Politique Nationale/Internationale

Turquie-USA/ Turkey-USA

L’image des Etats-Unis se dégrade encore et notamment en Turquie



Info-Turk N° 334
Lundi 19 Juin 2006



L’image des Etats-Unis s’est encore dégradée en 2006 dans le monde, selon une étude annuelle d’opinion réalisée dans 14 pays par le centre de recherches américain Pew, rendue publique mardi 13 juin à Washington.

La guerre en Irak et la présence des troupes américaines dans ce pays continue de "peser" sur l’image des Etats-Unis dans les pays musulmans, mais aussi dans des pays alliés de Washington comme le Japon, ainsi qu’en Europe, indique le centre.

La majorité des personnes interrogées dans 10 pays sur 14 estiment que la guerre en Irak a rendu le monde plus dangereux. Dans sept pays (France, Espagne, Russie, Turquie, Pakistan, Inde et Chine) l’opinion estime majoritairement que ce conflit constitue le principal danger pour la paix dans le monde.

L’Iran et ses ambitions nucléaires ne sont majoritairement considérés comme des menaces pour la paix que dans deux pays, l’Allemagne et les Etats-Unis, tandis que le conflit israélo-palestinien l’est dans huit pays (Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Russie, Indonésie, Egypte, Jordanie, Nigeria).

Dans l’étude, 39% des Français déclarent avoir une opinion favorable des Etats-Unis. Ils étaient 43% en 2005 et 60% en 2000.

En Allemagne, le taux tombe à 37% d’opinions favorables contre 41% en 2005 et 78% en 2000, et en Russie, à 43% contre 52% en 2005.

Le plus fort recul est enregistré en Espagne : 23% des personnes interrogées ont une image positive des Etats-Unis contre 41% en 2005 et 50% en 2000.

En Grande-Bretagne, l’image de Washington stagne, à 56% d’opinions favorables contre 55% en 2005, en fort recul par rapport à 2000 (83%).

En Asie, le désamour s’accentue aussi, sauf en Chine et au Pakistan.

En Indonésie, où la côte de Washington était remontée en 2005 après l’aide envoyée aux victimes du tsunami, le taux d’opinions favorables tombe à 30% contre 38% en 2005 et 75% en 2000. En Inde, il recule à 56% contre 71% en 2005.

En Turquie, pays voisin de l’Irak et allié des Etats-Unis au sein de l’Otan, l’étude ne recense plus que 12% d’opinions positives contre 23% en 2005, et 52% en 2000.

Mais au Pakistan, qui a reçu des aides massives des Etats-Unis après le tremblement de terre du 8 octobre 2005, 27% des sondés affichent une opinion favorable des Etats-Unis contre 23% en 2005 et en 2000. Une remontée est aussi perceptible en Chine (47% contre 42% en 2005).

Fait notable, le Pew souligne un clivage de générations en Allemagne et en France, où l’image des Etats-Unis s’améliore quelque peu chez les 18-34 ans, alors qu’elle baisse chez les plus de 35 ans.

Le Centre montre aussi que les sondés ont dans l’ensemble une moins mauvaise image des Américains que de leur pays, même si la tendance générale reste à la baisse par rapport à 2002, avant l’invasion de l’Irak.

Ainsi 65% des Français disent avoir une image favorable des Américains, ils sont 66% des Allemands, 69% des Britanniques, 57% des Russes, 82% des Japonais et 67% des Indiens.

Les Espagnols ne sont que 37% à avoir une bonne opinion des Américains, se situant au même niveau que les pays musulmans (38% en Jordanie, 36% en Indonésie, 36% en Egypte).

La cote de popularité de Bush, qui est tombée à un niveau record aux Etats-Unis, est en pleine glissade à l’étranger aussi. Seuls 3% des Turcs font confiance à George W. Bush, 7% des Jordaniens, 7% des Espagnols, 8% des Egyptiens, 15% des Français, 20% des Indonésiens et 32% des Japonais.

L’étude a été réalisée entre le 31 mars et le 14 avril auprès de près de 17.000 personnes en Grande-Bretagne, France, Allemagne, Espagne, Russie, Indonésie, Egypte, Pakistan, Jordanie, Turquie, Nigeria, Japon, Inde et Chine.

En Chine, 2.180 personnes ont été interrogées du 7 au 18 avril. Le Pew prévient que cet échantillon est "disproportionnellement urbain" par rapport à la population totale. (armenews.com, , 16 juin 2006)

La Turquie a invité Bush et Poutine à l'inauguration de l'oléoduc BTC

La Turquie a invité une cinquantaine de dirigeants dont les présidents américain et russe George W. Bush et Vladimir Poutine aux cérémonies d'inauguration le 13 juillet prochain du nouvel oléoduc BTC (Bakou-Tbilissi-Ceyhan), reliant l'Azerbaïdjan à la Turquie via la Géorgie.

Le Premier ministre britannique Tony Blair figure également sur la liste des invités, a précisé à l'AFP une source officielle turque sous couvert d'anonymat.

La liste des participants était encore inconnue à un mois de l'événement mais les présidents azéri et géorgien, Ilham Aliev et Mikhaïl Saakachvili, ont été les premiers à confirmer leur présence.

Le BTC, dont la construction lancée en 2000 a été soutenue par Washington, est destiné à transporter le pétrole de la Caspienne vers la Méditerranée et l'Occident en passant par la Géorgie, échappant ainsi au contrôle de la Russie et de l'Iran.

Cet oléoduc est la pièce maîtresse du "corridor énergétique est-ouest" auquel le Kazakhstan, lui aussi riche en hydrocarbures, devrait s'associer.

Un premier pétrolier rempli de brut issu de l'oléoduc a pris la mer le 4 juin depuis le terminal turc de Ceyhan (sud) à destination de l'Italie mais l'oléoduc nécessite encore des travaux supplémentaires pour être entièrement opérationnel.

Les invités de marque, dont de nombreux ministres de l'Energie et des affaires étrangères, seront invités à participer à un grand banquet le 12 juillet à Istanbul au palais Ciragan, ancienne demeure des sultans ottomans.

Le lendemain, ils seront conduits à bord de nombreux avions à Ceyhan, sur la Méditerranée, pour assister aux cérémonies. D'importantes mesures de sécurité seront prises pour cette occasion dans les deux villes.

Le BTC s'étend sur 1.767 km et est conçu pour transporter 50 millions de tonnes de pétrole par an.

British Petroleum (BP) est l'opérateur de ce projet d'un montant de 4 milliards de dollars (3,15 milliards d'euros) dont l'entreprise britannique détient 30% des parts. (AFP, 15 juin 2006)

La Turquie nie avoir participé aux transfèrements secrets américains

La Turquie a réfuté mercredi les accusations d'un rapport du Conseil de l'Europe épinglant quatorze pays européens, dont la Turquie, pour leur implication dans les transfèrements secrets de terroristes présumés par les Etats-Unis.

"Le gouvernement et l'Etat turcs n'ont jamais joué de rôle (dans cette affaire)... et ne le feront jamais", a assuré au cours d'une conférence de presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Namik Tan.

Le rapport, rédigé par le parlementaire suisse Dick Marty et rendu public la semaine dernière, avait évoqué l'existence au niveau mondial d'une "toile d'araignée" de bases secrètes utilisées par les autorités américaines dans le cadre du programme "Extraordinary rendition" -transfèrement de terroristes présumés vers des pays tiers ou centres de détention clandestins.

Le rapport place la Turquie -aux côtés de la Suède, de la Bosnie-Herzégovine, du Royaume-Uni, de l'Italie, de la Macédoine et de l'Allemagne- parmi les pays pouvant "être tenus pour responsables, à des degrés divers (...) de violations des droits des personnes".

La Turquie figure aussi dans une liste de pays pouvant "être tenus pour responsables de collusion -active ou passive", affirme le rapport. Elle aurait en effet mis à disposition une "plateforme" pour les vols liés à des transferts illégaux de détenus.

La Turquie a également été citée parmi les pays ayant joué un rôle dans le transfèrement de terroristes présumés dans un rapport d'Amnesty International publié mercredi. (AFP, 14 juin 2006)


Lundi 19 Juin 2006

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