Palestine occupée

Témoignages (15) : « Nous ne pouvions même pas enterrer notre fille »



Jeudi 19 Juin 2008

Le 11 juin, Hadeel Al-Sumairi (8 ans) a été tuée quand sa maison au sud-est de Gaza a été pilonnée par les forces d’occupation israéliennes (IOF). Une semaine auparavant, une autre fillette de 8 ans, Aya Hamdan Al-Najjar a aussi été tuée par une roquette tirée d’un hélicoptère israélien. Ces deux fillettes vivaient à quelques kilomètres l’une de l’autre, dans des villages situés dans le sud-est de Gaza près de la frontière avec Israël. Leur mort violente met en lumière les dangers auxquels les familles doivent continuellement faire face dès qu’elles vivent près de la frontière israélienne et le sinistre nombre croissant de morts d’enfants dans la Bande de Gaza. Soixante deux enfants ont été tués cette année par les forces d’occupation israéliennes : presque le double du nombre d’enfant tués par les forces israéliennes de toute l’année dernière*.

Le PCHR enquête toujours sur les circonstances de la mort de Hadeel Sumairi. Son oncle, Amin Suleiman Ahmad Al-Sumairi, a donné un témoignage oculaire au PCHR sur l’invasion de l’IOF du village d’Al-Qarara près de Khan Yunis, lieu où a été tuée Hadeel. « J’étais à la maison quand j’ai entendu une énorme explosion. J’ai couru hors de la maison et j’ai vu des flammes qui sortaient de la maison de mon frère, Abdul Karim » raconte-t-il. « En courant vers la maison, je pouvais sentir l’odeur de chair brulée ». Les IOF venaient juste de tirer deux obus de tanks sur le village Al-Qarara et les deux obus ont touché la maison où Abdul Karim Al-Sumairi et sa famille vivait. Sa fille Hadeel a été tuée sur le coup, son petit corps complètement pulvérisé.

Six jours plus tôt, le 5 juin, Zahra Ibrahim Al-Najjar était à la maison dans le village voisin de Khizaa avec sa jeune fille, Aya. « Ma fille il y a une semaine venait de terminer l’école et elle attendait ses amies qui devaient venir la rejoindre » raconte Zahra Al-Najjar. « Vers 14 heures, j’ai entendu les bruits de drones et d’hélicoptères israéliens. Je suis allée à la fenêtre pour voir ce qui se passait mais je n’ai vu personne dehors. J’ai pensé qu’Aya était dans notre immeuble ou avec un voisin. Puis il y a eu une forte explosion ».

L’hélicoptère venait de tirer une roquette qui, avec une grande précision, a touché la jeune Aya qui se tenait à 3 ou 4 mètres de sa maison. Zahra Al-Najjar qui a été touchée à la tête par un éclat de roquette ne savait pas que sa fille venait d’être tuée. Ce sont les voisins qui ont trouvé une petite main dehors au milieu des décombres. Après avoir rassemblé les autres parties du corps d’Aya qui étaient éparpillés sur plus de 150 mètres, ils ont eu la sinistre tache de dire à Zahra et à son mari que leur fille était morte.

Zahra et Hamdan Al-Najjar pensent qu’Aya a été délibérément visée par les forces d’occupation israéliennes en représailles pour la mort d’un civil israélien tué plus tôt dans la journée. L’Israélien avait été tué entre 11 et 12 heures du matin par un obus de mortier tiré de la Bande de Gaza et qui avait touché le kibboutz Nir Oz situé aux environs du sud-est de Gaza. « Les mortiers qui ont tué l’Israélien avaient été tirés au moins 2 heures avant le moment où Aya a été tuée » dit Hamdan Al-Najjar. « Mais ces mortiers n’avaient pas été tirés d’ici ; il n’y a pas eu de tirs dans notre village et il n’y avait personne dehors près de notre maison sauf notre fille. Elle n’était pas armée et elle n’a pas tiré de roquettes. Ils veulent se venger pour la mort de l’Israélien ».

Les parents d’autres enfants qui ont été tués par les forces d’occupation à Gaza cette année ont constamment allégué que leurs enfants avaient délibérément été visés par les IOF. Le 20 mai, Majde Ziyad Abu Oukal (12 ans) a été tué à Jabaliya (dans le nord de Gaza) par un missile tiré d’un drone, missile qui l’avait pulvérisé. Ses parents, Ziyad et Tahariya Abu Oukal, croient qu’il avait été délibérément visé afin de faire pression sur les parents pour que les tirs de roquettes sur Israël s’arrêtent.

Le ciblage délibéré de civils est illégal selon la loi internationale des droits humains et constitue une sérieuse violation des droits humains correspondant à un crime de guerre. Le PCHR enquête à fond sur ces allégations et publiera cet été ses résultats dans un rapport sur les tueries d’enfants commises par les forces d’occupation israéliennes dans la Bande de Gaza.

Conduire une voiture le long de la frontière Est de la Bande de Gaza est une expérience sinistre. Il y a de vastes étendues de terres désertes entre les villages tels qu’Al-Qarara et Khizaa et des centaines de maisons aux portes et fenêtres condamnées sont abandonnées. L’IOF fait de fréquentes incursions ici et les villageois palestiniens locaux craignant pour leurs vies et celles de leurs enfants, fuient.

« Les Israéliens peuvent tout voir de leurs avions » dit Hamdan Al-Najjar. « Ils pouvaient voir qu’Aya était seule dehors, et ils pouvaient voir qu’elle n’était qu’une petite fille. Quand nous avons finalement vu les restes de notre fille, il ne restait pratiquement rien. Nous n’avons même pas pu l’enterrer correctement car son corps avait été complètement détruit ». Tout ce qui reste aux parents d’Aya aujourd’hui est une petite photo granuleuse.

* 34 enfants ont été tués en 2007 par les forces d’occupation israéliennes dans la Bande de Gaza. (Source : PCHR)

Traduction : Ana Cléja

PCHR

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Commentaires

1.Posté par Ambre le 20/06/2008 08:09 | Alerter
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pourquoi naitre dans un lieu maudit, lâchés par les gardiens de l’univers qui devraient rester près de nous, nous aider à nous épanouir. Veiller sur nous et à devenir des adultes. Au lieu de ça, on se retrouve, brûlés par le feu lancé depuis le ciel, ou balancé depuis la terre par des assassins qu’aucune loi n’empêche de sévir, ou ne veut arrêter. Pourtant l’humanité se dit bonne, bienveillante, civilisée et juste pour les faibles. Où suis-je donc né ? Pourquoi suis-je déjà mort ?

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