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UNE AGENCE DE PUB ISRAELIENNE AU SERVICE D'UN TRIBUN ANTISEMITE ?


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par Michael Shafir


Une agence de communication israélienne veut prendre en charge la campagne des législatives et des présidentielles du parti ultra-nationaliste et antisémite « Grande Roumanie » et de son leader Corneliu Vadim Tudor. L’analyste Michael Shafir attire l’attention sur le danger que représente cette légitimité paradoxale dans les mains d’un tel tribun


Vendredi 17 Juin 2005

Une information de l’agence Mediafax, datée du 26 décembre 2003, nous faisait savoir qu’en dépit des efforts du ministère des Affaires étrangères israélien, l’homme d’affaires Eyal Arad, spécialiste des campagnes électorales, refuse d’interrompre sa collaboration avec le Parti de la « Grande Roumanie » (PRM- Partidul Romania Mare) et son dirigeant, Corneliu Vadim Tudor. Il semble que l’agence Arad Communications, dirigée par Monsieur Arad, veuille prendre en charge la campagne pour les législatives du PRM et la campagne pour les présidentielles de son leader. La source de cette information était l’édition Internet du jour même, en anglais, du quotidien israélien Ha’aretz. J’ai vérifié l’exactitude de l’information reprise par l’agence roumaine. Ma prévoyance n’a rien changé au fait relaté. Les informations étaient concordantes et on ne peut plus précises, du moins aussi précises que puisse l’être le quotidien israélien, réputé (malgré les affirmations contraires émises par le président Iliescu, il y a quelques mois) pour sa haute tenue journalistique. Entre temps Monsieur Arad s’est rendu à Brad (centre de la Roumanie, NDLR) et, d’après le quotidien Ziua, il y a rencontré le 7 janvier Vadim Tudor, dans une de ses villas, pour discuter affaires. Bram Stocker en savait quelque chose lorsqu’il a choisi pour domicile de Dracula le château de la petite ville du département de Brasov.

Eyal Arad a donc fait la sourde oreille aux arguments de son propre ministère des Affaires étrangères, représenté (selon Mediafax) par l’adjoint du directeur général, David Peled et qui lui a rappelé ce qui saute aux yeux de tout Roumain : Corneliu Vadim Tudor est un antisémite de longue date et il a besoin des services de l’agence israélienne pour se construire une légitimité, chose qui doit lui être refusée. Monsieur Peled aurait clairement dit à Monsieur Arad que ce parti et son Dirigeant (la majuscule m’appartient) [1] « devaient être boycottés ». En fait, Monsieur Peled ne lui apprenait rien. Dès le premier jour où CVT (Corneliu Vadim Tudor) lui même a dévoilé l’existence d’un contact avec Monsieur Arad, d’innombrables lettres de protestation ont été envoyées à ce dernier, d’Israël, de Roumanie et d’autres pays. La première missive était signée par Marco Maximilian Katz, directeur de l’Observatoire de l’antisémitisme de Roumanie, ONG affiliée à la Ligue anti-diffamation. D’autres ont suivi, parmi lesquelles une lettre de la part du Directeur général de la Fédération des communautés juives de Roumanie, Alex Sivan. En Israël, Avraham Poraz, ministre de l’Intérieur et la députée travailliste Colette Avital (tous deux d’origine roumaine) ont publiquement protesté contre les intentions de Monsieur Arad. L’institut mémorial Yad Va’Shem et des personnalités juives de marque d’origine roumaine en ont fait de même.

Le soussigné y est allé aussi de sa modeste contribution par le biais d’un courriel, transmis par le docteur Leon Volovici. Tous deux avons mis à la disposition de Monsieur Arad des documents attestant de l’antisémitisme de CVT.

J’attends toujours une réponse à mon dernier message. Elle me parviendra peut-être une fois que Monsieur Arad et ses amis auront parcouru les quelques mille pages que m’a inspiré CVT au fil du temps, dont certaines rédigées bien avant 1989. Mais lire tout cela prend du temps, par conséquent je recevrai peut être une réponse en 2005. Pendant ce temps des négociations sont en cours à Bran (ou Butimanu). Le danger est réel. Monsieur Arad est un vrai spécialiste. De plus, il est passé maître dans l’art du changement d’image des ultranationalistes. Lors de sa dernière visite à Bucarest, Monsieur Binyamin Netanyahu, ancien Premier ministre et actuel ministre des Finances israélien, a déclaré que Monsieur Arad a travaillé d’abord pour lui et a ensuite prêté main forte à son rival au sein du Likoud, Ariel Sharon. Il l’a « transformé » en homme politique aux vues « raisonnables » et parfaitement « éligible ». Certes, il a reçu une aide non négligeable de la part de Yasser Arafat & Co, dont il n’a même pas eu besoin de rémunérer les services rendus à son client. J’ignore tout des murs que construira Corneliu Vadim Tudor, une fois élu président... Ils seront sûrement plus redoutables que les murs des anciennes prisons communistes, voire pire.

J’aimerai être aussi serein que mon confrère Radu Cosasu (voir son article dans Dilema N° 556, 28 novembre/4 décembre 2003) à l’égard de la soudaine attitude « sémitophile » affichée par CVT devant les ex- « sales juifs ». Je ne parlerai même pas du talent de son auteur. Cependant, le pardon est l’affaire de Paul Ricoeur, non la mienne. Il est clair que le CVT « sémitophile » est un produit « made in Israël ». La liberté de choisir est indiscutablement respectée dans ce pays-là. Néanmoins, je ne connais aucune prophétie biblique qui affirme que le peuple élu fera toujours non seulement des choix libres mais aussi de bons choix. Qu’arrivera-t-il si Arad vend sa marchandise chez nous aussi bien qu’il l’a fait en Israël ? Je suppose que ses futurs clients pourraient être Jean-Marie Le Pen et Jörg Haider. En fin de compte, la liberté de choisir comprend aussi le droit de choisir son client. Arad dit très clairement : « Je suis un entrepreneur privé et j’agirai comme je l’entends ». C’est la réponse qu’il a donnée aux avertissements reçus de la part du ministère des Affaires étrangères israélien. A présent, il discute avec le « justiciaire » de Bran (ou de Butimanu) [2] et lui apprend comment cacher son jeu. Aucun manuel de sciences politiques ne met le signe égal entre la démocratie (la liberté d’élire un candidat) et le libre échange (qui comprend le droit de choisir ses clients comme on l’entend). Cependant, dans une démocratie, dans le cadre de l’économie de marché existe encore le droit du consommateur. Consommateurs de tous les pays, réunissez-vous !

Sources


Vendredi 17 Juin 2005


Commentaires

1.Posté par marian le 13/10/2007 13:53 | Alerter
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c'est ne pais vrai que Vadim Tudor le president du''Partidul Romania Mare'' represent un danger et son partid PRM il n'y a pas un partite antisèmite.Je ne sais pais si Safir connais la situation du la Roumanie, mais C.Vadim Tudor c'est un personne très prèpare que voit le bien de son pays le bien du la Roumanie.Son partid est dangereux,oui, est dangereux pour les autres parti qu'on devalisè la Roumanie qu'on dèrober le peuple pour 18 ans ils derobent encore aujourd'hui.L'election en 2002 furent derobè du part de parti sociale democratè prèside de controversaire Ion Iliescu.Porquoi ne sont pas atteints les analiste aux choise de capitale importance dans notre pays comment la coruption. Merçi beaucoup et excuse-moi pour ma francaise

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