Palestine occupée

Sous la pression, l’ONU retire un rapport accusant Israël d’apartheid


La secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (CESAO), Rima Khalaf a présenté, vendredi 17 mars, sa démission suite à la demande du SG de l’ONU, Antonio Guterres, d’annuler un rapport accusant Israël de soumettre les Palestiniens à une politique qui s’apparente au régime d’apartheid.


Nacereddine Benkharef
Samedi 18 Mars 2017

António Guterres, nouveau secrétaire général des Nations unies, a pris ses nouvelles fonctions de secrétaire général de l’ONU début janvier. (Crédits : DR)
António Guterres, nouveau secrétaire général des Nations unies, a pris ses nouvelles fonctions de secrétaire général de l’ONU début janvier. (Crédits : DR)
Un texte qui condamne les pratiques israéliennes

« Le Secrétaire général de l’ONU m’a demandé, hier matin, de retirer (le rapport), je lui ai demandé de repenser sa décision mais il a insisté », a expliqué la Secrétaire générale adjointe des Nations unies lors d’un point de presse à Beyrouth, selon le quotidien français Libération.

« Sur ce, je lui ai présenté ma démission de l’ONU », a affirmé la responsable onusienne d’origine jordanienne.

Basée à Beyrouth, la CESAO compte 18 pays arabes dont l’État de Palestine. Elle a pour mission le renforcement de la coopération et la promotion du développement entre ces pays.

D’après ce rapport, Israël pratique une politique de « fragmentation stratégique » qui lui permet d’imposer aux Palestiniens « une domination raciale » avec des lois qui diffèrent d’une région à une autre.

« Israël est coupable d’imposer un régime d’apartheid au peuple palestinien, ce qui correspond à la commission d’un crime contre l’humanité », pointe le texte.
Des pressions américaines

Cependant, cette initiative n’a pas abouti en raison d’une probable intervention directe des États-Unis, principal allié d’Israël. En effet, les États-Unis ont réclamé, mercredi 15 mars, le retrait du rapport, se disant «outrés» par le document qui conclut que l’État hébreu est «coupable de politiques et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ».

« Quand quelqu’un publie un rapport (…) diffamatoire au nom de l’ONU, il est pertinent que cette personne démissionne », a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley en réaction à la démission de Mme Khalaf.

De son côté, le Secrétaire général des Nations unies a accepté la démission de Mme Khalaf tout en niant qu’elle soit le résultat de pressions américaines, selon les affirmations de son porte-parole, Stéphane Dujarric, cité par l’AFP.

Selon lui, le patron de l’ONU ne pouvait « accepter qu’un secrétaire général adjoint ou tout autre responsable de l’ONU (…) autorise une publication sous le logo de l’ONU sans consulter les départements concernés et lui-même ».
Le nouveau patron de l’ONU savait ?

Pourtant, selon France24 citant des sources à l’ONU, Antonio Guteerres était au courant de ce rapport depuis plusieurs mois. Ce dernier a même été diffusé dès le 15 décembre 2016 avant la nomination de M. Gutteres.

De son côté, Mme Kalaf a indiqué lors de sa conférence de presse qu’elle « s’attendait bien sûr à ce qu’Israël et ses alliés exercent des pressions énormes sur le Secrétaire général de l’ONU pour qu’il désavoue le rapport et qu’ils lui demandent de le retirer ».

En décembre 2016, le Conseil de sécurité a adopté une résolution condamnant la colonisation israélienne en Palestine.

http://www.tsa-algerie.com/20170318/pression-lonu-retire-rapport-accusant-israel-dapartheid/ http://www.tsa-algerie.com/20170318/pression-lonu-retire-rapport-accusant-israel-dapartheid/



Samedi 18 Mars 2017


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