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Situation économique

USA : La baisse de l’immobilier pourrait causer un ralentissement mondial pire que l’éclatement de la bulle Internet, Heather Stewart - The Observer.


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Les économistes lancent une mise en garde : le repli du marché de l’immobilier américain va obliger les entreprises à supprimer 73 000 emplois par mois l’an prochain, et pourrait causer plus de tort à l’économie mondiale que l’éclatement de la bulle Internet.


Lundi 28 Août 2006

Situation économique

dernière mise à jour: 30 aout 2006

par Heather Stewart


L’effondrement de l’immobilier américain fait craindre un krach.


The Observer, dimanche 27 août 2006.




Après les statistiques officielles indiquant que le nombre de ventes de logements neufs pour le mois de juillet était de 22 pourcent inférieur à celui de l’an passé, alors que les prix demeurent quasiment inchangés, on craint de plus en plus que le ralentissement immobilier « maîtrisé » prédit par la Réserve Fédérale ne s’avère être un krach en bonne et due forme.

« De fait, la situation semble se dégrader rapidement. Il peut sembler exagéré de parler de chute libre, cependant il me semble qu’en l’occurrence c’est le terme adéquat, » a déclaré Paul Ashworth, expert en économie américaine du cabinet Capital Economics.

Les prix de l’immobilier ont augmenté de dizaines de pourcent au cours de ces dernières années, représentant une véritable manne pour les propriétaires et provoquant une vague d’investissements dans la construction en neuf. Cependant, les logements neufs invendus sont aujourd’hui plus nombreux qu’ils ne l’ont été ces dix dernières années.

Ashworth pense que 30 pourcent de la totalité (1,4 millions) des emplois créés depuis la fin de la récession de 2001 concerne des secteurs liés à la croissance rapide du marché immobilier, du bâtiment aux magasins de bricolage. Comme le boom s’essouffle, Capital Economics prévoit la perte de 73 000 emplois par mois.

Ce mois-ci, la Réserve Fédérale a laissé les taux d’intérêt inchangés pour la première fois depuis 18 réunions, son président Ben Bernanke ayant mesuré les risques d’inflation et de ralentissement de la croissance que pose la crise du marché immobilier, depuis longtemps attendue.

Stephen Roach, premier économiste de Morgan Stanley, prévoit que le ralentissement de l’immobilier coûtera au minimum deux points à la croissance du PNB américain l’an prochain, ce qui conduira le pays dangereusement près de la récession, tandis que les dépenses pour le bâtiment se réduisent comme peau de chagrin et que les propriétaires perdent le capiton de richesse supplémentaire résultat d’une croissance rapide des prix.

« L’économie des États-Unis est liée à la richesse individuelle, par conséquent l’éclatement d’une nouvelle grosse bulle financière risque fort d’entraîner de très graves conséquences, » a-t-il affirmé, ajoutant qu’il fallait faire attention car, compte tenu des déséquilibres fiscaux et commerciaux américains plus marqués qu’il y a cinq ans, les retombées au niveau global risquent d’être plus graves que celles de l’éclatement de la bulle Internet. « Un éclatement de la bulle immobilière présente également des risques très sérieux pour les partenaires économiques des États-Unis et pour le reste d’une économie mondiale dont les acteurs sont de plus en plus interdépendants, » a-t-il ajouté.

Ces craintes concernant le fragile secteur immobilier américain surgissent au moment où, en Grande-Bretagne, les analystes se demandent si la hausse des taux d’intérêts décidée ce mois-ci va porter atteinte aux prix de l’immobilier britannique. Demain, le site internet Hometrack spécialisé dans l’immobilier publiera une mise en garde : l’augmentation du coût des prêts immobiliers aura raison du prétendu « mini-boom » qui a maintenu l’optimisme du marché à Londres au cours des récents mois.

Fionnuala Earley, économiste du groupe Nationwide, dit qu’à son avis le marché pourra survivre à la hausse des taux, mais qu’elle s’attend à un ralentissement en fin d’année. « Je m’appuie sur les facteurs suivants : les chiffres des achats en vue d’une location sont encourageants, et ceux de l’immigration laissent à penser qu’il y aura des demandes de location, il faudra donc offrir des logements, » a-t-elle dit. « Mais si le CPM (Comité de la Politique Monétaire de la Banque d’Angleterre ndlt) augmente les taux d’intérêt, cela constitue un avertissement, et les gens vont y réfléchir à deux fois avant d’agir et de beaucoup s’avancer. »

Heather Stewart pour The Observer.


- Source : The Observer http://observer.guardian.co.uk

- Traduction Catherine-Françoise Karaguézian www.egueule.com
pour Le Grand Soir www.legrandsoir.info



LE PRÉSIDENT DE LA RÉSERVE FÉDÉRALE PORTE AUX NUES LA MONDIALISATION IMPÉRIALE

LE PRÉSIDENT DE LA RÉSERVE FÉDÉRALE PORTE AUX NUES LA MONDIALISATION IMPÉRIALE


La réunion annuelle de financiers et de directeurs de banques centrales, organisée du 25 au 27 août par la Réserve fédérale à Jackson Hole, dans le Wyoming, a été qualifiée par Lyndon LaRouche de « temple de la ruine ». Celui-ci a ridiculisé, en particulier, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, pour son appel à une mondialisation dans le style de l’Empire romain, alors même que les bulles immobilière et hypothécaire sont sur le point d’éclater aux Etats-Unis. En réalité, la politique défendue par Bernanke, dit LaRouche, mènerait à une situation « semblable à l’âge des ténèbres du XIVème siècle. Au lieu de vouloir faire l’autopsie d’un système financier mondial moribond, le principal sujet à l’ordre du jour doit être la mise en oeuvre d’une alternative viable et positive à la crise imminente, inévitable, du système économique des Etats-Unis et du monde, une véritable renaissance ». Tel sera justement l’objectif de la conférence Internet que l’économiste américain tiendra le 6 septembre à Berlin.

En effet, dans son discours au Trentième symposium de Jackson Hole, le 25 août, Bernanke a appelé le gouvernement américain à rejeter les mesures du Système américain d’économie politique - protectionnisme et investissements dans l’infrastructure publique, notamment - pour suivre les traces de l’Empire romain et de la Compagnie britannique des Indes orientales. Tout d’abord, le chef de la Fed a loué « l’empire étendu » des Romains, dont « l’unification favorisa le commerce et le développement économique ». Ensuite, il s’est félicité des « compagnies commerciales créées par les Anglais et les Hollandais » qui contrôlaient une bonne partie du commerce au XVIIème siècle. La mondialisation a fait « un autre bond en avant » pendant la période post-napoléonienne (1815-1913), lorsque « la Grande-Bretagne épousa le libre-échange et les libres mouvements de capitaux ».

Cependant, la tendance globalisante connut une exception de taille, dit-il, avec les Etats-Unis qui, au cours du XIXème siècle, « firent la transition de la périphérie vers le centre », en augmentant « les droits de douane sur les produits manufacturés (...) dans les années 1860, à des niveaux relativement élevés où ils restèrent pendant une partie du XXème siècle. » Bernanke a désapprouvé les investissements dans l’infrastructure, leur préférant la spéculation sur les marchés financiers : « Au cours du XIXème siècle, les investissements de porte-feuilles internationaux allaient avant tout dans le financement de projets d’infrastructure, comme les chemins de fer américains, et dans l’achat de la dette publique. Aujourd’hui, les investisseurs internationaux détiennent toute une gamme d’instruments de dette, d’actions et de produits dérivés, y compris des obligations dans un large éventail de secteurs ». Fidèle à cette vision du monde, Bernanke a appelé les hommes politiques à résister aux sirènes de « ceux qui veulent faire appliquer des mesures protectionnistes ».


Solidarité et progrès

« LE KRACH DU LOGEMENT : SANS PRÉCÉDENT DEPUIS AU MOINS 4 DÉCENNIES »

Différentes données économiques de ce mois d’août indiquent que la bulle du logement outre-Atlantique, qui servait à renflouer l’économie américaine et donc le système financier mondial depuis le krach de la « nouvelle économie » en 2000/2001, est sur le point d’éclater :

* Les saisies hypothécaires en juillet ont augmenté de 18 % par rapport à juillet 2005 et de 5 % par rapport à juin 2006. Si l’Etat le plus durement frappé est, pour le troisième mois consécutif, le Colorado, où les confiscations ont augmenté de 55 % par rapport à 2005, cependant, plus de la moitié des saisies ont eu lieu chez les six géants - Texas, Floride, Californie, Michigan, Ohio et Illinois.

* Les ventes de logements existants, qui représentent 85 % du marché immobilier, ont reculé de 11,2 % en juillet 2006 par rapport au même mois de l’année précédente, et de 4,1 % par rapport à juin 2006. Selon les données d’août 2006 de l’Association nationale des agents immobiliers, le prix moyen des logements a perdu 18 % dans l’Ouest par rapport à juillet 2005, 12,5 % dans le Nord-est et 10,1 % dans le Midwest sur la même période.

* A Washington et autour, la chute a été brutale : moins 31 % en juillet 2006 par rapport à juillet 2005, atteignant 42 % dans le Loudoun County (Virginie) et 50 % dans le Prince William County (Maryland) sur la même période. Selon le Wall Street Journal du 23 août, les invendus résidentiels dans le nord de la Virginie ont augmenté de 147 % entre 2005 et 2006, tandis que le prix moyen des logements déclinait de 3,9 % par rapport au mois de juillet 2005.

* Selon les chiffres du département du Commerce publiés le 16 août, dans tous les Etats-Unis, la construction de nouveaux logements a reculé entre juillet 2005 et juillet 2006 : moins 18,9 % dans le Nord-est, moins 16,6 % dans le Midwest, moins 13,9 % dans l’Ouest et moins 10,7 % dans le Sud. La situation est pire encore si l’on regarde les chiffres des maisons individuelles - moins 26,3 % dans le Nord-est, moins 25,8 % dans l’Ouest, moins 18,9 % dans le Midwest, moins 9,1 % dans le Sud.

Certains constructeurs et institutions hypothécaires commencent à ressentir les effets de cette déprime. Toll Brothers, qui construit des logements haut de gamme, a dû reconnaître que ses commandes avaient chuté de 48 % au cours des trois derniers mois - « un atterrissage dur ». Selon la société, le marché est confronté à une surabondance d’offres, la plus importante depuis 40 ans. Angelo Mozilo, directeur de Countrywide, le premier agent hypothécaire indépendant aux Etats-Unis a déclaré : « En 53 ans, je n’ai jamais observé d’atterrissage en douceur ; j’en conclus donc qu’avant que tout cela ne se calme, nous avons un bout de chemin à faire. Je dois préparer ma société à affronter le pire. »

Pour Nouriel Roubini, président de Roubini Global Economics et professeur d’économie à la Stern School of Business de l’université de New York, « la seule question que l’on se pose est de savoir si les conditions sur le marché du logement sont les pires depuis 40 ans ou depuis 53 years. »

Reprenant le point de vue qu’il avait déjà exprimé dans le Financial Times du 10 août , Roubini conclut : « La conclusion pure et simple de l’analyse ci-dessus est que le déclin sur le marché de l’immobilier est le pire depuis quatre ou cinq décennies : tous les indices, y compris le prix des logements, indiquent une chute libre. En soi, ce déclin suffirait à déclencher une récession aux Etats-Unis : son impact sur l’investissement réel dans la construction, sur la richesse, la consommation et l’emploi sera bien plus prononcé que le krach des valeurs technologiques qui provoqua la récession de 2001.

« En plus du krach de l’immobilier résidentiel, les consommateurs américains sont confrontés à des prix d’essence supérieurs à soixante-dix dollars, aux effets tardifs de la hausse des taux d’intérêt (...), au recul des salaires en termes réels, à une épargne négative, un taux d’endettement élevé et un service de la dette plus coûteux. »

Par conséquent, on se dirige vers « la grande récession de 2007 » qui aura des répercussions mondiales désastreuses. Stephen Roach, économiste principal de Morgan Stanley, se contente pour sa part d’énoncer cette vérité de La Palisse : « La bulle du logement américaine semble, enfin, sur le point d’éclater. »


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Mercredi 30 Août 2006


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