Géopolitique et stratégie

Sous-marins russes et de l'OTAN en Arctique: vers une nouvelle chasse mutuelle?



Ria Novosti
Jeudi 29 Mars 2007

Comme à l'époque de la guerre froide, les flottes de l'OTAN veulent contrôler l'Arctique, écrit l'hebdomadaire russe VPK, proche des industries de défense.

Sans un accident récent à bord du sous-marin britannique Tireless (Infatigable), en mission dans la zone arctique, dans lequel deux marins ont trouvé la mort, écrit l'hebdomadaire, l'opinion n'aurait jamais appris que la Royal Navy et ses alliés américains avaient mené des exercices dans l'Océan arctique. Car aucun pays ne commente les déplacements de ses submersibles.

Nul ne l'ignore, les sous-marins américains "chassaient" les submersibles nucléaires soviétiques. Il est aussi vrai qu'au milieu des années 90, le Pentagone a annoncé que la flotte américaine mettait fin à cette activité, en raison de la fin de la confrontation stratégique globale. Mais on peut supposer que tout "revient à la normale" et que les Etats-Unis engagent activement les Britanniques dans la mise en oeuvre de ce "programme de chasse".

Le Tireless appartient à la classe Trafalgar, projetée pour mener des opérations, entre autres, dans la zone arctique. A la fin de la guerre froide, ces engins ont fait leur apparition aux abords du Proche-Orient. Il est difficile de suivre les déplacements secrets des sous-marins et le journal se contente de reproduire leurs apparitions connues dans l'ordre chronologique. Le 19 mai 2000, dans le détroit de Gibraltar, suite à une panne dans le système de refroidissement de son réacteur, le Tireless a rejeté de l'eau radioactive dans la mer. Il refait ensuite surface en avril 2004, au Pôle-Nord. A l'époque, la publication de ses coordonnées exactes était le résultat d'une action publicitaire. Deux sous-marins nucléaires, l'américain Hampton et le britannique Tireless, se sont rencontrés au Pôle-Nord, à quelques miles l'un de l'autre, afin que leurs équipages puissent jouer au football. Les deux navires ont pris part à des exercices conjoints, c'est la raison pour laquelle leur rendez-vous à la surface avait été prévu à l'avance. On disait également que les exercices militaires n'étaient pas l'unique objectif de leur présence dans les eaux polaires: des groupes de scientifiques à leur bord "étudiaient les indices du réchauffement global". Les chercheurs britanniques s'intéressaient notamment à l'épaisseur de la glace, à ses propriétés physiques et chimiques, à la température et à la composition de l'eau dans la zone attenante au pôle. Pour tout spécialiste, il était clair que ces données pourraient être utilisées lorsque des Trafalgar commenceraient à patrouiller dans cette région de manière permanente.

C'est ce qui s'est produit. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si, comme l'écrit l'hebdomadaire VPK, certains analystes occidentaux ont qualifié ces exercices des forces sous-marines de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis de réponse au tir d'un missile intercontinental réalisé en octobre 2006 depuis le sous-marin nucléaire russe Ekaterinbourg. Le journal affirme que l'US Navy s'est vu assigner pour mission l'évincement, avec l'aide de son allié britannique, des Russes de l'Océan glacial arctique.


Jeudi 29 Mars 2007

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