Propagande médiatique, politique, idéologique

Trente paradoxes , Anatomie de l’opération « burqa »


Si tout ou presque – et souvent n’importe quoi – s’est dit et écrit depuis quelques mois sur le « voile intégral » (appelé aussi niqab ou plus improprement burqa) et sur les quelques centaines de femmes qui le portent en France, rien ou presque ne peut en être dit sérieusement en l’absence d’enquêtes sociologiques rigoureuses, fondées notamment sur des entretiens avec un nombre conséquent de ces femmes. Il suffit en revanche d’une heure de peine, de quelques observations, d’un peu de mémoire et d’un peu de réflexion pour entrevoir le caractère singulièrement paradoxal de la gigantesque campagne « anti -burqa ».


Pierre Tevanian
Mercredi 7 Juillet 2010

Trente paradoxes , Anatomie de l’opération « burqa »

Des paradoxes, en vérité, il y en a beaucoup. Nombre d’entre eux ont déjà été relevés par quelques observateurs et observatrices avisé-e-s [1], et comme le soulignait un ami lors d’un récent débat public, ces paradoxes sont pour l’essentiel les mêmes que ceux qui ont rythmé la précédente « guerre du voile » – celle qui ciblait le foulard des collégiennes et des lycéennes et qui avait abouti, le 15 mars 2004, à une loi d’interdiction renvoyant quelques centaines d’adolescentes dans les oubliettes du système scolaire, et quelques centaines d’autres à l’humiliation d’un dévoilement forcé [2]. Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut en répertorier quelques-uns.

Premier paradoxe

Parmi les plus zélés des partisans d’une interdiction du « voile intégral » figure la quasi-totalité des champions de la liberté d’expression, qui éditorialisaient et pétitionnaient bruyamment en octobre 2005, afin de manifester leur « soutien sans réserve » à Robert Redeker, auteur d’une tribune violemment islamophobe [3].

Il est paradoxal, plus précisément, que la célèbre formule voltairienne « Je désapprouve ce que vous dites mais je suis prêt à mourir pour que vous ayez le droit de le dire », répétée à l’envi et jusqu’à la nausée pour soutenir le droit de Robert Redeker d’insulter les musulmans [4] et d’inciter à la haine et à la discrimination [5], ou le droit de Charlie Hebdo à publier des caricatures tout aussi racistes [6], ait perdu tout à-propos face au hijab comme face au niqab. Il est paradoxal qu’aux femmes qui les portent, nos brillants voltairiens n’aient pas dit : « Je désapprouve votre voile et ce qu’il signifie (à mes yeux), mais je suis prêt à mourir pour que vous ayez le droit de le porter » – mais plutôt quelque chose de ce genre : « Je désapprouve votre voile et ce qu’il signifie, et je suis donc prêt à mourir pour que vous n’ayez pas le droit de le porter ».

Second paradoxe

Un argument implacable permet de dissiper ce premier paradoxe en écartant d’un revers de manche tout scrupule touchant à la liberté individuelle : le « voile intégral » est une atteinte « intégrale » à « la dignité de la femme », et sa prohibition s’impose justement pour libérer la femme. Ce voile est même comparé au symbole même de la non-liberté : dans nombre de réquisitoires, c’est une « prison ». Le paradoxe, c’est que, dès lors qu’une femme n’est pas prête à enlever ce voile [7], une loi qui lui interdit la traversée de « l’espace public », et lui impose par conséquent une radicale limitation de sa liberté de circulation, ressemble davantage à une prison qu’un vêtement intégralement couvrant.

Troisième paradoxe

L’argumentaire prohibitionniste repose sur le postulat que le voile « partiel » – et a fortiori le voile « intégral » – constitue(nt) une atteinte radicale et inacceptable à « la dignité de la femme » qui le porte, et pourtant ces voiles font, pour la majorité de ces femmes, l’objet d’un choix, lequel choix est par ailleurs – lorsqu’il ne se porte pas sur ces voiles – reconnu comme la manifestation par excellence de la dignité humaine.

Quatrième paradoxe

Le paradoxe précédent est généralement évacué d’un revers de manche par le rappel entendu ou agacé qu’il est connu et même banal que l’homme – ou la femme – se dévoie souvent dans la « servitude volontaire », mais un nouveau paradoxe apparaît aussitôt : si la servitude volontaire est un phénomène tellement commun, comment expliquer que seule la servitude volontaire des « voilées » fasse l’objet d’une réprobation absolue, et que nul-le ne s’indigne et ne songe à légiférer contre le masochisme et la soumission volontaire aux conjoint-e-s, aux ami-e-s, aux groupes de pair-e-s, à l’entreprise ou à l’organisation syndicale ou politique ?

Cinquième paradoxe

Cette « servitude volontaire », qui apparaît comme un entre-deux ou une combinaison complexe de liberté et de non-liberté, est présentée sous l’angle exclusif de la non-liberté quand les femmes voilées s’autorisent de leur « libre choix » pour revendiquer le droit à la parole publique et le bénéfice des conventions internationales protégeant la « liberté religieuse » [8], mais c’est au contraire sous l’angle tout aussi exclusif de la liberté que la même « servitude volontaire » est appréhendée lorsqu’est envisagée et justifiée la répression par la loi : pour être légitimement punies, les femmes voilées doivent être reconnues coupables, donc responsables, donc libres de leurs agissements [9].

Sixième paradoxe

Ce dernier paradoxe peut être énoncé plus simplement : la femme qui porte un voile « partiel » est déclarée partiellement atteinte dans sa dignité – et celle qui porte un « voile intégral » atteinte intégralement – mais on en conclut, en dépit de la logique la plus élémentaire, qu’elle doit malgré cela, ou plutôt en plus de cela – et même pire : à cause de cela – être stigmatisée, interpellée et sanctionnée.

Septième paradoxe

Cette logique innovante de la punition des victimes est elle même appliquée de manière paradoxale puisqu’elle s’impose face aux femmes (plus ou moins) voilées mais pas face aux autres femmes considérées comme atteintes dans leur dignité – comme l’a fait apparaître par l’absurde Jacques Rancière dans un texte parodique, en proposant ce que personne ne songe à proposer : qu’on inflige de substantielles amendes aux femmes indiscutablement atteintes dans leur dignité que sont les victimes de viol [10].

Huitième paradoxe

Le « voile intégral » fait en réalité l’objet d’une double lecture : il est tantôt le lieu de la plus radicale impuissance (une « prison »), tantôt l’instrument de la toute-puissance (une sorte d’ « anneau de Gygès » [11] assurant à la femme qui le porte le pouvoir quasi-divin de voir sans être vue). La « femme en burqa est en somme tantôt une pitoyable Captive, tantôt un terrifiant Big Brother, parfois dans un même discours.

Neuvième paradoxe

L’existence de cette double lecture ne fait naître aucun doute et aucun souci de relativisation chez les experts autoproclamés qui font respectivement de « la burqa » le lieu de l’impuissance absolue (une « prison ») ou l’instrument de la toute puissance (un « anneau de Gygès »).

Dixième paradoxe

Cette double lecture ne débouche pas davantage sur une vision nuancée, faisant de la « femme en burqa » un être hybride ou médian, partagé entre un enfermement douloureux et une invisibilité grisante voire excitante. Et pour cause : faire ainsi de la « femme en burqa » un être ambivalent, ni tout-puissant ni totalement impuissant, ce serait déjà lui restituer un peu de ce que tous cherchent à tout prix à lui retirer : son humanité.

Onzième paradoxe

Un autre argument est venu à l’occasion se greffer sur la trame principale de l’atteinte-à-la-dignité-des-femmes : voir le visage de son prochain serait une condition sine qua non de toute vie en société, parce qu’il est essentiel, pour entrer en relation avec autrui, de voir son sourire – mais cette centralité ontologique et anthropologique du sourire, théorisée conjointement par le député UMP Jean-François Copé et l’essayiste Élisabeth Badinter, n’avait au cours des siècles passés attiré l’attention d’aucun anthropologue et d’aucun législateur.

Douzième paradoxe

Si l’on résume ce qui précède, on nous dit d’une part qu’il faut à tout prix défendre la dignité de la femme et d’autre part qu’une femme commet un crime contre l’humanité lorsqu’elle soustrait à notre regard son visage et son sourire – alors qu’un des acquis de la réflexion féministe est la remise en cause du modèle de la femme-objet, qui se doit de s’offrir au regard de l’homme et d’être imperturbablement avenante et souriante.

Treizième paradoxe

C’est donc au nom de la dignité de la femme que l’on s’en prend aux femmes (plus ou moins) voilées, mais bizarrement, les plus en pointe dans ce combat « féministe » sont des hommes, et pas n’importe lesquels : André Gérin, Éric Raoult, Jean-François Copé, François Fillon, Éric Besson, Alain Finkielkraut, Éric Zemmour et quelques autres dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils ne se sont jamais illustrés dans un quelconque combat féministe, que ce soit avant ou après la chasse au voile, que ce soit contre l’inégalité salariale, la violence conjugale, le partage inégal des tâches ménagères, les remises en cause du droit à l’avortement ou la discrimination sexiste à l’embauche, dans l’emploi ou dans la représentation politique.



Quatorzième paradoxe

C’est, au cas où vous l’auriez oublié, au nom de l’égalité homme-femme, principe organisateur majeur de notre république, qu’une loi réprimant des femmes risque d’être votée par un parlement masculin à 80%, sous la présidence d’un homme, à l’initiative d’un gouvernement dirigé par un homme et monopolisé par des hommes, sur la recommandation d’une commission parlementaire dirigée par deux hommes.

Quinzième paradoxe

Le président de la république qui proclame qu’au nom de la dignité de la femme « la burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la république française » est une caricature de petite frappe machiste, qui prend plaisir à exhiber son ex-top model d’épouse comme un trophée, qui le justifie en expliquant que « les Français vont devoir s’y faire, il y a à l’Élysée un homme qui en a et qui s’en sert », et qui impose même à ladite épouse un fort dégradant strip-tease au cours d’une de ses allocutions officielles.



Seizième paradoxe

Les nombreuses militantes féministes qui, à défaut de les soutenir activement, acceptent ces chasses au voile [12], au motif que « le voile est malgré tout un signe d’oppression », ont elles aussi une posture paradoxale : d’un côté elles refusent toute alliance ou compagnonnage, fût-ce sur des causes communes (les salaires, les retraites, les discriminations racistes, les sans-papiers, la cause palestinienne, le mouvement anti-guerre…) avec un Tariq Ramadan ou une Ilham Moussaïd  [13], au motif que leur islamité leur paraît « problématique » d’un point de vue laïque et/ou féministe, mais cette hyperexigence et cette hypervigilance poussées jusqu’au procès d’intention disparaissent quand il s’agit de se positionner « contre le voile », fût-ce aux côtés d’acteurs politiques comme François Fillon, Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy ou Alain Finkielkraut, qu’elles identifient pourtant sans hésitation comme des ennemis politiques sur tous leurs autres fronts de lutte, aussi bien franco-français qu’internationaux – et en premier lieu sur tous leurs combats authentiquement féministes.

Dix-septième paradoxe

Parmi les rares femmes qui militent véritablement pour une interdiction de la burqa, on trouve Sihem Habchi et son association Ni Putes Ni Soumises, dont l’inféodation aux manœuvres électoralistes du PS puis de l’UMP ont fini par apparaître au grand jour et par dégoûter l’essentiel du mouvement féministe [14].

Dix-huitième paradoxe

Parmi les rares femmes qui montent en première ligne pour exiger l’interdiction du « voile intégral » se détachent également deux personnalités, l’une – Élisabeth Lévy [15] – ouvertement antiféministe, et l’autre – Élisabeth Badinter – plus ambivalente mais très largement considérée dans le champ féministe comme une adversaire, porteuse d’un antiféminisme insidieux (consistant notamment à nier l’étendue et la gravité des violences conjugales faites aux femmes [16]). Cette dernière est par ailleurs actionnaire de référence (à hauteur de 10%) et présidente du conseil de surveillance du groupe Publicis, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne diffuse pas dans ses affiches et ses spots publicitaires une image des femmes spécialement égalitaire et émancipée [17].

Dix-neuvième paradoxe

Le « voile partiel » et plus encore le « voile intégral » sont érigés en symboles et en instruments par excellence de « l’oppression des femmes », au mépris de ce que peuvent en dire les femmes qui choisissent de le porter, alors qu’aucun jugement aussi expéditif et décontextualisé n’a jamais été prononcé pour aucun autre vêtement féminin : malgré les nombreuses et intéressantes réflexions critiques initiées par des auteures féministes sur le « sexage » et l’enfermement des corps par les normes plastiques et vestimentaires [18], personne n’a jamais soutenu que le string, la minijupe, le rouge à lèvres ou le décolleté étaient par nature – et donc en toute occasion – des « signes d’oppression de la femme ». Tout le monde admet facilement que ces vêtements changent de signification suivant les contextes et les motivations pour lesquelles ils sont portés, qu’ils peuvent être des marqueurs sexués assignant les femmes à un rôle de simple objet, n’existant que par le regard et le désir masculins, mais qu’ils peuvent aussi être re-signifiés autrement par les femmes qui choisissent de les porter : plaisir de séduire, valorisation de soi, émancipation par rapport à une éducation puritaine, instrument de contre-pouvoir face aux hommes... Bizarrement, ce nécessaire détour par le contexte et la motivation de l’intéressée ne vaut pas pour le voile. Et personne en tout cas n’a jamais soutenu qu’il fallait « bannir de l’espace public » les fashion-victims (« victimes de la mode »), qui en se « sapant », en se maquillant ou en se décolletant « trop », « aliènent » leur subjectivité au « culte de la beauté ».

Vingtième paradoxe

Sihem Habchi justifie la répression des femmes voilées en les accusant de propager une vision rétrograde et malsaine de la femme et de son corps, fondée sur la honte : « Pourquoi aurais-je honte ? Je n’ai jamais compris ce que j’avais de honteux » a-t-elle déclaré devant la commission Gérin-Raoult en tombant théâtralement sa veste pour faire apparaître ses épaules nues. L’argument part du principe tout à fait juste qu’il est hautement contestable d’imposer des normes de pudeur plus exigeantes aux femmes qu’aux hommes, mais le paradoxe réside dans le fait que ni chez Sihem Habchi, ni parmi son auditoire de la commission Gérin-Raoult, ni dans l’ensemble du monde politique et médiatique, ni vraiment dans la société française, ce principe n’est appliqué à d’autres qu’aux musulman-e-s.



Pour preuve, Sihem Habchi n’est pas allée jusqu’à montrer ses seins à André Gérin et Éric Raoult – et on la comprend, personne à sa place n’aurait spécialement eu envie de le faire – et elle n’a jamais remis en cause la très occidentale mais très discutable dissymétrie qui veut qu’un homme peut sans grand dommage se promener ou se baigner torse nu, par exemple dans une piscine publique, alors qu’il en va tout autrement pour une femme.

Ce paradoxe avait déjà été soulevé implicitement par l’animateur Frédéric Taddéi face à une prohibitionniste anti-voile, Wassila Tamzali, qui n’avait trouvé à lui opposer que cette très tautologique réponse : « Oui, mais moi je couvre ma poitrine, mais je ne couvre pas mes cheveux. »

Vingt-et-unième paradoxe

Ce sont d’ailleurs souvent les mêmes qui stigmatisent la conception qu’ont les femmes (plus ou moins) voilées de la pudeur – en leur reprochant de faire peser sur l’ensemble des femmes la responsabilité de la concupiscence masculine et des formes violentes qu’elle peut prendre – et qui mènent simultanément une hallucinante croisade puritaine contre les lycéennes qui portent un string apparent, en accusant ces dernières d’être… responsables de la concupiscence masculine et des formes violentes qu’elle peut prendre ! Ainsi, le ministre Xavier Darcos déclarait en 2003, dans une même émission, d’une part qu’il était légitime d’exclure des élèves portant un foulard, et d’autre part que les autres lycéennes devaient prendre garde de ne pas provoquer par leurs strings apparents « la convoitise de leurs condisciples masculins » [19]. Et plus explicitement encore, Ségolène Royal, qui s’était illustrée en 1999 en justifiant l’exclusion alors illégale de deux collégiennes voilées [20], s’en prenait elle aussi aux strings apparents en expliquant qu’il ne « fallait pas s’étonner qu’il y ait du harcèlement et des viols ».

Vingt-deuxième paradoxe

Bizarrement, les seules qui pourraient de manière apparemment cohérente s’en prendre au voile « partiel » ou « intégral » au motif que leur port obéit à une conception inégalitaire de la pudeur masculine et féminine, ne le font pas. Il s’agit d’un groupe féministe dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne bénéficie pas du même engouement médiatique et politique que les Ni Putes Ni Soumises : Les TumulTueuses. Ces dernières auraient en effet pu stigmatiser le(s) voile(s) de manière apparemment conséquente dans la mesure où elles n’oublient pas de dénoncer la dissymétrie tout à fait occidentale et républicaine qui existe entre la tranquillité de l’homme topless et l’intranquillité de la femme topless – faite de réprobation, de fascination, d’érotisation, de sarcasme et de harcèlement, voire de tout cela en même temps [21]. Mais justement – et ce paradoxe-là n’est qu’apparent – les TumulTueuses font aussi partie des rares militant-e-s qui prennent fait et cause pour les femmes voilées, contre les prétentions émancipatrices de l’État pénal.



Leur logique est en fait d’une simplicité confondante, même si elle est rendue largement inaudible par l’amas de paradoxes qui forme l’actuel consensus : c’est aux femmes et à personne d’autre – et surtout pas l’État, et surtout pas cet État-là, profondément patriarcal – de disposer librement de leur corps, en cachant ce qu’elles ont envie de cacher et en montrant ce qu’elles ont envie de montrer, et en faisant elles-mêmes le choix de contester, transgresser ou respecter les normes de pudeur en vigueur dans leur environnement.

Vingt-troisième paradoxe

Si quelques militantes féministes interrogent ainsi l’inégalité de traitement entre hommes et femmes topless, il ne vient à l’idée de personne – et c’est heureux – de forcer Sihem Habchi à montrer ses seins, en lui demandant : « Pourquoi aurais-tu honte de (cette partie-là de) ton corps ? ». Il est admis de tou-te-s qu’il est absurde d’imposer par la loi la subversion d’une norme admise et respectée, et odieux de stigmatiser et réprimer les femmes qui demeurent attachées auxdites normes – du moins, répétons-le, cela apparaît-il absurde et odieux tant qu’il s’agit de normes « occidentales » [22] Le paradoxe, c’est que le caractère absurde et odieux de cette « émancipation à la schlague » se dissipe comme par magie dès que la norme visée est minoritaire et « non-occidentale ».

Vingt-quatrième paradoxe

Le voile, c’est entendu, porte atteinte à la-dignité-de-la-femme, et ce décret rarement étayé l’est malgré tout parfois, soit comme le fait Sihem Habchi en associant aux voiles la « honte de son corps », soit en invoquant leur inconfort physique : le crâne de la « partiellement voilée » est « comprimé », « engoncé » dans son voile et impitoyablement soumis à la chaleur estivale, tandis que le corps de la « voilée intégrale » est intégralement « enfermé » et « enténébré ». Le paradoxe, c’est d’une part qu’on ne juge pas nécessaire de demander confirmation de ce diagnostic auprès des principales intéressées, et d’autre part que cette admirable compassion pour l’inconfort vestimentaire des femmes disparaît comme par enchantement lorsqu’on croise une femme en jupe ou en talons hauts – bref : lorsque l’inconfort est « d’origine occidentale ».

Vingt-cinquième paradoxe

Le refus habchien de la « honte de son corps » disparaît tout aussi subrepticement face à la tyrannie de la minceur, qui étend pourtant son emprise sur un nombre bien plus élevé de femmes que l’injonction au voilement, et qui produit des hontes, des aliénations et des souffrances plus patentes. Là encore, personne – en tout cas dans la cohorte des chasseurs de voile – ne songe à pétitionner, auditionner, éditorialiser et légiférer pour éradiquer le mal par la force d’une loi de prohibition – et personne ne s’étonne que personne n’y songe. Ni le président ni un quelconque responsable politique ne déclame que « les régimes minceur ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la république française ». Nul ne songe à interdire les coupe-faim ou les substitut-repas, et pas davantage les innombrables livres et « magazines féminins » qui diffusent à grande échelle et à haute intensité le culte de la minceur – et encore moins à infliger une sévère amende aux femmes surprises en leur possession.

Vingt-sixième paradoxe

Les ardents contempteurs de la « honte de son corps » véhiculée par « la burqa » sont tout aussi aveugles ou amnésiques face aux ravages psychiques et parfois physiques, là encore plus patents et sans doute plus massifs, que peuvent causer la tyrannie des gros seins et le cortège de prothèses siliconées qui en découle. Aucun responsable politique ne déclame que « le silicone n’est pas le bienvenu sur le territoire de la république française », aucune responsable associative ne décrète hors-la-loi la honte de ses petits seins, et nul ne songe à pétitionner et légiférer pour illégaliser (ou même simplement réglementer) ce juteux marché – et encore moins pour verbaliser les femmes prises en flagrant délit de siliconage.

Vingt-septième paradoxe

Nos ardents contempteurs de la « honte de son corps » sont tout aussi aveugles ou amnésiques face aux ravages psychiques et parfois physiques, plus patents et plus massifs, une fois de plus, que peuvent causer la tyrannie de la jeunesse et le cortège de liftings et de crèmes anti-rides qui l’accompagne. Nul ne songe à pétitionner et légiférer pour illégaliser ou réglementer ce juteux marché – et encore moins pour verbaliser les femmes prises en flagrant délit de lifting. Aucune responsable associative ne songe à dénoncer l’inégalité flagrante entre les « hommes mûrs », dont les rides et les tempes grisonantes font tout le « charme », et les « femmes âgées », aimablement qualifiées de « vieilles peaux ». Nul-le ne diabolise en tout cas la honte de son âge, et aucun responsable politique ne déclame que « le Botox n’est pas le bienvenu sur le territoire de la république française » .

Vingt-huitième paradoxe

Nos ardents contempteurs de la « honte de son corps » sont tout aussi aveugles ou amnésiques face aux ravages psychiques et physiques plus patents et plus massifs que peut causer, plus largement, la tyrannie de la beauté – et l’industrie de la chirurgie esthétique qui la promeut. Nul ne songe à pétitionner et légiférer pour illégaliser ou réglementer ce juteux marché – et encore moins pour verbaliser les femmes surprises avec des bandelettes suspectes sur le nez. Nul-le ne fait remarquer non plus que les canons esthétiques sont beaucoup plus stricts pour les femmes que pour les hommes.

Vingt-neuvième paradoxe

Nos ardents contempteurs de la « honte de son corps » sont enfin tout aussi aveugles ou amnésiques face aux ravages psychiques et parfois physiques, toujours plus patents et plus massifs, que peuvent causer la tyrannie de la blancheur et le cortège de crèmes éclaircissantes qui l’accompagne. Nul ne songe à pétitionner et légiférer pour illégaliser ou réglementer ce juteux marché – et encore moins pour verbaliser les femmes prises en flagrant délit de blanchissement. Aucune responsable associative ne décrète hors-la-loi la honte de sa couleur, et aucun responsable politique ne déclame que « le blanchissement n’est pas le bienvenu sur le territoire de la république française » .

Et pour cause ! De même que les jupes, les talons hauts, les régimes minceur et les gros seins sont non seulement autorisés mais plus profondément bienvenus sur le territoire de notre république sexiste, et même imposés par le Gotha médiatique et politique pour accéder au rang de femme digne de considération, de même ce « Niqab légitime » qu’est le masque de blancheur est fondamentalement bienvenu sur le territoire de notre république raciste, et même imposé par le même Gotha pour accéder au rang de black beauty ou de beurette digne de considération  [23].

Du moins faut-il se soumettre, si l’on veut éviter la chimie, à un blanchissement spirituel, culturel, idéologique, condition sine qua non d’une « bonne intégration » au corps politique et médiatique dominant : il faut, comme le militant UMP Amine Benalia-Brouch (le souriant souffre-douleur de Brice Hortefeux et Jean-François Copé), faire savoir qu’on « boit de la bière et mange du cochon », ou comme Fadela Amara confier à heure de grande écoute que son plat préféré est le petit salé aux lentilles – ou bien, comme Rachida Dati, s’habiller chez les plus grands couturiers de la « tradition française » (Dior, Chanel, etc). Il faut enfin, par dessus tout, clamer sur toutes les ondes son « amour de la France », de ses « Lumières » et de son rôle de « Phare » pour le reste du monde. Il faut, comme Sihem Habchi devant la commission Gérin-Raoult, affirmer que la France est « le seul pays qui pourra apporter la lumière sur le problème de la burqa » [24]

Au niqab hideux, ostensible et inacceptable ne s’oppose donc pas seulement la beauté naturelle et décomplexée du visage découvert mais également un niqab seyant, bienséant et tout ce qu’il y a de plus légitime : la face blanchie – de la même manière qu’au hijab (à peine moins) hideux, ostensible et inacceptable s’opposent non seulement la tête nue et les cheveux au vent mais aussi un hijab seyant, bienséant et légitime : celui qui recouvre les cheveux non pas d’un morceau de tissu mais d’un vigoureux défrisage, d’un magnifique brushing et pourquoi pas d’une bonne couche de blond platine.



Trentième paradoxe

Si l’on résume les vingt-neuf paradoxes précédents, ce ne sont ni la servitude volontaire ni l’aliénation ni l’enfermement ni l’incommodité physique ni la honte de soi ni le masquage du visage ni la dissimulation des cheveux qui posent problème – puisque tout cela est parfaitement toléré, voire encouragé, lorsqu’on reste dans un cadre « blanc et occidental ». Ce qui pose problème est, justement, le caractère « non-blanc » et « non-occidental » du hijab ou du niqab. Comment dès lors ne pas conclure sur un mot que, très paradoxalement, nous n’avons pas encore prononcé, un gros mot paradoxalement absent dans le « débat » officiel sur « la burqa » ? Un mot tout aussi interdit que le voile. Un mot qui pourtant résume assez bien cet amas de paradoxes, ce lâchage tous azimuts dans le deux poids deux mesures et ce blanco-centrisme. Un mot qui est bel et bien le dernier mot de toute cette histoire : le mot racisme.
p class="signature">Pierre Tevanian, 6 juillet

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Notes

[1] Cf. notamment Collectif des Féministes Pour l’Égalité, « 577 députés et 367 burqas : où est le problème ? » ; Leila Belkacem, « Laïcité, avez vous-dit ? » et « Burqa quand tu nous tiens » ; Laurent Lévy, « Visage nu et citoyenneté ».

[2] Cf. Collectif Une École Pour Tou-te-s, « Éléments d’un futur livre noir ».

[3] Parmi les intellectuels médiatiques qui pont pétitionné dans Le Monde pour un soutien « sans réserve » à Robert Redeker, beaucoup ont été de véritables militants de la prohibition du voile, souvent depuis la première heure : Philippe Val, André Glucksmann, Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff, Elisabeth Badinter, Corinne Lepage, Catherine Kintzler et Elisabeth Roudinesco, notamment, ainsi que de nombreux signatures de l’autre pétition pro-Redeker, lancée sur Internet par Michel Onfray : Bernard Teper, Michèle Tribalat, Michèle Vianès, Anne Zelensky... Sur le caractère violemment raciste de cette tribune, cf. Pierre Tevanian, « Dix remarques sur un collègue ». Sur la mobilisation qui a suivi « l’affaire Redeker », cf. « Injures et menaces : pas en notre nom ! » et « La faute à Voltaire ? ».

[4] La tribune de Robert Redeker spécifiait bien que « tout musulman » était « éduqué » par un livre « habité » par « la haine et la violence ». Et dans une tribune précédente, publiée en 2001, le même Redeker expliquait que « L’islam installe au plus intime de chaque musulman la paralysie de l’intelligence ».

[5] La tribune de Robert Redeker accusait « l’Islam » de vouloir conquérir toute l’Europe et appelait explicitement à la « légitime » défense, en s’opposant notamment à toute construction de mosquée.

[6] Sur le caractère raciste de plusieurs « caricatures de Mahomet » publiées par l’hebdomadaire, cf. Laurent Lévy, « Censure, droit au blasphème et islamophobie ».

[7] Et c’est bien ce qui est ressorti des quelques interviews de « femmes en burqa » diffusées à la télévision : elles n’enlèveront pas leur voile.

[8] On leur répond alors, incrédule, que leur choix n’en est pas un, et qu’il n’est que la soumission consentie ou intériorisée à une pression extérieure exercée par un environnement rétrograde, constitué de pères ou de grands frères tyranniques et barbus…

[9] On leur explique alors que ce n’est pas la République qui les exclut – de l’école ou de l’espace public – mais que ce sont elles-mêmes qui ont « choisi de s’exclure » en choisissant de ne pas enlever leur voile. Dans ses Réflexions sur la question juive, Sartre relève chez l’antisémite le même va-et-vient opportuniste entre un déterminisme absolu, niant toute possibilité pour l’individu d’échapper à son destin racial ou culturel, et une incrimination des Juifs qui présuppose leur pleine et entière responsabilité, et donc leur pleine et en entière liberté dans les méfaits qui leur sont imputés.

[10] Cf. Jacques Rancière, « Modeste proposition pour le bien des victimes », Libération, 12 janvier 2010

[11] Gygès est un personnage légendaire évoqué par le personnage de Glaucon dans La République de Platon : ayant reçu des Dieux un anneau lui assurant l’invisibilité, il ne résiste pas à la tentation de profiter de ladite invisibilité, garante d’impunité, pour s’introduire chez le roi, l’assassiner et profiter sexuellement de la reine. Cette légende sert, dans le cadre d’une controverse sur la Justice, à expliquer qu’aucun homme n’a par lui-même suffisamment de vertu pour résister à la tentation de faire le mal s’il est assuré qu’il ne sera pas vu, pas pris et pas sanctionné. La « femme en burqa » joue bel et bien un rôle analogue à celui de Gygès dans la fantasmagorie républicaine contemporaine : celui d’un être redoutable, doté d’une invisibilité menaçante pour la survie-même de la cité.

[12] En ne s’y opposant pas, et en refusant tout soutien aux femmes voilées.

[13] Sur la suspicion extravagante dont a fait l’objet Ilham Moussaïd, cf. aussi Karima Delli, Anne Souyris, Véronique Dubarry, Emmanuelle Cosse, Caroline Mécary, « Pour Ilham Moussaïd » et Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, « Cinq belles réponses à une vilaine question » .

[14] Cf. par exemple, Stéphanie Marteau et Pascale Tournier, « Ni putes ni soumises : un appareil idéologique d’État ».

[15] Directrice du « très conservateur » – c’est un euphémisme – site internet « Causeur ».

[16] Cf. sur ce point Magdalena Rosende, Céline Perrin, Patricia Roux et Lucienne Gillioz, « Sursaut antiféministe dans les salons parisiens », Nouvelles questions féministes, Volume 22, n°3, 2003.

[17] On doit par exemple à Publicis, en 2002, cette campagne pour les soutiens-gorge Barbara, où l’on voit une jeune femme dénudée dire : « Quand on me dit non j’enlève mon pull » ou « Mon banquier me préfère à découvert ». Ou encore, en 2003, cette publicité pour Irresistibol (du fabricant de soupe Maggi) avec le slogan : « A quoi rêvent les blondes ? Irresistibol, au moins 7 minutes d’intelligence par jour. »

[18] Cf. notamment Naomi Wolf, The Beauty Myth. How images of beauty are used against women, Harper Perennial, Reprint 2002. Sur la notion de « sexage », cf. Michèle Causse, Contre le sexage, Balland, Paris, 2000

[19] Cf. Pierre Tevanian, « Voile et string : même combat ? ».

[20] Cf. Pierre Tevanian, « de Creil à Flers. Anatomie d’un scandale ».

[21] Les TumulTueuses ont organisé à plusieurs reprises des « actions piscine » où elles s’autorisaient, armées de tracts explicatifs, à adopter la tenue topless en vigueur pour les nageurs masculins. Cf. par exemple le compte rendu de Nouvelobs.com.

[22] C’est ce que rappelle, là encore par l’absurde, une amusante nouvelle de politique-fiction signée Laurent Lévy : « La guerre à la plage de Saint Voyons ».

[23] Cf. notamment Hassina Mechaï, « Dati et Amara : icônes de la diversité ou archétypes de l’imaginaire colonial ? et Mona Chollet, « Des discriminations ? Où ça ? Fadela, Rama et Rachida : des beurettes pour les mâles de centre-ville ».

[24] Quant à celles qui auraient eu le mauvais goût d’avoir et de garder la peau très foncée, le blanchissement idéologique ne suffit pas : il leur faut aussi, comme Rama Yade, être exceptionnellement « jeune et jolie » – c’est-à-dire conforme aux canons en vigueur dans le monde merveilleux de la Fashion.

http://lmsi.net/spip.php?article1048 http://lmsi.net/spip.php?article1048



Mercredi 7 Juillet 2010


Commentaires

1.Posté par dik le 07/07/2010 19:47 | Alerter
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L'auteur a pu prouver le caractère raciste d'un tel projet de loi. J'ai horreur des femmes en nikab mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore.

2.Posté par abouobeid le 07/07/2010 23:10 | Alerter
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moi aussi j'ai horreur a vomir des gens qui se permettent de commenter des choses qui ne les regardent même pas et surtout quand on ne leur a rien demander et surtout pas demander de juger

une mode cette phrase
"J'ai horreur des femmes en nikab mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore."
on la retrouve souvent chez les soit disant WE ARE THE WORLD, PEACE AND LOVE
chasse le naturel mais il revient au galop

ca commence par j'ai horreur et a la fin sa se termine par tu ne devrais pas exister
ou encore
je te hais mais tu n'a pas a disparaitre
l'horreur la haine, tous le monde sais ou ca se termine
alors il faut arrêter avec cette hypocrisie contradictoire

et si je disais par exemple :
j'ai horreur d'une certaine communauté (très dangereuse et qui détient pratiquement tous les cerveaux des OCCIDENTAUX MENTAL ) mais je suis contre le fait qu'il faille la combattre ne dirait on pas que je suis anti qque chose
et que si je citai son nom, me supprimera t on mon message

pourtant ces femmes ont fait un choix sans aucune contraintes contrairement a certaines qui se pavanent comme des sapins de noël plus ou moin dégueulasse (attention je suis contre le fait qu'on les interdise) car on leur a fait croire que la réussite n'est qu'avec la beauté ou le sexe

à 12, 13 ans on a déjà des pouffiasses (modérateur: c'est pas plus dure que de dire 'J'AI HORREUR")
l'autre jour j'etai chez un médecin et une personne l'a appeler pour demander un contraceptif pour sa fille de 13 ans car elle était enceinte et le toubib ne pouvait prescrire ce contraceptif car la jeune pouf... (= HORREUR) fumait et après avoir raccrocher le médecin était en colère et a dit j'en ai marre de ces fumeuse de 12 ans qui font n'importe quoi
ALORS A VOTRE AVIS QUI MÉRITERAI L'ATTENTION DU PEUPLE?
LES TRENTE PARADOXES CITE DANS L'ARTICLE PLUS CELUI QUE JE VIENS DE CITER OU CELLE QUI PORTE LE NIQUAB

pourquoi ne pas dire:

LES FEMMES QUI PORTENT LE NIQUAB FONT CE QU'ELLES VEULENT ET JE M'EN FOUT ET JE SUIS CONTRE LE FAIT DE L'INTERDIRE


PS: sur certains trucs j'ai menti

3.Posté par dik le 08/07/2010 00:34 | Alerter
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contrairement a certaines qui se pavanent comme des sapins de noël plus ou moin dégueulasse (attention je suis contre le fait qu'on les interdise) aussi dégueulasses que les femmes au nikab : La provocation gratuite des unes et des autres. Mais valait-il la peine de discuter avec quelqu'un qui ment (s'il l'avoue lui-même) et arrogant de surcroît ?

4.Posté par djoumpape le 08/07/2010 01:17 | Alerter
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petite question a dik est tu musulman ?

5.Posté par abouobeid le 08/07/2010 16:52 | Alerter
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au moin quand je ment je le sais et je l'avoue et je ne fais pas semblent
je ne me la joue pas mec ou meuf cool alors qu'en vérité j'suis un mec ou une meuf raciste haineux(se) qui veut se faire passer pour le (la) défenseur de la veuve et l'orphelin et de la liberté qui en faite n'est que la liberté comme il la cocoit lui (elle) et non au sens général, la preuve est claire:

"J'ai HORREUR des femmes en nikab mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore."

CHASSE LE NATUREL MAIS IL REVIENT AU GALOP

la TOLÉRANCE,
LA LIBERTÉ DE DISCERNER, un discernement qui n'est pas influencé, qui n'est pas entaché par une éducation occidentale des droit de l'homme blanc qui est hostile a tout autre culture différente de la sienne, une hostilité qui est prête a tuer a faire la guerre ainsi cette culture des droit de l'homme blanc occidentale pourra subsister car elle est en train de disparaitre, disparaitre non a cause d'une guerre mais plutôt d'un choix légitime et volontaire d'une population qui a découvert la supercherie, découvert qu'ils se faisaient mener en bateau par des laveurs de cerveau
beaucoup se sont réveillés et après avoir rechercher ont trouver que le bonheur et les valeurs sûr étaient ailleurs.
et puis il y a les instruments en chair et en os, qui refusent au nom de ces laveurs de cerveau (volontairement ou involontairement) d'accepter que ces choix sont humains et volontaires et sains en disant:

ON ne peut pas aujourd'hui

ou encore dans un monde civiliser ON ne peut pas

ou bien dans une république (qu'elle est belle!!!) ON ne peut pas

et bien sur un etre pareil est une HORREUR mais ON ne peut mais c'est pas grave, quelle hypocrisie de la part de ce dernier!!!!

il y a des civilisations qui sont au bord de l'agonie et d'autre qui reprennent du poil de la bête

encore une fois lisons ce magnifique hypocriso-contradictoruso-specimeno-cervillo-deficiento:
"J'ai HORREUR des femmes en nikab mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore."

CHASSE LE NATUREL MAIS IL REVIENT AU GALOP

6.Posté par dik le 08/07/2010 20:24 | Alerter
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@abouobeid

Pour bien mettre les points sur les i, non pas pour vous qu'à Dieu ne plaise, mais pour ceux qui distinguent nettement la foi du charlatanisme et que je respecte, sachez que, et d'une, je suis musulman et pratiquant, et de deux, d'un pays où l'Islam est la religion de l'Etat, et de trois, on appelle "chouhates" (laides) les femmes au burka. Je vous imagine, vous, avec le crâne rasé et une longue barbe, vociférant contre tous ceux qui répugnent à être ou faire comme vous! Vos accoutrements n'ont absolument rien à voir avec la religion, surtout pas de l'Islam qui prône la tolérance, la paix et, surtout, pour ceux qui résident parmi les non musulmans, une minorité, de se fondre dans la société d'accueil, en gardant leurs convictions pour eux-mêmes, afin de ne pas susciter la "fitna" (dissension... révolte).


7.Posté par kouid well le 08/07/2010 21:29 | Alerter
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La burqa et le niqab sont une pratique tribale qui n'a rien à voir avec la religion islamique qui oblige la femme à avoir le visage dénudée et de ne pas mettre en relief ses rondeurs dont le but d allécher les paisibles passants qu'elle croise sur son chemin et l'Islam refuse d'en faire un simple objet sexuelle pour le repos du guerrier macho ,comme le sont aujourd'hui les femmes occidentales car la femme est avant tout un être humain ,un cerveau qui pense, la première école de l'enfant et surtout la compagne de l'homme et pas seulement un corps à peloter pour refoulés sexuels impénitents (lisez, par exemple, toute l'œuvre de Guy de Maupassant où la femme n'est qu'un objet de plaisir jetable une fois qu'on s'en sert ou selon le bon vouloir du mâle, elle ne sert qu'à assouvir les instincts de celui-ci :on use,on abuse puis on la jette au pire des sorts qui l'attend...)l

8.Posté par JEAN JACQUOT le 08/07/2010 21:31 | Alerter
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DIK@ SI LES SIONISTES CRIENT A L'ANTISEMITISME A LA VUE DU FILM DE MEL GIBSON, C' EST QU ILS OUBLIENT QUE LES JUIFS DE L'EPOQUE ONT CRUCIFIE UN DES LEURS : JESUS DE NAZARETH ROI DES JUIFS; LE CHRISTIANISME N' ETANT QUE LA RESULTANTE DE CE CRIME FRATRICIDE

9.Posté par abouobeid le 08/07/2010 22:18 | Alerter
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@dik
BHEN VOYONS T MUSULMAN MAIS UN VRAI MUSULMAN
D'UNE sais tu que son prophète avait une grosse barbe et en général les cheveux entre les épaules et les oreilles et pendant le haj et la omra il rasait sa tête
oh toi musulman pratiquant n'a tu pas lu ton livre " est ce d'Allah de son prophète ou de ses versets que vous vous moquez? ne vous excusez pas vous avez bien rejeter la foi après avoir cru"
donc pourquoi critiquer, qui est plus grave que de se moquer, ceux qui veulent ressembler en apparence a mohamed
si tu as a critiquer des musulmans alors critiques les eux et non la sounna qui est apparente sur eux oh toi mon frère en islam

de deux être pratiquant c'est pratiquer ce qui est ordonner dans le coran et la sunna
et si tu fais une recherche dans les ouvrages des musulmans tu verra qu'en te comportant de la sorte tu critique la sounna de ton prophète oh toi qui sais ce qu'il faut pratiquer

de trois:
un gars qui dit qu'il est musulmans pratiquant dit:
"on appelle "chouhates" (laides) les femmes au burka"
analysons quelle la source de son islam:
on remarquera qu'un certain denomé DIK utilise la troisième personne "ON" pour argumenter
bien,
qu'a cela n'tienne mais en tant que musulman on ne devrait pas se soucier des sarcasme ou coutumes de certaines région mais plutôt comme doit le savoir tout musulman pratiquant: le CORAN et la SOUNNA
exemple: aicha qu'allah l'agréée qu'a t elle dit elle?:
"qu'allah fasse misericorde aux femmes des anssars des que le verset du hijab est tombé elle l'on mis et on aurait dit des corbeaux de tranquilité et de seraineté" et j'en passe,les preuves qui montrent que les epouses du prophete le portait toutes le nikab
mais bon pour être musulman pratiquants et ne pas tomber dans le piège des occidentaux mentaux il faut apprendre sa religion et avant tous il faut se débarrasser des préjugés
dommage pour toi musulman pratiquant

je cite:
Vos accoutrements n'ont absolument rien à voir avec la religion, surtout pas de l'Islam qui prône la tolérance, la paix et, surtout, pour ceux qui résident parmi les non musulmans, une minorité, de se fondre dans la société d'accueil, en gardant leurs convictions pour eux-mêmes, afin de ne pas susciter la "fitna" (dissension... révolte).

ET LE VOILA QUI RECOMMENCE !!!!!
POURQUOI TANT DE HAINE?
ON REMARQUE QUE "DIK" NOUS A MENTI
REGARDEZ LA RESSEMBLANCE PRESQUE PARFAITE DE:
J'ai horreur des femmes en nikab mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore.
AVEC:
Je vous imagine, vous, avec le crâne rasé et une longue barbe, vociférant contre tous ceux qui répugnent à être ou faire comme vous! Vos accoutrements n'ont absolument rien à voir avec la religion
ET/
se fondre dans la société d'accueil
AU DEBUT IL DISAIT :
mais je trouve le projet de loi pour interdire le nikab plus horrible encore.
MAIS MAINTENANT IL NOUS MONTRE SON NATUREL A CHEVAL EN DISANT:
se fondre dans la société d'accueil
C'EST DIRE VOUS DEVEZ "DISPARAITRE, NE PAS EXISTER, NE PAS ETRE VISIBLE, SINON IL VA T'EXPULSER " LA PREUVE IL A UTILISER LE TERME PAYS D'ACEUILLE

LA IL DIT LA VERITE, IL SE LACHE IL N'EN PEUT PLUS, IL FAUT QU4IL EXPRIME SA HAINE
il est ou dik ton :"surtout pas de l'Islam qui prône la tolérance, la paix " c'est ce que je disais tout a l'heure "hypocriso-contradictoruso-specimeno-cervillo-deficiento"

ET OUI LES COUSINS ON LE CONNAI SE DISCOURT
ALLAH NOUS EN PARLE:
Ils souhaiteraient que vous soyez en difficulté. La haine certes s'est manifestée dans leurs bouches, mais ce que leurs poitrines cachent est encore plus énorme. Voilà que Nous vous exposons les signes. Si vous pouviez raisonner!

DIK SI TU ES MUSULMANS ARÊTE DE CRITIQUE LE NIKAB LA BARBE ET TOUS LES SIGNES RELIGIEUX DE "TA RELIGION" SI TU VOIS UN MAL DE LA PART DE MUSULMANS ALORS CRITIQUE LE MAL ET NON LE BIEN QU'IL Y A EN CE MOUSLIM SINON MOI AUSSI JE POURRAIS DIRE
" vous les vendus qui ont vendu leur religion pour se faire accueillir par les occidentaux mentaux (qui par le passe nous apporter que le bien n'est ce pas?) je pari que tu es bien raser et que tu met des habille moulants pour plair aux meufs, et qui pronnent un islam a la cool and the gang, vous avez tous vendu votre religion votre fierté votre honneur pour vous faire intégrer dans une communauté sans cerveau (bien sur a part quelques uns qui défendent la vérité parmi les musulmans et non musulmans) et cette communauté ne vous acceptera jamais et d'ailleurs elle ne vous a pas encore accepter.

mais non je "ne le dirait pas"!!!!

tu veut pas mettre la barbe
tu veu pas les femmes en nikab
très bien mais apprends a te contrôler et a rejeter ta haine et les préjugés car personne ne t'oblige a quoi que ce soit sauf allah bien sur vu que tu es mouslim

qu'allah nous guide

10.Posté par dik le 08/07/2010 23:11 | Alerter
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@abouobeid

"Du vent"!

11.Posté par abouobeid le 08/07/2010 23:17 | Alerter
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sans rancune mon cousin
salam alaikom

12.Posté par kt2 le 08/07/2010 23:48 | Alerter
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"aussi dégueulasses que les femmes au nikab"

dik ! wa la hawla wala qouata illa billah ... nous aurons des comptes à rendre cher monsieur qui a honte de ces soeurs au profit des koffars !

13.Posté par abouobeid le 09/07/2010 17:04 | Alerter
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@DIK

POUR TOI mon frere c'est conseil

http://www.alterinfo.net/Meme-la-Tour-Eiffel-ecarte-les-roseaux-alors-pourquoi-pas-les-socialos-_a48024.html#last_comment

14.Posté par vasionensis le 11/07/2010 17:36 | Alerter
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Merci de ne pas inciter Sihem Habchi à ne pas montrer ses seins, ni le reste j'espère : en matière d'atteinte à la pudeur, son air niais surmonté d'un bonnet phrygien de cotillon frappé d'une cocarde britannique (la cocarde républicaine a le bleu au centre) suffit à la démonstration.
Merci d'avoir relevé tout ce qui, dans une société conduite par l'avilissement marchand , aliène véritablement les femmes.
J'apporte ici un bémol : ce n'est pas le blanc qui est préconisé, même si vous relevez l'aliénation des femmes noires qui se font pâlir. L'idéal chromatique induit par la publicité est le 'bien bronzé' (ceux qui ont fait grief à Berlusconi de sa boutade sur Obama n'ont rien compris). Bien avant qu'il n'y ait en France une minorité significative de peaux sombres, l'Européenne avait été éduquées à rougir - si j'ose dire - de sa blancheur, et conviée au ratatinage cutané précoce, prix dérisoire d'un bronzage aussi artificiel que continuel.
Argument enfin contre les fanatiques du visage découvert : il y a quelques décennies, les rapports sociaux s'accommodaient fort bien du chapeau à voilette, dont les crétins soixante-huitards ont fait le symbole de la bourgeoisie qu'ils prétendaient honnir.
On considérait ce port comme la manifestation d'un désir de distance. Le respect, cela commence par la distance, et c'est du choix de chacun, contrairement à cette prétendue dignité stéréotypée qui est une offense à qui n'en partage pas les critères.


15.Posté par Pestifis le 29/09/2010 15:09 | Alerter
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Les femmes doivent être respectées et considérées en fonction de ce qu'elles ont dans l'âme et dans l'esprit... Dans ce débat sur la burqa, niqab etc, en prétendant vouloir libérer ces femmes "soumises", la moisissure pseudo-féministe, gauchiste et laïque n'ont fait que réduire "La Femme" à son accoutrement, à une chose matérielle.... C'est pathétique.
On est encore très loin de l'acquisition du respect de "La Femme" qu'elle soit en Niqab ou pas entant qu'être humain intelligent et indispensable à une société humaine...
De toute manière ce qui les emmerde avec l'acte de dissimuler son corps sous un tissu monochrome c'est que contrairement à l'effacement des Femmes sous des tonnes de maquillage, remodelage plastique et autre décadence (dont le résultat_selon LEUR raisonnement_ devrait être intimement identique), la burqa n'est pas rentable au marché...ça coûte pas très cher, on a pas besoin de payer 5 mille euros pour trafiquer son nez et sa poitrine, d'acheter des fringues à la Nouvelle Galerie ou du rouge à lèvres chez Séphora... Ça plait pas à l'Empire capitaliste libéral...mais en même temps c'est pas une grande perte pour eux, elle ne sont qu'un infime minorité... Débat à la con pour endormir les moutons en les enrageant, étrangement efficace!

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