Politique Nationale/Internationale

Téhéran, le point de rencontre



La conférence de Téhéran sur l’Holocauste a donné lieu à une tempête dans les médias du monde entier. On pourrait se demander ce qu’il y avait là de particulier, dans la mesure où il y en a tellement, des commémorations, des musées et des festivals holocaustiques, qui attirent parfois jusqu’à des présidents et des premiers ministres ; qu’est ce qu’elle avait, cette conférence de Téhéran, pour attirer autant l’attention et les critiques, au point que la Maison Blanche, Frau Merkel, le Vatican et l’Union européenne ont tenu à consacrer une part de leur temps précieux à la condamnation de ce modeste rassemblement dans la lointaine capitale iranienne ?


Israel Adam Shamir
Jeudi 25 Janvier 2007

 Téhéran, le point de rencontre

Par Israel Adam Shamir

La différence, c’est que tous les autres rassemblements disaient amen à la version officielle fournie par les organisations juives, comme s’il s’agissait des Tables de la Loi données à Moïse sur le Sinaï. La version officielle de l’Holocauste va encore plus loin, d’ailleurs, que les Dix Commandements : on peut nier l’Immaculée Conception et la Résurrection du Christ, blasphémer sur le Prophète, mais si vous avez le moindre doute sur le fait que six millions de juifs aient été exécutés par les Allemands dans des chambres à gaz et ce dans le cadre d’un projet d’annihilation totale, vous pouvez vous retrouver en taule en Allemagne, en Autriche, en France, en Suisse et dans d’autres pays dits libres. La conférence de Téhéran est la première qui se soit penchée avec une optique critique sur les tristes événements de la Deuxième Guerre Mondiale.

Il n’est pas nécessaire d’être un fan de Hitler pour approuver la conférence. Ce qui vaut pour les uns vaut pour les autres. Les juifs n’hésitent pas à nier leurs atrocités. The Guardian a raconté comment ils ont tiré à boulets rouges sur



« Charles Enderlin correspondant respecté de la chaîne publique française, dont le cameraman palestinien avait filmé le petit Mohamed al-Dura tué dans les bras de son père qui essayait de le protéger au début de la deuxième Intifada. Enderlin accusait les troupes israéliennes d’avoir tiré et tué le garçon de 12 ans. Les défenseurs français d’Israël ont lancé une opération pour établir que le reportage était basé sur des images truquées. France 2 a répondu en les attaquant en justice, et le mois dernier, dans le premier des quatre procès personnels engagés, un tribunal français a tranché et déclaré coupable le site sui generis qui se posait en chien de garde d’Israël.

Une autre de leurs cibles, c’était la transmission à la télévision sur le massacre de la plage de Gaza, il y a quelques mois. On voyait une jeune fille palestinienne hurler en voyant les corps des membres de sa famille assassinés, par ce que les Palestiniens considèrent comme des tirs israéliens. Lorsque [Stewart Purvis, chef de rédaction de ITN] a mentionné l’impact de ces images lors de la conférence de la semaine dernière, certains dans le public ont crié : c’est un montage. Quelqu’un est allé le voir ensuite pour émettre l’hypothèse que la famille était morte quelque part ailleurs et que les corps avaient été amenés sur la plage pour être filmés. Où était donc, par exemple, le sang ? Il a précisé qu’il avait vu tout ce que le cameraman avait filmé et que certaines images étaient trop horribles pour être montrées ».



Plus important, toute personne attachée à la liberté d’expression devrait regretter que même des historiens importants ne soient pas libres d’exprimer leur point de vue sur la question de l’Holocauste. David Irving est en prison, et cette semaine Germar Rudolf a été amené menotté et les fers au pieds dans une salle d’audience allemande, après avoir été déporté des Etats-Unis, pour avoir publié son livre qui met en doute le dogme officiel de l’Holocauste. Un tel tabou demande à cor et à cri à être bafoué ! J’ai écrit longuement sur cette question en 2001, au moment où la première conférence prévue pour se tenir à Beyrouth a été annulée par les Libanais, soumis à une rude pression USaméricaine. Aujourd’hui comme alors, les révisionnistes avaient de grands espoirs que leur cause soit enfin entendue.

Mais cela ne s’est pas produit. Si les organisateurs de la conférence croyaient qu’ils parviendraient à briser le tabou et à atteindre des millions de gens, ils se trompaient. Les medias du monde entier ont eu beau sortir des milliers de notes autour de ladite conférence, les contenus ont été pratiquement identiques, et ne contenaient guère qu’une condamnation officielle locale ajoutée à la réaction juive prévisible. Pratiquement aucune des interventions ou apports du colloque n’a eu accès aux médias. Les participants à la conférence ont été dénigrés en tant que « racistes antisémites », malgré le fait qu’il y avait un certain nombre de juifs parmi eux, dont de vénérables rabbins à chapeaux noirs et longs manteaux, révoltés par la privatisation sioniste de la tragédie de la Deuxième Guerre mondiale.



En tout cas, la conférence aura servi à prouver que le dogme holocaustique est un article fondamental dans la vaste machine à laver les cerveaux, qui embrasse le monde entier à partir des médias, ce que Noam Chomski a décrit en termes de « fabrique du consensus au-delà des rêves les plus fous de Staline…. d’une discipline, d’une uniformité vraiment sidérantes ». Ce Syndicat des médias est l’ennemi des gens libres partout, et il mène une guerre inlassable contre l’Iran et contre les autres nations qui pensent en toute indépendance.

Juste un exemple : un journal canadien (propriété d’un israélite), le National Post, a prétendu que « dans une démarche qui est une reprise de l’ordre nazi qui obligeait les juifs à porter une étoile de David, le parlement iranien a fait passer une loi qui oblige les juifs à porter des badges de couleur codée ». C’était un mensonge grossier ; l’Iran est la patrie de 30 000 juifs qui s’y trouvent très bien, et n’ont nulle intention d’émigrer en Israël. Ils reçoivent des attentions préférentielles, et personne ne les oblige à porter un badge ni quoi que ce soit d’autre. The National Post a démenti le bobard quelques jours plus tard, avec ses excuses, mais le spot avait été repris ad nauseam dans des milliers de journaux et de blogs, tandis que le rectificatif n’a pas franchi les marges de la sixième page où il avait été publié.

Notre ami Gabriel Ash, mon concitoyen, a écrit sur Dissident Voice :



« L’Holocauste est l’arme la plus efficace dans les mains de ceux qui tiennent à fabriquer un « clash des civilisations ». La « leçon » de l’holocauste suffit pour justifier le bombardement par l’OTAN d’objectifs civils en Yougoslavie, l’occupation génocidaire des USA en Irak, le bombardement massif de Beyrouth par Israël, une éventuelle guerre nucléaire contre l’Iran, etc. « Lolo Coste », voilà l’idéologie par excellence de l’apartheid global. « Lolo Coste » agit comme une divinité fantasque et capricieuse, qui rejette toute comparaison dans un cas, et en accepte d’autres, justifiées ou non, quand ça l’arrange. C’est une divinité partisane, une déesse qui est là pour « nous » bénir toujours, et maudire « les autres », même si elle demande en même temps à être adorée par l’humanité tout entière et au nom de l’humanité toute entière. »



Jusque là, d’accord. Ash comprend bien que « dans pareilles circonstances, le déni d’holocauste puise ses racines dans le désir de dégommer « Lolo Coste ». Mais ensuite il ouvre un second front contre la conférence :



« La chose la plus charitable qu’on puisse dire sur les organisateurs de cette conférence pitoyable sur l’holocauste, c’est qu’ils sont idiots. Le message des faucons de Lolo Coste se retrouve simplement amplifié par des conneries comme la conférence iranienne. »



C’est là que nos chemins divergent. Les Iraniens avaient une bonne raison pour organiser la conférence. L’Holocauste est certes fort bien intégré dans le discours dominant comme justification des droits d’une minorité [riche et puissante] contre les besoins de la majorité [opprimée]. Mais son succès et son intégration mêmes montrent que la machinerie médiatique est parfaitement intégrée et concentrée entre des mains principalement juives. L’occupation de la Palestine par l’Etat des juifs est douloureuse, mais n’est pas plus néfaste que cette confiscation de la liberté d’expression.

Ces gens peuvent brandir leur machinerie létale aussi aisément que le Jedi brandit son épée. Ils comparent Ahmadinejad à Hitler, et interdisent de comparer l’Israël aux nazis ; ils vouent Vladimir Poutine aux gémonies et en font un assassin du KGB, sans même faire savoir que les tribunaux israéliens considèrent les assassinats comme légitimes, et ils font d’une tache sur la jupe de Monica Lewinsky quelque chose de plus grave que les fleuves de sang répandus par George Bush ; ils ont fait des universitaires américains respectables Walt et Mearsheimer des skinheads, et maintenant démolissent férocement James Baker pour son plan de désengagement. Ils peuvent faire absolument tout ce qu’ils veulent, ils sont presque omnipotents.

Notre ami James Petras a récemment publié un livre très fort sur Le Pouvoir israélien aux USA. Mais le pouvoir israélien est juste un reflet du véritable pouvoir juif en Occident, qui est basé, non pas sur les tanks israéliens, mais sur les « think-tanks » juifs ; non pas sur les bombes israéliennes, mais sur les actualités juives. Tant que l’emprise juive sur le discours n’est pas brisée, l’Occident continuera à envoyer ses enfants suivre le pipeau du flûtiste Hamelin dans les rues de Bagdad et sur les collines du Liban.

Les Iraniens sont arrivés à la conclusion qu’il est impossible d’arriver à un accord avec ce Syndicat mondial des médias juifs. Il n’y a pas moyen de faire la paix avec eux. Il faut se battre en amont, et attaquer les dogmes sacraux les plus profonds sur lesquels repose leur emprise. Si ce dogme s’effondre, c’est la mainmise juive sur le discours qui s’effondrera, et l’Etat juif disparaîtra comme l’URSS en son temps, a dit le président Ahmadinejad.

Cette comparaison requiert une exégèse : l’URSS reposait sur l’idée d’ « Un seul Etat », un Etat dans lequel des peuples divers cohabitaient en tant qu’égaux ; or l’Etat juif est essentiellement un concept impliquant « Deux Etats » : un Etat riche de juifs contrôlant l’Etat pauvre des autochtones. La dissolution de cet Etat créera le cadre pour « Un seul Etat », cela inversera la tendance qui s’est enclenchée avec la dissolution de l’Union Soviétique. Alors l’Iran, comme l’Orient tout entier, sera en sécurité, sans avoir à craindre les frappes nucléaires israéliennes et USAméricaines.

C’est la raison pour laquelle l’Iran a accueilli la conférence. Personne, j’entends bien personne, aucun des dirigeants anglais, français, USaméricains, allemands ou russes, ne se soucie vraiment des victimes d’une guerre qui appartient au passé, qu’il s’agisse des victimes juives ou des autres ; tout ce qu’ils font, c’est payer leur tribut à l’Holocauste comme les nations s’acquittent envers leur vainqueur. L’Iran a refusé de payer son tribut ; quand allez-vous donc, tous tant que vous êtes, suivre leur courageux exemple ?

visitez le site de Israel Adam Shamir


Jeudi 25 Janvier 2007

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