FRANCE

Traité d’amitié Algérie-France


Pour la première fois depuis qu’il a engagé une campagne de dénonciation de l’ordre colonial et de ses crimes, le président de la République a conditionné la conclusion du traité d’amitié entre l’Algérie et la France à la reconnaissance par cette dernière du passé colonial.

Depuis son discours de campagne de Béchar, les choses ont l’avantage d’être claires. Le traité d’amitié dont la signature est - toujours - prévue avant fin 2005 est subordonné à un geste de Paris et sans doute de Jacques Chirac lui-même.


almas_31@msn.com
Mercredi 31 Août 2005

Par un curieux retournement, la loi française du 23 février 2005 qui glorifie la période coloniale - et qu’un proche de Dominique de Villepin a qualifiée «d’erreur colossale» - a rendu cette exigence - qui ne semblait pas jusque-là être une grande priorité des négociateurs algériens - incontournable du point de vue de Abdelaziz Bouteflika. On l’oublie un peu mais la fameuse déclaration de Sétif de l’ambassadeur français de la Verdière sur le caractère «inexcusable» des massacres du 8 mai 1945 est intervenue quelques jours après l’adoption de la loi française. Saluée comme un pas en avant, cette déclaration est apparue, après coup, comme une tentative de circonvenir les effets désastreux de cette loi alors que les deux pays étaient engagés dans une «dynamique de rapprochement sans précédent», selon la formule de Abdelaziz Bouteflika.

Si les propos de l’ambassadeur avaient été bien accueillis dans la presse, ils n’avaient, par contre, pas suscité des réactions officielles. Une absence de réaction qui avait également concerné la loi du 23 février 2005 que seuls les journaux avaient critiquée. Il aura fallu attendre début juin pour que les réactions des autorités algériennes et les appareils politiques se mettent à faire des critiques. Il semblerait que la désignation, en juin également, de Douste-Blazy, un des parrains de la loi en question, au poste de ministre des Affaires extérieures n’ait pas été étrangère à cette sortie de mutisme.

Très clairement, Abdelaziz Bouteflika qui ne veut pas se contenter de la déclaration de l’ambassadeur et son évocation, à Sétif, de Madagascar où Chirac était en visite le 21 juillet dernier, indiquait à demi-mot qu’il attendait un geste du chef de l’Etat français en personne. Un geste qui serait apparemment le seul moyen d’effacer l’outrage que constitue à ses yeux cette loi (une forme de «cécité mentale») et d’établir un traité d’amitié dans le «respect mutuel et dans l’intérêt des deux peuples».

Ce geste de Chirac - qui a exprimé lors de son passage à Madagascar une certaine forme de «repentance» à l’égard de la répression coloniale - devient un moyen de débloquer la situation autour d’un traité qui est toujours en négociation. Pour Bouteflika, qui nie l’existence d’une «animosité» entre l’Algérie et la France et souhaite une «paix et une quiétude sur un pied d’égalité», la demande de reconnaissance du passé colonial ne «relève pas de l’impossible». «Les uns et les autres doivent faire preuve de bonnes intentions».

La balle est donc du côté de Chirac qui, hier, à l’ouverture de la conférence des ambassadeurs français, a évoqué le traité d’amitié entre l’Algérie et la France qui, a-t-il, illustre l’ambition de faire de la Méditerranée «un ensemble économique et social plus cohérent, un ensemble dans lequel puisse s’approfondir notre dialogue politique et s’engager enfin le dialogue interculturel entre les différents mondes qui se partagent cet espace». Le cap est donc maintenu et tout semble indiquer qu’un «geste», il y aura... Reste à en connaître la consistance.



Mercredi 31 Août 2005


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