Analyse et décryptage

UN TIENS VAUT MIEUX QUE DEUX TU L’AURAS : ou l’inexistence politique des Noirs


Dans la même rubrique:
< >

Au lieu de poser la question en termes d’attente de ce que le Parti Socialiste ou Communiste va me proposer, vaut mieux se dire qu’est-ce que je fais pour que ces « chacals » viennent se prosterner ?


contact@stop-rallyedakar.com
Mardi 5 Décembre 2006

UN TIENS VAUT MIEUX QUE DEUX TU L’AURAS : ou l’inexistence politique des Noirs
Reçu de MBOA

Dans une tribune intitulée "Le 21 avril 2002 : l’escroquerie républicaine", je terminais mon propos par ces citations : Gobineau « Il n’est d’histoire que Blanche », Caillois « Il n’est d’ethnographie que blanche » auxquelles j’y accolai ma modeste remarque « Il n’est de politique en France que blanche ».
Les transactions préélectorales des prochaines élections présidentielles mettent à nu, une réalité que certains de nos concitoyens connaissent, mais qu’ils ne veulent visiblement pas combattre rappelant le titre démagogique du livre de Axelle Kabou sur l’Afrique.

Dans le contexte français, ceci donnerait avec cette cruelle vérité hélas « Et si les Noirs refusaient-ils l’engagement politique ? ». Le déficit de la présence des minorités Afro Caribéennes dans la politique en France en plus de tirer sa source sur un manque de poids économique, vient aussi de son absence, son manque de visibilité criard sur la scène politique. A défaut de peser économiquement, c’est comme si les concernés avaient délibérément fait le choix du voilage politique, préférant se greffer dans des pseudos partis qui ne les accueillent que pour attirer d’autres voix électorales, pourtant l’option de peser politiquement étant à mes yeux, une des voies, pour infléchir la tendance régnante qui voudrait que le Noir ne soit contraint qu’à subir le diktat de ceux qui occupent les feux des projecteurs, donc de spectateur éduqué.

Le constat nous le faisons depuis des décennies pour ne pas dire des lustres, l’incapacité, l’aboulie, le refus systématique des partis politiques en place de gauche, de droite, des extrêmes, de centre etc. de mettre au centre de leur préoccupation, la question du citoyen afro-caribbéen au cœur des débats, dans la problématique de celle de la représentation dans les institutions républicaines et l’autre non moins négligeable de la Négrophobie.

Les valeurs républicaines si chères à tous ces fabulistes, restent du domaine du factice dès lors qu’il est question de les rendre fonctionnelles pour ces populations dites minoritaires noires.
Si l’égalité s’applique chez ces populations, ce n’est qu’en termes de devoirs, d’obligations et non en droit. Preuve de cette inertie dans l’action et de ce manque de volonté est la création du concept de l’égalité des chances avec un ministre alibi pour ne pas dire de façade.
Là où devrait s’imposer l’égalité des droits, le concret; le hasard, l’hypothétique viennent vernir et tromper une fois de plus.
Les valeurs républicaines de ces affabulateurs, dont l’exclusion est le leitmotiv bien que ne voulant l’admettre, sont idéologiquement et fondamentalement Négrophobes, dans leur expression vis-à-vis des minorités noires, puisque les seuls à les brandir sont paradoxalement les mêmes qui empêchent leur application dans la réalité. Alors qu’elles gagneraient et auraient leur sens et leur signification profonds si ces "minorités" en parlaient à titre d’exemples concrets.

Les récentes pérégrinations de Christiane Taubira, réduite à « jouer sur le banc de touche » en attendant une éventuelle hypothétique sure victoire de Ségolène Royal, plus digne selon l’establishment de représenter les femmes de gauche, pendant que Marie-Georges Buffet et les Clémentine Autain ne se résignent pas à se lancer dans l’arène des élections, prouvent une fois de plus l’insignifiance du Noir dans la société française.
Héritera notre TAUBIRA d’un fauteuil de ministre dans le futur gouvernement de Royal, toujours est-il que ce poste, comme celui à son époque de Koffi Yamgnane et celui de Azzouz Beggag actuellement, même s’il s’en défend et nous le comprenons, sera un poste de consolation, de « chut ! Prenez ceci et taisez-vous »
Et comme disait Aimé CESAIRE, une foule qui ne sait pas faire foule. Chacun roule pour son Ego et pour son Ventre ; ceux d’en face l’ont compris et c’est pour cela qu’ils se contenteront de taire les velléités en lâchant quelques miettes vite récupérées.

Avec beaucoup de joie, certes un peu de maladresse dans la déclaration, mais l’important est dans le fond, j’ai accueilli la nouvelle de KEMI SEBA, qui disait se présenter aux élections municipales de la ville de Sarcelles.
D’aucuns diront un effet d’annonce, une provocation, mais je pense que ce n’est aussi que sur ce terrain que les choses changeront. Et vaut mieux une provocation, qu’une résignation rampante pour emprunter le qualificatif à Max Gallo. Il faut investir, envahir le champ politique, le seul qui rendrait audibles et visibles les problèmes auxquelles sont confrontés les minorités Noires.
Le manque de visibilité dans lequel sombrent les minorités noires est dû à leur absence tant sur le plan économique que politique. La frilosité, l’inertie dans lesquelles, les partis politiques de droite comme de gauche, ont baigné les minorités Noires, montrent davantage leurs limites et font tomber les masques.
Personne n’aurait osé insulter les Juifs dans ce pays et gagner les élections comme l’a fait Chirac par exemple ; personne ne peut mépriser d’autres minorités et être à l’aise comme le sont tous ceux qui s’en prennent aux Noirs, Finkielkraut et bien d’autres lugubres personnages ; tout ceci à cause d’une inexistence économique, mais surtout politique.
Alors, au lieu de se morfondre et à toujours attendre la matérialisation ou la réalisation des promesses qui ne seront jamais tenues, l’adage nous enseigne « qu’un tiens, vaut mieux que deux tu l’auras ». La légèreté, le manque de poids de la minorité Noire est sans commune mesure à se demander si elles en sont conscientes, ou alors elles en sont conscientes mais refusent d’agir. Dans tous les cas de figure, c’est affolant !

Au lieu d’attendre de répondre aux chants des sirènes, si elles veulent bien chanter, composons les nôtres et nous verrons que les autres viendront les écouter voire nous les demander en toute humilité. Tout citoyen de cette minorité se doit de réfléchir dans cette direction comme font les autres. Au lieu de poser la question en termes d’attente de ce que le Parti Socialiste ou Communiste va me proposer, vaut mieux se dire qu’est-ce que je fais pour que ces « chacals » viennent se prosterner ? La réponse est claire : il faut agir !
Créer des partis politiques qui répondent à mes exigences ! Investir le sillage politique pour que ma voix/voie soit entendue et suivie, pour que je pèse dans le choix et la discussion. Afin que les valeurs dont on nous chante à longueur de discours sur les plateaux deviennent fonctionnelles pour moi, bref pour que j’existe enfin.

Je terminerai mon propos par ces remarques qui s’imposent encore à moi « la nature a horreur du vide » et « on est jamais mieux servi que par soi même ». Nous avons laissé pendant longtemps des espaces inoccupés et ceux-ci ont été occupés par d’autres, qui nous disent ce qu’il faut faire, qui nous servent comme et quand ils veulent bien le faire ; il est temps d’aller à table se servir et non attendre qu’on nous serve, de décider de faire ou de ne pas faire.
Un seul mot : Investir les espaces politiques et autres! Ce n’est que par là que se gagnera le combat avec/contre l’oppresseur qui lui, l’a bien compris et fait tout pour dresser des obstacles.

MBOA

http://www.100langue2bois.com/




Mardi 5 Décembre 2006

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances

Publicité

Brèves



Commentaires