Société

Théorème de Pasolini : démonstration.


Dans la même rubrique:
< >

Dimanche 22 Septembre 2019 - 12:48 Le murmure du Démon


La primauté que Pasoloni donne dans Théorème à la classe ouvrière dans les moments des crises n’est pas sans évoquer que c’est cette classe-ci qui, éclaboussée plus que les autres, se débattra davantage et formera la chair à canon de toutes les idées charnières venues remplir le vide. Ce fut le cas avec le fascisme et le communisme, c’est le cas aussi aujourd’hui avec les extrémismes toutes bannières confondues.


Cide
Jeudi 11 Juillet 2019

Les grandes œuvres d’art ne vieillissent pas et, imperméables aux méfaits du temps, elle ne prennent pas une rude. Le grand film de Pasolini, Théorème, fait certainement partie de celles qui donnent matière à penser sur l’évolution de la société contemporaine.

Ce long métrage des années soixante est pourtant censé décrire l’influence néfaste du Capital sur la société italienne de l’époque. Mais plus qu’une description, c’est en réalité une prophétie que le grand artiste nous livre sans aménagement. Et, sur de son fait, il n’a pas hésité à lui attribuer le rang le plus important de toutes les propositions mathématiques : Théorème.

Ce qu’il est difficile de prévoir l’avenir, à fortiori si c’est celui de ces processus chaotiques que représentent les courants sociopolitiques propres aux mutations internes aux sociétés industrielles.

C’était sans compter avec le génie narratif d’un Pasoloni assez inspiré pour faire passer son message loin de tout parasitage malgré les multiples allégories charnelles qui, à y regarder de près, cachent toute une symbolique mystique plus que déroutante.

En fait l’intrus annoncé à l’arrivée dans la luxuriante demeure bourgeoise, et par télégraphe, une autre symbolique, ne peut être que ce capital fruit directe de la révolution industrielle. Sa légitimité dans la maison et l’attractivité qu’il exerce sur ses occupants en ont la preuve.

Puis, soudain, sans préavis, l’objet de toutes les convoitises disparaît sans laisser des traces. Commence alors pour Pasoloni l’analyse prophétique des sociétés post-industrielles, les nôtres en somme.
A commencer par la macabre fuite en arrière de la cheville ouvrière de la demeure, en la personne de la servante, qui désigne ici clairement la classe prolétaire. La Caméra se fixe enfin sur elle entrain d’emballer son désespoir et son amertume et la suit dans son long et périlleux périple de retour aux sources.

Son village d’origine, symbole des racines, de la pureté et de l’identité. Seulement, étrangement, elle ne s’y installe pas, restant à l’écart, animée par ses illusions mystico-religieuses autour desquelles elle finit par fédérer une petite communauté.

La mise en scène et les étendards noirs qui y flottent font penser clairement à l’État islamique, comme le voyage et le retour aux sources à celui de la radicalisation que nous connaissons de nos jours. L’apothéose sera le voyage entrepris avec une de ses disciples, choisie parmi les autres, afin de venir se suicider ensevelie dans un chantier en activité, autre symbolique de la société marchande de nos jours.

La primauté qu’il donne dans le filme à la classe ouvrière dans les moments des crises n’est pas sans évoquer les convictions communistes de Pasoloni qui a vécu la guerre mondiale, le fascisme et le communisme. Il sait bien de ce fait que c’est cette classe-ci qui, éclaboussée plus que les autres, se débattra davantage et formera la chair à canon de toutes les idées charnières venues remplir le vide. Ce fut le cas avec le fascisme et le communisme, c’est le cas aussi aujourd’hui avec les extrémismes toutes bannières confondues.

A suivre……..


Mercredi 10 Juillet 2019


Nouveau commentaire :

VIDEOS | Politique Nationale/Internationale | Propagande médiatique, politique, idéologique | Société | Histoire et repères | Conflits et guerres actuelles | Néolibéralisme et conséquences


Publicité

Brèves



Commentaires