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Syrie : Assad reçoit dimanche des émissaires français à Damas


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Dimanche 15 Juin 2008

Syrie : Assad reçoit dimanche des émissaires français à Damas
Le président syrien Bachar al-Assad s’entretiendra dimanche à Damas avec des émissaires du président français Nicolas Sarkozy, dans le cadre d’une politique française d’ouverture envers Damas, selon le ministère syrien des Affaires étrangères.

"Des entretiens auront lieu dimanche entre le président Assad et des émissaires français", le conseiller diplomatique de M. Sarkozy, Jean-David Levitte, et le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a indiqué samedi à l’AFP une source officielle au ministère.

La volonté de la France de normaliser ses relations avec la Syrie est intervenue après l’élection fin mai du président libanais Michel Sleimane, un scrutin longtemps bloqué par les alliés de Damas au Liban.

M. Assad a été invité en outre par M. Sarkozy aux cérémonies de la fête nationale du 14 juillet à Paris, au lendemain du sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) auquel il devrait participer parmi une cinquantaine de dirigeants étrangers.

La France avait rompu fin décembre les contacts avec la Syrie pour protester contre le rôle joué selon Paris par Damas dans le blocage de l’élection présidentielle libanaise.

Les partis de l’opposition en France ainsi que les Etats-Unis ont manifesté leurs réserves à la main récemment tendue par Paris au pouvoir à Damas.

Samedi, M. Sarkozy et son homologue américain George W. Bush ont appelé le Liban et la Syrie à établir des relations diplomatiques "à part entière" ainsi que des "relations de bon voisinage" fondées notamment sur "la sécurité" et "la souveraineté", dans une déclaration commune à l’issue d’un entretien à Paris.

En réaction, le rédacteur en chef du journal al-Baas, organe du parti au pouvoir en Syrie, Elias Mourad a déclaré à l’AFP que "la Syrie a toujours appelé à établir les meilleures relations avec le Liban".

"Les responsables syriens ont affirmé à maintes reprises que la Syrie n’avait aucun problème pour ouvrir une ambassade au Liban après la formation d’un gouvernement libanais d’union nationale", a ajouté M. Mourad.

Dans des déclarations publiées le 5 juin, M. Assad avait affirmé que son pays prévoyait l’ouverture pour la première fois d’une ambassade au Liban.

Ancienne puissance de tutelle au Liban, Damas a été forcé de retirer ses troupes en 2005 sous la pression de la communauté internationale, après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La majorité parlementaire accuse la Syrie d’être derrière ce meurtre, ce que nie Damas.

Les discussions sur la formation d’un gouvernement libanais d’union nationale, menées par le Premier ministre Fouad Siniora, achoppent sur l’attribution de portefeuilles clés, dont ceux de l’Intérieur et de la Défense, en dépit d’un accord interlibanais signé par les parties rivales à Doha le 21 mai.

Paris et Washington souhaitent l’établissement de relations diplomatiques

La France et les Etats-Unis ont réaffirmé samedi leur soutien au Liban, appelant à la "mise en oeuvre totale" de l’accord de Doha qui a permis l’élection du nouveau président. Paris et Washington jugent aussi "important" que Damas et Beyrouth "établissent rapidement entre eux des relations diplomatiques à part entière" et demandent "instamment" la mise en oeuvre des résolutions de l’ONU sur le Liban.

"Nous réaffirmons que les États-Unis et la France maintiendront leur solide partenariat en vue d’un Liban pacifique, souverain, indépendant, uni et démocratique", déclarent les deux pays dans une déclaration commune diffusée par l’Elysée après les entretiens du président Nicolas Sarkozy et son homologue américain George W. Bush en visite à Paris.

"Nous nous félicitons de l’élection du président Michel Sleimane et de la désignation de Fouad Siniora comme Premier Ministre. Nous soutenons l’accord de Doha et ses objectifs, et nous rendons hommage au Qatar et à la Ligue arabe pour leurs efforts couronnés de succès", ajoute le texte. "Nous appelons de nos voeux la mise en oeuvre totale de cet accord, notamment en ce qui concerne la nécessité de trouver rapidement un accord sur un gouvernement d’union nationale".

"Dans l’intérêt des relations de bon voisinage que nous souhaitons voir s’établir entre la Syrie et le Liban, sur la base du respect, de l’égalité, de la sécurité et de la souveraineté, nous considérons qu’il est important que les deux pays établissent rapidement entre eux des relations diplomatiques à part entière".

"Nous demandons instamment la mise en oeuvre de bonne foi de toutes les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur le Liban et le soutien à l’enquête internationale et à la création d’un tribunal spécial", ajoute Paris et Washington. "Nous réaffirmons le soutien des États-Unis et de la France au gouvernement central du Liban et à ses institutions, y compris à l’armée libanaise".

Bush et Sarkozy affichent leurs convergences sur l’Iran et la Syrie



George W. Bush et français Nicolas Sarkozy ont affiché samedi leurs "convergences" retrouvées en mettant à nouveau en garde l’Iran sur son programme nucléaire militaire et en intimant à la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran.

Au deuxième jour de l’avant-dernière étape de sa tournée d’adieu européenne, Bush s’est déclaré samedi "déçu" que les dirigeants iraniens aient refusé une offre de coopération des grandes puissances en vue de la suspension de son programme d’enrichissement d’uranium.

"Je suis déçu que les dirigeants aient rejeté cette offre généreuse d’emblée. C’est une indication pour les Iraniens que leurs responsables veulent les isoler encore plus", a déclaré Bush au cours d’une conférence de presse commune avec Nicolas Sarkozy.

"L’obtention par l’Iran de la bombe nucléaire est inacceptable, c’est clair. C’est une menace inacceptable pour la stabilité du monde, surtout rapportée aux déclarations répétées du président actuel de l’Iran", a renchéri Sarkozy en référence aux menaces lancées par Mahmoud Ahmadinejad contre Israël.

"L’Iran a le droit comme tous les autres pays du monde au nucléaire civil et nous sommes prêts à les aider", a poursuivi le chef de l’Etat français. "Mais si les dirigeants de l’Iran sont de bonne foi, ils n’ont qu’à laisser les inspections aller jusqu’à leur terme. S’ils n’ont rien à cacher, qu’ils le montrent", a-t-il insisté.

Les deux responsables se sont également retrouvés pour demander à la Syrie de prendre ses distances avec Téhéran. S’il a une nouvelle fois justifié sa décision de reprendre des contacts directs avec le régime du président Bachar al-Assad, le président français a demandé "que la Syrie se désolidarise le plus possible de l’Iran dans sa quête pour avoir une arme nucléaire". "A partir de ce moment-là, le processus se poursuivra", a-t-il lancé.

Les Etats-Unis ont publiquement manifesté leurs réserves à la main tendue par Paris à un régime qu’ils considèrent comme l’un des principaux soutiens au terrorisme international.

Samedi, George W. Bush n’a pas évoqué publiquement le sujet mais a lui aussi demandé à Damas de se démarquer de l’Iran et du terrorisme.

Interrogé sur la victoire du non au référendum irlandais, qui a replongé l’Union européenne (UE) dans une crise institutionnelle, Nicolas Sarkozy a affirmé samedi qu’il fallait "continuer le processus de ratification" du traité européen de Lisbonne "de façon à ce que le non irlandais ne devienne pas une crise" et appelé à réfléchir sur l’UE et à "faire différemment".

Signe de l’amitié retrouvée entre la France et les Etats-Unis, Bush a rendu samedi un hommage appuyé à son homologue français, "un homme intéressant", "plein d’énergie", "très sage" et a aussi complimenté son épouse Carla Bruni-Sarkozy, qualifiée de "très intelligente" et "très compétente".

Bush doit quitter Paris dimanche pour Londres, dernière étape de son périple européen, à quelques mois de la fin de son bail de huit ans à la Maison Blanche.

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Dimanche 15 Juin 2008

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