux : l’enfouissement en Somalie (à partir d’un clan de La Spezia e à travers un autre clan à Trapani en Sicile) de déchets nucléaires et toxiques de toute l’Europe, en échange de quoi Siad Barre recevait des armes et prébendes diverses. On m’avait déjà rapporté à Mogadiscio que dans la zone désertique où la Coopération italienne avait construit une inutile autoroute, il y a avait eu une mort épouvantable de bétail – au moins 40 000 têtes – et de beaucoup de bergers et de paysans, « probablement par les radiations et les émanations de ce qui avait été enfoui sous l’asphalte. »



Faire bonne contenance par l’arnaque…


Pendant les longs mois, après la chute du tyran ami de Craxi, pendant lesquels la population somalienne fut en proie à la guerre civile et à toute sortes de carences dramatiques, l’Italie, autrefois puissance coloniale puis mandataire et enfin définie comme “nation soeur” de la Somalie, ne bougea pas le petit doigt. Les Somaliens étaient emportés par dizaines par la dysenterie, la malaria, la tuberculose, la faim. Quelques télévisions montraient les files décharnées de mères desséchées, leurs enfants gonflés accrochés à leurs seins, mais en tout et pour tout, les seuls à être restés sur place étaient les Suisses de Save the children et Médecins sans frontières. Je ne rappelle pas le nombre de fois où je dus baisser les yeux face à la question désespérée : “Mais l’Italie, notre amie, qu’est-ce qu’elle fait ?” Puis, tout à coup, elle fit. Sous mes yeux et ceux, enfoncés dans des orbites sombres, des enfants somaliens. Et ce fait mérite d’être rappelé : il y a les documents légaux et les témoignages de Save the children. Un jour du printemps 1991, un gros avion de transport atterrit à Mogadiscio. De sa soute sortent des produits, médicaments vivres en tous genres. L’avion portait les couleurs italiennes. Est-ce que l’Italie avait soudain eu un sursaut de conscience ? Tu parles. Cet avion a été loué à Nairobi, dans le Kenya voisin, justement par l’ONG restée à assister à la débâcle. C’est Save the children qui l’avait, au prix de dépenses très élevées, rempli de fournitures. Mais il y avait eu un coup de main, ensuite fini devant la magistrature kényane. Nos représentants diplomatiques, avec des complicités kényanes, s’étaient emparés de l’avion et de son contenu, lui avait fait peindre dessus les couleurs du drapeau italien et l’avaient expédié à Mogadiscio. C’était du propre. Je racontai la chose en direct dans le Spécial du Tg3. Les témoins somaliens présents confirmèrent. Le sous-secrétaire délégué à, Mario Raffaelli (PSI), eut une crise de nerfs et nous accusa d’être une bande de menteurs. Mario Raffaelli est toujours l’homme de l’Italie dans cette région, maintenant que, après la brève trêve d’unité nationale réalisée par les « Tribunaux islamiques », s’est installé un nouveau groupe de personnages chers à l’Occident.



Une OTAN “Stars and Stripes” pour l’Afrique


Le projet US avait mûri durant la seconde guerre d’Irak, vu que la manne pétrolière attendue de cette hécatombe s’était volatilisée dans les explosions d’oléoducs et de puits provoquées par les moudjahidine irakiens. Il avait en outre été accéléré par la politique antiaméricaine d’Hugo Chavez, qui laissait présager des risques de rupture des approvisionnements depuis ce pays en pleine évolution révolutionnaire. Le projet était un nouveau commandement unifié de commandement, le Commandement Afrique (Africom), couvrant une zone étendue incluant tout le continent, jusque-là divisée entre les commandements Europe, Pacifique et Central. Ce Commandement, déployé en Afrique et qui a comme principale force d’intervention rapide la 173ème Division Aéroportée, maintenant destinée à la malheureuse Vicenza (ville de Vénétie où doit être construite une énorme base militaire US sur le site Dal Molin, NdT), deviendra pleinement opérationnel en septembre 2008. Eh attendant, le Pentagone le développe rapidement à travers une intense activité militaire en Afrique, où il a signé des accords militaires avec le Maroc,l’Algérie, le Tunisie, la Mauritanie, le Mali, le Nigeria, le Sénégal, Djibouti et le Tchad. Dans beaucoup de ces pays, les USA entraînent les forces armées locales, favorisant systématiquement les élites militaires et réprimant les processus de développement et d’émancipation, provoquant des guerres et vendant des armes. Dans la Corne, stratégique, dans l’Éthiopie du fidèle vassal Meles Zenawi, autre dictateur brutal et fauteur de guerre, et à Djibouti, les USA ont carrément déployé la Task Force 88, une unité secrète pour les « opérations spéciales ». L’objectif de l’Africom es d’intégrer les forces armées de ces pays dans un système unique de commandement, contrôle, communication et information, appelé C3IS, autrement dit dans la chaîne de commandement du Pentagone. Comme en Afghanistan, comme avec l’OTAN. Les corollaires de ce projet sont les bases militaires, surtout au Ghana et dans d’autres pays d’Afrique occidentale. Tandis que 15% du pétrole importé par les USA provient du Golfe de Guinée, la rive opposée, orientale, est occupée pour contrôler l’échiquier Océan Indien, Golfe, Mer rouge, et, à l’intérieur, les grands détenteurs des richesses minérales africaines : le Soudan et le Congo.



Les Tribunaux islamique : une épine enlevée des bottes éthiopio-usaméricaines


Cela explique le caractère intempestif et brutal de l’intervention US, avec le recours à l’ascaro éthiopien [les ascari, de l’arabe askar=soldat (>lascar en français) étaient les supplétifs éthiopiens, érythréens et somaliens de l’armée coloniale italienne, NdT], contre la normalisation de la Somalie, qui, en 2006, grâce à l’avènement des Tribunaux islamiques, association de religieux modérés et à forte conscience nationaliste, avait vu la défaite des boss mafieux de tous les trafics et de la guerre endémique, après 15 ans de chaos planifié. Cela avait donné à Mogadiscio et à une grande partie de la Somalie la possibilité de recommencer à respirer, de vivre en paix, de travailler, d’évoluer. Les Tribunaux islamiques, sous la direction de Chérif Hassan Cheikh Ahmed ont interdit le trafic de khât, ce stupéfiant amphétaminé de très grande consommation, source principale de profits, outre le commerce des armes, pour les chefs mafieux. Ils ont réactivé un minimum de développement économique en restaurant les infrastructures fondamentales, aéroports, ports et voies de communication. Ils ont soutenu l’élevage et l’agriculture. Ce faisant, les Tribunaux islamiques avaient ouvert al voie à un retour à un état statutaire, à l’unité nationale et à la dignité. Une perspective intolérable pour la stratégie de la reconquête coloniale et la militarisation du continent sous la domination anglo-saxonne, avec des quotas réservés aux Européens et aux Israéliens.


On trouve pour donner un coup de pouce à la diabolisation des Tribunaux l’habituelle chapellicule des « droits humains », qui, comme au temps du « sauvetage des femmes afghanes » - par ailleurs libres et émancipées sous les gouvernements progressistes qui précédèrent le déchaînement du fanatisme intégriste en 1979 – se morfond en lamentations sur l’interdiction de projections dans les cinémas des matchs mondiaux de football, adoptée par les Tribunaux pour empêcher que des dizaines de milliers de citoyens abandonnent pendant des semaines l’urgent travail de reconstruction et de réorganisation de l’État.


Entre Djibouti et Nairobi, entre-temps, a été mis en place un « gouvernement de transition » composé d’exilés de longue date (alimentés par les USA) et de seigneurs de guerre parmi les plus sanguinaires.


Un gouvernement dépourvu de la moindre semblance de légitimation populaire. Présidents, Premiers ministres et parlementaires s’étaient autodésignés à la classique table de partage des affaires et avaient été légitimés par la fameuse “communauté internationale”. Un gouvernement de mafieux et de corrompus, du type Karzaï en Afghanistan et Al Maliki en Irak. Une bande de voleurs, d’affairistes, d’assassins, emmenés par Abdallahi Yussuf, rembourrés de dollars US, incrustés à Nairobi, incapables ne serait-ce que de pointer le bout de leur nez à la frontière somalienne, au risque d’être reçus à coups de pied à l’arrière-train, vue le manque absolu de consensus populaire. Ce cabinet de quislings, pour avoir un minimum de cette crédibilité que la « communauté internationale » était avide de lui concéder, devait pouvoir siéger à Mogadiscio. Avec les USA engagés jusqu’au trognon dans leur œuvre de mort en Irak et en Afghanistan et encore loin d’avoir réalisé l’Africom, il fallait un sicaire. Depuis 2002 l’Éthiopie chrétienne bénéficie d’un programme US d’aide militaire, à utiliser aussi contre l’obstinément irréductible Érythrée. Équipés à l’automne 2006 aussi de moyens de reconnaissance aérienne et d’écoute satellitaire US, les ascari éthiopiens se mirent donc en route pour dépecer la Somalie, proie convoitée depuis des siècles et déjà partiellement mutilée par la perte de l’Ogaden. Face à 28 000 militaires dotés d’armes lourdes, appuyés par des chasseurs-bombardiers US et encouragés par l’habituel chœur blanc-démocrate-chrétien contre le « terrorisme d’Al Qaïda », comme si celle-ci était la protagoniste de la Guerre des Mondes (et non un simple département du renseignement US-Mossad), il ne restait aux libérateurs pro tempore de la Somalie, munis de seuls Kalachnikov, qu’à se soustraire au massacre et passer à la clandestinité. Mogadiscio, bombardée en tapis, tomba à la fin de 2006. Au mois de février suivant, répartissant les fiefs et les commerces entre les seigneurs de guerre revenus sur le devant de la scène, le régime de Yussuf peut s’installer dans la capitale et offrir à la “communauté internationale” un interlocuteur aussi obéissant que peu légitime.



Une nouvelle guerre asymétrique contre l’impérialisme


L’histoire ne finit pas là. Depuis, la résistance s’est réorganisée, il ne se passe pas de jour sans qu’elle frappe les mercenaires éthiopiens et les prétoriens du régime, jusque dans leur forteresses les plus protégées, comme, au printemps 2007, le palais présidentiel du fantoche Yussuf, à plusieurs reprises. Voici qu’arrivent, sponsorisées par les USA, les forces « de paix » de l’Union africaine, principalement prélevées dans des pays clients, comme l’Ouganda, mais cela n’empêche pas l’extension d’une nouvelle guerre asymétrique qui, comme le démontrent l’Irak, le Liban et l’Afghanistan, est impossible à gagner pour l’impérialisme et ses marionnettes. Le Nouveau Moyen-Orient de Bush, qui inclut stratégiquement aussi la Corne de l’Afrique, subit une nouvelle fissure. En attendant, le gouvernement italien de centre-gauche apporte sa contribution, non seulement en adhérant pleinement aux faits e gestes du Quisling somalien, mais même avec une manoeuvre éhontée contre l’Érythrée, qui s’est rangée aux côtés des instances de libération somaliennes : en février 2007, le ministre des Affaires étrangères Massimo D’Alema suspend le travail humanitaire des médecins italiens en Érythrée. Une fois de plus, l’Italie utilise la coopération – dont est responsable la vice-ministre Patrizia Sentinelli, du PRC (Parti de la refondation Communiste, dirigé par Bertinotti puis Giordano, NdT) – comme instrument de pression et de chantage dans les relations politiques avec d’autres États.





USA, FRANCE, ALLEMAGNE, ISRAEL ET ITALIE, SOUTENUS PAR LES DROITES, LES GAUCHES ET LES PACIFISTES, À L’ASSAUT DU SOUDAN



Darfour: tragédie humanitaire ou nouvelle tentative de dépecer le plus grand pays africain ?


Commençons par le président Nimeiry


J’y étais arrivé comme free-lance, sans le sou mais en compagnie d’une avenante compagne anglaise. Nous étions rentrés d’un mois passé en Érythrée, à parcourir 1000 kilomètres dans tous les sens, avec le front de libération de l’Érythrée, entre déserts, semi-déserts, bas-plateaux, hats-plateaux, babouins, gazelles et chameaux, loin des routes contrôlées par les occupants éthiopiens. L’auberge de la jeunesse de Khartoum, toute propre et noyée dans la verdure, nous était apparue comme un cinq étoiles, d’autant plus qu’on y proposait du Mus, cette boisson de frappé à la banane avec glace qui, après la seule possibilité d’étancher sa soif dans des puits d’eau saumâtre en compagnie de chèvres et de chameaux, était un vrai nectar de Dionysios. On était en 1970. J’étais parvenu à me lier d’amitié (grâce à ma compagne ?), au ministère de l’Information, avec un jeune et vif militant du Baath, alors un grand mouvement laïc et socialiste, à côté des nassériens, d’émancipation de et d’unité arabe. M’ayant reconnu comme un parent idéologique, Saleh me mit sur les traces du président Gaafar Nimeiry, jeune officier nassérien qui avait pris le pouvoir deux ans plus tôt, l’arrachant à une camarilla de fiduciaires des Anglais, lesquels ne s’étaient jamais résignés à la perte de cette grande colonie en 1956. Je suivis, à travers la moitié de l’immense Soudan, celui qui était alors l’un des protagonistes des mouvements d’émancipation en Afrique et dans le monde arabe. Nous le retrouvâmes enfin, l’Anglaise, Saleh et moi, dans un fascinant village plein d’allées ombragées d’arbres et bordées de petites maisons blanches toutes neuves, où il était venu inaugurer une école (l’éducation et la santé avaient été nationalisées et étaient devenues gratuites : les Pères comboniens, principale puissance du pays après le patron colonial britannique, ne le lui ont jamais pardonné).



Saleh nous amena dans une taverne en plein air, où il réussit à nous placer à une table à portée de vue de Nimeiry. Je remarquai que le président, entouré d’une bonne partie des membres de son cabinet, jetait de fréquents regards vers notre table. Parce que nous étions blancs ? └À cause de mon Anglaise ? Je me précipitai vers lui à la fin du repas avec un appareil photographique et je fus accueilli avec bienveillance. La séance de prise de vues se transforma en une interview qui, arrosée par un nombre indéfini de Black Label, se prolongea jusqu’à cinq heures du matin, quand nous nous écroulâmes lamentablement. Nimeiry n’en finissait pas de parler de l’historie de ce pays qui avait infligé aux Britanniques, avec la mythique défaite du général Gordon, la déroute la plus humiliante de leur histoire coloniale, des grands projets de « révolution verte » qui devaient transformer une partie du Soudan en Jazira du coton, et des complots tramés par les colonialistes anciens et nouveaux – USA, Grande-Bretagne, Israël et Vatican – pour s’emparer du Sud en odeur de pétrole abondant.


Nous passâmes de l’auberge de jeunesse aux hôtels quatre-étoiles du gouvenement et deux jours plus tard, un avion bourré d’officiels nous transporta à Juba, capitale du Sud que, deux ans après l’indépendance, les éternels conspirateurs, fortement favorisés par le client voisin, l’Ouganda, avaient déjà poussé à la révolte, s’appuyant sur une minorité chrétienne présumée et une minorité noire et animiste effective.


Des Dinkas très grands et à moitié nus nous offrirent un spectacle fantasmagorique et nous garantirent qu’ils se trouvaient mieux une grande nation multiethnique, respectée et économiquement à son aise plutôt que dans un fragment de territoire vampirisé par les puissances impérialistes et, comme c’était le cas dans le reste de l’Afrique des proconsuls, enfermé dans un sous-développement pérenne. Le Nil secoua notre fragile embarcation et nous réserva un tête-à-tête inquiétant avec la tête colossale d’un hippopotame. Tout cela nous parut fort tranquille, loin de ce que racontait la presse occidentale sur une Sudan’s People Liberation Army (SPLA) censée défendre la chrétienté contre l’oppression musulmane du Nord arabe. Deux ans plus tard, les accords d’Addis-Abeba mirent fin, au grand dépit des pêcheurs en eaux troubles, à la « guerre civile ». Laquelle devait reprendre, avec toujours les mêmes sponsors, des années plus tard, peu avant que le général Omar Al Bachir, en 1989, n’arrache le pouvoir à l’aristocratique émissaire local des Anglais, Al Mahdi.


L’insurrection prend fin au Sud et voilà que, avec une simultanéité significative, démarre celle du Darfour.


Au début de 2003, juste au moment où Khartoum est en train de mener à bon port les négociations de paix et de concorde nationale avec le général John Garang, chef de la SPLA, se déchaîne avec une concordance opportune de temps impressionnante, une lutte séparatiste au Darfour, un demi-million de kilomètres carrés semi-désertiques à l’ouest du pays, habités par des musulmans en partie éleveurs nomades et en partie agriculteurs sédentaires. J’étais retourné au Soudan vers la fin des années 90, cette fois-ci pour le TG3 et j’y avais rencontré un étrange spécimen de diplomate italien. À la différence d’autres que j’avais connus, entre « R » grasseyés [le recours au « R » grasseyé propre à certaines régions du nord de l’Italie est considéré comme un signe de distinction, ou de snobisme, NdT], noms à rallonges et cérémonies en felouque, cet ambassadeur était un connaisseur compétent, profond et passionné du pays et de ses habitants. Il était aussi parfaitement conscient, comme il dépendait d’une chancellerie « atlantique », des troubles dessins nourris par les puissances occidentales sur le géant africain autrefois grenier du continent et désormais détenteur avéré d’immenses ressources pétrolières, concédées principalement –injure suprême ! – à l’exploitation chinoise. Réserves, notons-le, dont la présence avait été l’amorce de la sécession du Sud, qui s’était conclue en 2005 par un accord à perte accepté par Khartoum pour en éviter de pires (leçon tirée de l’expérience de l’Irak, avec lequel le Soudan s’était déclaré, durant les deux guerres du Golfe, solidaire, ce qui était impardonnable) : un gouvernement autonome du Sud recevrait la moitié des revenus pétroliers, un référendum sur l’indépendance totale aurait lieu dans les six ans à venir et John Garang devenait vice-Président national et le patron effectif de la région méridionale.



Un autre bobard “humanitaire” : le Cap Anamur


Au début juillet 2004, un gros navire de passagers croise au large de Malte : le “Cap Anamur”, c’est son nom, bat pavillon allemand, a un capitaine et un armateur allemands. Il signale qu’il est plein de réfugiés désespérés du Darfour, pêchés on ne sait où (on ne le saura jamais) et qu’on l’empêche d’aborder à Malte. Il demande à pouvoir entrer à Porto Empedocle [le port d’Agrigente, en Sicile, NdT], ce que les autorités italiennes, suspicieuses, n’autorisent pas. Un authentique tsunami de solidarité humaine se déchaîne alors. La question du Darfour explose à la Une dans le monde entier, surtout en Italie. Jusque-là, on avait entendu dire pendant les premiers mois de l’année 2003 que le gouvernement soudanais et ses milices massacraient la population, mais sans plus. Tout l’univers composite des ONG,des associations humanitaires, des droits humains, des partis de gauche avec L’Unità (organe du PDS, ex-communistes, NdT), Il Manifesto (communistes indépendants, NdT) e Liberazione (refondateurs communistes, NdT) à l’unisson, se jetèrent médiatiquement et, parfois, aussi physiquement sur le navire. Les uns apportaient à manger, les autres à boire, d’autres des articles sanitaires, ou des appareils photographiques et des carnets pour enregistrer «dans les yeux des réfugiés l’horreur encore présente des villages brûlés, des femmes violées, des massacres de civils au Darfour ». Le milk-shake humanitaire qui en sortit fut mis en bouteille par les gouvernements US, allemand, français, italien, britannique, par les centrales de propagande impérialiste, par le Vatican et balancé sur l’ONU. Celle-ci, comme à son habitude, ne tarda pas à dénoncer les méfaits de Khartoum et ces « 400 000 tués » qui, s’ils avaient été vrais, auraient exigé des assassins un rythme journalier de meurtres, pour seulement douze mois, supérieur à celui que les occupants US et les escadrons de la mort iraniens, ensemble, n’arrivent pas à égaler depuis plusieurs années dans la tuerie irakienne, avec tous leurs bombardiers, tanks et perceuses de crânes électriques. Curieusement, après trois ans de plus de massacres supposés, tels qu’ils ont donné lieu à l’habituelle accusation de « génocide » de la part de l’ONU et des USA, les victimes continuent à être toujours les mêmes 400 000 et les réfugiés continuent à être deux millions, dont un dixième au Tchad voisin.


On a construit l’habituelle machine d’intoxication à des fins colonialistes. Le Soudan, refusant d’obéir à l’Occident soucieux de reconquête, devait être cassé en petits morceaux, comme tous les pays arabes importants du point de vue pétrolier, minéral ou stratégique. C’était là le projet israélien depuis 1982.


On se mit donc à construire une histoire horrible sur le modèle de Sarajevo asiégée ou le 11 Septembre ou les armes de destruction massive : le “régime islamique du dictateur Al Bachir » était en train d’exterminer les populations africaines du Darfour avec son armée, ses bombardiers et ses féroces milices dénommées Janjawid. Ceux qui se révolaient – le Mouvement de libération du Soudan, MLS, et le Mouvement pour la Justice et l’Égalité, MJE – étaient peut-être à la rigueur un petit peu sécessionnistes mais avant tout des défenseurs du Darfour et des victimes. Le Cap Anamur était le porteur de ce paradigme. Et puis : vive l’autodétermination, non ?



La désertification camouflée en révolte et répression


L’ambassadeur évoqué plus haut me conduisit au Darfour pour y constater, cinq bonnes années avant qu’éclate l’insurrection séparatiste, l’épouvantable processus de désertification en cours, déterminé, comme tous les changements climatiques catastrophiques, par le modèle démentiel de développement capitaliste.


Nous avons croisé des colonnes d’habitants de la région en fuite vers le centre et vers des ressources hydrauliques qui, dans le Darfour même, étaient en train de s’épuiser. Des gens à pied, sur des ânes, des chameaux, avec des baluchons sur l’épaule, qui, voyant notre 4X4, s’arrêtaient même pour mendier quelques gouttes d’eau. C’était des musulmans arabes et des musulmans africains, sans distinction. Les uns étaient des nomades éleveurs qui avaient du abandonner les parcours séculaires de puits en puits ; les autres des paysans sédentaires auxquels était il était devenu impossible d’irriguer le peu de terre qui leur servait à survivre. Ce furent eux qui vinrent grossir les campements à la périphérie de Khartoum, dans lesquels le gouvernement hébergeait déjà, avec des charges financières lourdes et mal soutenues par les agences internationales, un million de réfugiés africains du Sud, qui n’avaient pas voulu rester à la merci des bandes de la SPLA de John Garang, divisées en mille fractions, qui s’acharnaient l’une contre l’autre pour le contrôle du territoire et des flux pétroliers. Quiconque connaissait la région se rendait compte que le conflit avait éclaté entre ceux qui étaient restés sur place, à la merci de la sécheresse. Des agriculteurs organisés dans les formations sécessionnistes, avec un large soutien en armes, argent et propagande de la part des vampires qui attendaient à la porte (USA, France, Allemagne, Israël et Royaume-Uni en tête) contre des nomades organisés en milices d’autodéfense, les Janjawid, fidèles à l’unité nationale. Un conflit entre autochtones pour ce qui restait d’eau, un conflit attisé par les habituels connus pour créer un prétexte à l’intervention néocoloniale au Soudan.


Et le Cap Anamur ? On découvrit que les trente « réfugiés désespérés du Darfour », qui avaient encore dans leurs yeux « l’horreur des massacres », n’étaient pas soudanais, n’avaient jamais été au Darfour, n’étaient pas du tout à bout de forces et étaient tous originaires d’autres pays africains, surtout du Ghana. On n’en a plus rien su. Mais ceux qui avaient voulu en savoir plus – et il ne s’agit ni du Manifesto ni des ONG ni des Pères comboniens qui se lamentaient sur le Darfour – n’avaient pas tardé à découvrir un autre élément révélateur : le Cap Anamur était le vaisseau d’une entreprise allemande étroitement liée à deux organisations de droite, connues pour leur rôle déstabilisateur des pays socialistes ou de toute façon dans le collimateur de l’impérialisme : la Fondation Konrad Adenauer et la Gesellschaft für Bedrohte Voelker (Société pour les peuples menacés) [Connaissant personnellement le fondateur de la GfBV, Tilmann Zülch, depuis 30 ans, je m’inscris en faux contre cette assertion de l’auteur, NdT]. Le Cap Anamur avait déjà accompli deux missions : celle consistant à écumer les eaux vietnamiennes dans les années 70, à la pêche aux boat people, ces réfugiés vietnamiens que les USA avaient sollicités à fuir avec la promesse du paradis capitaliste ; et l’autre, consistant à embarquer, au large de la Yougoslavie en voie de dépècement, les réfugiés albanais du Kosovo, qui « fuyaient les broches avec lesquelles les Serbes de Milosevic rôtissaient les femmes et les enfants ». Dans les deux cas, une belle contribution à la cause.



Pour ouvrir les pistes coloniales : la « Stars and Stripes”, l’étoile de David, la croix, la faucille et le marteau


Tout cela, bien que vérifiable sur cent sites web, n’a nullement ébranlé la confiance aveugle des humanitaristes et des droitsdelhommistes dans le verbe de Washington et des autres centrales de la reconquête coloniale. Ainsi le successeur de Bertinotti à la tête du PRC, Franco Giordano, n’a pas hésité à souhaiter, dans la ligne de l’ONU et de ses sanctions, une intervention au Darfour après celle au Liban. Il n’y avait eu de pire que cela, dans la période parlementaire récente, que l’appui glaçant apporté par l’ex-pacifiste Lidia Menapace, elle aussi du PRC, à la guerre contre l’Afghanistan sous forme de « réduction des dégâts ». C’est étonnant de voir comment une certaine gauche vieillit mal. La vieille dame ne s’est pas privée d’insulter, en première page de “Liberazione”, quelqu’un d’obstinément opposé à la guerre comme Piero Bernocchi, porte-parole des Cobas [syndicat autonome d’extrême-gauche, NdT],dans des termes qui faisaient penser à de la honte sublimée en injure. Il apparaît que le militarisme des pacifistes ne connaît pas de limites.


Depuis lors c’est une escalade ininterrompue de « crimes contre l’ humanité », de sanctions économiques et diplomatiques, de demandes d’interventions militaires (déjà testées par les Français au Tchad, qui défendent à coups de bombes leur proconsul Idris Déby Itno, menacé par une révolte populaire) et une course effrénée entre puissances occidentales et chrétiennes de diverses dénominations à qui coupera en premier, et avec le plus grand potentiel d’hégémonie, le ruban de la démolition du Soudan et de la sécession du Darfour. Tout cela malgré les démonstrations répétées de bonne volonté de Khartoum, qui réussit à convaincre les séparatistes – par-dessus tout férocement hostiles les uns aux autres et responsables de la plus grande partie des meurtres – à se réunir autour d’une table et à signer un accord de paix. L’accord est signé en 2005 par le principal des deux fronts adversaires, le MLS, de toute évidence moins soumis aux télécommandes occidentales, mais refusé par le MJE, lequel cependant se divise ensuite en trois tronçons, d’obédiences étrangères diverses et de nature fort similaire à celle de l’UCK de mémoire kosovare. Fin 2006, le Soudan accepte même une force d’interposition de l’Union africaine (UA), à laquelle cependant l’Occident refuse les fonds et moyens nécessaires pour conduire à bon port une opération de efficace de contrôle et de pacification, tout en insistant –surtout à Berlin, Washington et Tel Aviv – pour une force de l’ONU beaucoup plus robuste, que jusqu’à début 2007 le Soudan repousse comme une violation de sa souveraineté. Voici qu’entre aussi en scène le Tribunal de La Haye, déjà disqualifié, et activé par les habituelles sollicitations, avec l’inculpation des deux premiers « criminels de guerre », qui appartiennent évidemment à la partie gouvernementale. Comme si les tribunaux fantoches qui ont jugé et fait mourir Slobodan Milosevic, ou Saddam Hussein, ne leur avaient rien enseigné, on va alors voir les politiciens et journalistes « de gauche » entre dans la danse - en particulier les catholiques de “Lettera 22”, proches des Comboniens et auxquels le Manifesto a sous-traité une bonne partie de sa politique sur le Tiers Monde.


Les arrière-fonds géostratégiques, géoéconomqiues et géopolitiques, largement révélés par la guerre globale préventive et permanente, continuent à ne rien apprendre à ceux qui ne veulent rien apprendre. Arrivés à ce point, il ne manque plus qu’un pronunciamento en faveur de Khartoum de la part des sicaires impériaux Oussama ou Al Zawahiri. Dommage que les formules d’usage cette fois-ci se retrouvent minées par l’ intempérance de la soldatesque onusienne. C’est même le Daily Telegraph de Londres qui doit dénoncer les viols et les meurtres de garçons et de filles dans le Darfour. Pas par les Janjawid, mais bien par les Casques bleus, police militaire et personnel civil de l’UNMIS (Mission de l’ Onu au Soudan). Comme en Bosnie, comme au Kosovo, comme en Afghanistan, comme à Haïti. Ce qui n’empêche pas le nouveau secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui s’est fait remarquer, à peine entré en fonction, pour n’avoir rien eu à redire sur la pendaison scélérate de Saddam, de proclamer : « La crise au Darfour est au premier plan de mon agenda ». Kofi Annan, héros de l’autonomie de l’ ONU, avait dit la même chose quand il voulut faciliter le démembrement de la Somalie, de la Yougoslavie et de l’Afghanistan. Qui sait pourquoi personne n’achemine de secours aux populations opprimées et discriminées de Ponte di Legno et de la Val Brembana, pour leur sacro-saint droit à la sécession ? Qu’ont donc les rebelles du Darfour que n’ont pas les disciples de Calderoli? [Ponte di Legno, dans la province de Brescia et la Val Brembana, dans la province de Bergamo, sont des hauts lieux de la Ligue du Nord –ou Ligue lombarde – qui milite pour la sécession de toute la partie de l’Italie située au nord du fleuve Pô et rebaptisée « Padania ». Roberto Calderoli, « il dentista », est le coordinateur de cette Ligue et a été ministre dans le dernier gouvernement Berlusconi, NdT]




Original : Mondocane fuorilinea


Traduit de l’italien par Fausto Giudice, membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est en Copyleft pour tout usage non-commercial : elle est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner sources et auteurs.
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Jeudi 22 Mars 2007

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