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Tanya Reinhart va terriblement nous manquer - We are going to miss Tanya Reinhart terribly badly


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Dimanche 18 Mars 2007

Chères amies, Chers amis,    (English translation below)

Nous sommes bouleversés d’apprendre la mort soudaine de notre amie Tanya Reinhart, hier à New York, d'un accident vasculaire cérébral. Les mots nous manquent tant nous sommes atterrés par la perte de notre amie, de cette grande dame, de cette militante infatigable contre la politique du gouvernement israélien, de cette femme chaleureuse qui n’a jamais cessé de dénoncer l’injustice et le mensonge, au travers de ses articles, de ses livres, et de ses actes.

Il nous est particulièrement difficile de parler de Tanya au passé. Tanya, qui nous avait fait le grand plaisir de venir inaugurer la librairie Résistances à Paris le 7 décembre dernier, en y donnant une conférence extraordinaire avec son compagnon, le grand poète Aharon Shabtai. Tanya, qui a été de tous les combats contre la colonisation et l’occupation de la Palestine, et qui a été l’une des analystes les plus lucides de la politique criminelle du gouvernement de son pays.

Tanya Reinhart aurait pu se contenter d’être une brillante linguiste et de parfaire sa carrière universitaire en Israël. Mais elle a fait le choix de dénoncer, de résister aux pressions. Dans sa tribune bi-mensuelle dans le quotidien israélien Yediot Ahoronot, comme dans ses livres, "Détruire la Palestine" et "L’héritage de Sharon", elle a brossé un tableau sans concession de la terrible situation créée par les dirigeants de son pays, avec une faculté d’anticipation rare.

"Détruire la Palestine" (Editions La Fabrique) est une description magistrale de l’ensemble des stratagèmes utilisés depuis toujours par les dirigeants israéliens pour ne pas s’engager dans un véritable processus de paix, et pour faire croire que la responsabilité en incombe aux Palestiniens. Tanya Reinhart décortique notamment les 7 ans que durèrent les "accords d’Oslo" et montre la distorsion entre ce qui fut présentée comme "l’offre généreuse" de Ehoud Barak, et la réalité. C’est à dire à la fois le resserrement de l’étau autour des Palestiniens dans le même temps (entre 1993 et 2000), et les "propositions" totalement inacceptables des Israéliens, car ne permettant aucune viabilité pour un Etat palestinien qui se serait retrouvé morcelé, sans continuité territoriale, et privé de Jérusalem Est.

Plus récemment, Tanya Reinhart fut la première à dénoncer la "poudre" aux yeux" que constituait l’annonce du "désengagement" de la Bande de Gaza par Sharon, auquel elle n’a jamais cru. "Derrière l’écran de fumée du ’retrait’ de Gaza se profile le transfert des Palestiniens", écrivait-elle, tandis que nos gouvernants saluaient le "grand homme de paix".

Tanya fut également l’une des rares opposantes israéliennes à soutenir le boycott des institutions de son pays, notamment universitaires. "Nous cesserons de redouter le boycott quand nous respecterons le droit international", répondait-elle non seulement à l’establishment israélien, mais aussi à cette "gauche" israélienne timorée, soi-disant pacifiste, qui accepte l’impunité dont jouissent l’Etat d’Israël et l’ensemble de ses institutions. Tanya Reinhart n’hésita pas à apporter son soutien à l’université Paris 6, lors du vote par son conseil d’administration, en 2003, de la suspension de ses relations privilégiées avec les universités israéliennes.

Lors de sa dernière conférence en France, le 7 décembre dernier à la librairie Résistances, elle dénonça violemment l’embargo imposé au peuple palestinien, expliquant que les pays européens, dont la France où nous nous trouvions, n’avaient pas le droit de couper ainsi les vivres aux Palestiniens. "Ce n’est pas un acte de générosité que l’Europe aurait la faculté de poursuivre ou pas, expliquait-elle. C’est un choix qui a été fait de se substituer aux obligations de l’occupant israélien auquel le droit international impose de veiller au bien-être des populations occupées. L’Europe a choisi de ne pas obliger Israël à respecter ses obligations, et a préféré verser de l’argent aux Palestiniens. En cessant de la faire, elle viole le droit international".

Fatiguée, Tanya s’était "excusée" de ne plus avoir la force de rester en Israël où, indiquait-elle, la répression physique contre les vrais opposants, était devenue de plus en plus brutale. Elle avait donc décidé d’aller enseigner aux Etats-Unis et venait de s’installer à New York.

Cette femme merveilleuse, que nous avions eu la joie d’accueillir lors de plusieurs de nos meetings et concerts, va terriblement nous manquer. Nous exprimons toute notre douleur et notre sympathie à son compagnon, Aharon Shabaï, un homme de grand coeur et de talent.

Une soirée en son honneur à la Librairie Résistances le mardi 27 mars

Nous vous invitons à venir lui rendre hommage mardi 27 mars à partir de 19 H à la Librairie Résistances, au 4 villa Compoint. 75017 Paris (à l'angle du 40 rue Guy Môquet. M° Guy Môquet ou Brochant). 

En présence de différents intervenants, nous évoquerons l'action de Tanya Reinhart, sa contribution essentielle à la compréhension de la situation au Proche-Orient et de ses conséquence pour l'humanité toute entière.

Nous aurons parmi nous un invité palestinien, le journaliste Ali Samoudi, correspondant d’Al Jazeera, de la télévision locale Palestine News Networks et de Reuters, qui parlera de la situation dans les camps de réfugiés, et parmi les prisonniers palestiniens et leurs familles.
Blessé très gravement par l'armée israélienne, il a échappé à la mort à trois reprises, et notamment pendant l'opération "Bouclier Défensif" des forces israéliennes d'occupation en 2002,  durant l'invasion de Jénine et la destruction du camp de réfugiés.
Ali Samoudi, de passage en france à l'invitation du MSRPP, nous permettra de souligner à quelle point le soutien à la réistance palestinienne, telle que la préconisait Tanya, est plus que jamais indispensable.

 
Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine
 
English text :
 
We are going to miss Tanya Reinhart terribly badly.
 
We were staggered to learn of the sudden death of our friend Tanya Reinhart, yesterday in New York (she had a stroke).  Words fail us because we are so stricken by the loss of our friend, of this great lady, of this indefatigable militant against the policy of the Israeli government towards the Palestinians, of this warm woman who never stopped denouncing injustice and lies, through her articles, her books, and her actions.

Ii is particularly difficult for us to speak of Tanya in the past tense.   Tanya, who gave us so much pleasure when she came to the opening of  the Résistances book-shop in Paris on 7th December last, when she gave an extraordinary address with her companion, the great poet Aharon Shabtai.   Tanya, who took part in all the battles against the colonisation and the occupation of Palestine, and who was one of the most lucid analysts of the criminal policy of her government.

Tanya Reinhart could have been content to be a brilliant linguist and to perfect her university career in Israel.   But she made the choice of denouncing and resisting pressures.   In her weekly column in the Israeli daily Yediot Ahoronot, as in her books, "Destroy Palestine" and "Sharon's heritage", she systematically painted a picture which made no concession to the terrible situation created by the rulers of her country, with a rare faculty for anticipating the future.
 
"Destroy Palestine" (in French "Détruire la Palestine" published by the Editions La Fabrique) is a masterly description of all the stratagems always used by the Israeli rulers to avoid engagement in a genuine peace process, and to make believe that this was the sole fault of the Palestinians.   Tanya Reinhart especially examined in detail the 7 years during which the "Olso agreement" lasted and showed the contrast between what was presented as being the "generous offer"  of Ehud Barak, and its reality.   This was to show how the vice was being closed around the Palestinians during the same period (between 1993 and 2000), and the totally inacceptable "proposals" put forward by the Israelis, since they allowed for no viable Palestinian state which would instead find itself in pockets, without territorial continuity, and deprived of East Jerusalem.
 
More recently, Tanya Reinhart was the first to denounce the "red herring" of the announcement by Sharon of the withdrawal from the Gaza Strip, in which she never believed.   "Behind the smokescreen of the 'withdrawal' from Gaza can be seen the transfer of the Palestinians", she wrote, while our rulers praised the "great man of peace".
 
Tanya was also one of the rare Israeli opposition personalities to support the boycott of her country's institutions, especially the Universities.   "We shall stop having to worry about the boycott when we respect international law", she replied not only to the Israeli establishment, but also to that timid, supposedly pacifist, Israeli "left-wing" which accepted the impunity from which the state of Israel and all its institutions benefitted.   Tanya Reinhart did not hesitate to give her support to the Paris 6 University, when its Administrative Council, in 2003, voted to surpend its special relations with Israeli Universities.
 
During her last lecture in France, on 7th December last at the Résistances book-shop, she violently denounced the embargo imposed on the Palestinian people, explaining that the European countries, including France in which we live, had no right to cut off food supplies from the Palestinians.   "It was not an act of generosity which Europe could either carry on or not", she explained.   "It was a choice which had been made to take on the obligations imposed by international law on the Israeli occupier to see to the well-being of the occupied populations.   Europe chose not to oblige Israel to respect its obligations, and preferred to pay money to the Palestinians.   When it put an end to this, it breached international law".
 
Tired out, Tanya "apologised" for not having the strength to remain in Israel where, she let it be known, physical repression against genuine opponents had become more and more brutal.   She had therefore decided to go to teach in the United States and had just settled in New York.
 
This marvellous woman, whom we had the joy of welcoming to several of our meetings and concerts, is going to be terribly badly missed by us.   We express all our sadness and our sympathy to her companion, Aharon Shabaï, a man with a great heart and talent.
 
We'll organize an evening in her honour in Paris, at the Bookshop "Librairie Résistances" on the 27th of March, from 7 pm.
 
CAPJPO-EuroPalestine


Dimanche 18 Mars 2007

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