Propagande médiatique, politique, idéologique

UN FANATIQUE FRANCO-ISRAÉLIEN ASSASSINE UN CHAUFFEUR DE TAXI PALESTINIEN : « NOS » POLITICIENS SE TAISENT, TANDIS QUE DES OFFICINES SIONISTES ATTISENT LA HAINE



Jeudi 17 Mai 2007

La police israélienne a interpellé lundi, dans les rues de Tel-Aviv, un homme de 26 ans qui déambulait bizarrement. L’homme a aussitôt déclaré aux policiers qu’il venait de couper la gorge à « un Arabe », et les a conduits sur les lieux de son crime.

Là, dans son appartement, Julien S. a montré le cadavre de Tayssir Karaki, marié et père de 4 enfants, chauffeur de taxi à Jérusalem-Est, qu’il avait égorgé deux ou trois heures plus tôt au motif que « c’était un Arabe ». L’assassin a raconté qu’il était déterminé, depuis quelque temps, « à tuer au moins un Arabe ». C’est pourquoi, lundi matin, Julien S. s’est rendu à Jérusalem-Est, est monté à bord du taxi de Tayssir et, une fois arrivé à Tel-Aviv, a proposé à ce dernier de monter à l’appartement prendre un café. Quelques secondes après, il attaquait Tayssir avec un couteau, le blessant mortellement.

Les communiqués de la police, pour qui le crime a donc bien évidemment été motivé par la haine raciale, ont rapidement été relayées par les principaux médias. Ceux-ci ont fourni des détails additionnels sur l’assassin, indiquant qu’il s’agissait d’un immigré de France de fraîche date, dont une partie de la famille habite Netanya, ville jumelée avec Sarcelles (Val d’Oise). Depuis quelques mois, Julien S. serait devenu dévot, assortissant ses prières d’incantations au meurtre des Arabes. Son épouse l’a quitté récemment, et avait même alerté la police, à plusieurs reprises mais sans succès, sur la dangerosité manifeste de son ex-compagnon.

Les représentants politiques de la minorité palestinienne israélienne ont constaté, avec colère, que la folie criminelle de Julien S. intervenait dans un climat généralisé de haine raciale, comme l’atteste la présence, au sein même du gouvernement israélien, du ministre Avigdor Liebermann qui prône ouvertement l’expulsion d’un million de Palestiniens. Le maire (religieux) de Jérusalem, Uri Lupoliansky, va lui-même au-delà de paroles convenues pour condamner le crime, et demande à l’ Etat de reconnaître à Tayssir Karaki le statut légal de Victime d’Actes Terroristes, réservé jusqu’à une date récente aux seuls Juifs.

Pourtant, ici en France, c’est un scenario bien différent qui est en train de se mettre en place.

Pas plus que le CRIF, les dirigeants des principaux partis politiques français, qui cherchent depuis des mois à émouvoir l’opinion sur le sort de Gilat Shalit en insistant sur la nationalité française de ce soldat israélien prisonnier de la résistance palestinienne, n’avaient eu le temps de trouver un petit mot, mercredi, pour condamner l’acte odieux de leur « compatriote » Julien S. Il est vrai qu’avec l’intronisation, comme candidat à la députation à Paris, du militaire israélien (pardon, franco-israélien) Arno Klarsfeld, la couleur (kaki) est annoncée.

Pendant ce temps, des officines sionistes s’emploient cyniquement à exploiter l’événement en agitant le spectre de « représailles arabes contre les Juifs en France », qu’elles appellent manifestement de leurs vœux.

« Les Juifs de France craignent des vengeances après l’assassinat d’un chauffeur de taxi arabe », écrit ainsi le journaliste Daniel Ben Simon, dans l’édition électronique du journal Haaretz.

Pour semer la panique, Ben Simon n’a eu qu’à tendre le micro à ce professionnel de la provocation qu’est le nommé Sammy Gozlan, du « Service de Protection de la Communauté Juive », toujours fidèle au poste quant il est question de désinformation.

Peu importe que les médias de masse, en France, n’aient apparemment (selon le survol de la presse française, forcément incomplet, que nous avons pu faire) même pas relaté l’assassinat et qu’en conséquence, le public français, arabe ou pas, n’a généralement pas eu connaissance des faits. Ben Simon, ainsi que des sites franco-israéliens se chargent « d’informer », mais à leur sauce. Ils n’hésitent pas non plus à publier le nom de famille de Julien S., prenant délibérément le risque d’exposer des membres de sa famille ou des homonymes vivant en France.

De tels procédés sont tout sauf anecdotiques : le mouvement sioniste compte en effet beaucoup sur la communauté juive française pour maintenir un courant d’immigration en Israël, comme l’avait bruyamment déclaré Ariel Sharon (« faites vos valises, et venez tout de suite »). L’argument de vente, développé jusqu’à la nausée, est que les Juifs seraient « en danger » en France, au milieu de « 6 millions d’arabo-musulmans ». Alors, si le sang de Tayssir Karaki pouvait servir leurs opérations, par le biais d’incidents par avance suggérés, pourquoi pas ?

Par CAPJPO-EuroPalestine


Jeudi 17 Mai 2007

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