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Sri Lanka : Des centaines de morts dans l'assaut final lancé par l'armée / France : Des Tamouls arrêtés lors d'une manifestation contre les tueries de masse au Sri Lanka


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Mercredi 7 Décembre 2016 - 15:38 OBAMA VEUT À TOUT PRIX LA GUERRE


L'armée sri lankaise a lancé une offensive pour capturer la petite bande de terre restant entre les mains du LTTE (Tigres de libération de l'Eelam tamoul) dans le nord du pays. Les organismes d'aide ont dit redouter une catastrophe humanitaire du fait que les combats englobent quelque 100 000 civils toujours pris au piège dans la zone déclarée « sécurisée » par le gouvernement.


Vendredi 24 Avril 2009

Sri Lanka : Des centaines de morts dans l'assaut final lancé par l'armée / France : Des Tamouls arrêtés lors d'une manifestation contre les tueries de masse au Sri Lanka
Par K. Ratnayake


Le gouvernement a rejeté des appels des Nations unies, des grandes puissances et des organisations internationales pour un arrêt des combats et a cyniquement qualifié son offensive de « plus grande opération de sauvetage » visant à libérer des civils. En fait, ce qui est en train de se produire est un crime de guerre qui a déjà coûté la vie à des centaines de civils durant seulement ces deux derniers jours.

La propagande gouvernementale a montré de longues colonnes de civils fuyant le territoire contrôlé par le LTTE après que l'armée a fait une brèche dans les barrières terrestres défensives du LTTE. L'armée déclare avoir « libéré » plus de 62 000 civils durant ces deux derniers jours et a diffusé une vidéo sur les chaînes télévisées de Colombo. Le président Mahinda Rajapakse a dit que l'exode représentait « un vote massif pour la liberté au même titre que la chute du mur de Berlin en novembre 1989. »

Il est impossible de confirmer les chiffres étant donné que le gouvernement a interdit tout reportage indépendant et la plupart des organismes d'aide de la zone de guerre. La porte-parole du Comité international de la Croix Rouge (CICR), Sarasi Wijeratne a dit aux agences de presse que les chiffres de son organisation sont beaucoup moins importants et font état de 11 000 personnes ayant traversé les lignes de combat lundi et de 5000 mardi.

Le gouvernement a de bonnes raisons d'exagérer l'étendue de l'exode pour détourner la critique internationale de ses actions et maintenir le reste des travailleurs de l'île dans l'ignorance en ce qui concerne ses crimes. Rajapakse accuse le LTTE d'utiliser la population civile comme « boucliers humains », mais a ordonné à l'armée d'entrer dans la zone sécurisée pour accomplir « la victoire totale, » témoignant d'une indifférence cynique à l'égard des civils pris au piège.

Tandis que les organismes d'aide ont effectivement fait état de cas où le LTTE a empêché des civils de quitter son territoire, la raison principale de la fuite de civils se trouve dans les conditions abominables régnant dans la zone sécurisée. L'armée a bloqué tout approvisionnement d'aide, laissant des dizaines de milliers de civils sans nourriture, sans abri et sans médicaments adéquats. La tactique consistant à créer la panique, l'armée a, de façon répétée et sans discrimination, lancé des salves d'artillerie dans cette région.

Le directeur des opérations du CICR, Pierre Krähenbühl a décrit hier la situation actuelle comme « rien moins que catastrophique ». Il a poursuivi : « Essentiellement, aucun des besoins basiques des civils ne sont satisfaits en ce moment, et la crainte d'épidémies, de malnutrition et d'augmentation des morts du fait du manque de soins, s'accroît chaque jour...

« Nous estimons qu'il y a facilement plus de 1000 personnes blessées nécessitant des soins urgents et une évacuation de la zone de combat. Nous craignons beaucoup que cette offensive finale dans cette zone, par les forces gouvernementales, contre les combattants du LTTE ne conduise à une augmentation dramatique supplémentaire du nombre des victimes civiles. »

Le CICR a fait remarquer que la situation s'est aggravée depuis lundi, où l'armée a capturé le village de Putumattalan qui était utilisé pour faire parvenir un approvisionnement limité de nourriture et de médicaments. L'hôpital de fortune du village a été fermé. « Il n'y a aucun soin médical dispensé. Nous lançons un appel aux deux côtés pour qu'ils protègent les civils, et ceci ne s'est pas encore produit à ce jour, » a dit le porte-parole du CICR Simon Schorno.

Le nombre de morts parmi les civils est en train de s'accélérer. Les Nations unies estiment qu'au moins 4500 personnes ont été tuées et 12 000 blessées depuis le début de l'année. Le mois dernier, l'association humanitaire américaine Human Rights Watch a fait état d'au moins 2700 civils tués cette année dans la zone sécurisée cette année. Selon le LTTE plus de 1000 personnes ont été tuées et 2300 blessées dans les bombardements de ces deux derniers jours. Le porte-parole du LTTE Thileepanm qui s'est entretenu avec la BBC par téléphone tandis qu'on entendait des bruits d'explosions a dit que l'armée avait touché un hôpital, un orphelinat et de nombreuses maisons, forçant les gens à se réfugier sous des bûches et dans des bunkers de fortune.

Eesan Ketheesan a dit à la radio australienne ABC hier qu'il venait juste de parler brièvement au téléphone avec son oncle qui se trouve dans la zone sécurisée. « Malheureusement il crie et il pleure et il y a eu beaucoup de gens tués ce jour-là. En fait où qu'ils aillent il y a des corps partout, et cette fois, il y a beaucoup d'enfants tués. »

Beaucoup de ceux qui fuient la zone sécurisée sont blessés. Médecins sans frontières (MSF) a décrit hier la situation chaotique régnant à l'hôpital Vavuniya où plus de 400 personnes ont été admises en l'espace de 36 heures seulement, soit le double de la semaine dernière. « Les bus arrivent encore et en fait ils déchargent parfois des corps sans vie parce que certains blessés sont morts en route », dit Karen Stewart de MSF.

Il y a probablement 85 pour cent des personnes auxquelles j'ai parlé qui ont été témoins de choses abominables, comme se trouver dans un bunker et soudain une bombe explose et la moitié des gens dans le bunker meurent. Une autre personne à qui j'ai parlé m'a raconté qu'elle était sortie chercher de l'eau et quand elle est revenue tout le monde dans le bunker où elle se trouvait était mort, » a expliqué Stewart.

Les témoignages d'inquiétude du gouvernement à l'égard des civils pris au piège sont démentis par le fait qu'il détient ceux qui ont fui la zone sécurisée. Loin d'être traités comme des réfugiés, ils sont traités en ennemis et envoyés dans des camps de prisonniers sordides entourés de fils barbelés et gardés par des militaires. D'après MSF, les centres de détention près de Vavuniya sont très fortement surpeuplées, « dans certains cas, une famille entière doit vivre dans un espace de la taille d'un sofa. »

Le président Rajapakse, des ministres du gouvernement et les médias de Colombo cherchent à attiser une atmosphère de jubilation sur la victoire imminente de l'armée. Il s'est rendu au quartier général de l'armée de l'air à Colombo pour regarder des vidéos montrant comment l'armée avait pénétré dans la zone sécurisée. « Le processus de totale défaite du LTTE a tout juste commencé, » a-t-il déclaré triomphalement. « A présent tout est fini pour les Tigres. »

Ayant fixé un ultimatum de 24 heures à partir de lundi midi pour que le LTTE se rende inconditionnellement, le gouvernement va de l'avant avec son massacre final. Rajapakse a repoussé d'un revers de main un appel de Gordon Brown, premier ministre britannique, de prolonger l'arrêt de deux jours dans les combats. Le premier ministre Ratnasiri Wickremanayake, témoignant du mépris officiel pour le sort des civils, a tourné en dérision de tels appels internationaux les qualifiant de « grosse plaisanterie » ayant pour but de sauver le LTTE.

Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et les grandes puissances faisant pression pour « une pause humanitaire » n'agissent pas par souci des milliers de civils pris au piège. Pendant plus de deux ans, ces gouvernements ont tacitement soutenu le gouvernement Rajapakse tandis que l'armée sri lankaise violait ouvertement le cessez-le-feu, bombardait des civils et attaquaient les droits démocratiques de base. L'inquiétude principale de Washington est qu'un désastre humanitaire dans le nord du Sri Lanka déstabilisera l'île et l'Inde voisin, perturbant les intérêts économiques et stratégiques américains dans cette région.

Pour sa part, le LTTE continue à lancer des appels futiles à ces mêmes puissances impérialistes qui ont soutenu la « guerre contre le terrorisme » de Rajapakse et conduisent leurs propres guerres impérialistes en Afghanistan et en Irak. Une déclaration du LTTE faite lundi appelait le gouvernement sri lankais à tenir compte de « l'appel à un cessez-le-feu émanant des Etats-Unis et d'autres membres de la communauté internationale ».

La détermination du gouvernement de Rajapakse à poursuivre son assaut quand même est un avertissement significatif à la classe ouvrière sri lankaise. Une victoire militaire ne fera que renforcer les sections les plus réactionnaires de l'élite dirigeante de Colombo. Loin d'apporter la paix et la prospérité, la destruction de la capacité militaire du LTTE dressera le décor pour un nouvel assaut sur les travailleurs. En pleine crise économique qui va s'accroissant, le gouvernement n'hésitera pas à utiliser le vaste appareil répressif qu'il a construit pendant 25 ans afin de le diriger contre les travailleurs, les fermiers et les jeunes cherchant à défendre leur niveau de vie.

France : Des Tamouls arrêtés lors d'une manifestation contre les tueries de masse au Sri Lanka

www.citizenside.com
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Par Antoine Lerougetel

Lundi soir, la police a attaqué une manifestation de rue spontanée de 500 Tamouls dans le quartier de La Chapelle à Paris contre les tueries de masse perpétrées par l'armée sri lankaise contre leur population. La police a interpellé 210 personnes et en a retenu en garde à vue, au moins jusque mardi, 143.

Plus de 2 000 Tamouls ont aussi manifesté ce jour-là à Londres. Aucun reportage n'a fait état de heurts avec la police.

La manifestation de Paris a été une réaction spontanée de l'importante communauté tamoule de Paris à l'annonce de tueries à grande échelle perpétrées par l'armée sri lankaise plus tôt dans la journée. Les tracts distribués lors de la manifestation déclaraient que ces attaques du gouvernement contre le territoire contrôlé par les Tigres tamouls du LTTE avaient tué 1496 civils dont 476 enfants.

Durant ces deux dernières semaines, il y a eu des manifestations de la diaspora tamoule dans le monde entier contre le massacre de civils tamouls par l'armée sri lankaise qui encercle les 17 kilomètres carré de territoire restant encore sous le contrôle des Tigres tamouls, après trois décennies de guerre civile et 70 000 morts.

Lundi, le gouvernement de Rajapakse a donné 24 heures aux Tigres tamouls pour se rendre, après quoi il a dit qu'il lancerait un assaut militaire final sur l'enclave. International Crisis Group a dit qu'une « tragédie humanitaire » était en train de se produire dans la région, avec près de 150 000 civils encore pris au piège dans l'enclave.

A La Chapelle, des jeunes tamouls ont organisé un sit-in dans la rue, bloquant ainsi la circulation. Des manifestants ont informé le WSWS que l'émeute qui s'en est suivie a été occasionnée par une provocation policière : un véhicule de la police avait roulé sur la jambe d'un manifestant lors du sit-in lorsque la police essayait de dégager la route. La police avait lancé des bombes de gaz lacrymogènes sur les manifestants qui en retour leur avaient renvoyé les bombes.

Des échauffourées avec la police ont alors commencé, avec jets de bouteilles sur eux, trois autobus ont été légèrement endommagés. Le Monde rapporte : « Selon la préfecture, quatre personnes dont un policier ont été légèrement blessées lors des incidents. » La préfecture a dit que des poursuites pourraient être engagées pour « attroupement armé » contre les personnes en garde à vue, une bouteille étant juridiquement considérée comme une arme par destination.

Les manifestants scandaient : « Peuple français, réagis ! M. Sarkozy, aidez-nous, aidez-nous. » Certains, comme dans les manifestations précédentes brandissaient des pancartes avec des photos du président français. Mais il est clair que les sympathies de l'Etat français ne vont pas aux nombreux exilés tamouls en détresse qui ont perdu des êtres chers, des parents et des amis ou savent que ces derniers sont pris au piège dans la zone de combat. Au contraire, comme il l'a fait tout au long de la guerre civile, l'impérialisme français continue d'apporter son soutien à la bourgeoisie sri lankaise dont elle pense qu'elle est plus à même de servir ses intérêts géopolitiques.

Le LTTE, représentant les intérêts de la bourgeoisie tamoule, s'oppose à toute politique visant à mettre fin à la guerre par l'unification de la classe ouvrière sri lankaise, tamoule, cinghalaise et musulmane, sur la base de leurs intérêts de classe contre le gouvernement de la bourgeoisie sri lankaise. Même devant l'hostilité de l'impérialisme français, britannique, allemand et américain à leur projet d'établir un petit Etat séparé, le LTTE continue d'en appeler à ces forces. Le fait qu'ils paradent avec des portraits de Nicolas Sarkozy et d'autres dirigeants impérialistes ne contribue qu'à isoler les manifestants de la classe ouvrière de ces pays.

Les attaques de Sarkozy lundi sur les Tamouls sont non seulement un acte de solidarité avec le gouvernement de Rajapakse mais participent aussi de mesures générales de répression d'Etat contre tous les travailleurs qui essaient de résister face à l'augmentation du chômage et la perte des droits dans un contexte d'aggravation de la crise économique mondiale.

La chasse aux immigrés en tant que section vulnérable de la classe ouvrière est une préparation à des attaques toujours plus importantes contre les droits et le niveau de vie de la classe ouvrière et des jeunes. Parmi les 27 000 immigrés qui cherchent à obtenir un permis de séjour et que le gouvernement cible pour la déportation chaque année, nombreux sont des Tamouls.

Au moment même où la police s'en prenait aux Tamouls à Paris, autour de Calais ils raflaient quelque 200 immigrés, principalement des Afghans cherchant à gagner la Grande-Bretagne.

http://www.wsws.org/ http://www.wsws.org/



Vendredi 24 Avril 2009


Commentaires

1.Posté par bizboy le 24/04/2009 16:29 | Alerter
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pauvre tamouls !!!! ça rappel bien gaza vs izrael......!!!! solidarité avec les opprimés

2.Posté par DéDé "contre les opresseurs" le 24/04/2009 17:18 | Alerter
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Bravo Bizboy Solidarité avec tout les opprimé(e)s de notre planete

3.Posté par loubna le 24/04/2009 20:23 | Alerter
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il faut lutter de toute notre force contre l imperialisme sauvage le terrorisme de l etat les crimes contre l humanite les genocides le rasisme d etat sinon le grande majorite de l humanite sera victime d un desastre effroyable


4.Posté par émile zozo le 24/04/2009 21:38 | Alerter
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il sont chauds les boudhistes....car l'état srilankais est boudhiste, et les tamouls sont indouhistes. Ces crimes de guerres montrent s'il était nécessaire, que le pouvoir corrompt, boudhiste ou pas...

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