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Sommet de Singapour : Israël grand absent


L’accord conclu hier entre Trump et Kim Jong Un confirme la politique du deux poids deux mesures des pays occidentaux


Al-Quds Al-Arabi
Jeudi 14 Juin 2018

La rencontre de Singapour entre le Président américain Donald Trump et le Président nord-coréen Kim Jong Un mérite d’être qualifiée de « sommet historique » car c’est la première fois que nous assistons à la signature d’un accord au plus haut niveau entre ces deux pays ennemis depuis 70 ans. L’histoire attendra la suite des négociations compliquées pour juger du succès de ce sommet visant à dénucléariser la péninsule coréenne. L’accord ne mentionne pas la demande américaine précédant le sommet de « dénucléarisation complète, soumise au contrôle et définitive ». Il ne mentionne pas non plus l’engagement de Washington de retirer ses troupes présentes au Japon (50 000 soldats) et en Corée du Sud (plus de 23 000), ni la suspension des exercices militaires conjoints avec ces deux pays. Trump a confirmé, après la signature de l’accord, que les sanctions économiques imposées à Pyongyang ne seraient pas levées dans un futur proche, c’est-à-dire avant la dénucléarisation et le démantèlement des sites de fabrication des missiles balistiques.
Une victoire personnelle pour les deux chefs d’Etat

On peut dire que le sommet est une victoire personnelle pour les deux chefs d’Etat compte tenu des nombreux problèmes qui ont perturbé sa préparation, des menaces et insultes échangées par Trump et Kim, et des tensions qui ont régné sur les discussions. Le Président américain peut se vanter d’avoir réalisé ce qu’aucun président n’avait fait avant lui, alors que son administration se caractérise par ses ruptures d’accords et de traités plutôt que par leur signature. Le leader nord-coréen peut quant à lui se vanter d’avoir surpassé son père et son grand-père, et espérer sortir son pays de son isolement international ainsi que des sanctions qui l’étouffent.

Si les deux parties font preuve de bonne foi et que les prochaines négociations aboutissent, le monde aura fait un grand pas pour préserver l’humanité du danger des armes nucléaires, qui demeurent un cauchemar malgré qu’elles demeurent dissuasives depuis leur utilisation par les Etats-Unis à Hiroshima et Nagasaki. Les doutes planant sur le futur de cet accord ne proviennent pas seulement des complications techniques autour des futurs contrôles, mais aussi du fait que le Président américain est bien le premier susceptible de mettre un terme à cet accord, comme il l’a fait avec l’accord iranien et l’accord sur le climat.
L’hypocrisie de l’Occident face au programme nucléaire israélien

Entre la Libye, où le programme nucléaire était une des folies de Muammar Khadafi, et l’Iran, dont le programme n’a pas atteint le stade de la fabrication d’armes après l’enrichissement, le programme nord-coréen est arrivé à son terme, ce qui donne une importance toute particulière au sommet de Singapour. En attendant la suite, ce sommet nous rappelle l’hypocrisie de l’Occident face au programme nucléaire israélien puisque l’occupant est membre de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique mais refuse de signer le traité de non-prolifération des armes nucléaires. Il refuse aussi d’autoriser l’Agence à examiner ses sites nucléaires. Tant que la politique du deux poids deux mesures sera la norme chez les grandes puissances, la paix internationale restera un vœu pieux.



Jeudi 14 Juin 2018


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