Conflits et guerres actuelles

Soudan : l’opposant Hassan Tourabi arrêté, l’armée traque les rebelles



Mardi 13 Mai 2008

Les forces de sécurité ont arrêté lundi à Khartoum le chef de l’opposition islamiste soudanaise Hassan al-Tourabi et continué leur traque de rebelles du Darfour, qui ont menacé d’attaquer de nouveau la capitale soudanaise, théâtre de tirs sporadiques.

Deux jours après une attaque sans précédent contre la ville jumelle de Khartoum, Omdurman, par le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), le plus puissant militairement des groupes rebelles du Darfour, des témoins ont indiqué avoir entendu des coups de feu près de l’ambassade des Etats-Unis à Khartoum, où le couvre-feu a été levé.

M. Tourabi a été arrêté avec au moins quatre cadres de son parti, le Congrès populaire. "Les forces de sécurité sont venues chez nous ce matin et ont arrêté mon époux Béchir (Adam Rahma). Nous savons qu’elles détiennent aussi Hassan al-Tourabi et au moins trois autres membres importants du parti", a expliqué Israa Mohammed al-Béchir par téléphone. "Les forces de sécurité n’ont donné aucune raison pour l’arrestation mais certains disent qu’ils étaient impliqués dans ce qui s’est passé à Khartoum", selon elle.

M. Tourabi, ex-bras droit du président Omar el-Béchir et aujourd’hui son principal ennemi, a été emprisonné à plusieurs reprises, accusé de menées putschistes ou de liens avec le JEM.

Khalil Ibrahim, chef du JEM, a été dans le passé un partisan de M. Tourabi. Les autorités estiment qu’ils coordonnent toujours leurs activités.

Les deux hommes ont nié ces liens, mais M. Tourabi avait salué le JEM en 2006, affirmant partager son projet d’une démocratie islamiste au Soudan. L’attaque samedi contre Omdurman est la première lancée aussi près de la capitale par des rebelles avec l’objectif de renverser le régime.

Les autorités ont affirmé l’avoir repoussée et ont rompu dimanche les relations diplomatiques avec le Tchad, accusé d’implication dans l’attaque, ce que N’Djamena a démenti.

En réaction, le Tchad a annoncé lundi la fermeture de sa frontière avec le Soudan pour, notamment, "se mettre à l’abri de toute surprise" et décidé de geler ses relations économiques avec le Soudan.

N’Djamena et Khartoum ont depuis cinq ans des relations très tendues, s’accusant notamment de déstabilisation par groupes armés interposés.

Selon Saddiq Babo Nimir, un habitant d’Omdurman toujours sous couvre-feu, les soldats sont déployés en force dans la ville. "Il y a des échanges de tirs. Les gens courent dans tous les sens. La principale route est fermée et un grand nombre de soldats y sont déployés", a-t-il dit à l’AFP par téléphone. "Lorsqu’ils ont été défaits, (les rebelles) ont commencé à fuir d’un endroit à l’autre à Omdurman. Nous les pourchassons", a dit un responsable des Affaires étrangères, Ali Youssef. "Nous sommes prêts à faire face à n’importe quelle menace de la part des rebelles. Nous sommes aussi prêts à des négociations avec les rebelles à tout moment, en tout lieu", a affirmé le ministre d’Etat soudanais pour les Affaires étrangères, Ali Kerti, cité par l’agence officielle égyptienne Mena.

Selon l’agence officielle Suna, l’armée a tué samedi un commandant du JEM et a éliminé une unité rebelle de 45 hommes. Elle a aussi arrêté 300 combattants.

Le chef d’état-major du JEM, Souleimane Sandal, a déclaré à l’AFP que son mouvement avait décidé de porter à Khartoum la bataille du Darfour, une région de l’ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis 2003. "Maintenant je suis à Omdurman où se trouvent nos troupes que je réorganise, a-t-il dit. Si le gouvernement ne règle pas nos problèmes, nous nous préparerons à attaquer

Khartoum y compris le palais (présidentiel). Nous n’allons plus combattre au Darfour et dans le désert, nous allons combattre à Khartoum".

Il s’est étonné de l’arrestation de M. Tourabi, affirmant qu’il n’avait "aucun lien avec notre mouvement".

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Mardi 13 Mai 2008

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