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Supputations autour de la réunion au sommet entre Poutine et Trump


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Paul Craig Roberts
Vendredi 29 Juin 2018






    La rencontre que l'État profond a tenté de rendre impossible avec les assertions inventées du ‘RussiaGate’ et une ‘enquête’ mise en scène par Mueller, est maintenant organisée par John Bolton, un néocons de l'État profond. Patrick Lang explique ici comment c’est arrivé :





John Bolton ayant été réveillé en sursaut par un cauchemar terrifiant, la paix dans le monde, Trump l’a envoyé à Moscou pour organiser le programme, la date et le lieu de la réunion.



    Beaucoup, en particulier Matthew Rojansky et Andrey Kortunov, voient des avantages dans la réunion entre Poutine et Trump.



    Tout comme Trump, Poutine lui-même voit des avantages dans cette réunion. Poutine voit l'espoir d'améliorer les relations entre les deux gouvernements. La ‘tension dans les relations’ est bien entendu entièrement due à Washington, qui diabolise la Russie et Poutine avec de fausses accusations et des mesures hostiles, comme des sanctions illégales. C'était une erreur de calcul de Washington de s'attendre à ce que son coup d'État en Ukraine oblige la Russie à abandonner sa base navale sur la mer Noire.



    Sur quoi pourrait reposer quelque accord ? La position de Bolton a été de s’opposer à tout rapprochement ou coopération avec la Russie. Du point de vue des néocons, la Russie fait obstacle à la suprématie des États-Unis sur le monde. Comme l’indique la doctrine de politique étrangère néocons, l'objectif des États-Unis est d'étouffer l’émergence de tout pays capable de se mettre en travers de leur unilatéralisme. Parce que la Russie fait obstacle au monde unipolaire, la Russie est un défi à l'ordre mondial étasunien.



    La réussite du sommet exigera que Trump rejette la doctrine néocons. Si Trump peut s'en sortir avec Bolton assis à ses côtés, les censeurs de Trump feront figure d’andouilles. Bolton et l'État profond ont-ils les moyens de concocter le fiasco du sommet pour assurer la continuation du statut d'ennemi de la Russie et maintenir ainsi l'énorme budget et le pouvoir du complexe militaro-sécuritaire des États-Unis ? Trump est-il le surhomme capable de venir à bout de ces puissants intérêts, dont le président Eisenhower avait mis en garde en 1961 ? Depuis plus d’un demi-siècle, après avoir été alimenté par des décennies de guerre froide et de guerre à la terreur, dans quelle mesure ce complexe est-il devenu plus fort ?



    Assad et sans doute l'Iran sont convaincus que c’est perdre son temps que de négocier avec Washington. Assad a conclu que « le problème avec les présidents étasuniens, c’est qu'ils sont otages des lobbies. Ils peuvent vous dire ce que vous voulez entendre, mais ils font le contraire. C'est le problème et ça devient de pire en pire. Trump en est l’exemple frappant. C'est pourquoi, quand vous parlez aux Étasuniens, discuter de quelque chose avec eux ne règle rien. Il n'en sort rien. Ce n’est que perte de temps. »



    Le point de vue d’Assad exprime ce qu’il constate de son côté. L'une des premières actions de Trump a été de se retirer unilatéralement de l'accord multinational sur le nucléaire iranien. Il n'y a aucune signe qui aille dans le sens des espoirs russes.



    Un exercice intéressant consisterait à passer en revue tous les accords conclus par Washington au cours de l'histoire des États-Unis, et de calculer le pourcentage de ceux qu’il a maintenus. Si Poutine ne veut pas être mené en bateau, il devrait réfléchir aux paroles de Joseph, le chef des indiens Nez-Percés, faisant le bilan de ses négociations avec Washington : « J'ai entendu parler et parler, mais rien n'a été fait. Je suis fatigué des discussions qui ne servent à rien. J’ai mal au cœur en me souvenant de toutes les bonnes paroles et des promesses non tenues. »





Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur chez Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L'Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l'illusion Obama, a été traduit en français.



Paul Craig Roberts, 28 juin 2018


Original : www.paulcraigroberts.org/2018/06/28/two-views-putin-trump-summit-paul-craig-roberts/

Traduction Petrus Lombard







Vendredi 29 Juin 2018


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