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Economie et pouvoir financier

Société Générale : la piste britannique parle russe




Société Générale : la piste britannique parle russe
Présenté comme « une autre affaire qui embarrasse la Société Générale », le journal satirique Bakchich.info révèle que fin décembre 2007, après plus d’un an d’enquête, la section anti-fraude de la banque a « relevé de curieuses anomalies concernant le fonctionnement de près de 900 comptes bancaires ouverts dans des agences parisiennes et en Ile-de-France » par où transitaient des centaines de millions d’euros d’origine douteuse investi par la suite dans des projets immobiliers de grande ampleur à Paris ou sur la Côte d’Azur. Au centre du dispositif, un groupe investissant dans la pierre, contrôlé par deux frères dans l’orbite des oligarques milliardaires russes basés à Londres, connus comme la « nébuleuse Eltsine » : Roman Abramovitch, Oleg Deripaska et Lev Tchernoy.

Bakchich.info  : « d’effrontés journalistes ont voulu associer ces deux frères à la mafia. Pour des businessmen qui recourent aux services des plus grands cabinets d’avocats de Londres, Genève et Paris, quelle insolence ! »

La Société Générale a donc, en décembre 2007, adressée une déclaration de soupçon de blanchiment circonstancié à Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy. Selon Le Parisien d’hier, Tracfin aurait, de son côté, « d’ores et déjà » déclenché une enquête.

Les enquêteurs de la Société Générale auraient identifié le circuit de blanchiment des millions douteux.

Selon Bakchich.info, « les fonds transitant sur les comptes bancaires n’ont pas suivi non plus un parcours très clair. L’argent arrivait du Luxembourg après être passé aux Pays-Bas, au nom de sociétés dont les ayant droits ne sont pas toujours ceux qu’on croit. Le Luxembourg et les Pays-Bas appartiennent à l’UE et sont intégrés au Gafi (le groupe de travail des pays industrialisés sur le blanchiment), mais la transparence y reste, encore aujourd’hui, un concept assez élastique. Et nos amis milliardaires ont un goût prononcé pour les sociétés off-shore aux Bermudes, au Luxembourg, en Suisse... »

Si avant, tous les chemins conduisaient à Rome, ils mènent désormais à Londres.


Vendredi 08 Février 2008

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