Conspiration

Syndrome grec : les émeutes qui cachent le krach (II)


Dans sa livraison du 13 décembre le quotidien The Independant dévoile la vision britannique du « Syndrome grec » qui hante plusieurs pays d’Europe tels la France, l’Espagne, l’Italie, mais d’autres aussi.

par Karel Vereycken

A lire es émeutes qui cachent le krach I


Mardi 23 Décembre 2008

Syndrome grec : les émeutes qui cachent le krach (II)
Dans sa livraison du 13 décembre le quotidien The Independant dévoile la vision britannique du « Syndrome grec » qui hante plusieurs pays d’Europe tels la France, l’Espagne, l’Italie, mais d’autres aussi.

Comme un clin d’oeil au livre de H.G. Wells The shape of things to come [La forme que prendront les choses qui viennent], qui anticipe la mise en place d’une dictature mondiale, l’article adopte ce titre interrogateur : Are Greek riots a taste of things to come ? [Les émeutes grecques, sont-elles un avant-goût des choses qui viennent]. Si jusqu’ici les médias affirmaient sans équivoque que le système bancaire grec se portait à merveille, le quotidien relève que « les évènements de cette semaine pourraient être appelés les premières émeutes du resserrement du crédit ».

Comme nous l’avons déjà rapporté, les privatisations sauvages tant du système de santé que du régime des retraites grecques, ont créé une situation de grogne sociale généralisé, mais légitime.

Plus d’une semaine avant l’éclatement des violentes émeutes pour lesquelles la mort du jeune Alexis Grigoroupoulos a servi d’étincelle, les médecins, les infirmières et le personnel médical, qui manifestaient devant les ministères pour obtenir le paiement de leurs salaires, furent violemment matraqués.

Aristotelia Peloni, journaliste au grand quotidien proche de la gauche Ta Nea souligne que, d’après tous les témoins oculaires, l’adolescent fut froidement abattu par un policier et non pas lors d’une altercation. La réalité de la provocation est confirmée par le rapport des légistes, prouvant que la balle provenait d’un tir direct et non pas d’un ricochet. Le policier fut d’ailleurs immédiatement inculpé pour « homicide volontaire » et « utilisation illégale » de son arme de service.

Le syndicat de la police de Grèce déclare son embarras : « Plus de 70% des policiers ne devraient même pas porter d’arme », affirme un membre du syndicat. « La plupart d’entre eux ont des problèmes psychologiques et il n’existe que cinq psychologues pour 50 000 policiers. Certains sont dépendants des jeux vidéos et adorent appuyer sur la gâchette ».

Cependant, beaucoup d’observateurs continuent à s’interroger sur la rapidité étonnante avec lesquelles les émeutes ont suivi la mort de ce jeune. Dans un entretien du 11 décembre avec Polska Times, Ioannis Michaletos, un spécialiste grec du renseignement, affirme qu’il a fallu moins de 20 minutes pour faire descendre les gens dans la rue.

La mort du jeune, abattu à 21h03, fut annoncée sur Indymedia dès 21h30, accompagnée de mots d’ordre du type « vengeance pour le mort » et « tous dans la rue ». Ainsi, les émeutes étaient déjà énormes à 22h. La télévision grecque et les medias locaux, d’après des informations invérifiables, n’auraient appris la mort du jeune uniquement quand les émeutiers les ont appelé en direct des rues d’Athènes !

Ensuite, les émeutes se sont répandues d’une façon quasiment instantanée à l’ensemble du pays. Dès le lendemain, près d’une cinquantaine de villes subissaient des batailles de rue et des groupes d’émeutiers allaient de ville en ville pour allumer des conflits. A Kozani, un groupe d’émeutiers d’Athènes avait loué un hôtel en soirée et a démarré les émeutes dès l’aube.

Selon Michaletos, la police grecque s’attendait à des émeutes pour la période de Noël depuis août 2008. Des activistes étrangers ont afflué pour donner un coup de main, dont certains provenant d’ONG internationales. Michelotis affirme que si les allemands fournissent l’essentiel de la main d’œuvre et que les Britanniques ont joué un rôle important dans la formation des « mouvements anti-fascistes » d’Athènes, on ne peut pas exclure l’implication active d’éléments plus ou moins privatisés de certains services de renseignement, y compris américain. Il pense également que le fait que la Grèce ait conclu des contrats intéressant avec la Russie, la Chine et la France dans le domaine énergétique peut conduire l’Arabie Saoudite à agiter certains réseaux pour déstabiliser le pays, situé au carrefour des Balkans.

Pour sa part, l’Independant souligne la similitude, en termes de chômage des jeunes, entre la Grèce (22% pour les 15-24 ans) et d’autres pays européens ayant une tradition de protestation populaire, en particulier la France, l’Italie et l’Espagne. « Le tag ‘L’insurrection qui vient’ (en référence au livre écrit par Julien Coupat et Benjamin Rosoux faisant l’éloge des actes de sabotage), apparu sur le consulat grec à Bordeaux est un avertissement très clair aux autres dirigeant européens » car « les économistes de pays ayant un chômage de jeunes aussi élevé, tels que l’Espagne et l’Italie, avertissent qu’ils doivent se préparer à des troubles ».

Le 20 décembre, l’Indépendant détaille comment le « Syndrome grec » gagne l’Europe : « Quand un étudiant grec éternue ou se fait arroser de gaz lacrymogène, les jeunes descendent dans la rue en France et maintenant en Suède. Hier, des jeunes cagoulés ont jetés deux bombes incendiaires sur l’Institut français d’Athènes. Les vitres ont été cassées mais le bâtiment ne fut pas trop endommagé. Ensuite des jeunes ont taggé deux slogans sur les murs. L’un disait : ‘Etincelle à Athènes, feu à Paris. L’insurrection arrive’, tandis que l’autre affirmait : ‘France, Grèce, soulèvement partout’ ».

Mardi soir en Suède, à Malmö, une centaine de jeunes a caillassé la police et allumé les poubelles pour protester contre la fermeture d’une mosquée. Comme en Grèce, la police suédoise pense que des casseurs ont cherché délibérément à « criminaliser » une contestation légitime.*

L’Independant examine ensuite ce que peuvent avoir en commun les étudiants grecs, les lycéens français et les jeunes suédois : « Les protestations ont des caractéristiques communes : un mépris pour les institutions gouvernementales et le monde des affaires, aggravé par l’effondrement du système bancaire provoqué par leur cupidité ; une alliance large, pas forcément confortable entre des jeunes étudiants blancs de gauche et des jeunes d’origine étrangère de la deuxième génération ; tous se pensent comme faisant parti de la ‘génération sacrifiée’, celle des ‘600 euros’ ».

En France, dit l’auteur, « trois facteurs supplémentaires : une hostilité envers le capitalisme et la globalisation et le malaise persistant qui règne dans les banlieues des villes françaises. Après que Sarkozy eut reporté sa réforme de l’éducation, les étudiants sont encore plus nombreux qu’auparavant. Les étudiants, interrogés dans les rues de Paris, ne veulent rien savoir. Le président Sarkozy n’y peut rien, disent-ils. Il agit ‘sous les ordres de Bruxelles et de Washington’ pensent-ils. Pour eux, le vrai motif des coupes dans l’éducation c’est ‘le renflouement des banques’. »

Un poème manuscrit, Nous voulons un monde meilleur, distribué lors de l’enterrement d’Alexis Grigoropoulos à Athènes, révèle l’état de révolte et de désespoir de la jeunesse pour la génération qui l’a précédée : « Souvenez-vous, vous aussi avez été jeune ; maintenant vous courez derrière l’argent, vous ne vous souciez que des belles vitrines, vous êtes devenu gros’ (…) ‘Vous avez oublié ! Nous attendions votre soutien ; on espérait que cela vous aurez intéressé, que vous auriez été capable de nous redonner notre fierté’ (…) ‘En vain ! Vous vivez de fausses vies, vous baissez la tête, vous avez baissé le pantalon et vous attendez le jour de votre mort’ (…) ‘Où sont les parents ? Où sont les artistes ? Pourquoi n’êtes vous pas venu nous protéger ?’ ‘Post Scriptum : ne nous lancez pas de gaz lacrymogène, on pleure tout seul.’ »


Note :

*Le 11 décembre, Michaletos, affirme de façon surprenante que 30% des émeutiers d’Athènes étaient de jeunes étrangers vivant en Grèce (où, hélas, le droit du sang prévaut). Cela contraste avec le profil d’Alexis Grigoropoulos, issu des classes plutôt aisées. Pour sa part, la police grecque dénonce également la participation de ce qu’elle appelle « des étrangers clandestins ».

Cependant, ce qui inquiète, c’est que Michaletos, ait pu affirmer, dès le 11 décembre, que les émeutes d’Athènes n’étaient qu’une « répétition générale » et que l’élément "islamique", marginal pour l’instant, sera bientôt au cœur des émeutes. Par la suite, suivent une série de provocations, comme l’affaire de la mosquée de Malmö en Suède du 15 décembre, ou encore l’incendie criminel contre la mosquée de St-Priest près de Lyon en France le 20 décembre…



Mardi 23 Décembre 2008


Commentaires

1.Posté par zack le 24/12/2008 10:19 | Alerter
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il est vrai que l'idée d'un soulèvement populaire généralisé au monde occidental eurasiatique est grisante et peut donner des espoirs a tous ceux qui rêvent de révolutions et de justice.

Mais sincèrement je ne pense pas que la jeunesse française, italienne, espagnole, allemande ou suédoise ne soit réellement consciente de l'avenir totalitaire qui l'attend. Elle est plutôt concentré sur l'illusion de liberté, de démocratie et de supériorité de leur civilisation sur celle qu'on leur montre,aujourd'hui, comme l'antagoniste à la leur.

Je pense plutôt que le signal, le vent mondiale déclencheur d'envie de liberté de conscience de soi et social viendra des pays d'Afrique ou la pyramide des age est a l'avantage des jeunes
comme la RDC l'Égypte ou encore l'Algérie? Ou même des pays d'Asie qui sont dans la même situation démographique.

Quand au émeutes en grece sont elle vraiment spontanées ?? La vindicte populaire est elle vraiment populaire ou téléguidé depuis l'extérieur par et pour un certain mouvement idéologique si souvent mis en avant et dénoncé sur ce site ???

Sincèrement je me pose la question

2.Posté par pierre le 27/12/2008 00:01 | Alerter
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BONJOUR

Le texte ci-dessous est EXCELLENT !!!

Pour info, à Paris, il est TRES SIMPLE de coller des A4 PARTOUT :
gants en latex sur les mains, accroupi entre deux scooters, tu sors la feuille du sac, tu la plaques par terre, un Z au dos avec le tube de colle forte que tu remet tout de suite dans la poche de ta veste, tu fermes et remets ton sac à dos à nouveau sur le dos, tu te remets debout, la feuille peinard à la main, et tu la plaques sur l’objet à proximité duquel tu étais accroupi : COTES DE BOITE AUX LETTRES, COTES DE PARCMETRE, DEVANTURE DE CABINE TELEPHONIQUE, MUR BLANC ET ISOLE… Tu poses la feuille à plat sur le support, tu retiens le haut avec une de tes mains, tu “repasses” la feuille en appliquant une forte pression de l’AUTRE avant-bras de haut en bas sur la feuille : elle est plaquée, collée, le tour est joué.
Allez, les gars, on joue du photocopieur , de la colle forte, on prend ses gants en latex (pour ne pas laisser d’empreintes) et on va s’amuser dehors !!!
C’est sans risque et très efficace !!! Le créneau 19H/21H est bon (en ce qui me concerne et sur Paris)…
SOUTIEN AUX EMEUTIERS GRECS !!! (tag vu TRES SOUVENT à Paris…)
Bonjour,
==========================================
Le texte joint ci-dessous
commence à apparaître en affichage sauvage à Paris.
Il est libre d’utilisation, transformation, amélioration…
Nous comptons sur vous pour le diffuser, si vous estimez cela
nécessaire.
Cordialement,
Des Parisiens

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DES EVENEMENTS EN GRECE

Ces émeutes, à distance, ont déjà fait reculer le pouvoir français sur ses minables réformes lycéennes, et peut-être d’autres encore. Les émeutiers grecs nous montrent ainsi une voie qui avait été cherchée lors de la contestation du CPE et ces dernières semaines (occupations de lycées et d’autres bâtiments, blocage de voies de communication et quelques bagnoles cramées), ils font mieux et refusent le dialogue truqué avec l’Etat et ses sbires. Ce n’est que lorsqu’il parle tout seul qu’un ministre peut évoquer « un dialogue serein » (les mots du ministre de l’éducation nationale il y a quelques jours). Ici, comme en Grèce, la discussion ne peut commencer que par la contestation en actes des forces répressives. Leur existence est déjà une insulte.
La liberté fait ses premiers pas quand on n’a plus à trembler devant des flics, des vidéo-surveillants et le fichage généralisé. Les lois sont faites pour nous apeurer, nous décourager et plus généralement nous interdire de faire quoi que ce soit. En Grèce la peur et la résignation changent de camp
(« Aujourd’hui, le peuple est en colère contre tout, contre la mort d’Alexis, contre la police, contre le gouvernement, contre les réformes… et nous, nous sommes le bouclier. (…) Je me demande si je ne serais pas mieux dans mon village, où je pourrais reprendre l’élevage des moutons et vivre tranquille. Surtout, je n’aurais plus ce sentiment de honte qui me ronge », un policier grec dans le Figaro du lundi 22 décembre 2008) :

L’INSURRECTION CONTINUE. Si elle prend partout, on ne l’arrêtera jamais. C’est pourquoi nos médias maintiennent ces évènements historiques à l’arrière-plan ou inventent des spécificités grecques (jeunesse mal payée, corruption, réformes qui ne promettent que le pire mais c’est partout que les ordures nous gouvernent). Insistons sur quelques points : il ne s’agit pas d’une révolte d’une partie de la jeunesse mais bien de toute une population, de gens sans revendications ni représentants, mais dont nous partageons certainement les intentions (disparitions de tous ceux qui parlent pour nous : partis, syndicats, experts, journalistes, associations…) et les dégoûts (le salariat et le monde misérable qu’il produit, ses congés forcés, l’éducation obligatoire pour s’y insérer, et autres « aides » de l’Etat quand on s’en éloigne).
En cette période de crise, comme d’habitude, nos dirigeants nous présentent de nombreuses solutions parmi lesquelles ne figure pas celle de se passer d’eux. Ce sont les mêmes qui nous volent nos meilleures années et celles qui suivent ; ils continuent.
Saisissons chaque occasion de rappeler la lutte exemplaire qui se déroule en Grèce. Diffusez ce texte, trouvez-en d’autres (récits de première main, vidéos sur internet, etc.), écrivez-en de meilleurs, partout, sur les murs, les affiches. Rassemblons-nous dans toutes les manifestations possibles, restons mobilisés. Répandons cette étrange épidémie dont nous n’avons rien à craindre, nous qui devons toujours travailler pour un monde qui nous empoisonne.

FAISONS MIEUX.

En région parisienne, le mardi 23 décembre 2008.
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DES NOUVELLES DE LA GRECE :

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Lettre des amis d’Alexandros distribuée pendant ses funérailles, le 10 décembre 2008 :

Nous voulons un monde meilleur.
Aidez-nous.
Nous ne sommes pas des terroristes, des « cagoulés », des « connus-inconnus ».

NOUS SOMMES VOS ENFANTS.

Ces « connus-inconnus » …
Nous avons des rêves. Ne tuez pas nos rêves.
Nous avons de l’élan. Ne stoppez pas notre élan.

SOUVENEZ-VOUS.

Un temps, vous étiez jeunes aussi.
Maintenant vous cherchez de l’argent, vous n’êtes intéressés qu’à la vitrine, vous avez pris du poids, vous avez perdu vos cheveux.

ET VOUS AVEZ OUBLIE.

Nous attendions votre soutien.
Nous attendions votre attention, nous pensions que nous allions être fiers de vous - pour une fois.

EN VAIN.

Vous vivez des vies fausses, la tête penchée, vous êtes aliénés, rendus au système…
Vous avez jeté l’éponge et vous attendez le jour de votre mort.
Vous n’avez plus d’imagination, vous ne tombez plus amoureux, vous ne créez pas.
Vous vendez seulement et vous achetez.
De la marchandise partout.

L’AMOUR ET LA VERITE ? NULLE PART.

Où sont les parents ?
Où sont les artistes ?
Pourquoi ne sortent-ils pas dans les rues ?

AIDEZ NOUS, NOUS LES ENFANTS.


P.S. Arrêtez les bombes lacrymogènes. NOUS, nous pleurons tout-seuls.

SOURCE : http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=939012

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Lettre ouverte du 16 décembre 2008 des travailleurs d’Athènes à ses étudiants, dans le contexte des bouleversements sociaux qui ont suivi l’assassinat policier d’un jeune.

Notre différence d’âge et l’indifférence générale rendent difficile la discussion dans la rue; c’est pourquoi nous vous envoyons cette lettre.
La plupart d’entre nous ne sont pas (pour l’instant) devenus chauves ou bedonnants. Nous avons fait partie du mouvement de 1990-1991, dont vous avez dû entendre parler. Tandis que nous occupions nos écoles depuis 30/35 jours, les fascistes tuèrent un enseignant parce qu’il avait outrepassé son rôle (qui était d’être notre gardien) et qu’il nous avait rejoint dans notre combat; passant de l’autre côté. Alors beaucoup d’entre nous rejoignirent la rue et ses émeutes. Bien que nous chantions à l’époque “Brûlons les commissariats !…”, nous n’envisagions même pas ce que vous faites si facilement aujourd’hui, à savoir les attaquer.

Ainsi vous nous avez dépassés, comme il arrive toujours au cours de l’histoire. Bien sûr, les conditions sont différentes. Dans les années 90, ils nous firent miroiter des perspectives de « succès personnel » et quelques-uns l’ont gobé. Qui peut croire leurs contes de fées aujourd’hui ? A l’instar du mouvement étudiant 2006/2007; vous leur redégueulez en pleine face leurs mensonges.

Ce n’est qu’un début.

Maintenant les bonnes mais difficiles questions se posent.

Nous allons vous dire ce que nous avons appris de nos luttes et de nos défaites (parce qu’aussi longtemps que ce monde ne sera pas le nôtre, nous serons toujours les vaincus) et vous pourrez vous servir comme vous le souhaitez de ces enseignements :

Ne restez pas seuls; faites appel à nous ; contactez autant de personnes que possible. Nous ne savons pas comment, mais vous y arriverez certainement. Vous avez déjà occupé vos écoles et vous nous dites que la raison la plus importante est que vous n’aimez pas vos écoles. Très bien. Maintenant que vous les occupez, changez leur rôle. Occupez ces bâtiments avec d’autres. Faites que vos écoles soient les premiers lieux à accueillir des relations nouvelles.. De la même façon que vous n’avez pas peur d’attaquer leurs commissariats parce que vous êtes ensemble, n’ayez pas peur de nous appeler pour que nous changions nos vies tous ensemble : leur arme la plus puissante est de nous diviser.

N’écoutez aucune organisation politique (qu’elle soit anarchiste ou autre). Faites ce que vous pensez nécessaire. Faites confiance aux gens, pas aux idées et aux schémas abstraits. Ayez confiance en vos relations directes avec les gens. Ne les écoutez pas quand ils vous disent que votre combat n’a pas de contenu politique et qu’il devrait en avoir un. Votre combat est son contenu. Vous n’avez que ça et il ne tient qu’à vous de conserver cette avance. C’est seulement par ce biais que vous pouvez changer votre vie, à savoir vous-même et les relations avec vos camarades.

N’ayez pas peur de la nouveauté. Chacun de nous en vieillissant a des idées gravées dans le cerveau. Vous aussi, bien que vous soyez jeunes. N’oubliez pas cela. En 1991, nous avions senti l’odeur du nouveau monde et l’avions trouvé nauséabonde : on nous apprenait qu’il y a des limites à ne pas dépasser, pas de destructions d’infrastructures, pas de vols dans les supermarchés… Or, nous avons produit tout cela, donc c’est à nous. De même que nous dans le passé, vous avez été élevés pour produire des choses qui ensuite ne vous appartiennent plus. Reprenons tout cela et partageons-le, dans l’amitié et l’amour.
Nous nous excusons d’écrire cette lettre rapidement, mais nous l’avons écrite sur notre temps de travail, à l’insu de notre patron. Nous sommes prisonniers du travail comme vous l’êtes de l’école.

Nous allons maintenant mentir à notre patron et quitter notre boulot sous un faux prétexte, pour vous rejoindre à Syntagma, les pierres à la main.

Des salariés.

ORIGINAL : http://news.infoshop.org/article.php?story=20081217200907717

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A SUIVRE SUR : http://emeutes.wordpress.com/

3.Posté par lea le 01/01/2009 12:39 | Alerter
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Ils ont bien raison de faire la révolution pour destituer du pouvoir tous ces franc-maçons déguisés, il faudrait que la population mondiale se soulève en même temps, ils ne pourront pas contenir un soulèvement si tout le monde manifeste.

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