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Seulement en suivant les ordres


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Je vous invite à lire ce texte avec attention et la prochaine fois que vous verrez à la télévision des responsables israéliens parler de la "lutte" d'Israel contre "des terroristes" et de la recherche d'Israel de la paix avec les Palestiniens et ses divers voisins Arabes, ou des hautes valeurs "morales" d'Israel, alors rappelez-vous de cet article et rappelez-vous des innombrables enfants qui sont délibérément visés à la tête par des snipers israéliens et dont "les médias complices des Sionistes" ne parlent jamais.

Par Cherifa Sirry



Cherifa Sirry
Lundi 4 Décembre 2006

Mughayer, et son jeune frère Ahmed (AP/Kevin Frayer)
Mughayer, et son jeune frère Ahmed (AP/Kevin Frayer)
Pouvez-vous seulement imaginer ce qui se passerait si un Arabe tirait dans la tête d'un petit enfant israélien juif ?

Pouvez-vous imaginer comment cela serait placardé dans tous les médias ?

Je devine que les petits enfants juifs sont spéciaux alors que les petits enfants chrétiens et musulmans ne le sont pas. Après tout, nous sommes des goyim".

Cherifa Sirry



Le groupe des droits civiques israéliens, B'tselem, avait présenté en mars 2002 ses observations sur les résultats désastreux de la décision prise par l'armée israélienne d'arrêter d'enquêter quand ses soldats tuent un civil palestinien :

L'I.D.F. accorde réellement l'immunité aux soldats qui ouvrent le feu illégalement. Depuis le début de l'Intifada, l'I.D.F. a cessé d'ouvrir automatiquement une enquête sur chaque cas dans lequel un Palestinien est tué par les tirs de l'I.D.F.… Les enquêtes qui sont ouvertes sont généralement prolongés et basés principalement sur les témoignages des soldats, tout en ignorant complètement les témoins oculaires palestiniens.
Cette politique a inévitablement eu comme conséquence une situation dans laquelle le tir sur des Palestiniens innocents est pratiquement devenu une routine.

Gâchette facile - Tirs injustifiés et Règlementations sur l'Ouverture du feu de l'IDF. - B'Tselem, mars 2002.


Et j'ai bloggé à de nombreuses reprises au sujet des civils palestiniens qui étaient délibérément tués par des soldats de l'IDF, et dont les décès n'ont jamais été officiellement étudiés par les autorités israéliennes, en encore moins traduits en justice.

Comme B'Tselem, j'avais pris pour acquis que le meurtre délibéré de civils non-armés était le sous-produit d'un système qui ne tenait pas les soldats pour responsables de leurs actes , et qui si le système de surveillance de l'armée était amélioré, alors les quelques "pommes pourries" (je déteste l'expression, mais elle s'applique ici) qui ont abusé de leur pouvoir et tué des civils seraient tout simplement découragés en sachant qu'il ne serait plus possible de s'en sortir comme ça.

Je n'avais jamais sérieusement pensé, quand j'écrivais au sujet des différents meurtres commis par des soldats israéliens, que B'Tselem et moi-même avions tort : que le tir sur des personnes non armées n'était pas une aberration malheureuse perpétrée par des individus indisciplinés qui ont tiré bénéfice de l'absence de surveillance, mais plutôt que l'absence de surveillance elle-même était délibérément maintenue par les autorités militaires israéliennes précisémment parce qu'elles savaient déjà que leurs soldats tuaient des personnes non-armées, parce que cela faisait partie des ordres.

L'un des cas que j'ai abordé en détail sur mon blog, c'est celui du meurtre d'Asma Mughayer, et de son plus jeune frère Ahmed.

Ahmed avait treize ans. Il était petit pour son âge – "un petit garçon qui ne pouvait pas être facilement confondu avec un homme" - et qui aimait donner à manger à ses pigeons qu'il gardait en cage sur le toit de sa maison.

Asma avait 16 ans, premier de sa classe à l'école, qui espérait devenir docteur. Ils ont été tués à quelques minutes d'écart le 18 mai 2004, alors qu'ils étendaient le linge sur le toit de leur maison à Rafah au sud de la bande de Gaza.


Communiqué d'Associated Press (AP/Kevin Frayer)
Un porte-parole des FOI a expliqué que "Asma et Ahmed avaient été tués dans "un accident de travail" - un euphémisme pour des fabricants de bombes qui explosent au cours de leur travail - ou par des combattants palestiniens qui avaient laissé une mine terrestre dans la rue.
"Une enquête préliminaire indique qu'ils ont été tués par une bombe qui devait être utilisée contre les soldats. Elle avait été posée à l'extérieur d'un bâtiment par des Palestiniens pour toucher un véhicule israélien. C'est probablement ce qui s'est produit," a déclaré un porte-parole de l'armée… "


Mais la famille Mughayer dit que c'est un mensonge, et que les deux enfants avaient en fait été pris pour cible par un sniper des FOI.

Des journalistes britanniques et australiens ont examiné les corps alors qu'ils étaient étendus à la morgue, et ils n'ont trouvé aucun signe de blessures en dehors d'un trou dans la tête.

Dans la maison des Mughayer, ils n'ont trouvé aucun signe de dégâts dus à une explosion de bombe, seulement des impacts de balles tirées depuis un bloc d'appartements au-dessus qui était occupé par une équipe de snipers israéliens le matin où les enfants ont été tués.

Après que les journalistes aient indiqué leurs résultats à Amnesty International, qui a réclamé une enquête judiciaire indépendante, l'IDF a, à contre-cœur, accepté d'ouvrir une enquête militaire interne.

Mais, comme cela est généralement le cas pour les enquêtes internes de l'IDF, personne n'a été accusé d'être lié aux meurtres. En fait, six mois plus tard, quand on pouvait supposer sans risque que l'attention internationale avait oublié depuis longtemps, l'affaire a été tranquillement classée sans commentaire par l'IDF :

Les militaires ont tranquillement laissé tomber une enquête sur le meurtre par un tireur isolé israélien d'un frère et d'une soeur, tous les deux adolescents, à Rafah en mai.

L'armée a faussement affirmé qu'ils avaient tous les deux été tués par une bombe palestinienne et qu'elle avait débuté son enquête seulement après que les journalistes aient trouvé les corps des enfants et qu'ils aient révélé que tous les deux avaient un seul trou dans la tête. (Source)

Et j'ai juste supposé que c'était une autre affaire dont l'IDF s'était occupée elle-même et qu'elle avait réprimandé en privé "la pomme pourrie" qui avait violé les règles d'ouverture du feu de l'IDF.

Mais, au début du mois dernier, je lisais les témoignages des soldats de l'IDF qui racontaient leurs histoires sur leur service militaire dans les territoires occupés lors d'une exposition de Briser le Silence, et je suis tombé par hasard sur ça :

A une distance de 70 mètres et par le viseur de sa mitrailleuse, Assaf pouvait dire que le Palestinien avait entre 20 et 30 ans, qu'il était sans armes et qu'il essayait de s'éloignrer d'un tank israélien. Mais les détails n'avaient pas beaucoup d'importance, parce que les ordres d'Assaf étaient "de tirer sur tout ce qui bouge."

Assaf, un soldat de l'armée israélienne, a appuyé sur la détente, tirant de nombreuses balles pendant que le corps tombait à terre.
"Il a couru et j'ai commencé à tirer pendant quelques secondes. Il est tombé. J'étais une machine. Je tire. Je pars et voilà. Nous n'en avons plus jamais parlé."

C'était l'été 2002, et Assaf et son unité de blindés avaient reçu l'ordre d'entrer dans la ville de Dir al Balah à Gaza suite au tir de mortiers sur des colonies juives voisines.

C'étaient ses ordres, a-t'il dit au Guardian : "Toute personne que vous verrez dans la rue, tuez-la." Et nous le faisions tout simplement."

Ce n'était pas la première fois qu'Assaf tuait une personne innocente à Gaza en suivant les ordres, mais à son retour à la vie civile, il a commencé à penser aux choses qu'il avait faites.
"La raison pour laquelle je vous ranconte ça, c'est que je veux que l'armée pense à ce qu'elle nous demande de faire, tirer sur de personnes sans armes. Je ne pense pas que ce soit légal."

Assaf n'est pas le seul. Ces derniers mois des dizaines de soldats, y compris le fils d'un général israélien, tout récemment libéré, sont venus pour partager leurs histoires sur la façon dont ils recevaient l'ordre dans les briefings de tirer pour tuer sur des personnes non armées sans crainte de réprimande.

Les soldats ont été mis en contact avec le Guardian avec l'aide de Briser le Silence, un groupe de pression d'anciens soldats qui veulent que le public israélien soit confronté à la réalité des actions de l'armée…

Un thème commun que l'on retrouve dans les témoignages des soldats, c'est le désir de venger les victimes israéliennes et d'infliger des punitions collectives aux Palestiniens.

Mai 2004 fût un mauvais mois pour l'armée israélienne à Gaza. Quatre soldats sont morts quand leur APC chargé d'explosifs a heurté une bombe posée au bord de la route dans la ville de Gaza.

Pendant que l'armée effectuait une invasion, sept autres soldats ont été tués dans un incident semblable à Rafah, à l'autre bout de Gaza.

En réponse, l'armée a lancé une opération majeure "pour sécuriser la route de Philadelphi [la frontière entre Gaza et l'Egypte] et pour la nettoyer des terroristes", selon le Général Dan Harel, le commandant local.

Des milliers de Palestiniens ont été expulsés de leurs maisons, et près de 50 sont morts, dont un tiers étaient des civils. Selon Rafi, un officier du Shaldag, une unité d'élite reliée à l'Armée de l'Air, l'ensemble de la mission était une histoire de vengeance.

"Les commandants ont dit : Tuez autant de personnes que possible" dit-il..
Lui et ses hommes ont reçu l'ordre de "tirer sur toute personne qui semblait toucher le sol, comme s'ils pouvaient placer une bombe de bord de la route, ou n'importe qui vu sur un toit ou un balcon, comme s'ils voulaient observer les forces israéliennes pour des raisons militaires, peu importe s'ils étaient armés ou non."

Asma Moghayyer, 16 ans, et son frère Ahmed, 13 ans, ont été tués alors qu'ils récupéraient le linge sur une toit. L'armée israélienne a insisté sur le fait que les enfants avaient été tués par l'explosion d'une bombe posée au bord de la route. Cependant, les journalistes qui se sont rendus à la morgue n'ont vu qu'une blessure par balle à la tête.

La vérité, dit Rafi, c'est qu'ils ont été tués par un soldat israélien qui avait reçu des ordres clairs de tirer sur toute personne qui se trouvait sur un toit, indépendamment de leur rôle dans le conflit.

Rafi explique que son impression dominante sur l'opération était "le chaos" et "l'utilisation de la force aveugle".
"Gaza était considéré comme une cour de jeu pour les tireurs d'élite."
Les soldats israéliens racontent des meurtres aveugles perpétrés par l'armée et une culture d'impunité" par Conal Urquhart ; 6 septembre 2005.

Bien, cela éclaircit certaines choses.
Naturellement, l'IDF ne voulait pas effectuer d'enquête sur la façon dont ont été tués les enfants Mughayer et pourquoi : ils savaient déjà parfaitement que les enfants étaient morts parce que les propres ordres de l'armée étaient " de tirer sur toute personne qui se trouvait sur un toit, indépendamment de leur rôle.".

Et naturellement, une fois qu'ils étaient forcés d'enquêter, ils ne pouvaient pas se permettre d'arriver à des poursuites : Comment est-ce que l'IDF pourrait poursuivre ses propres tireurs isolés pour avoir obéi aux ordres d'ouverture du feu que la chaine de commandement de l'IDF leur avait donnés ?

Pendant tous ces mois où je tenais mon blog sur la façon dont l'IDF pourrait empêcher les morts inutiles si seulement il poursuivait les soldats qui tirent sur des civils non armés au mépris de leurs ordres, et il s'avère qu'en fait, tirer sur des civils non armés faisaient partie de leurs ordres.

Je pensais que j'étais cynique au sujet de l'IDF dans les territoires occupés : au lieu de cela, il s'avère que j'étais naïf.

Source : http://www.thepeoplesvoice.org/
Traduction : MG pour ISM


Lundi 4 Décembre 2006

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