Proche et Moyen-Orient

Syrie : les puissances impérialistes (anciennes contre nouvelles) transforment une révolte populaire du monde arabe en guerre inter-impérialiste


Syrie : les puissances impérialistes (anciennes contre nouvelles) transforment une révolte populaire du monde arabe en conflit militaire entre grandes puissances qui pourrait bien être le premier affrontement militaire inter-impérialiste concernant des puissances émergentes et un tournant vers une réponse militaire à la crise mondiale


Robert Paris
Mercredi 29 Août 2012

Syrie : les puissances impérialistes (anciennes contre nouvelles) transforment une révolte populaire du monde arabe en guerre inter-impérialiste
Seule l’hypocrisie mondiale (celle des Etats et des institutions internationales comme l’ONU) permet de faire croire que les affrontements militaires violents qui touchent directement la population civile de Syrie se feraient sans intervention militaire des diverses puissances internationales concernées, à commencer par les USA, l’Angleterre, la France, la Turquie, le Qatar, d’un côté, et la Russie, la Chine, le Hezbollah libanais et l’Iran de l’autre. L’absence d’accord de l’ONU rend théoriquement inacceptable de telles interventions… Mais ces puissances se cachent d’ailleurs de moins en moins de leur intervention militaire plus ou moins directe… Et d’interventions allant en sens opposé !

Pendant que le premier bloc de pays soutient les forces armées qui tentent de renverser le régime syrien d’Assad, le deuxième tente de le sauver…

Des deux côtés, on trouve un morceau de l’armée syrienne et des deux côtés aussi des bandes armées qui n’ont aucunement le souci des intérêts de la population civile. L’ « armée libre » que soutiennent les USA ou la France n’a rien de plus libre que l’autre armée. Elle est différente seulement par le fait qu’elle est renforcée de bandes armées islamistes liées notamment à Al Qaïda et dont certaines pourraient même venir de Libye et aussi de citoyens révoltés par la répression violente de la dictature d’Assad et de ses milices sanglantes.

Le soutien russe et chinois au dictateur syrien Assad est présenté officiellement comme « une erreur » dans les capitales occidentales et on se garde d’y expliquer les causes de cet affrontement car dévoiler les buts russes ou chinois, ce serait dévoiler aussi les buts des impérialismes américains, anglais ou français, sans parler de ceux de la Turquie, de l’Arabie saoudite ou du Qatar…

Bien évidemment, aucun de ces Etats ne lutte pour la démocratie ou la liberté du peuple comme il le prétend…

Pas besoin de dire que le Qatar ou l’Arabie saoudite ne luttent pas pour la liberté ni pour soutenir une révolution !

Pas besoin non plus en ce qui concerne les USA, la France ou l’Angleterre. Demandez aux peuples afghan, irakien, libyen ou ivoirien s’ils sont aujourd’hui libres !

Pas besoin non plus de demander si le régime de Poutine ni celui de la Chine sont motivés par la liberté d’un peuple !

Les buts réels peuvent être locaux, comme dans le cas de l’Iran ou du Hezbollah d’un côté et de la Turquie ou du Qatar ou de l’Arabie saoudite de l’autre côté.

Ils peuvent être liés à des calculs généraux de domination mondiaux comme dans le cas des grandes puissances.

Ainsi, les grandes puissances peuvent avoir d’abord comme but de développer leur affrontement entre elles, bien plus que le souci de ce qui va advenir de la Syrie, pas plus qu’elles n’avaient de souci ce qui allait advenir de la Libye….

Or ces puissances ne s’affrontent pas et ne se confrontent pas qu’en Syrie, loin de là. Même si cela reste pour le moment pacifique aux quatre coins du monde, il y a bel et bien confrontation d’intérêts partout. La Chine se confronte aux puissances occidentales en Asie mais aussi en Afrique. Russie et Chine sont entourés et cernés par les impérialismes occidentaux (voir référence en fin d’article). La montée des concurrences économiques ou politiques n’est pas la seule cause. Il y a aussi la crise de 2008 qui peut pousser les impérialismes à poursuivre la construction d’une situation de conflagration mondiale, estimant qu’elle va être indispensable s’il s’avère que le système économique ne sera plus gérable.

La Syrie devient du coup un terrain de confrontation inter-impérialiste exploitant une situation locale dans laquelle les deux blocs sont impliqués.

Les deux blocs mondiaux sont ceux des puissances impérialistes nouvelles : Chine, Russie, et leurs alliés Syrie, Iran, Inde, Corée du nord, … et ceux des anciennes puissances : USA, France, Angleterre, Japon et leurs alliés Australie, Turquie, Arabie saoudite, Qatar, etc…

A travers les révoltes libyenne et syrienne, les impérialismes sont parvenus à mener leur propre politique, intervenant ainsi dans de nouvelles régions, déstabilisant des régimes gênants pour eux, affaiblissant leurs adversaires. Bien sûr, ce n’est pas eux qui ont provoqué ces révoltes comme le prétendent certains courants nationalistes. Les régimes en question, celui d’Assad ou celui de Khadafi, n’ont jamais été le moins du monde anti-impérialistes ni gênants en soi pour l’impérialisme. La Russie ou la Chine ne sont pas non plus gênants en soi pour l’impérialisme.

Ce qui serait gênant pour celui-ci, c’est que la crise économique prenne un tour tel que la révolution devienne mondiale, touche les pays riches et devienne sociale, tournée contre la domination capitaliste. La marche à la guerre mondiale deviendrait alors indispensable aux impérialismes dominants occidentaux, devrait se faire au nom de la démocratie contre les dictatures iranienne, russe et chinoise.

La Syrie n’est qu’un petit pas dans cette direction, mais c’est un premier pas et il importe de le remarquer.

Il importe aussi de remarquer que si les prolétaires laissent passer des révolutions sans en prendre la tête, ils ne se contentent pas de manquer des occasions : ils se préparent de terribles bains de sang…


Mercredi 29 Août 2012


Commentaires

1.Posté par barodi le 29/08/2012 09:17 | Alerter
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tout sa c la faute des dictateur voleur et criminels le reste c du bla......bla

2.Posté par Depositaire le 29/08/2012 10:20 | Alerter
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Cet article est, pour le moins, sujet à cautions ! L'auteur se fait l'apologue aveugle du système politique communiste, sans même se rendre compte que le communisme a pratiquement disparu et n'est qu'une doctrine occidentale qui a largement fait ses preuves dans les pays où elle s'est épanouie, sans qu'il soit nécessaire d'insister sur le sujet, tellement c'est évident.

La situation de la Syrie n'est en aucune façon la lutte entre une armée de mercenaires payée par la Qatar et organisée, entrainée et armée par les pays occidentaux et israël et une armée syrienne régulière bras armé d'un pouvoir dictatorial sanguinaire avec l'aide de milices locales appelées Chabihas.

Cette vision est, au mieux, caricaturale. Qu'il y ait des problèmes en Syrie, que la "démocratie" soit mal présentée, qu'il y ait de la corruption, que les élites du pouvoir aient une tendance à s'incruster et à profiter des avantages que leurs octroient ce même pouvoir, n'a rien de nouveau.

Toutefois nous remarquerons plusieurs choses : Tout d'abord, si Bachar el Assad a succédé à son père à la présidence du pays, ce qui en ferait une sorte de dynastie républicaine, il faut admettre qu'il s'est décidé, peut-être un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais, à des réformes profondes dans les institutions du pays et qui ont été très bien accueillies par la population.

Par ailleurs, l'armée régulière est celle qui est commune à tous les pays souverains afin de défendre le pays en cas d'invasion étrangère. Ce qui est exactement le cas aujourd'hui.
Le pays se trouve confronté à des bandes de mercenaires sanguinaires qui sèment le chaos et la destruction dans tout le pays. L'armée est dans l'obligation d'intervenir pour chasser ces mercenaires. Pendant plus d'un an, elle s'est retenue pour éviter de toucher la population civile, ce qui lui a vallu un renforcement des ces mercenaires dans leurs exactions. Alors, il lui a fallu employer les grands moyens pour éradiquer cette menace. D'autant que l'attentat qui a tué des ministres, celui qui a détruit une télévision, sans compter ceux qui touchent les infrastructures, amenaient le chaos à un niveau tel que l'Etat de droit risquait de disparaître au profit de bandes de mercenaires et de sauvages comme en Libye et en Iraq, bien entendu, les puissances occidentales profiteraient de ce chaos généralisé pour piller la Syrie de ses ressources et ensuite organiser l'attaque sur l'Iran.

La riposte de l'armée syrienne a été très efficace puisqu'elle a permis de libérer Damas et Alep les deux villes les plus importante du pays, et reduire la menace mercenaire de façon significative. Que la population civile ait pâti de cette lutte, c'est malheureusemnt inévitable dans la mesure où les bandes de mercenaires étaient cachées au milieu des villes et villages en retenant une partie de la population en otage.

Il faut faire preuve d'une hypocrisie incroyable pour prétendre que le pouvoir syrien est indifférent à la population et massacre sans distinction mercenaires et civils. Au contraire, chaque fois que les militaires le peuvent, ils éssaient de protéger les civils, qui d'ailleurs, les accueillent en libérateurs, non sans raison.

Maintenant, allons jusqu'au bout de cette histoire. Quand on se permet de critiquer un pouvoir étranger en mettant en relief les valeurs de liberté, de démocratie et des droits de l'homme, il faudrait commencer par regarder près de chez soi avant d'aller voir chez l'autre ce qu'il se passe !

Regardons un peu l'histoire de l'Occident, tant européen qu'américain. Sans entrer dans les détails qui sont faciles à retrouver, ce ne sont que des guerres, des masscres, de la colonisation, la spoliation des peuples, la tyrannie et les tyrans mis en place pour pouvoir piller en toute tranquillité les pays aux ressources abondantes. Et pour ce qui est de la démocratie et les droits de l'homme, c'est une plaisanterie assez grossière !

Quels sont les hommes politiques qui ont fait de belles promesses pour être élus au pouvoir du pays et qui, une fois en place ont tenus toutes leurs promesses ? Soyons sérieux. Il n'y a pas et il n'y a jamais eu de démocratie en Occident. Prenons un exemple récent en France qui illustrera mieux qu'un grand discours le propos : En France, en 2005, il y a eu un référendum, comme la constitution l'exigeait, pour demander au peuple de voter oui ou non pour un projet de constitution européenne. A 55% la population, malgré un battage politico médiatique sans précédent en faveur du oui, a voté non ! C'est sans appel. Les propos des politiciens se sont avérés insultants pour le peuple en prétendant qu'il n'avait pas bien compris.

Quelques années plus tard, une retouche cosmétique de ce traité constitionnel a été faite et appélé "traité de Lisbonne", qualifié par M. Sarkozy, alors Président de la république, de "mini traité", ce qui est se moquer ouvertement du monde puisque ce nouveau traité était encore plus compliqué que le pécédent et plus gros en volume de pages. Pour être sur que le peuple ne votera pas de nouveau par la négative, M. Sarkozy chnange la constitution pour faire en sorte que ce soit le Parlement qui vote et non le peuple. Puis, ceci fait, demande la ratification du traité par le Parlement qui était tout acquit à cette ratification, et donc a voté oui. Difficile de faire mieux dans le déni de démocratie !

Tous ces soubressauts dans le monde, ne montrent qu'une seule chose : Tous les systèmes politico-économiques mis en place à ce jour dans le monde ne valent rien. Ils ne servent qu'à satisfaire une clique de gens extrêment cupides qui ne pensent qu'à s'enrichir et à dominer le monde. Mais l'humanité commence à s'éveiller. Le réveil est lent, mais inexorable et tous ces systèmes seront balayés malgré leur puissance apparente. Ce qui remplacera se sera quelque chose qui éveille l'être humain, qui agira dans le sens de sa dignité, où chacun pourra vivre et s'épanouir sans contrainte subversive, sans avoir à se méfier du voisin, et où chacun vivra dans la prospérité, mais pas le luxe, totalement inutile, et la paix.

Les signes sont là pour qui sait les voir. Et ce n'est pas la campagne médiatique mensongère de l'oligarchie mondiale et de ses valets politiques et médias, qui changera les choses. Encore un peu de patience. Les choses ne se font pas en quelques jours. Mais elles se font.

3.Posté par Robert Paris le 11/06/2013 21:16 | Alerter
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Quand on se permet de critiquer un pouvoir étranger dis-tu...

Etranger ?

ça veut dire quoi ?

Rien de ce qui est humain n'est étranger !

Par contre, les buts de fric et de pouvoir des divers impérialismes qui mettent à feu et à sang la Syrie me sont étrangers et sont étrangers aux intérêts des peuples, à commencer par le peuple syrien.

Tu dis que dire du mal du régime syrien, c'est être communiste ! Bel éloge du communisme ! Merci !

Oui, certainement être communiste c'est ne faire confiance à aucun régime et pas plus celauid e Bachar el assad !

4.Posté par KOCEILAANTALAS le 12/06/2013 12:10 | Alerter
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Entre deux maux il faut choisir le moindre, il ne faut pas confondre et mettre sur un même pied d'égalité le bloc BAO et ses valets et la Russie, la Chine, Iran et les pays du BRICS, entre ceux qui veulent piller en massacrant sans vergogne les populations et ceux qui recherchent des rapports plus équilibrés, plus humains. Il ne faut pas non plus confondre entre agressés et agresseurs, le régime syrien se doit de répondre aux aspirations de son peuple, mais cela aurait pu se faire sans l'intervention des vautours qui ne cherchent que le chaos et le pillage des ressources des pays qui ne leur sont pas favorables.

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