Diplomatie et relation internationale

Si de Gaulle revenait parmi les siens


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« Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c'est un vieux pays, la France, un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèles à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur ».
Discours de Dominique de Villepin, Ministre des Affaires Etrangères Le 14 février 2003 au Conseil de Sécurité


vdida2003@yahoo.fr
Vendredi 31 Août 2007

Une politique française qui rentre dans le rang


Prof. C.E. Chitour


Le bilan des 100 premiers jours du président Sarkozy ne cesse pas de surprendre. Etant sur tous les fronts, on peine à le suivre. Pour tenter de comprendre la stratégie sarkozienne, nous rapportons quelques extraits de l’analyse de Diana Johnston . " Au cours des premiers jours de son mandat présidentiel , écrit-elle, Nicolas Sarkozy a démontré que les valeurs de la nouvelle gauche étaient parfaitement compatibles avec la Droite moderne. Sarkozy s’est saisi de ces "valeurs" et les a confisquées. La parité hommes/femmes. Sarkozy a composé un gouvernement où siègent huit hommes et sept femmes. En choisissant Bernard Kouchner comme Ministre des Affaires Etrangères, Sarkozy a abandonné le "réalisme" pour le remplacer par "l’intervention humanitaire" comme socle de la politique étrangère de la France. Présenter la nomination de Kouchner comme une généreuse "ouverture à gauche" constitue la farce la plus amère que Sarkozy ait jouée au Parti Socialiste. Une fois élu au Parlement Européen sur une liste Socialiste, Kouchner s’en alla rejoindre un autre groupe parlementaire, les Radicaux de Gauche. Kouchner n’est pas "passé à droite" : il y est déjà depuis trente ans Mai 68 fut probablement la dernière fois où Kouchner était réellement de gauche, mais depuis il a toujours vécu sur cette réputation en tant que membre à part entière de l’élite médiatique connue sous le nom de "gauche caviar". Kouchner est un humanitaire sélectif »…(1)

On s’aperçoit que le président Sarkozy n’a rien changé de ses certitudes de dicter la norme « Made in France », sur la façon de traiter les plus faibles, il en est ainsi des Beurs comme des Iraniens et des Turcs. Ce que l’on croyait être une posture pré-élections présidentielle à « usage interne » s’avère être un sacerdoce lourd de menaces notamment en ce qui concerne le refus de la repentance. Sur ce chapitre, le président Sarkozy sans doute influencé par un certain nombre d’idéologues de la non repentance , persiste et signe Parmi ceux –ci citons deux . D’abord Pierre Nora que nous avons connus en son temps plus tolérant,. Il écrit : « Mais pourquoi l’histoire coloniale cristallise-t-elle la culpabilité française ? Pourquoi « le crime colonial » est-il devenu, comme l’écrit Pierre Nora « le péché vraiment capital ». L’autre est Pascal Bruckner « La France a tendance à exagérer tous ses défauts, écrit-il . Exagération des fautes ? Benjamin Stora, pense qu’il n’en n’est rien : « Exagération ? mais des centaines de milliers de types, aujourd’hui, dans les banlieues françaises, ne parlent que de ça : la souffrance du temps colonial. La conquête coloniale a été quelque chose de terrifiant, les historiens ont étudié et établi ce fait. Jacques Chirac a reconnu les massacres de Madagascar de 1947-1948, mais qu’on me cite un seul texte officiel qui exprime des regrets sur les exactions commises en Algérie ! Le vent souffle plutôt du côté de ceux qui veulent avancer le “rôle positif de la colonisation”, et ont fait pour cela voter une loi ». (2) Cette posture de « refus de la repentance » s’inscrit dans une longue série de déclarations « courageuses » sur l’« immigration » ou les « jeunes de banlieues », qui dure depuis plus de deux décennies. C’est à chaque fois, sur le même ton viriliste du dominant sûr de « ses » valeurs et « droit dans ses bottes », le même refus de reconnaître les torts, en l’occurrence le passé colonial et le présent raciste de la France. (3)

Il vient que la politique du président Sarkozy vis à vis de Français des banlieues et vis à vis de pays sensibles à cette nécessité de la repentance sera plus dure que jamais. C’est à ces mêmes pays que monsieur Sarkozy s’adresse pour bâtir une Union Méditerranéenne à son idée et aussi en leur demandant de servir de garde chiourmes pour aire la chasse aux candidats à l’émigration

La nouvelle doctrine

Lors de son discours du 27 aout le président Sarkozy a annoncé un certain nombre de points de la « nouvelle doctrine de la politique extérieure de la France ». Ecoutons le : « Les menaces d'aujourd'hui -terrorisme, prolifération, criminalité- ignorent les frontières ; les évolutions de l'environnement et de l'économie mondiale affectent nos vies quotidiennes ; les droits de l'homme sont bafoués sous nos yeux. Guidée par nos valeurs, notre politique étrangère doit s'appuyer sur une vision claire du monde et des intérêts que nous défendons. A travers elle, c'est notre identité en tant que nation que nous exprimons. »(4)

Il cite trois défis au premier rang, on s’en doute. L’Islam : « Comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident, c'est aussi encourager, aider, dans chaque pays musulman les forces de modération et de modernité à faire prévaloir un Islam ouvert et tolérant, acceptant la diversité comme un enrichissement ». Il cite, ensuite, les pays émergents à qui il reproche d’être gourmands et enfin les changements climatiques, sans naturellement mea culpa. Au passage , en réaffirmant son amitié pour Israël , il forge un nouveau concept le Hamastan sur le modèle du Pakistan. Il trouve inacceptable l’énergie nucléaire pur l’Iran allant jusqu’à parler de bombe iranienne ou de bombardement de l’Iran ( même rhétorique que Georges Bush). S’agissant de la Turquie, sous la pression des 26 il entrouvre la porte en demandant la mise en place d’un Conseil des Sages qui définira l’Europe à 2030. Souvenons nous, c’est le même Sakozy qui déclarait : « Quand bien même c'est un pays laïc, il est en Asie mineure ». « Je n'expliquerai pas aux écoliers français que les frontières de l'Europe sont avec l'Irak et la Syrie ».

L’une des conséquences de la nouvelle politique de la France est la visite « surprise » le 21 aôut 2007, de Bernard Kouchner en Irak. Pourquoi Juste après le barbecue dans la maison des Bush ? D’autant que même le chef de gouvernement irakien est en perte de vitesse. Est ce un revirement de la politique française par rapport à la question controversée de la présence étrangère en Irak? La Maison-Blanche a immédiatement réagi se félicitant de la visite à Bagdad du chef de la diplomatie française comme l’indiquait l’un de ses porte-parole, Gordon Johndroe. «Les Etats-Unis se félicitent de la visite du ministre français des Affaires étrangères, Kouchner, à Bahdad». Le même Kouchner qui conseille cinq jours plus tard, à Condolezza Rice de changer le premier ministre irakien au point de provoquer sa colère et d’amener le ministre à présenter ses excuses.

M.Kouchner, premier haut responsable français à venir à Bagdad depuis l’invasion américaine de 2003, a assuré que Paris «voulait être utile», mais que «la solution était entre les mains des Irakiens eux-mêmes». «La France est prête à participer à cette lutte contre la violence mais je n’ai pas de solution miracle. Pour la secrétaire d'Etat américaine, c'est l'illustration de "la volonté croissante de la communauté internationale d'aider l'Irak à devenir un Etat stable et sûr". Malgré tout, le Président irakien a rejeté la proposition de la France pour la tenue ;de la Conférence sur la paix entre les groupes irakiens à Paris. Selon l'Agence de presse, Fars, le Président irakien, Jalal Talebani a rejeté la proposition de la France concernant la tenue d'une conférence, à Paris, avec pour objectif de tenir des pourparlers entre les différents groupes irakiens. (5).

L’une de raisons de cette visite est à chercher dans la nécessité pour Total de revenir en Irak après avoir été chassé en 2003 . La seule retombée concrète de la tournée ratée de Kouchner est l’ouverture d’un consulat en pays kurde à Irbid province pétrolière riche…. La journaliste Marianna Belenkaïa explique cela en disant que les homologues russe et allemand de la "coalition anti-guerre" n'ont pas encore suivi son exemple.(6)

« A une certaine époque écrit-elle, des compagnies pétrolières russes et françaises travaillaient très énergiquement en Irak dans le cadre du programme des Nations unies "Pétrole contre nourriture". La Russie et la France avaient aussi essayé de se réserver le droit de mettre en valeur les gisements de pétrole irakiens pour après la levée des sanctions internationales contre ce pays. En 2002, le russe Lukoil et le français Total se sont retrouvés à peu près dans la même situation. L'un comme l'autre avaient des contrats signés avec le régime de Saddam pour mettre en valeur les champs pétroliers respectivement de West Qurna et de Majnoon. La guerre a laissé cette question en suspens. Nul doute qu'à l'heure qu'il est, les affaires en Irak sont plutôt difficiles. Vu les problèmes de sécurité et le chaos politique dans le pays, le gouvernement et le parlement de l'Irak, incapables d'agir, ne peuvent sortir de la crise. La Loi sur le pétrole et le gaz n'est toujours pas adoptée par le parlement irakien. C'est pourquoi on ne peut que faire des suppositions sur la possibilité de travailler en Irak et de former des alliances stratégiques en prévision d'une telle opportunité. Du moins, le français Total a agi dans ce sens. Des informations ont été publiées aux Etats-Unis selon lesquelles le français Total et l'américain Chevron auraient convenu de travailler ensemble à Majnoon .Comme l'a écrit à cette occasion le San Francisco Chronicle, le rapprochement des positions de Paris et de Washington sur la question irakienne est sans doute pour beaucoup le résultat de la décision des Etats-Unis de partager les dividendes pétroliers de leur campagne en Irak avec leurs partenaires en Europe et ce, en échange d'un soutien à la politique américaine au Proche-Orient. Un peu plus d'une semaine après cela, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner était déjà accueilli à sa descente d'avion à Bagdad ». Cette analyse rejoint celle de Michel Collon qui déclarait : «.. Si Bush avait offert à TotalFina sa part du gâteau irakien, on n’aurait pas entendu Chirac » (6)

La presse étrangère n’est pas tendre, elle arrive aux mêmes conclusions Pour La Vanguardia (Espagne) Le quotidien espagnol "la France a changé sa politique concernant l'Irak. La visite surprise du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner (...) suppose une inflexion par rapport à la politique de Chirac et de Villepin, qui se sont opposés à l'invasion de l'Irak .. Il est logique que la visite de Kouchner soit mise en relation avec le barbecue auquel Nicolas Sarkozy a participé dans la propriété de la famille Bush lors des récentes vacances du président français. Il est évident que le geste de la diplomatie française en Irak représente un ballon d'oxygène, à la fois pour la Maison-Blanche et la crédibilité du président américain, mise à mal en ce moment, et pour l'exécutif irakien (...)." ( 7)

La journaliste Bronwen Maddox du Times au Royaume Uni note que "Ce n'est jamais encourageant quand le destin d'un pays dépend d'une seule personne, ou d'une seule rencontre. Mais la venue en Irak de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires Etrangères français, est une étape importante. (...) Il arrive au moment où la question irakienne rend plus difficiles les relations entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Il est difficile d'y voir une simple coïncidence. Alors que le Royaume-Uni prépare son retrait d'Irak, les Etats-Unis ont besoin d'un nouveau partenaire, même uniquement sur le plan diplomatique, et la France est bien placée pour remplir ce vide. (...) Qu'est-ce que la France a à gagner en s'engageant en Irak ? Beaucoup, étant donné qu'elle n'a pas besoin d'assumer la responsabilité de l'issue.." (7)

Enfin, l'opposition en France raille un voyage considéré comme un "signe de soumission" à Washington, selon les mots de Noël Mamère. Pour le député Vert, "la France se comporte comme un petit caniche". a-t-il estimé sur RTL. Auparavant, Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, avait également dénoncé ce déplacement officiel, le premier de la part d'un ministre français en Irak depuis 2003, qui gaspillait, selon lui, "le bénéfice de non-alignement" de la France .

Nous sommes loin du discours de de Villepin à la tribune des Nations Unies. Ecoutons le : «…Un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu'il ne saurait être envisagé qu'en dernière extrémité.. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un échec. Une intervention militaire prématurée pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d'aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ? » Ce discours vaudra à Dominique de Villepin d'être applaudi par l'Assemblée des Nations Unies, chose rare et en principe interdite par le règlement. Ce discours illustre une grande vision pour la France sur la scène internationale mais aussi l'idée d'un monde devant garder la paix comme objectif principal. C'est également la volonté de respecter le Droit International. La position de la France a été saluée au plan international et national.

Que reste t-il de la politique du fondateur de la Ve République le général de Gaulle ? On sait que Chirac, a tenu, contre vents et marées, à maintenir un cap gaullien à la politique extérieure de la France. Mieux encore, même la transition mitterandienne qui a duré quinze longues années, n’a pas changé fondamentalement le cap de la politique gaulliste. La France parlait à l’extérieur d’une seule voix comme le martelait Jacques Chirac en pleine cohabitation. Les incartades politiciennes de Lionel Jospin qui s’est permit de traiter de terroriste le mouvement de libération palestinienne a failli, lui couter un lynchage Cet alignement en rase compagne compromet à long terme la politique de la France . Au temps jadis, la politique de de Gaulle était à bien des égards, limpide (Une certaine idée de la France, indexée sur une indépendance nucléaire, une indépendance vis à vis de l’Otan, une indépendance vis à vis de l’unanimisme occidental vis à vis de la politique d’expansion coloniale d’Israël) autant nous voyons venir un retournement total, la politique arabe fruit d’un tissage lent et méticuleux tout en équilibre laisse place à des rodomontades qui laissent rêveur en tout cas qui n’augurent rien de bon. Assurément si de Gaulle revenait parmi les siens, il ne reconnaitra pas la France qu’ il a patiemment confortée dans le concert des nations


1.Diana Johnstone. Bernard Kouchner : Toubib médiatique de "l’intervention humanitaire" http://www.counterpunch.org/johnstone06042007.html. Mondialisation.ca, Le 18 juin 2007
2. Benjamin Stora Les Trois Exils, Juifs d’Algérie, éd. Stock, 2006.
3.S.Tissot et P. Tevanian, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Esprit frappeur, 2002.
4.Le discours de politique étrangère de M. Sarkozy Le Monde du 27.08.07
5. http://www.alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=704628?Token Return
6.Marianna Belenkaïa, La France reconquiert à son tour l'Irak RIA Novosti Jeudi 23 Août 2007
7. La France revient en Irak Dossier Courrier international du 20082007

Professeur Chems Eddine Chitour


Jeudi 30 Août 2007


Commentaires

1.Posté par CHP le 31/08/2007 22:57 | Alerter
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Ne pas oublier le double langage de CHIRAC et DE VILLEPIN concernant le survol du territoire francais par les bombardiers US allant agresser l'IRAK.

Sur ce point lire la réponse de DE VILLEPIN lors d'une séance à l' Assemblée Nationale 25 mars 2003:

GUERRE EN IRAK

M. Jean-Pierre Brard - (Applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains et du groupe socialiste) Les Etats-Unis se livrent à une agression caractérisée et, grâce au général Franks, nous savons maintenant que la guerre était préparée depuis un an, qui vise à l'appropriation des richesses pétrolières de l'Irak, au risque de mettre le feu à toute la planète.

Par la voix du Président de la République et par celle du ministre des affaires étrangères, la France a exprimé clairement sa position. Ayant eu, au cours des dernières semaines, plus de temps que d'habitude pour regarder la télévision (Sourires), je tiens à souligner qu'en entendant M. de Villepin porter la parole de la France, j'ai été, comme bien d'autres, et quelles que soient nos origines ou nos convictions, fier d'être Français (Applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains et sur de nombreux bancs du groupe UMP).

Il faut aujourd'hui stopper l'agression anglo-américaine, empêcher que les B52, engins de mort assimilables à des armes de destruction massive, continuent à tuer autant d'innocents, arrêter la guerre et rétablir le droit international.

Monsieur le Premier ministre, que comptez-vous faire pour rétablir l'ONU dans ses prérogatives, en commençant par provoquer une assemblée générale de l'institution ? Interdirez-vous le survol de notre territoire par les B52 qui tuent des innocents en Irak et menacent la sécurité de la population française ? (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe UMP) Fermerez-vous nos ports aux navires qui participeraient à l'agression ? (Applaudissements sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains et sur plusieurs bancs du groupe socialiste)

M. Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères:
La guerre est maintenant là, avec son visage hideux, son cortège de souffrances et de victimes. Chacun connaît ici la position de la France sur ce conflit. Face au terrible régime de Saddam Hussein, nous avons jusqu'au bout plaidé pour un désarmement pacifique de l'Irak et mis en garde contre les conséquences de cette guerre.

Dans les circonstances actuelles, que veut la France ? Tout d'abord, que la guerre soit la plus courte et la moins meurtrière possible. Ensuite, que les pays voisins s'abstiennent de toute implication dans le conflit, ce qui embraserait la région. Enfin, que les événements ne conduisent pas à une radicalisation des esprits et à une flambée du terrorisme.

Il existe néanmoins, comme l'a souligné le Président de la République, des usages entre alliés que nous devons respecter, parmi lesquels le droit de survol (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP ; protestations sur les bancs du groupe des députés communistes et républicains).

M. Maxime Gremetz - Pas pour les hors-la-loi ! (Protestations sur plusieurs bancs du groupe UMP)

M. le Ministre - Aucun membre de l'OTAN, quelle que soit sa position sur le conflit irakien lui-même, n'a remis en question cet usage.

Que peut faire aujourd'hui la France ? Tout d'abord, répondre à l'urgence humanitaire, en prenant part aux discussions en cours à l'ONU sur l'adaptation de la résolution pétrole contre nourriture et en aidant les organisations spécialisées de l'ONU comme les organisations non gouvernementales - j'étais hier même à Genève devant la commission des droits de l'homme de l'ONU et rencontrais le président du Comité international de la Croix-Rouge. Ensuite, rétablir le plus rapidement possible la pleine souveraineté de l'Irak sur son territoire, ce qui exige le respect de son intégrité territoriale ainsi que son unité, et implique que les Nations unies jouent un rôle central dans la reconstruction du pays (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP et du groupe UDF).


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