Conflits et guerres actuelles

Téhéran toujours dans le collimateur de Washington


Nouvelles révélations des médias sur une attaque contre l’Iran :
Les révélations sur d’éventuels desseins d’agression de l’Iran par l’armée américaine se suivent inlassablement. Dernière en date, l’ébauche d’une attaque d’envergure. Les sceptiques, eux, pensent qu’un conflit avec l’Iran serait «encore plus désastreux que la situation actuelle en Irak»


Farid@evhr.net
Lundi 17 Avril 2006

Le Washington Post, dans son édition d’hier, fait état d’informations selon lesquelles la Maison-Blanche planifiait une opération militaire d’envergure contre la République iranienne avant même l’invasion de l’Irak en mars 2003. Le détroit d’Ormuz appelé «la carotide de l’Occident» pour sa valeur géostratégique était particulièrement ciblé dans ce plan de guerre.
Sous le nom de code évocateur de TIRANNT, «Theater Iran Near Term» (théâtre iranien à l’approche de son échéance), l’analyse détaille les forces en présence, en particulier l’arsenal de missiles de l’Iran et le plan pour neutraliser «les armes de destruction massive iraniennes».
Les préparatifs du plan TIRANNT avaient démarré en mai 2003, lorsque les services de renseignements américains à travers leurs agents sur le sol iranien rassemblèrent toutes les données et informations nécessaires à élaborer des scénarios de guerre. Tous les départements militaires américains avaient leur plan d’attaque. L’armée de l’air a préparé des schémas d’attaque contre la défense aérienne iranienne, alors que, du côté de la marine, on a étudié la défense côtière de l’Iran. Des scénarios pour contrôler le fameux détroit d’Ormuz, principale voie où transite le pétrole du Golfe, ont été également ébauchés. Mais le plan en question perdrait complètement sa valeur stratégique s’il était à nouveau d’actualité, pensent de nombreux spécialistes. L’ancien responsable de la lutte antiterroriste de la Maison-Blanche, Richard Clarke, met sérieusement en garde l’actuelle administration américaine contre une intervention militaire en terre d’Iran. «Nous aimerions croire que l’administration n’a pas l’intention de déclencher une autre guerre, parce qu’un conflit avec l’Iran pourrait être encore plus désastreux pour nos intérêts que la situation actuelle en Irak», clame-t-il. Un autre responsable américain est encore plus catégorique. L’ancien responsable du Conseil national de sécurité américain pense que «toute campagne de bombardements américains ne pourrait déboucher que sur un processus d’escalade». Pour lui, «l’Iran pourrait utiliser son réseau terroriste pour s’en prendre à des cibles américaines dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis même. L’Iran dispose de forces de loin supérieures à celles d’Al Qaïda». La possibilité des Iraniens à riposter et «attaquer les installations pétrolifères et les tankers du golfe Persique, comme ils l’avaient fait dans les années 1980» est évoquée. Une éventualité qui entraînerait une explosion des prix du pétrole avec ses conséquences attendues. Téhéran est capable, d’autre part, de «rendre la situation en Irak bien plus compliquée qu’elle ne l’est déjà». Le Sunday Times corrobore ces déclarations en annonçant que la République islamique a formé des dizaines de milliers de «kamikazes» parés à frapper des objectifs en Europe et aux Etats-Unis en cas d’attaque contre l’Iran.

Par Moumene Belghoul
La Tribune
Latribune-online.com


Lundi 17 Avril 2006

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