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Solidarité active avec la grève de la fac de Tolbiac !


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Mouvement pour l'égalité (MPE) [contact@mouvement-egalite.or
Jeudi 10 Mai 2007

Solidarité active avec la grève de la fac de Tolbiac !

Communiqué du MPE

Par MPE
jeudi 10 mai 2007

En soutien aux étudiants de Tolbiac (Paris-1) en grève avec occupation, nous reproduisons à la suite de notre communiqué (ci-dessous) l’appel voté en assemblée générale hier, mercredi 9 mai.

Les promesses de « notre » nouveau président pour l’éducation nationale ? Autonomie des universités (avec sélection à l’entrée et frais d’inscription élevés et à géométrie variable)... Conseil d’administration sous influence patronale... « Réorientation en fin de premier semestre pour les étudiants dont les résultats seraient insuffisants »... Suppression de la carte scolaire... Menaces contre les établissements en ZEP... Encouragement du privé sous contrat à s’implanter dans ces zones dites « sensibles »... « Un service public de l’orientation » directement sous la coupe du patronat... Remise en cause du statut des étudiants étrangers... Chasse et expulsions des lycéens et étudiants sans-papiers... Allongement du temps de travail et rémunération des enseignants au mérite... Attaque contre le droit de grève des enseignants, soumis au « service minimum »...

Le « libéralisme » c’est la casse d’un enseignement public déjà bien entamé par les précédents gouvernements de droite et de gauche. C’est un enseignement livré ouvertement, sans faux semblant, au patronat. Livré aux règles de la jungle de la rentabilité capitaliste. C’est le règne de la ségrégation sociale, l’instauration d’un enseignement à deux, trois, plusieurs vitesses... C’est la mise au pas des jeunes et des enseignants... C’est la revanche qu’ils veulent prendre sur les mobilisations de la jeunesse qui, avec la participation massive des salariés du public et aussi du privé, ont mis en échec leur CPE. C’est en finir avec le spectre de Mai 68 qui, déclenché par les mobilisations étudiantes déterminées, s’est étendu à dix millions de travailleurs, mettant en péril l’« ordre » bourgeois.

L’appel de l’AG de Tolbiac montre à quel point les étudiants en lutte savent que l’offensive que leur mijote Sarkozy n’est qu’un volet de son offensive globale : contre le droit de grève, le mouvement syndical, les retraites, le droit du travail, les acquis sociaux, les libertés démocratiques, les banlieues populaires ségréguées socialement et « ethniquement », les immigrés (à commencer par les sans-papiers), etc. Et que pour la contrer, « les manifestations spontanées et les luttes isolées ne suffiront pas ». Sarkozy se prépare effectivement à une attaque revancharde et réactionnaire dans tous les domaines. Il n’y a pas d’autre voie que celle de notre mobilisation pour une contre-attaque d’ensemble.

Après les manifestations qui se sont succédé depuis le 6 mai, la « simple » occupation de Tolbiac inquiète un pouvoir qui sait que, malgré la victoire électorale de Sarkozy, il y a dans de larges couches de ce pays un profond rejet de sa politique - qui pourrait exploser à la moindre occasion. François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur, est monté au créneau aussitôt demandé au président de l’université de Paris 1 de « prendre toute mesure pour assurer la liberté d’accès au site et la continuité du service public. » Une menace à peine voilée à recourir à la violence policière pour expulser la « minorité perturbatrice »...

L’université de Tolbiac ne doit pas rester isolée. La grève doit être fermement organisée et étendue : comité d’organisation de la grève, piquets, délégations envoyées dans les lycées et les autres universités, à Paris, dans la région parisienne, en province, pour qu’ils la rejoignent dans la lutte,... Pour se protéger d’une intervention policière, les étudiants doivent avoir le soutien actif des enseignants, du personnel administratif et de leurs syndicats. Nous soutenons aussi l’appel de l’AG à ce que les travailleurs viennent les rencontrer à Tolbiac et les rejoignent dans la grève.

Aujourd’hui, le gouvernement tente de dresser la « légitimité populaire » - la victoire électorale de Sarkozy - contre le danger d’une généralisation des mobilisations. Les urnes contre la rue !! Malheureusement lui emboîte le pas la prétendue « opposition ». « Le seul moyen de réagir, c’est de prendre des bulletins de vote », explique François Hollande. Le très médiatique Bruno Julliard, le président de l’UNEF pro-PS, lui fait écho se disant « opposé » à cette contestation qu’il juge « contre-productive ». « On pense qu’il faut respecter le résultat du suffrage. D’un point de vue démocratique, personne n’a la légitimité de contester ce vote. » Henri Emmanuelli, autre ponte du PS en rajoute : ces manifestations risquent de profiter à la droite. Mais, ce qui profite à la droite, c’est de reprendre ses arguments ; c’est la passivité ; c’est abandonner le terrain des luttes pour les urnes ; c’est se mettre sur le même terrain « libéral » - comme l’a fait Royal pendant toute sa campagne. Ce n’est décidément pas avec de tels « dirigeants » de gauche que l’on combattra Sarkozy !

Droite et PS se retrouvent pour tenter de mettre l’actuelle résistance de Tolbiac (et probablement celle de Paris 8, de Nanterre ou d’autres) sur le compte d’un refus de « groupuscules d’extrême gauche » du « verdict des urnes », et donc de la « Démocratie », d’assimiler les grévistes de Tolbiac aux « casseurs » et des « incendiaires » de voitures au soir de l’élection de Sarkozy, afin de discréditer cette lutte aux yeux de l’ « opinion publique ». Mais nous mettons en garde : sous prétexte de respect du suffrage universel, ce qui n’est plus respecté ici c’est le droit démocratique de lutter contre la politique désastreuse de l’« heureux élu », de faire grève, de manifester, etc. !

L’hostilité à la politique « libérale » d’un Sarkozy peut et doit se concrétiser dans l’action de masse unie. Non pour servir de tremplin à cette « gauche » timorée et légaliste qui ne rêve que de revenir au pouvoir. Mais pour faire échec à la politique autoritaire, xénophobe et antisociale d’une droite toujours nostalgique d’un passé colonial et d’un présent toujours impérialiste. Et pour s’engager dans un combat politique qui en finira une fois pour toutes avec toutes les inégalités, injustices et discriminations, par une transformation radicale de la société.

Mouvement pour l’égalité

Le 10 mai, 12h


Appel de l’AG de la fac de Tolbiac en grève

Voté à une très large majorité par les 700 étudiants réunis en Amphi N Tolbiac est occupé ce soir. Dès l’annonce de la victoire électorale de Sarkozy, des milliers de personnes ont manifesté spontanément. Les médias aux ordres ont sciemment minoré la révolte pour faire croire à l’unité nationale derrière Sarkozy. Révolte violemment réprimée par la police sarkozyste qui a procédé à des centaines d’arrestations. Nous exigeons la libération de tous nos camarades et l’arrêt de toutes les poursuites.

Nous avons raison de nous révolter car Sarkozy, à l’instar de Thatcher, veut briser le mouvement ouvrier, liquider les derniers acquis sociaux, et s’attaquer aux libertés démocratiques.

Dès juillet 2007, Sarkozy veut que le parlement décide : la destruction de l’université publique : sélection à l’entrée de l’université, sélection à l’entrée du master, hausse des frais d’inscription, attaques contre le statut des personnels. la liquidation du droit de grève : service minimum, obligation de voter à bulletins secrets pour décider de la continuation de la grève. le durcissement des conditions du regroupement familial la mise en place de peines planchers pour les récidivistes

Et ce n’est qu’un début. Car Sarkozy a annoncé des conférences sociales en septembre pour associer les syndicats à la destruction du code du travail, avec notamment la mise en place du contrat de travail unique, instaurant la précarité pour tous.

Les manifestations spontanées, les luttes isolées, ne suffiront pas à stopper les mesures de Sarkozy. Nous lançons un appel à tous ceux qui veulent s’opposer à la politique de Sarkozy : ne cédons pas à la démoralisation ! Organisons nous dans nos lycées, dans nos universités, dans nos quartiers, dans nos entreprises, et construisons tous ensemble la grève générale qui seule peut empêcher Sarkozy d’appliquer son programme.

Nous appelons l’ensemble des étudiants à se réunir au plus vite en Assemblée générale et à nous rejoindre dans la grève, avec piquets de grève.

Nous lançons un appel à toutes les directions syndicales : il est de votre responsabilité de refuser toute concertation avec ce gouvernement, d’appeler les travailleurs à se réunir en Assemblée générale, et de dresser la perspective de la grève générale.

Nous saluons les travailleurs d’Airbus à Saint Nazaire et à Nantes, qui sont en grève contre l’avis des principaux syndicaux. Nous lançons un appel à tous les travailleurs : rejoignez nous dans la grève, venez nous rencontrer à Tolbiac.

Nous sommes également solidaires des révoltes qui ont éclatées dans les quartiers populaires. Unissons nos forces pour combattre la politique patronale, autoritaire, raciste de Sarkozy !

Le mercredi 9 mai 2007 à 22h46



Jeudi 10 Mai 2007

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