Néolibéralisme et conséquences

THIERRY MORIN PDG VALEO : PARACHUTE DORE


aujourd'hui, le parachute doré stratosphérique de 3,2 millions d'euros de Thierry Morin, PDG de Valeo, qui prend la tangente en laissant un trou de 200 millions d'euros derrière lui et 1600 salariés sur le carreau


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Jeudi 26 Mars 2009

THIERRY MORIN PDG VALEO : PARACHUTE DORE


Un grand patron, ça gagne énormément. Primes de bienvenue, bonus, actions gratuites, stock-options, parachutes dorés, retraites chapeau... la panoplie est fournie et usée jusqu'à la corde. Depuis toujours... Alors, pourquoi tant de haine, aujourd'hui ? Simplement pour contenir la grogne sociale, à moindre coût.

Thierry Morin - Valeo

Les bonus des banquiers "aidés", les stocks options de la Société Générale, et aujourd'hui, le parachute doré stratosphérique de 3,2 millions d'euros de Thierry Morin, PDG de Valeo, qui prend la tangente en laissant un trou de 200 millions d'euros derrière lui et 1600 salariés sur le carreau. En passant, Marianne y ajoute une retraite chapeau de presque 900 000 euros annuels. Le gouvernement s'énerve, qui n'apprécie pas qu'une entreprise soutenue par l'Etat goinfre ses ouailles jusqu'à plus faim. L'opposition hurle au scandale. Et le MEDEF... souvent varie ; Laurence Parisot annonçant un jour que l'autorité morale du patronat n'a ni les moyens ni le désir de bouger le petit doigt, et vitupérant dès le le lendemain contre les grands méchants patrons sans foi ni loi. Dans le même temps, le chômage explose et la polémique sur le bouclier fiscal redouble d'intensité...

Du statut des entreprises "aidées"

Les arguments sont toujours les mêmes : une entreprise aidée a un statut particulier. Bénéficiant de fonds publics, elle ne doit pas verser de sommes "indécentes" à ses patrons, car... ce n'est pas bien ! Ce soir, Nicolas Sarkozy annoncera des mesures contraignantes, peut-être même une loi. Espérons qu'elle soit plus efficace que la dernière en date, dont on nous promettait monts et merveilles et qui aura finalement été inutle, du début à la fin.

65 milliards d'aides annuelles aux entreprises + 30 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches...

Mais... faut-il remarquer que presque toutes les entreprises françaises sont subventionnées par l'Etat via des dispositifs aussi divers que variés ? L'ensemble des aides publiques aux entreprises représente en effet près de 65 milliards d’euros, dont 90 % sont financés par l’Etat. Ajoutez à cela les allègements fiscaux aux plus riches qui ne cessent d'augmenter depuis 2000. Alternatives Economiques a d'ailleurs calculé que pour ramener simplement les impôts au niveau où ils étaient en 2000, il faudrait... 30 milliards d'euros par an.

Et au final ? Si les entreprises du CAC 40 (bénéficiant largement de ces aides) ont vu exploser leurs gains depuis une dizaine d'années, elles ont dans le même globalement licencié, selon une étude de Marianne de l'année dernière, tandis que les stock-options coulent à flot. Scandale, vous avez dit scandale ?

Mais revenons à Thierry Morin, PDG de Valeo. A-t-il reçu un traitement plus favorable que ses collègues du Cac 40 ? Certainement pas. Certes, l'Etat est intervenu via le Fonds Stratégique d'Investissement en investissant 19 millions d'euros dans Valeo, le 25 février, en contrepartie de 8% du capital. Mais la somme n'est pas énorme, au regard des montants évoqués ces derniers temps. De plus, on peut s'attendre à un retour sur investissement, même tardif. Mais de la défiscalisation chronique des grandes entreprises françaises, quels bénéfices en espérer ? Si peu... semble-t-il. Et s'il y a bien une "incompréhension" sociale, n'est-elle pas plutôt à chercher de ce côté ?

Des boucs émissaires à point nommé

Laurence Parisot se bat comme une belle diablesse contre ces patrons dorénavant présentés comme des "voyous"... pour éviter que le gouvernement ne s'énerve et ne légifère, pour de bon ce coup-ci. Les ministres du gouvernement, tout éberlués, se font de plus en plus menaçants. Ils critiquent, ils menacent, ils grognent, ils montrent les crocs... et ça marche. Finalement, Nicolas Sarkozy aura trouvé son "mauvais banquier" en la personne de Daniel Bouton, et son "mauvais patron", en la personne de Thierry Morin. Faut-il donc vraiment aller chercher plus loin ?

(Correction 17h00 : les "30 milliards" ne sont pas affectés aux entreprises, mais aux contribuables les plus riches, selon Alternatives Economiques. Ce sont 65 milliards qui sont alloués aux entreprises, selon un audit officiel de 2007)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")



Jeudi 26 Mars 2009


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