Diplomatie et relation internationale

Tant que le Premier novembre existe : Il n'y aura amitié ni amour avec la France !


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Cent trente deux années de mal colonial, d'indigénat, de génocides et des choses horribles avec tout le mépris sytématique de s Algériens par la France qui nie ses crimes, aujourd'hui, on nous demande notre amitié! Qu'allons nous dire à nos martyres ce premier novembre? Il ne nous est pas mermis de mélanger prière et mensonges!


ajaghvou@hotmail.fr
Mercredi 1 Novembre 2006

Nous sommes le 31 octobre 1954. Je n'étais pas encore de ce monde. Avant minuit, il n'y avait qu'une petite poignée d'Algérien qui croyait que l'Algérie pourrait un jour se débarrasser de la saleté coloniale. Passé minuit, les premiers feux libérateurs retentirent à travers tout le pays, mettant en cause cent vingt-quatre années de colonialisme aussi sale qu'une chaussette d'un SDF français.

Pas moins de sept années plus tard, en dépit de la torture, le génocide multidimensionnel, la peste a été éradiquée. La plus grande puissance européenne humiliée et abaissée, quitte l'Algérie la queue entre les pattes. Les sanguinaires français, en démantelant la IVe République française avec l'aide de la révolution, ont aidé sans le vouloir, à instaurer la première République algérienne. Cette défaite française et cette victoire algérienne seront ont été scellées le 18 mars 1962 les accords d'Evian que personne n'a réellement respectés.

La vieille France a fait de sorte que l'Algérie indépendante reste dépendante de Paris. A l'opposé l'Algérie n'a jamais cessé de déchirer les liens qui unissaient nos deux pays par la force. C'est Houari Boumediene qui, le 19 juin 1965, a entrepris la destruction de ces liens en reprenant le contrôle de la base navale de Mers El Kébir puis la nationalisation des hydrocarbures le 24 février 1971. La visite de Valéry Giscard d'Estaing n'a pas été pour réchauffer sérieusement nos relations. Les Algériens ne peuvaient pas oublier leur sang versé. Houari Boumedienne a été clairement explicite : « Les relations algéro-françaises ne se normaliseront qu'après l'extinction de la génération qui a connu la guerre», a-t-il lancé à son hôte. Après quelques mois seulement, le reste des sociétés françaises sont nationalisées. Ensuite, il y a eu l'échange de visites entre les deux pays, et la France a même dépêché des émissaires assister à la commémoration du 1er Novembre à Alger. Mais comme l'Algérie est l'Algérie et la France est la France, la haine l'a emporté sur l'amour et la crise se prolonge aussi sauvagement que naturellement. D'autant plus que le Sakosy et consors peinent à se débarrasser de leurs réflexes coloniaux, en l'occurrence, ceux en rapport avec le régime de l'indigénat.

L'échange de visite entre les deux chefs d'état, Abdelaziz Bouteflika en juin 2000 et Jacques Chirac en mars 2003 n'ont rien apporté de durable, même après avoir scellé un nouveau pacte algéro-français avec la perspective d'un traité d'amitié. Ce pacte sabordé par des députés français en février 2005 à la suite du vote de la fameuse loi qui stipulait le rôle positif de la présence française en Afrique du Nord. Cette honte nous donne des preuves irréfutables que la France ne mérite pas notre amitié.

Enfin, si feu Houari Boumedienne avait dit que «Les relations algéro-françaises ne se normaliseront qu'après l'extinction de la génération qui a connu la guerre», nous disons, aujourd'hui que les relations algéro-françaises ne se normaliseront jamais, ni cet après midi, ni demain! Premier novembre quand tu nous tiens!

Laïd DOUANE


Mercredi 1 Novembre 2006


Commentaires

1.Posté par Daniel Milan le 01/11/2006 15:18 | Alerter
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Cher Laïd,

Je lis toujours avec grand intérêt tes articles.

Je t'adresse, ainsi qu'à la Rédaction et aux lecteurs d'Alterinfo, mon plus Fraternel salut.

Daniel Milan

2.Posté par Sabbah al Sélim le 01/11/2006 16:04 | Alerter
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Cher Frère Laïd je m'associe à ton voeu.

3.Posté par Laïd DOUANE le 01/11/2006 17:54 | Alerter
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Merci Daniel, merci Sabbah al Salim et merci à tous les lecteurs. Et que l'inter info continue!

4.Posté par chems le 01/11/2006 22:05 | Alerter
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IL est contreproductif de ressasser le passé. e vrai défi pour les générations actuelles françaises et algériennes c'est d'inventer un nouveau dialogue serein apaisé désarmé. Il y va de la considération à retrovuer pour les "beurs" en errance entre deux mondes deux cultures qui ne veulent rien abdiquer de leur culture tout en étant respectueux des lois de la République. Pour le moment en Algérie comme en France ceux qui sotn satisfaits de cet état de deliquescence des relations algério-françaises font tout pour que ça foire et ça foire. Jusquà quand la haine l'meportera sur la realpolitik ?

5.Posté par Laïd DOUANE le 02/11/2006 06:14 | Alerter
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Chems,
Qui a dit qu’il est contreproductif de ressasser le passé ? Dans notre contexte c’est plutôt productif et bienveillant de mémoriser ce qui a été un moteur pour la nation algérienne bafoué pendant longtemps dans ses droits les plus élémentaires. Pour dire qu’il faut inventer « un nouveau dialogue serein apaisé désarmé », c’est raisonnable et c’est juste. Quoique ce dialogue entre les groupes existe déjà et il est bien parti. Pour qu’il continue fortement et sur des bases solides, il ne faut pas cacher ce qui était un malheur. Dans notre dialogue, il ne faut rien négliger du passé. J’ai des amis français avec qui je parle de tout sans réserves. Nous nous respectons mutuellement et nous nous regardons en face. Ils ont leur culture et j’ai la mienne.
En réponse à ta question, ô combien pertinente: "Jusqu’à quand la haine l’emportera sur la realpolitik ? », tu veux dire entre l’Algérie et la France ? Je dirais tout simplement que la haine n'est pas une chose qu'on peut faire et défaire comme on veut. Mais quand elle est là, il est difficile de la déloger. C'est une sorte de colonialisme à laquelle il faut mobiliser des hommes et des vies, de la logistique et de l'énergie comme du temps et de tout ce qui est chair. Enfin, pour arriver au bout de la maladie colonial, il nous a fallu 132 années de souffrances, de sacrifices. C'est le temps qu'il a fallu pour fabriquer la haine algérienne contre le colonialisme français. Pour oublier cette haine, il ne nous faut pas plus qu'une repentance, ni moins qu'une reconnaissance des crimes commis par le colonialisme français. Ensuite viendra le temps de l'amitié et de l'amour qui, évidemment, ne sont pas à notre portée. D’autant que la France ne veuille pas se débarrasser de ses réflexes coloniaux et que le dernier des Français ne comprenne que son pays a construit sa gloire sur le dos d’un pays appelé Algérie. Ça, ce n’est pas du nationalisme aveugle mon cher Chems. C’est à mon sens, de la logique pure. Et puis, pour aimer, ne faut-il pas un minimum d’affinité ? Faisons nos comptes pour voir ce qu’il y a de commun entre une France qui n’arrête pas de nous faire du mal et une Algérie qui vit encore dans la douleur.

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