Géopolitique et stratégie

Téhéran simule-t-il sa puissance militaire ?


Les deuxièmes grands exercices militaires Great Prophet 2 (Grand Prophète 2) de 2006 viennent de prendre fin en Iran (les premiers ont eu lieu en avril). Pour la première fois, des missiles balistiques Shihab-3 y ont été testés. Plusieurs étapes des exercices se sont déroulées jusqu'au 12 novembre, dans 14 provinces iraniennes et dans le Golfe persique.


Ria novosti
Vendredi 17 Novembre 2006

Téhéran simule-t-il sa puissance militaire ?



On ignore quelle distance a été effectivement couverte par ce missile iranien mais des médias étrangers évoquent 2 000 km. Le Shihab-3 est une variante du missile nord-coréen Nodong-3, en mesure de porter une ogive de 1 t sur une distance de 1 300 km. La fusée nord-coréenne n'est qu'une réplique du vieux Scud soviétique qui a déjà donné tout ce qu'on pouvait obtenir de lui. Le Shihab-3 pourrait bien couvrir ces 2 000 km, mais sans ogive. Le ministre iranien de la Défense, Alim Shamkhani, a aussi affirmé que le missile fonctionne au carburant solide, mesure qui aurait permis d'augmenter sa portée et sa précision de tir. On ignore également comment on a réussi à faire fonctionner à la poudre ses propulseurs pourtant à carburant liquide. Car, du point de vue technique, c'est impossible, relève la Revue militaire indépendante (Russie).

Aux exercices Grand Prophète-2, plusieurs autres modèles d'armes ont été testés. En mer, les Iraniens ont essayé trois nouveaux types de missiles anti-bâtiment : Noor, Kowsar et Nasr, chacun d'une portée de plus de 170 km.

En septembre, on a également testé un système de missiles antiaériens de conception purement iranienne. Téhéran reste muet sur ses performances. On ignore tout sur le missile Saeqeh (Eclair), d'un rayon d'action de 250 km et tiré depuis une rampe mobile. Ses essais se sont déroulés en août.

Toujours en septembre, l'Iran a présenté un nouvel avion du même nom (Eclair), développé sur la base du chasseur américain F-5E Tiger II, qui avait été livré à l'Iran dans les années 1970. A en croire la chaîne de télévision publique iranienne, cette copie "maison" d'un avion depuis longtemps réformé dépasse, quant à ses performances, le tout récent chasseur américain F/A-18, car il est en mesure de porter non seulement des missiles guidés mais aussi des bombes d'aviation. Une bombe d'aviation à pointage automatique d'un poids de 2 000 livres a également été testée.

La présentation, en avril, d'une torpille à grande vitesse - prétendument indétectable - a été le signe précurseur de la "percée" iranienne en matière d'armements. Après que cette torpille, qui se déplace à 100 mètres/sec eut été montrée à la télévision, de nombreux experts y ont reconnu le Chkval soviétique. Sa distance de visée est de 7 km et il est peu probable que dans une guerre moderne les bâtiments ennemis la laissent s'approcher à une telle distance.

En URSS, le lac Issyk-Koul, en Kirghizie, servait de champ d'essai aux concepteurs de torpilles navales. Après la dislocation de l'Union soviétique les Kirghiz auraient pu en vendre à la Chine et celle-ci à l'Iran. Car Téhéran n'a pas les bases scientifique et technologique nécessaires à la conception en solo d'engins aussi complexes, assurent des experts militaires.

Enfin en août, un missile de croisière a été lancé, depuis un sous-marin iranien, lors d'exercices dans le Golfe. Des experts, reportages télévisés à l'appui, ont estimé sa portée à 1 km. Mais cela ne gène nullement Téhéran. Les autorités iraniennes affirment que l'industrie de défense nationale, en plein essor, construit, sans aucune aide étrangère, des chars, des véhicules blindés de transport, des avions de combat et d'entraînement, des missiles de différentes classes et qu'elle exporte des armements pour 100 millions de dollars tous les ans.

Fait curieux, les essais d'armes nouvelles coïncident dans le temps avec les négociations sur les questions militaires ou les réunions de l'Agence internationale de l'énergie atomique ou de l'ONU qui se penchent sur le "dossier nucléaire" iranien. Il s'agit là d'une nette démonstration de la disposition iranienne à défendre, même dans une lutte armée, son droit de posséder des technologies nucléaires. Tout compte fait, des avions obsolètes, de vieilles torpilles et des missiles à très court rayon d'action ne sont bons qu'à combattre des pétroliers sans armes. Car l'Iran avait déjà promis, en cas d'attaque armée contre lui, de fermer le détroit d'Ormuz et de ne laisser aucun pétrolier sortir du Golfe persique. Ce coup contre l'économie occidentale pourrait s'avérer bien plus sensible que la perte de toute une escadre !

Article rédigé par la rédaction Internet du site www.rian.ru sur la base des dépêches de l'agence RIA Novosti et à partir d'autres sources.


Vendredi 17 Novembre 2006


Commentaires

1.Posté par ALI14 le 23/12/2006 20:06 | Alerter
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